‹ Le Brésil d'aujourd'huiChapitre 77 sur 105 · L ENSEIGNEMENT LIBRE · texte numérisé non relu

L ENSEIGNEMENT LIBRE

un ministre de la République. Son Excellence passa devant les portes du collège Sao-Luiz, « la première maison d'éducation de l'Etat; » mais elle ne daigna pas y entrer. Toujours comme un ministre de la République.

D'autres, il est vrai, tout aussi haut placés, ont une attitude différente. Chaque Etat ayant son automonie, le monde olïiciel ne se courbe pas d'une extrémité à l'autre du pays sous un même mot d'ordre. Ainsi le gouvernement de Santa-Gatarina, un des Etats du Sud, n'a pas craint de confier aux Jésuites son lycée national de Florianopolis. Le subside qu'il leur sert est naturellement beaucoup moins élevé que celui qu'il devrait payer à un personnel laïque, et il ne paraît pas (|ue le lycée en aille plus mal qu'un autre.

Je terminerai par un vœu qui intéresse au plus haut point l'avenir du catholicisme au Brésil. Les collèges, non plus que les écoles élémentaires, ne sont peutêtre pas ce qui manque le plus à ce pays. Malheureusement, les jeunes gens qui se destinent aux carrières libérales reçoivent dans les Facultés et les grandes écoles, un enseignement très imprégné de positivisme et d'irréligion. Beaucoup d'autres aussi vont, au grand détriment de leur foi et de leurs mœurs, achever leurs études dans les universités d'outre-mer, de France et d'Allemagne surtout. Il est à souhaiter que les catholiques brésiliens j)rofitent de la liberté dont ils jouissent pour créer un institut d'enseignement supérieur. Ils trouveront, sans sortir de chez eux, quand ils le voudront, les ressources en hommes et en argent pour cette œuvre capitale.

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