LE GOUVERNEMENT ET L’ADMINISTRATION
IrÈs grandes les distances entre ks différents quartiers et faubourgs de la ville* Ï1 est question depuis longtemps de raser les collines de Gastello et de S a nto-Antonio, pour aérer le centre de k ville* La mortalité annuelle est de 23,8 sur 1,000 habitants. Pour le climat de cette ville et des autres dont il est question ici, voir le chapitre Cltmat,
Rio de Janeiro est la ville la plus peuplée de PAmérique du Sud et en m6me temps la plus importante pour I son commerce. Elle occupe un des premiers rangs parmi les villes commerciales du monde. La ville PôtTopolis^ sur la serra dos Orgâos, est le séjour d'été de Tempereur et des riches habitants de Rio. On se rend do Lio h Pelropolis soit en bateau jusquk Manà, au fond do la baie, et en chemin de fer depuis Maud, soit en chemin de fer depuis Rio; mais ce dernier trajet est plus long.
Silo Salmdor da Bahia (152,000 habitants au recensement de 1861, environ 200,000 habitants en 1888)* Capitale de la province de Bahia, ville fondée en 1549 par Thomé de Souza, premier gouverneur général du Brésil, à l’entrée de la baie de Tous les Saints, capitale de la colonie jusqu’en 1762* Elle est encore aujourd’hui la métropole religieuse* Elle est située le long de la plage et sur le plateau qui s'étend derrière la falaise a pic (6Ü à 80 in. d’élévation) qui longe la plage, et est divisée en deux parties bien différentes, la vUl3 bass& (ùidüd& baiw) et la ville haute (CAdade alta}, jusqu’au promontoire de îiontserrate* Elle possède quelques belles églises, des fontaines, des monuments, un grand nombre de maisons élégantes. La ville basse est le centre du commerce. La ville haute, d’oii l’on jouit d'une très belle vue, renferme, enlre autres édiiiees, le palais du gouvernement. Un ascenseur dessert les doux parties de la ville. Les maisons de campagne s’étendent au loin depuis Victoria, au S., jusquk Bomfim, au N. Un chemin de fer relie Bahia à Joazeiro dans le S* Francisco.
La ville de Bahia fut prise en 1624 par l’amiral hollandais Willekens. Les habitants, dirigés d’abord par l’évêque dom Marcos Teixeira, puis, successivement, par Marinho d Eçaet dora Francisco de Woura, assiégèrent les vainqueurs. La ville fut reprise l’année suivante par une grande expédition hispano-portugaise dirigée par don Fadrique do loledo. En 1627, le célèbre Pict Heyn attaqua sans succès Bahia, défendue par Diego de oliveira* En 1638, Maurice de Nassau y fut repoussé par Bagnoli, qui mourut dans cetto même ville le 26 août 1646 (il a été enterré dans l’église du couvent des Carmes)* De 1822 à 1823, pendant la guerre do l’indépendance, cette ville, oii se trouvait une armée portugeise sous les ordres du généra! Madeira, fut assiégée par l’armée brésilienne, commandée d’abord par )e général LabatuL, Français, puis par J.-J. de Lima o Silva. Elle fut évacuée par les Portugais le 2 juil* 1823. En 1837 (7 nov.) une révolte militaire et séparatiste y éclata* Après un combat sanglant (13—1 b mars 1838), la ville fut prise par le général Callado et la révolte élouûée. Les vaincus avaient commencé à incendier le quartier du commerce. Bahia a été toujours renommée comme un des grands centres intellectuels du Brésil* Un grand nombre d’hommes d’Etats, d’orateurs, do publicistes et de poètes dont le Brésil s’honore, sont nés dans cette vil le*
