‹ Le BrésilChapitre 18 sur 87 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

La faune

TiteuEss

Le Brésil, par sa faune, forme une des subdivisions de la région néotropicale qui s’étend du Mexique à la Terre de Feu, et comprend quatre sous-régions. L^sotisrégion brésiliennei la plus vaste de beaucoup, comprend toute l’Amérique méridionale, au sud de l’istbme, à Test des Andes et au nord du Rio Grande do Sul, région que Fempire du Brésil couvre presqu’à lui seul, et qui possède, à peu de choses près, tous les types les plus caractéristiques de la région néolropicale.

Parmi les Mammifères, les Singea (Cébiens) sont plus nombreux au Brésil, et surtout dans le bassin de l'A¬

mazone, que dans le reste de rAmérique^ et plusieurs genres (Lagotkrix^ Pitfiecia, Eriodes, CallUkrix) peuvent être considérés comme lui étant propres ; il en est'do même des Ouistitis (Bapaliens), dont une seule espèce s’étend jusqu’à l’isthme de Panama. Huit genres de Chauves-Souris (Phyîîostomidœ) sont propres au Brésil. Lo seul Carnivore redoutable do cette région est le Jaguar ou Onça (Felis onça), dont la force et la taille égalent presque celles dn Tigre, mais dont îa robe est semblable à celle des Léopards de l'ancien continent. Parmi les Carnivores de plus petite taille, signalons le Puma, en tupy Suçuaràna (Felis concolor), POcelot ou Maracajà (F.parâaHs) et le Margay ou Gafo do mato (F. tigrina), puis plusieurs formes particulières de Loups ou Chiens sauvages, le LobO vermelho (Canis jubatus), leRaposado Brazil fC. brasiliensis), Vkticyon venaticus^ le Raton ou Guaxinim (Proegon cancrivorus) et le Coati (Nasua socialis)* Dans le groupe des Didelphes, Didelphis can~ erivora et D. palmata (cette dernière à habitudes aquatiques). L’Amazone est habitée par une espèce partieulîère de Dauphins d’eau douce (Platanista a^nazonica}^ et, à son embouchure, par un Lamantin (Manatus australls). Sur les eûtes on voit de nombreux BolosfD^ijj/tîîzws rostratus). Les Baleines, qui étaient jadis nombreuses, fréquentent peu aujourd’hui le littoral du Brésil. Le Tapir ou Anta (Tapirus amerlcanus ou sniUusJ, le plus grand Mammifère indigène du Brésil, deux Pécaris (Bacurys ou Bïcotyles labtains et Gaïtettïs ou J>. torquatus), et quatre ou cinq espèces de Cerfs (le Veado-galbeiro, Gnazù-pucü desGuaranys, ou Cermis paliidosus ; le Veado-campeiro, Guazil î, ou C. campestris ; le Veado-catinga, Guazû-bira ou C. neoiorivagtts; le Veado-mateiro, Guazfhpihi ou C.rnfiis), sont les seuls Ongulés de cette vaste région boisée, périodiqnement inondée par les débordements des grands neuves. Les Rongeurs, par contre, sont nombreux, et atteignent une grande taille : tels sont le Cabiai que les Brésiliens appellent Capivâra (Bydrochœrus), les Pacas (Cœlo^ genys) et les Agoutis (Dasyprocta)^ La famille des EcMmpldæ à pelage épineux est propre à cette région. Une seule espèce de Lièvres (Lepus brasilünsis), s’y trouve tout à fait isolée du reste du genre. Les Edentés sont nombreux et variés, bien qu’ils n'atteignent plus la taille gigantesque des Megalonyx et des Glyptodon quateraires : les Paresseux (Bradypus), le grand Fourmilier ou mandüà (Myrmecophaga) et deux genres de Tatous rioâonta, Tatusla)^& trouvent dans presque toutleBrésil. Les Oiseaux du Brésil sont remarquables par la variété l’éclat de leurs couleurs. Au premier rang, il faut signa- ‘ les Oïseaux-mouebes ou Beija-flûres (TroehtUdæ) dont 59 genres sont propres à cette sous-région. Viennent ensmte les Tangaras ou Tonagras {Tamigyddœ, avec 26 g.), les Tyrmnidæ nommés au Brésil Sabys, Sabiras et Bemtevis (22 g,), et les Manakins (Plpridœt avec 10 genres propres). L’oiseau chanteur par excellence au Brésil est le Sabùh de la famille des Turdidés, voisin du Moqueur de l’Amérique du nord, qui ressemble à nos Grives, et dont le plus apprécié estleSfi&m dapraia{MinîmUviduej d’après Pr* Max. de Neuivied). Les PerroquetsYCiîîzixndÆ:) et notamment les Aras, les Toucans (RamphasUdœ), les Cotîngas (CoUngiâm), les Fourmiliers (Formtcariîdæ), sont aussi largement représentés, et ces familles sont propres à la région néotropicale. Nos Perdrix et nos Faisans sont remplacées par les Colins (Odontophonis), lIoccoséGrflci* dœ} appelés Mutums au Brésil, et par les Pénélopes (dans le pays Jaeùs, Jacutlngas, etc.). Les Tinamous (Tinamidœ)

représonlent un autre type plus voisinj par son ostéologie, des Autruelics* L'Agami ou Jacami (Psopfdajyh Cariama ou Seriama, le Kamiclii (Paîamedmjf TEurypyge, I’IIodzir (OpisthocomusJ J soj\t des types aberrants propres an Brésil.

