CHAPITRE Vin
La presse
p.'ir M. le baron cto nm^UiiAXCo. ancien journaliste à Rio {le Janeiro.
Sous le régime colonial, il n'y a eu qu'une seule imprimerie au Brésil* Elle avait été fondée à Rio vers 1744, sous les auspices du comte de Bobadella, par ïsidoro da Fonseca, et elle fut supprimée après 1747 par ordre de la métropole. En 1898 F Imprimerie royale (aujourd’hui Imprimerie nationale) créée, à son arrivée, par le prince régent, imprima la Gacœta dô üw, journal officiel, puis une revue, O Patriota (1813-14), rédigée par Ferreira Guimarâes. A Bahia, la première imprimerie et le premier journal [Jdadede Ouro, 1811-23) datent du gouvernement du comte dos Arcos.
Quoique la presse ne fût pas libre, on lisait partout au Brésil le Correio Urazilknse, revue très libérale publiée a Londres par le Brésilien llippolyto da Cosla- Pereira (V. le chapitre Langue et LmÉEATunE).
A Pernambuco, dans la ville de Becire, la première imprimerie fut fondée pendant la révolution de 1817, et n'imprima que quelques proclamations et autres pièces. Elle futconfisquée après la victoire des royalistes. Des brochures hollandaises du xvii® siècle porteut comme lieu de publication Recife, mais elles ont été imprimées en Hollande.
Avec l'avènement du régime constitutionnel (1821) d’autres journaux commencèrent à paraître : à Bio, O Coficdifidor (1821), de Joseph da Silva Lisboa, O Reverbero (1821-22), de ledo et Cunha Barbosa, organe des constitutionnels partisans de l'indépendance immédiate ; O Es- (1821-23), de Ferreira Guimarâes, et O Ptegulador (1822-23), du Père Sampaio, qui défendaient les mêmes
idtîeg, mais qui étaient attachés au mmtstère Andrada ; 0 Sÿlpho (1823); 0 CotTeio do Rio (1822-^3), du Portugais Soares Lisboa, répub licaiTij et plusieurs autres. Du 30 oct» 1822 au 17 juil. 1823 la liberté de la presse ayant été supprimée en fait, ce dernier journaliste fut emprisonné, condamné, puis amnistié sous le ministère suivant, et sommé de quitter le pays ; les rédacteurs du Reverbero (quoique Ton d'eux, Ledo, eût été élu député) furent exilés. Un quatrième journaliste, May, rédacteur de la Malagneta^ fut assommé dans sa maison par une bande d'hommes masqués. Dans les provinces, le gouvernement sévit aussi. L'agitateur Barata, rédacteur de la Sentinelldt ^ Pernambuco, fut arrêté et enfermé dans une forteresse à Rio.
Le ministère Cameîro de Campos (17 joîL 1823) rétablit la liberté de la presse, qui bieulM dégénéra en licence. Parmi les journaux d’opposition parurent alors le Taiftogo^ des frères Andrada, et la SentineUat très violent, celui-ci, excitant les Laines de la population contre les Portugais. Ils cessèrent (nov. 1823) parla déportation de ses rédacteurs, sous le ministère Villela Barbosa, votée par le conseil d'Etat et conseillée par l'amiral lord Gochrane.
Quelques journaux avaient élé fondés dans es provinces dès 1821 : à Sao Luiz do Maranhao le ConciliadoTf à Recife VÀuroj^a Permmkicanat rédigé par le jeune Rodrigo da Fonseca Magalhaes, plus tard célèbre dans ï’bistoire politique du Portugal, et le Cegarrega^ Bahia, outre le journal cité, avait en 1822 le Ba^ luartê^ VAnalgsta et le Diario ConstitiieionaL C'étaienl des journaux portugais, sauf ce dernier, fondé par Montezuma (depuis vicomte de Jequitinhonha), Les presses du Diario Canstitucional furent brisées par des officiera et soldats portugais J et le journal, transféré àiCachoeira reparut à Babia après la libération de cette ville, occupée, jusqu'au 2 juil. 1823 par l'armée portugaise du général Madeira.
En 1821 six villes du Brésil possédaient des imprimeries : Rio, Bahia, Rccife, Sao Luiz do Maranhao, Villa Rica (Ouro-Preto) et Sâo Paulo. Ces deux dernières sont citées en 1822 par Balbi, qui a puisé dans des sources portugaises, mais nous n'avons pu trouver aucun renseignement sur les journaux publiés alors dans ces villes. Les autres parties de la monarchie portugaise n'étaient pas plus avancées que le Brésil, car en 1821 il n’y avait des imprimeries qu'à Lisbonne, Coimbre, Porto et Funchal.