Becife de Pernambiico ou simplement Becife (98,254 habitants en 1872 et environ 130,000 en 1888) nommée souvent a l’étranger Pernambuco^ du nom de la province dont elle est îa capitale, est une grande ville bâtie au conQuent du Capiberibo et du Beberibe* A l’arrivée des Hollandais, en 1630, il n’y avait à cet endroit qu’un
village, sur la pointe méridionale d’une langue de sable qui commence près de la ville d’Olmda, et qui est connue sous le nom de Istlimo de Olinda. Le village de Recife était le port d’Olinda, capitale de la capitainerie, fondée par Buarte Coellio* Maurice de Nassau fonda, en face de Recite, Mam ritzstad, sur File d’Antonio Vaz, formée par les deux rivières. La ville de Recife est divisée par ces deux cours d’eau en trois quartiers, reliés par plusieurs ponts : Reci[e proprement dit, à l’endroit de l’ancien Recife ; Sfï?ïé£?- Antonio (Fancienne Mauritzstad) et Sâo José sur File Santo Antonio ; et Bôa^ sur la terre ferme. Ce dernier quartier, plus neuf, est d’un bel aspect* Les faubourgs de Passagem da Magdakna, Ponte d’Uchûa, Monteiro, Beberibe, possèdent de très belles maisous entourées de jardins* Les rues du quartier de Recife sont très étroites et tortueuses* Là se trouvent l’arsenal de marine, la douane, la bourse* Dans le quartier Santo- Antonio ou remarque le palais de la présidence, le théâtre Santa Izabel et la maison de déLention* Trois chemins do kr partent de Recife, ceux du Sao Francisco, de Caruarû et do Limoeiro, outre deux autres qui desservent les environs : le chemin do fer d’Olinda et Beberibe, et celui de Monteiro et Apipucos avec un embranchement vers le village de Yarzea.
Recife fut pris en 1630 par l’amiral Lonck et le colonel Waerdenbnrclî, et devint jusqu’en 1654 la capitale du Brésil hollandais* Après un long siège (commencé en 1645} et les deux batailles de Guararapes, ks Brésiliens et les Portugais, dirigés par le général Barreto de Menezes, s’emparèrent des forts extérieurs, et le général hollandais Siegemundt von Sebkoppe capitula le 26 janv* 1654. En 1821 les Brésiliens, sous la conduite de Camello Pessoa, y assiégèrent les troupes portugaises du général Luiz do Rego. La convention do Beberibe (5 oct* 1821) stipula l’embarquement des Portugais. En 1824, la ville, restée pendant quelques mois sous la domination des républicains fédéralistes, fut prise par le généralbrançois de Lima c Silva* En 1849, pendant la révolte des libéraux de Pernambuco, Becife lut attaqué par l’armée des insurgés, et un combat sanglant fut livré le 2 fév. dans les quartiers de Santo Antonio et de Bôa-Vista. L’énergique défense du président Tosta (marquis de Muritiba) et l arrivée des troupes du gouvernement dirigées par le général Coelho, assurèrent la victoire du gouvernement. Le député Nunes Machado, que ses collègues avaient entraîné k jouer un rùle dans cette révolte, périt dans b combat.
