‹ Le BrésilChapitre 11 sur 87 · LE RÉGIME DES EAUX · texte numérisé non relu

LE RÉGIME DES EAUX

dû lîi rive gauche la ville û'Ùbydos* (1 y a ïi cet endroit des batteries. Entre le confluent du lapajéz-j ou se trouve la ville de SanLarém^ et celui du Xingù, T Amazone acquiert, sur certains points, une largeur de plus de 13 kiL Après avoir reçu celte dernière rivière, il s'élargit beaucoup plus encore et se divise en plusieurs canaux qui entourent de grandes îles, Üba Grande de GurupA, il ha dos Per cos, etc.

Cette partie do fleuve atteint, k Macapd, une largeur de 40 kiL et se déverse à la mer sous le uoïii de bras du nord ou de canal de Bragance par trois bouches que séparent les lies Caviatina et Mexianna, le canal du nord, le canal dangereux et le canal du sud et qui forment les bouches septentrionales ; elles sont peu fréquentées par la navigation. Entre le confluent du Xingû et le petit port de Gurupa se détachent un bras étroit, mais profond, dit canal de Vieira Grande, puis une suite do canaux, étroits aussi. Le dernier, le furo de Brèves^ n’a guère qu’une cinquantaine de mètres de largeur et ses rives sont garnies d'une végétation arborescente si haute et si touffue qu'elle forme parfois une véritable voûte* Ces canaux, qui sont la voie suivie par ïa navigation à vapeur, bordent la rivo occidentale del'lle de Marajd, Le furo de Brèves débouche dans un vaste estuaire oh se jette le Toeantins, iâO hiL à TE, du furo. Cet estuaire, désigné dans le pays sous le nom de Rio Para et par quelques géographes sous celui de Tocantius est, en réalité, la bouche méridionale de TAmaione ; sur sa rive s’élève la ville de Belem do Paré, Du cap Raso do Nortc au cap Maguary, les bouches septentrionales ont 300 kiL de largeur ; du cap Maguary é la pointe Tijîûca, la bouche méridionale en a 6L La masse d'eau qui se déverse é la mer par cette embouchure est évaluée en moyenne b 70,000 et même à 100,000 m. c. par seconde ; elle est plus considérable que celle de tous les fleuves de l'Europe réunis.

La force du courant amazonien se fait sentir jusqu’à 300 kiL au delà de l'embouchure dans la direction du N,-N,-E. et permet de puiser en pleine mer une eau presque douce. Dans le sens contraire, la marée, qui est forte dans ces parages, entre avec violence, surtout par les bouches septentrionales, en formant trois ou quatre vagues hautes de 4 à b m,, qui se succèdent avec un bruit assourdissant; les Indiens désignent sous k nom expressif de poréréea ce phénomène qui se fait sentir surtout à l'époque des marées d'équinoxe jusqu'à 700 kil, en amont, et qui produit dans les bras du Qeuve des courants redoutables. A Obydos, ou ïe fleuve n'a que 1,911 m. de largeur, le niveau de l'eau s'élève de 33 cent à la marée montante* L'alixé, vent d’E* qui souffle tout l'été, facilite, plus encore que la marée, la remonte aux voiliers.

Les crues de l'Amazone sont considérables. Elles causent, surtout dans la vallée moyenne du fleuve et de ses affluents, des inondations d'une immense étendue qui, à cause du peu de relief du sol, transforment en étangs des plaines boisées plus grandes que la France. Cependant, quoique le niveau de l'eau monto quelquefois à plus de 14 m, au-dessus do Létîage, les crues se font médiocrement sentir dans le cours inférieur, parce que les affluents de la rive droite étant situés dans l'hémisphère S. et ceux de îa rive gauche étant en partie dans l'hémisphère N., les pluies tropicales qui les font déborder ne tombent pas en même temps. La crue principale de l’Amazone a lieu en février sur le Solîmoes, en avril sur l'Amazone proprement dite, du Madeira au Para, et en juin sur le Para. Le niveau baisse ensuite jusqu'en octobre pour se relever par

une seconde crue qui dure jusqu'en janvier. La crue varie, suivant la partie du cours et suivant les années, de 8 à 19 m.

