CHAPITRE IX
La paléontologie
Far JI. lo D'' E. Troues&.U tT.
La paléontologie du Brésil est restée longtemps presque complètement inconnue ; elle commence à s'éclairer grâce aux travaux récents des géologis tes qui ont exploré ce pays. Le C.“A. White vient de publier (1887) un important mémoire sur les Mollusques et les Echino dermes de l’époque crétacée. Cette faune marine se rapproche, par ses Gastéropodes, de la faune crétacée de i'Inde méridionale pins que d’aucune autre ; les Céphalopodes seuls présentent quelques a Si ai tés avec la laune contemporaine du Nouveau-Mexique. Cette dissemblance est d'autant plus remarquable que la peu que l'on sait des faunes antérieures (paléozoïques et spécialement carbonifères), caractérisées surtout par des Bradiiopodes, indique une identité presque complète entre les deux Amériques. Plusieurs de ces espèces crétacées ont un faciès jurassique, d’autres un faciès tertiaire; mais la grande majorité fixe Fâge de cette période comme crétacée. Parmi les bivalves nous citerons : Ostrea distans, Gryphœa trachyoptera, Pecten coUapsus, Lima inter^ lineatay etc.; parmi les Gastéropodes: Cerithium pe-^ droanurUy Fmus tongiuscidusy F. pernambiicensis, Phorus brasiiiejisiSy Murex suUlis, etc.; parmi les Céphalopodes : Ammonites pedroanusy A. maromiensîsy A. Uartüy IMîcoceras hystrimlumf etc.; parmi les Ecbinodermes : Ciâaris brajinerij Gonoetypus nettoa^ mtSy Echimbrüsus freitasii, Catopygus œqualiSr Toxaster altiuseulus, etc., et tin grand Uraster,
La plupart de ces espèces et plusieurs genres sont nouveaux. Le crétacé inférieur (groupe de Bahia) renferme des coquilles d'eau douce qu’il est impossible de distinguer du genre encore vivant Lioplax (Troschel). Ces mêmes couches d'eau douce des environs de Dabi a ont
rANTHROPÛLOGlE
fourni, avec des Ünio, Pahidinat Metunia, appartenant à des genres eneure vivants, des Poissons et des ReptÜes (Crocodilus îlartiî, Thoracosaurus bahiensis) ^
Hartt cunsidÈre comme caractérisant le néocomien înlérieur. Plus récemment, Cope a décrit, sous le nom de Stej^eostermm tumidum, un Batracien urodèle trouvé dans la province de Sâo Paulo et qu'il considfero comme carbonifère. Des poissons (Anædopogon^ Aspidorhynchus) seraient jurassiques, puis de trois étages difiérents du crétacé, dont les deux supérieurs correspondraient au Fox Hills et au laramiê de TAmérique du nord (Pyejîodvs Apocopoâon, Galcocerdo, Enchodm, Chiromijstus, Diplomystus). Un Reptile Tèléosau ri en DerHanus) est du Fox Hills do Pernambuco.
La faune tertiaire est mal connue, les couches presque exclusivement marines de cette époque étant très pauvres en fossiles. Il est probable, cependant, que la riche faune de vertébrés lertiaircs, qui a laissé ses débris en Patagonie et sur le territoire de la République Argentine, s’est étendue jusque dans Touest du Brésil, car on eu trouve des traces plus au nord dans h Répnblique de VEquateur (recherches de Branco et Reiss) et jusque dans File de Cuba (Castro). La faune quaternaire, découverte parLund dans les cavernes de la province de Minas-GeraCs, n'est, d'ailleurs, elle-même qu'un reste de la faune tertiaire sudaméricaine que les travaux tout récents d'Ameghino ont montrée si intéressante et si variée. Cette faune quaternaire du Brésil est beaucoup plus riche que la faune actuelle. Un effet, outre la plupart des Mammifères qui vivent encore an Brésil, on y trouve deux Singes d'espèces éteintes (Protopithecus brasUiensis^ Jacckus grandis); des Carnassiers d'une ioree et d'une taille redoutables {Smlùdmi neogœtts Qnpopulatôr, voisin du Machairodus et pourvu comme lui de longues canines en forme de sabre, Âbathmodon fossüiSf Omis (Speo-^ thos) paciwrusy Arctotherium bonœrense m Ursns brasUiensiSj etc.}. Des Ruminants, notamment des Lamas (Aîtehema)^ actuellement refoulés, de même que rOurs, dans la chaîne des Andes; des Cerfs d’espèces éteintes (genre leptotherium^ de Lund). Des Proboscidiens (Mastodôu Humboldtii)^ et, ce qui est bien remarquable, plusieurs espèces du genre Cheval (Equus) et d'un genre voisin (lïippidium). Ces restes prouvent que le Cheval a existé et s’est éteint dans rjÂmérîque du sud bien longtemps avant son importation moderne par les Européens. Une espèce eurviâens, Ov^^cn, ou
E. ap^nis-caballoy Lund), est très voisine par ses dents du Cheval de Vaueien continent; une autre (E. Luudüy Boas) a des dents semblables à celles des Zèbres africains, ce qui n'a rien d'étonnant, puisqu'on a des raisons de croire que fous les Equidés tertiaires étaient rayés. Les Uippidium neogœum et princïpalû sont très voisins des Chevaux- Des Ongulés voisins des Rongeurs {Toxüdon êxpansidensy Cope) se trouvent ici moins nombreux qu’a la Plat a. Il en est de même des grands Edentés qui sont représentés par des Gravigrades [Ochnotheriumy Megalherimny Platyonyx Cuvierl, Scelidolheriumf CœlodoUy etc.), animaux assez voisins des Paresseux actuels, mais aux formes colossales, et qui ne grimpaient pas sur les arbres, comme ceux-ci, mais se contentaient de les déraciner pour dévorer leurs feuilles. Enfin, des Tatous gigantesques {Gtyptodôntes)^ à cuirasse entière, comme celle des Tortues (Chlainydotheviunij Hoplophorus, Pachythermmi Eunjüdon^ Ikterodon)* Tous ces types sont éteints.