Deta do Para (35,000 habitants en 1872 et environ 60,000 en 1888), capitale delà province de Parâ, fondée en 1616 par François Caldeira, sur la rive erientalo de la baie de Guajarâ et sar le Parâ, bouche méridionale de FAmazone, dans une plaine unie. Bâtie régulièrement, elle possède de beaux édifices, un large quai on pierres, de belles promenades* Ses nombreux clochers sont d’un effet pittoresque lorsqu’on les voit du fleuve* Elle est une des villes les plus importantes du Brésil* — A l'époque de la révolution de l’indépendance, Belem do Parâ, occupé par des troupe portugaises, resta dans Fobéissanee du gouvernement de Lisbonne jusqu’à l’arrivée du comma^ndant Grenfell, delà marine brésilienne. La population proclama alors l’indépendance, et bs autorités portugaises furent déposées (1823)* Cette ville a beaucoup souffert pendant la guerre eivib de 1835 à 1837, nommée nada^ ou guerra des cabanos^ Les révolutionnaires se rendirent maîtres de la ville (1835), et ils repoussèrent une attaque faite par l’escadre impériale. Le général
LE BEÉSIL
Manoeî Jorge R od ri gués (depuis baron dcTaquary), ayant réussi à occuper cette ville, les révolutionnaires revinrent rattaquer et le forctrent à se rembarquer après neuf journées de combat (14^22 août 4835), L'autorité du gouvernement cenfraï y fut rétablie le 14 mai 1836 par îe général Andréa, depuis baron de Caçapava,
SàO'Paulo (25,000 habitants en 1872 et 50,000 en 1888), capitale de la province de Sâo-Paulo, doit son origine à la « maison » de Saint-PauL Le jésuite Emmanuel de Paiva avait fondé celte maison en 1553, dans le village indien de Piratinînga, gouverné par ITbîrïçà, et situé entre le ruisseau Anbangabahü et la rivière Tamanduatehy (affluent du Tieté) sur un terrain accidenté, à 750 m, ati-dessus du niveau do îamer, l.a villo s'est beaucoup agrandie depuis vingt ans : elle a dépassé les limites de ces deux cours d’eau et est devenue une des plus belles du Brésil avec ses faubourgs de Liberdade, Mûùca, Braz, Marco de Meia I^gua, Luz, Santa-Cecilia, ConsoIaçSo et Arouebe, EUe possède plusieurs monuments, quatre gares de chemins de fer, et un jardin public. Sa faculté de droit est renommée au Brésil, C'est près de cette ville, sur le ruisseau Ypîranga, que D, Pedro proclama rindépendance (7 sept, 1822); on y a construit, sur les plans de riügénîeur et architecte T, Bezd, un beau palais, De la ville on voit sur l'borizon nord les belles montagnes de Caniareira, contreforts de la Serra da Mantiqueira, Dans le chapitre Histoire nous avons parlé des expéditions des Paulislas aux xvn® et et xviu* siècles. L’histoire de celte ville est en même temps rbistoire du peuplement et de la civilisation du Brésil central et méridional à eelto époque, La ville de Sâo Paulo, comme celle de Rio do Janeiro, a joué un rùle très important dans la révolution de rindépendance du Brésil, et, en 1887 et 1888, dans !a question de l’abolition de Tes clavage,
Porto-ÀiégrE (25,000 habitants en 1S72 et 40,000 en 1888), capitale de la province de Sâo Pedro do Rio Grande do Sul, ville fondée en 1742 sur une presqu'île de la rive gauche du Guabyba ou Viamâo, nom que prend le Bio Jaeuhy après la jonction de plusieurs rivières, jusqu'au lac dos Paîos, Elle a été primitivement une colonie formée par des insulaires des Açores et désignée sous le nom de Porto dos Casaes, En 1773, le gouverneur Manoel Jorge de Sepnlveda (José Marcellîno de Figueiredo) y établit la capitale de la province, et changea l’ancien nom conire celui qu'elle porte maintenant* De 1836 à 1840 cette ville a été assiégée à plusieurs reprises par les républicains séparatistes de Rio Grande do SuL Suo Luiz do Mütanhào (31,604 habitants en 1872 et 35,fî00 en 1888), capitale de la province de Maranhâû* La ville fut fondée en 1612 par des Français dirigés par Daniel do la Touche, seigneur de la Ravardière, sur une pointe de la rive occidentale de l’île de Maranhîîo, dans la baie de Sâo Marc os* Elle est devenue porlugaîse en 1614 (V, le chapitre HisiomE)* Le 25 nov. 1641 elle futoeeu pée par les Hollandais, qui, assiégés par les habitants, sous la conduite de Moniz Barreiros et Teixeira do Meifo, l’évacuèrent le 28 févr, 1644* Lors de la révolution de J’indépendance, elle était occupée par des troupes portugaises qui firent leur soumission à l’arrivée de l’amiral brésilien lord Coebrano (28 juil* 1823)* Elle est de construction assez régulière et d'aspect monotone* Elle fait un commerce important,
Nictkeroy(i^,mù habitants en 1872 et 30,000 enl 888), capitale de la province de Rio de Janeiro, ville située dans une ause de la rive orientale de la baie do Rio de Janeiro,
en face de la capitale de l'Empire avec laquelle un service de bateaux a vapeur la met en communication presque continuelle ; c'est une ville régulièrement bâtie qui ne date que de notre siècle* Son nom primitif était Praia-Grande, Ses faubourgs de Sâo Domingos et dTcarahy se trouvent sur des plages fréquentées par les baigneurs* La plus belle de ces plages est celle ditapuea, à learaby*
Fortaieza (21,000 habitants en 1872 et environ 27,000 en 1888), capitale de la province de Ceara, ville bâtie sur un terrain plat et port situé 7 kil* à l'E* de rembouchure du Ceara, Ses rues sont larges, propres et bien pavées.