Ajfluents de la rive gauche* Les affluents de cette rive coulent vers l'E., le S*-E. et le S. Les premiers affluents brésiliens de ce côté sont le rio îçd ou Pulumayo, navigable pour des bateaux à vapeur sur une longueur de plus de ^,Ü0Ô kiL, et le rio Japurd dont le cours iuférieur, depuis le confluent de YApaporis, appartient au Brésil et dont le docteur Crevaux a relevé, en partie, le cours en 1879. Le larakîra, affluent de l'Apaporis, est la limite entre le Brésil et îa Colombie. Le Codajaz, Coâayas ou Cudajaz^ dont le cours n'a pas été relevé, paraît être un bras oriental du Japurâ ; il communique, par des igarapés, avec les lacs Àlamd et Ânamd^ traverse le lae Codajaz et entre dans rAmazoue en face de deux des bouches du Purûs.

Le rio Negro (fleuve noir), qui doit ce nom à la couleur de son eau, très brune quoique limpide, prend naissance, ainsi que son affluent le Uaupés^ dans une région inexplorée de la Colombie, reçoit par le Casiquiare une partie des eaux |de l’Orénoque, franchit la frontière brésilienne au S. du fort de San Carlos, coule vers le S.-E, en formant, surtout à la hauteur de Siîo Gabriel, une suite de rapides et de cascades qui, dans une étendue d'environ 7 kil., arrêtent la navigation quoique la lenteur de son cours facilite la remonte. 11 reçoit sur sa rive droite les eaux du Uaupés^ passe au pied de Barcellos, s'élargit considérablement en formant plusieurs bras et se grossit du rio Branco (deuve blanc) ; celte rivière (environ 600 kil*), dont le bassin appartient entièrement au Brésil, malgré quelques prétentions des Anglais, est désignée par le nom de Uraricoera depuis sa source jusqu'au confluent du Takutüf son affluent de la rive gauche, à peu près à 4” de lat. N. Le TakuH communique, à l'époque des pluies, par un canal naturel avec un affluent de l'Es' sequibo et recueille les eaux du Mahü ou Ireng (Je Coiingo est un affluent de cette rivière), du Piraray du he Amactï. V Uraricoera ou Haut rio Branco est une grande rivière dont les bras enveloppent l'Ile Maracâ et qui coule dans la direction de l'E., étroitement serrée entre des rochers et accidentée de nombreuses cascades* Le rio Branco proprement dit (depuis Je confluent du Takutû) a S90 kîL de cours ; il roule une masse d'eau considérable à l'époque des crues, de mai à septembre ; dans la saison sèche, l'eau resté stagnante sur un grand nombre do points. Le rio Negro dont les crues, de février à juin, élèvent le niveau d’une dizaine de mètres, communique avec l'Amazone par plusieurs canaux dans son cours inférieur ; il enveloppe les lies Ânavilhanas, s'élargit en un vaste bassin, baigne Ma naos et se jette dans T Amazone entre deux pointes qui rétrécissent son lit.

Les autres affluents sont: Vürubû qui se jette, après avoir descendu un grand nombre de rapides, dans le lac Saracd avant do porter ses eaux à l’Amazone, le üatumàf le Jamundd ou Nhamundd qui traverse le hiù de Faro ou de Nhamundd et sur les bords duquel Orellana prétend avoir vu des amazones (c’est, de ce oûté la limite, entre les provinces d'A ma zonas et de Parâ), le Trombe^ îas ou Oriximtna^ dont une des chutes (Fumaça), a 26 m. de hauteur, le Curudj le Gurupatuba ou Mâe^Curil^ h Partie remarquable, comme la plupart des cours d'eau de la contrée, par ses nombreuses chutes, le Jary dont la principale cascade, nommée par le docteur Crevaux (en 1877) chute du Désespoir (do Desespero), a 25 m,

fO

de hauîeur. La plupart de ces riviùres, qui coulent dans une contrée presque exclusivement peuplée d'IndieuSj sont encore imparfaitement connues.

