CHAPITRE V
Le régime des eaux
Par M. E> Levasséck.
Les cours d’eau de Vempire du Brésil peuvent être classés en sept groupes : celui des fleuves côtiers de la Guyane; celui de TAmazone, qui, outre les eaux qu il reçoit dans son cours supérieur et sur sa rive gauche des Andes et du massif de la Guyane, sert d écoulement à la plaine de PAmazone, à la partie occidentale et à plus de la moitié de la partie septenlrionale du Grand massif ; celui des cours d’eau du bf,-E* entre rAmazone et le Sâo Francisco, par lequel s’écoulent les eaux d’une partie du Grand massif et celles des plaines du N.-E*; celui du S. Franciseo qui occupe la partie orientale du Grand massif; celui des fleuves de la côte orientale entre le S. Francisco et le Parabyba do Sul, qui descendent des versants orientaux du Grand massif; celui des fleuves du S* depuis le Paraliyba jusqu'à la frontière, qui descendent delà serra do Mar; celui du Paraguay et Paranâ, qui reçoivent tontes les eaux de la partie méridionale du Grand massif et des plateaux du S. Les fleuves et les rivières sont désignés au Brésil, comme au Portugal, sous le nom de rio ; ks peliles rivières et les ruisseaux sont désignés à Rio Grande do Sul sons le nom de mroio ; dans l’Amazonie ils sont nommés igarapé; dans les au 1res provinces, riacko, ribeirao et corrego*
L Le Brésil possède au N* de rAmazone les fleuves côtiers situés entre YOgapock et l’Amazone, le Cassiporé (ouCaebiponr), le Cmma7ii, le Mapd Grande ,le Calçoene (ou Carsovenne), YAraguary.
IL Bas&in de VAmazane. La plus grande partie du bassin de l’Amazone appartient au Brésil, En 1500, Yincent Yaüez Pinson a passé devant F embouchure d’un grand fleuve qu’il nomma la € mer douce C’élait rAmazone* En 1540, Francisco de Orellana, parti de
Quito avec une troupe que commandait Gonzalo Bizarre, parvint au confluent du Napo, construisit une embarcation et, abandonnant son chef, se laissa aller au courant de cette <î grande mer douce » à laquelle, d’après ses récits que que peu merveilleux, les Espagnols donnèrent le nom de fleuve des Amazones* Plus tard, à l’époque de la domination espagnole, une expédition partie de Para, sous le commandement de Pedro Teixeira, explora ce fleuve (1637-39)* Le père Gnstoval de Acuna a écrit la relation de ce voyage* Puis La Condamine (1743—1744) et plusieurs autres savants parmi lesquels Spix, Martius, Castelnau et Agassiz qui, au xix® siècle, l’ont visité et étudié* Le décret du 7 déc, 1866 a déclaré libre pour tous les pavillons la navigation de l’Amazone et une partie du cours de certains de ses affluents*
Le bassin de ce fleuve a une étendue d'environ 7 millions de kil* e* ; mais le Brésil ne possède ni la région de la Cordillère où, sous le nom de Maranon, il prend sa source, ainsi que scs première affluents, le lluallaga et l’Ucayali, ni la plaine snbjacente i la Cordillère qui fait partie des territoires du Pérou et do la Bolivie* C’est au fort de Tabatinga, au dessus dn confluent du Javary, qu’il entre sur le territoire brésilien ; sa largeur est à cet endroit de plus de 2,770 m. Sur un cours d’environ 5,600 kil* 3,200 appartiennent à ce territoire* Dans le Brésil, le bassin de l’Amazone est bordé au N- par la ligne de partage des eaux du Massif de la Guyane, au S* par la ligne de partage des eaux du grand Massif du Brésil, à l’E* par la serra dos Pircueos et scs prolongements. Du confluent du Javary à celui du Punis, le fleuve décrit un grand arc de cercle de plus de 700 kil. d’amplitude dont le 4^ degré de latit* S. est h peu près la corde. C’est dans celte partie, jusqu’au confluent duMadeira, qu’il est désigné sous le nom de SolimQes ; son cours onduleux se porte ensuite vers l’E.-N.-E* jusqu’à F embouchure située (emboucliure septentrionale) sous l’équateur.
Sur la surlace généralement unie et monotone, sans pente sensible, de la plaine boisée qu’il arrose, il s est creusé un lit profond (de 20 à 50 m. en moyenne sur une grande partie du cours et jusqu’à 80 m, en quelques eudroits), et ayant, du Javary au Madeira, presque partout une largeur de4 à 6 kil. et des rives plus élevées au N* qu’au's. Il y coule en tourbillonnant et en enveloppant de longs chapelets d’iks dans son immense nappe d’eau toujours tiède (26'' à 27") et bourbeuse. Une partie de cette eau se perd hors de son lit dans un dédale infini do criques latérales, de lacs et lagunes couvertes do plantes aqualiques et de canaux naturels désignés dans les provinces de Parà et de l’Amazone sous les noms dû paTanümirim (canal qui commence et fin U dans la même rivière) cl fiiros qui relie deux rivières), qui font communiquer sur beaucoup de points le fleuve avec ses affluents et qui bordent son lit d’une innombrable quantité d’îles ; la plus grande, après Vile de Marajé (5,328 kil* c.) qui se trouve à l’embouchure même, est Yîle de lupinambarands (2,453 kil* c.) ; ces lagunes sont alimentées non seulement par ses débordements, mais par de nombreuses sources. Il descend majestueusement au milieu de prairies, de fourrés et de forêts épaisses qu il ronge et dont on voit floUer çà et là ks arbres enlacés en forme de radeau ; souvent il détache d« larges portions de la rive qui deviennent des lies flottantes* Les érosions rendent en plusieurs endroits les bords de F Amazone peu habilables. Près du confluent du Trombetas, est un étranglement du lit de l’Amazone, où a été bâtie sur un morne