Ouro-Preto (20,000 habitants ou plus probablement aujourd’hui 12,000 habitants, la ville renfermant 1,200 maisons), capitale du Minas Geracs, ville fondée vers 1699 par les PauHstas sous le nom de Ouro-Preto (ait, 1,145 m*). Ce village reçut le titre de ville (villa) en 1711, ce qui lui donnait un conseil municipal, et son nom fut changé contre celui de Villa-Rica* En 1822, le prince-régent D, Pedro l’éleva au rang de cité eu lui restituant son nom primitif* Elle est située dans une région minière sur des contreforts de la serra d'Ouro-Preto, terrain fouillé autrefois par les mineurs, et très accidenté. Le luxe des chercheurs d'or en avait fait une ville très florissante au xyïu® siècle. Elle est aujourd'hui moins fastueuse* L'école des mines est établie à Ouro-Preto.
Pelotais (20,000 habitants), ville du Rio Grande do Suï, centre important pour la préparation des viandes*
Campos (25,000 habitants), sur le Parahyba do Sul, la ville la plus commerçante de la province de Rio de Janeiro,
Campinos (23,000 habitants), ville do la province de S* Paulo, centre important de la culture du café.
Rio^Grande (R* Grande do Sul), selon le recensement municipal du 15 avr, 1888 , n'a que 14,345 hab* Le port de Santos (prov* de S. Paulo), très important par son commerce maritime, n'a que 13,000 hab.
§ 4. Justice^* — L'administration de la justice a été réglée par la loi Sayâo Lobato du 20 sept* 1871, qui n'a abrogé qu’en partie les dispositions des lois antérieures* La justice, qu'elle soit civile, commerciale ou criminelle, est administrée par les mêmes autorités, à savoir ; juges de paix, électifs dans les paroisses (freguezia ou parochia; il y avait en janv, 1887 dans tout l'empire 1,886 paroisses et chaque paroisse peut être divisée en plusieurs districts d© paix, chacun avec un juge ; juges mumeipaux dans chaque termo (le termo correspond à une commune ou à un groupement do communes) ; juges de droit dans chaque comarca (la comarca comprend un ou plusieurs termos, mais dans les comarcas plus importantes il y a des juges de droit spéciaux, ainsique des juges substituts ; cours d'appei (Iribunaes de rehçâo), dont les membres sont nommés desembargadores, au nombre de 11 (Parâ, Maranhâû, Ceara, Pernambuco, Bahla, Rio de Janeiro, Sâo Panio, Rio Grande do Sul, Minas, Goyaz et Matto Grosso) ; et au-dessus de ces juges et tribunaux il y a la Cour suprême de justice (supremo tribunal de justiça), doEt les membres ont le titre de minUlres, et qui siège h Rio de Janeiro; elle n'examine pas si îe jugement a été bien ou mal rendu au fond, mais si les moyens de cassation proposés (nullité manifeste ou injustice notoire) sont justifiés, en renvoyant seulement les parties devant une autre cour d'appel, en cas d'annulation de jugement. Les fonctions du parquet appartien-
^ Par M* d'Ourém*