Affluents âe droite^ Les affluents de cette rive coulent vers le N.-E. avec une direction septentrionale plus accentuée pour ceux qui viennent du Grand massif brésilien que pour ceux qui descendent de la Cordillère*

Le Jamry^ dit aussi Hyàbary, Yabary et Yaearana, est une grande rivière (reconnue par les commissions brésilienne et péruvienne, la preuiiÈre présidée par le baron de TelTé), qni descend d*un cours très sinueux dans uno vallée généralement profonde et étroite et dont le conHuent est à 13 kiL en aval deTabatinga.

Le hmdmtiba est navigable ; le hitakij navigable sur 800 kiï, environ et le Jurud sont de grandes rivières sinueuses, dont le cours supérieur est mal eoniiu, mais dont Je cours inférieur est desservi par des bateaux à vapeur.

Le le Catuii^ le Coary paraissent être de moindre importance.

Lo Pürii^j Pacana ou Béni en indien, une des plus grandes rivières de la région, grossie d'autres rivières importantes telles que ÏAquiry et le Taprud sort de sources encore inexplorées et coule vers le N.-E. comme presque tous les affluents de cette partie du bassin et promène dans une suile indéfinie de méandres ses eaux idanebâtres à travers des forêts.

Le Madeira^ dont le nom signifie ^ bois » en portugais, parce qu'il charrie beaucoup d'arbres, enlacés parfois en manière d'île flottante, est formé de la réunion du Eeni et du Uamoré* 11 a une longueur d'environ 3^i>00 kiU depuis la source du Gu a pa y, et de cette source à Lembouebure de l’Amazone, la voie d'eau a uno longueur de 6,400 kiL Le Guaporé ou îtmei^ (environ 1,500 ki!.), dont le nom signifie cataracte des plaines et qui sert, sur la plus grande partie de son cours, det routière du Brésil, est le principal affluent du Mamoré ; il a sa source dans les Campos dos Parecîs, par 40' de lat. S. et 61^ ^0' de long. 0. de Paris, à 275 m, d'altitude (D"’ Pontes), et contrairement à la direction générale des cours d'eau de cette région, il coule vers le N.-O* en eCtoyant leGrand massif brésilien, La ville de Matio-Grosso et le fort de Principe da Beira se trouvent sur sa rive droite. H reçoit plusieurs affluents parmi lesquels (rive gauche) le iîio Ver de (226 kiL), qui forme la limite entre le Brésil et la Bolivie ; à partir de ce confluent son cours forme cette limite jusqu'à son embouchure dans le Mamoré. Âpràs ce confluent, le Manwré double presque de volume, et sert à son tour do frontière jusqu'à sa jonction avec le Béni. Le Madeira, au point de jonction des deuï rivières qui le forment, a f,9S0 m. de largeur et 22 m. de profondeur dans la saison des pluies (Leverger), Le Mamoré (avant le confluent du Béni), puis le Madeira, entre le 11® et le 9® degré de lat., sur une longueur de 360 kiL, franchissent un défilé rocheux par dix-sept chutes ou rapides, qui sont un obstacle insurmontable à la navigation (4 dans lo Mamoré, 13 dans le Madeira, parmi Issquelles le Caldeirâo do Inferno). Au delà, la grande rivière, devenue navigable, poursuit son cours vers le N.-E* à travers d'immenses solitudes et verse, à l'époque des crues, 40,000 m. c. d'eau par seconde dans l’Amazone^t 4,000 seulement dans les basses eaux. Il communique avec îe Purûs et avec le fleuve par plusieurs canaux dont le principal, le furo Canuman (dans lequel se jettent les rivières Canuman [environ 600 kiL] et Abacaxtsjj enveloppe rile de Tupinambaranas, longue de 300 kiL

