‹ Le Brésil d'aujourd'huiChapitre 75 sur 105 · L INSTRUCTION PUBLIQUE · texte numérisé non relu

L INSTRUCTION PUBLIQUE

chaque Etat en faveur de l'instruction publique en 1907 accuse des degrés très divers de libéralité : Saint- Paul tient la tête avec plus de 12 millions de francs. Le plus généreux après lui est le District fédéral, c'est-à-dire Rio de Janeiro, qui en donne six ; puis les grands Etats les plus riches, Minas Geraes, Para, Rio Grande do Sul, Bahia, vont de 2 millions et demi à 5 millions.

Encore faut-il remarquer que ces chiffres représentent le total des sommes affectées à l'enseignement public, et non pas seulement aux écoles primaires. Dans plusieurs Etats, ce chapitre du budget reçoit une dotation de 200.000 francs à 500.000 francs.

Je vois ailleurs que Rio de Janeiro aurait (en 1905), 52 écoles élémentaires pour les garçons et 140 pour les filles, réunissant ensemble 7.684 élèves. Il ne s'agit, il est vrai, que des écoles publiques; néanmoins, c'est bien peu pour une poj)ulation qui dépasse 800.000 habitants. L'Annuaire de Saint-Paul accuse pour l'ensemble de l'Etat 70 grupos, et 1.322 écoles isoladas, avec un total de 66.500 enfants. Je vois encore le Governador de Minas Geraes, dans son Rapport pour 1906, déclarer avec satisfaction que, sur 10 écoles normales qui coûtaient fort cher à l'Etat, 7 ont été supprimées ; elles sont remplacées par 9 collèges libres qui ne lui coûtent rien et lui rendent les mêmes services.

Une partie de l'opinion au Brésil se prononce contre l'autonomie des Etats en matière d'instruction publique; des publicistes et des hommes politiques voudraient établir l'obligation scolaire; mais il faudrait en venir à reviser la Constitution. En attendant, une sorte d'obligation morale existe par le fait que les analphabétistes sont exclus du droit de vote. Si l'on

246 LE brRsil d aujourd nui

eti juge par le petit nombre des électeurs, il semble bien que les citoyens qui ne savent ni lire ni écrire forment encore la grosse majorité.

Toujours en vertu de la Constitution républicaine, l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur ressortissent tout à la fois au gouvernement fédéral et au gouvernement des Etats. Une loi organique règle les parts respectives d'attributions et de charges. Les principaux établissements d'enseignement supérieur sont : Facultés de Droit à Saitit-Paul et à Pernambouc, et écoles libres à Rio de Janeiro, Bahia et Bello-Horizonte; Facultés de Médecine à Rio de Janeiro, Bahia et Rio Grande do Sul; Ecole Polytechnique à Rio de Janeiro ; Ecole d'ingénieurs à Rio Grande do Sul; Ecole des Mines àOuro Preto; Ecole des Beaux-Arts à Rio de Janeiro — Je m'en tiens à cette nomenclature, d'ailleurs incomplète. Passons à l'enseio-nement secondaire.

La loi brésilienne crée un lycée national type, qui sera reproduit à exemplaires multiples dans chaque Etat et sur lequel devront se modeler les institutions libres qui aspireront à jouir des mêmes prérogatives. Le cours gymnasial comprend six années. Pour entrer en première année, il faut subir l'examen final du Cours élémentaire. Pour être admis dans une autre année, il faut également subir l'examen afférent à l'année précédente. Chaque année scolaire se termine par un examen qui porte sur toutes les matières de l'enseignement; l'élève refusé [reprovado] sur une seule matière peut se présenter de nouveau à cet examen quelques jours avant la rentrée. S'il a été réprouvé sur deux matières, il ne peut se présenter à cet examen qu'avec l'autorisation expresse du mi-

Page 1