Les Reptiles sont nombreux^ et quelques-uns sont très redoutables par leur taille ou leur venin. Parmi les Serpents, ie Boa emstridory ou Giboia des Brésiliens, atteint des dimensions considérables. Le Sucurîû ou Boa Auaeonda (Eunedes murimsj est plus grand encore (6m.), les Elaps et Cî'aspedocephalîi^ (ceux-ci voisins desCrotales sont très dangereux par leur morsure venimeuse), et les Tortricidœ (lamille qui se relrouve en Asie) sont remarquables par leurs brillantes couleurs. Les Lézards sont représentés par des Iguanes dont quelques-unes atteignent une grande taille. Les Crocodiles ont des représentants appartenant aux deux familles des Allîgaioridœ et Crocodiîidæ* Les Tortues de l’Amazone (g. Podocaemys par exemple), atteignent souvent une taille comparable à celle des ïortnes marines.

Paimi les Am phi biens, les Batraciens Seuls sont nom* breux : la Grenoui lie-taureau de T Amérique du Nord, ainsi nommée à cause de sa voix mugissante, est remplacée par do grandes espèces fCeratophrys cornutaj d'une autre famille (Cystigmthidœ) ; le genre Rana diminue à mesure que Ton se rapproeho du sud del'Araé* rique où il est remplacé par des Rainettes (Hylidœ Polypedalidœjy comme en Australie. Le Pseudis est intéressant par la grande taille de ses têtards ; le Nototrema ou JSotodelphü et îo Pipa sont remarquables par Pbabîlude qu'ont les femelles de couver leurs œufs dans des replis de la peau du dos.

La Faune des Poissons d'eau douce, que nous connaissons surtout parles travaux d’Agassiz, est, comme on devait s'y attendre, extrêmement riche en types variés et souvent d'une taille colossale* Tel est lePirarucù (Fn^ire^^ ou yigas) de rAmazone, de la famille des Ostcoglossidœ qm dépasse souvent 3 m. de long. Les Polycmitrtdæ, les Gymnotes (Gymnotidœj ou Anguilles électriques, nommées Poraquès au Brésil* les TrigûnidŒ ou Raies d'eau douce sont propres à celte région* Les Siluridœy les ChromidŒf les Cimracidœ sont aussi largement représentés. Les Poissons dipnoïquos ont ici un représentant isolé (Lepidosirenjy les deux autres étant propres, Fun à l'Afrique, rautre à l'Australie in ter trop ica les.

Nulle part ailleurs la faune des Insectes no présente une égale profusion de formes et de couleurs. Les Longicomes sont surtout remarquables par leur variété (489 g.propres), et leur grande taille (TüanuSyMacrodontia, l'Arlequin ou Macropus iongimanus, etc.)* Viennent ensuite les Lucüîüdæ et surtout les Celoniidœy parmi lesquelles les g. înca et DynasleSj remarquables par leurs formes robustes, les îiiiprêstidœy également de grande taille et parés de couleurs métalliques, les Elateridœ ou Taupins, dont une espèce d'un pouce de long (Pgî*ûpho^ rus nôçlüueus) répand, dans son vol nocturne, une lueur phosphorescente. — Les Papillons ne sont pas moins éclalanls : tel est Je Morpho aux ailes azurées et changeantes, un des plus grands Papillons connus ; les Nympfmlidæy Erycinidœ, neliccmdmj sont également parés des plus vives couleurs. Citons encore parmi les Sphingidæ le g. Ürania, — Un Hémiptère, le Fulgore porlelanterne ou Getiratiaboia, est célèbre par la propriété lumineuse qu’on lui a prêtée et qui n'est pas prouvée. Les Termites ou Cupim, de l'ordre des ffévroptères, vivent en société comme les Fourmis, et ont deux espèces dont l'une

construit des nids de forme conique qu'on prendrait dans la campagne pour des habitations humaines; l'autre (Termes devastans) est très redoutée pour ses ravages.

Les Arachnides sont représentées par plusieurs formes spéciales : au premier rang se placent la Mygale avicutaire et la Mygale verslcolore ou Blondii, celle-ci propre au Brésil. Les Myriapodes ont plusieurs espèces d'une taille relativement gigantesque ptatypoïdeSr

variegataf morsitaus), et dont la morsure venimeuse est quelquefois fort dangereuse*

Les Crustacés d'eau douce (Païemony etc.) présentent aussi quel(|nes particularités intéressantes sur lesquelles ie naturaliste F. Muller, duMusêum de Rio, a appelé l'attention, Les Mollusques terrestres, moins abondants qu'aux Antilles, sont cependant largement représentés par de grandes espèces du g. BuUmuSy des Cyclostomidæj (CUlulüt Chondropomaf Cgclophorus) et TAinpidlarla gîgas qui habite F Amazone. Les Limaces de l'ancien continent sont remplacées par une autre famille, celle des Viigmulidœ*

Page 1