Le Tapajôia (environ 1,800 kiL), appartient (ainsi que le Xingii et le Toeantins) entièrement au Brésil. 11 a sa source sur le plateau dos Parecîs, à 640 kiL au M.-N.-E* de la ville de MaEto-Grosso, et est désigné sous le nom do Mruena jusqu’au cooffuent de VArinoSj à partir de ce point il devient le Tapajàz^ coule dans une gorge de montagnes, descend consécutivement quatorze cascades ou rapides, se grossît du Sào Mauocl ou Très Barras et s'épaud dans un estuaire large de lo à 20 kil. avant de mêler ses eaux brunes aux eaux grisâtres du fleuve. aflluent de droite du Tapajéz,

a sa source à 80 kil. à Popient de la ville de Diaraantino (Ma tto-Grosso).

Le Xingâ (écrit Sehingd sur certaines cartes allemandes récentes) (environ 2,000 kiL), dont le cours a été relevé jusqu'à Piraubaquâra par le prince Adalbert de Prusse (1842) et dans sa partie supérieure par le voyageur von Steinen (1884), prend sa source sur le plateau du Malto-Grosso, descend par de nombreux rapides vers le N.-E., forme brusquement un grand crochet cl, depuis Sûuzel où commence la navigation à vapeur, s'épand dans un lit large de 4 à 8 kil. avant de mêler ses eaux limpides aux eaux troubles du fleuve.

Le Uanupï; (600 kil.) est relativement un petit affluent*

Le TomrMns (2,600 kiL), que les géographes classent quelquefois parmi les fleuves, est un des plus puissants affluents de rAmazonc. Beux cours d'eau nés sur le versant septentrional du plateau de Estreito, à l’est de Goyàz, le Ümbû et le rîo doj Aimas se réunissent, après 200 kil. de cours, au Maranhào^ sorti du lac (lagéa) Formosa, et forment le Petit Toeantins qui reçoit entre autres affluents le hhmoel Alues* Près d'imperatriz, la rivière fait brusquement un coude vers Fouest et se réunit kVAragmîja,

Cette dernière rivière (i,8ÔO kil). dont le cours est à peu près parallèle à celui du Toeantins, reçoit entre autres affluents le no das Mortes^ enveloppe do ses deux bras (lo Braçû maior, le plus important, est celui de gauche), la grande Ile de Bamnal dont la superficie égal© presque celle du royaume de Portugal. La réunion de l'Ara gua y a et du Petit Toeantins forme le Toeantins^ large cours d'eau, facilement navigable au-dessous des dernières chutes, sur une longueur de près de 500 kîL ; il acquiert près du confluent une largeur de 13 kiî.

Les rios Acardj Capim^ qui déboudient dans le rîo Para par le Guajardy ont un cours beaucoup moins long.

IIL Bassins du nord-est du Grand massif brésilien. A Test du bassin do l'Amazone, le Brésil possède tous les fleuves tributaires de l'océan Atlantique. Le Gîtrupy qui sépare les provinces de Para et de Maranhâo forme un grand nombre de cliutes et n'est accesible qu'aux pirogues; lo Pericuman commence dans le lac Burigiatiba et plusieurs autres près de la ville de Pinheiro, et arrive à l'océan par la baie de Gumau ; îe Mearim (1,100 kil.) reçoit à gauche doux grands affluents, le Qrnjahû , considéré comme le véritable fleuvo par certains géographes à cause de l'étendue de son cours, et lo Pindaré ; il se jette dans le fond de la baie de Saint-Marcos* Vltapîcurû du Maranhâo (1,650 kil.) a son embouchure non loin de là dans la baie de Saint-José. Au-dessous de la cascade de Santa Auna, il reçoit VÀlpercataSt arrose Caxîas, se grossit du Godé, qui a sa source dans le lac daMatta^ et est navigable sur une longueur de 550 kil. pour des bateaux à vapeur.

Parnahyba (1,700 kil.) prend sa source à l'extré’

Page 1