Dès 1823, un Français, IæIoy, partisan de la monarchie constitutionnelle, fondait à Rio l’EsIrei/rï Brazileiray qui fut de courte dorée et, en 1824, avec les librairesimprimeurs P. Plancber-Seignot et E. Seignot-Plancber, le Speciadory qui devînt en 1827 le Jorml do €om^ merciOy rédigé quelque temps par Leloy et Alexandre Magno de Castilho, et, peu à peu, le principal organe du commerce et des classes conservatrices sous la direction de ses nouveaux propriétaires (1832), deux autres Français. Villeneuve et Mongenol, puis sous la direction de Villeneuve (1836-44), resté seul propriétaire, et, suecessivement, de F. Picot (1844-54), Moreira de Castro {1854-60), Emile Adet (1860-67) et L, de Castro (1867-88).
L'opposition garda lo silence pendant les années 1824 et 1825, excepté à Pernambuco où éclata une révolution républicaine et fédéraliste, Soares Lisboa, que l'empereur avait amnistié (1824), y créa le Desengano Bramleiroy et fut tué au combat do Couro d'Anta ; le Père Caneca, principal publiciste de cette révolution et rédacteur du Tiphys^ fut fait prisonnier dans le Cearà, condamné à mort par un conseil do guerre à Pernambuco, et exécuté (1825). L'année sui¬
vante, avec le triomphe des libéraux aux élections générales, et la première convocation du Parlement, plusieurs journaux d'opposition paraissent à Rio, et la liberté de la presse est assurée. Cependant, cette même année (avril) le Français Pierre Gbapuis, qui venait de créer le Verdadetro Liberal et de publier un pamphlet, fui expulsé comme étranger. C'est d'ailleurs, au Brésil, après rétablissement du régime constitutionnel, le seul exemple d'expulsion d’un journaliste étranger,
Un décret impérial du 22 nov. 1823 (ministère Villela Barbosa) avait rendu exécutoire un projet de la Constituante réglant le jugement des délits de presse, et abrogeant le décret du 18 juin 1822 (ministère Andrada). En 1820, un autre projet du député libéral Ledo fut adopté et promulgué le 11 sept. Puis vinrent la loi du 20 sept. 1830 et les articles du code pénal concernant cette matière.
En sept. 1828, Rio comptait 9 journaux, la ville de Praia-Grande (Nictberoy) 1, celle de Bah ta 4, celle de Recife 5, Cearà 1, Maranhïîo 3, Paré 1, Sào Paulo 1 ; h province de Minas-Geraes 5, et celle de Rio Grande do Sul 1. Les journaux de l’opposition qui, tous, se disaient d'abord partisans de la monarchie constitutionnelle, commencèrent à exercer une très grande influence sur Popînion. Parmi ces journaux politiques, ks plus importants étaient, à Rio, VAurora Flumineme (1827-35) d'Evarîsto da Veiga, avec îa collaboration du docteur Sigaud, Français, et de plusieurs jeunes Brésiliens, et VAdréa (1826-32) de Vieira Souto et Amaral; à Sâo Paulo le Farol (1827-32) de Costa Carvalbo (depuis marquis de Monte Alegre), ConsUtmional (1829-31)
de Badarô ; à Ouro-Preto, O Universal (1825-40), de BernardodeVasconcellos; à Sâo Joâo d'El Rey^PAs^ru de Minas (1827-30); k Diamantina, VEcho do Serra (1827- 1831?); àBabia, O Bahiam (1828-29), de Reboucas, tous journaux d'opposition. Dans la ville de Recife, Figueiroa fondait en 1828 le Diario de Pernambuco^ destiné à devenir le plus grand journal des provinces du Nord, f^'année suivante, ce journal et le Conditudonal (1829-31) engageaient la lutte avec PA èd/ia (1829-31), anarchiste, O Crmeiro (1829-31) et O Àmigo do Pow (1829-30), rédigé par le poète Père',Ferreira Barreto, ces deux derniers, organes de la société secrète ^ Colonne du Trône constitutionnel », qu'on disait composée de partisans de l'absolutisme et qui avait des succursales dans le Cearà. Les ministères Clcmente Pereira et Villela Barbosa, cédant aux clameurs des libéraux, ordonnèrent des poursuites contre ces sociétés (4 nov. et 12 déc. 1829), et F. Barreto, en butte aux haines de ses adversaires, se vit forcé d'émigrer en Europe.
Do tous les journaux de cette époque les mieux écrits, donnant en même temps l'exemple de la modération et de la dignité dans les discussions, étaient VAurora Flu* mineuse et le journal français le Courrier da Brésil (1828-30), ministériel, rédigé par E. Sevène et Plus son* Ce dernier écrivain rédigea aussi, de 1830 à 4831, le Moderador et une revue* II quitta le Brésil sur la même frégate anglaise qui couduisit en Europe dom Pedro 1®^ Le vicomte de Cayrû, partisan dévoué de l'empereur, était alors dans la presse le plus actif adversaire de ropposition, et se multipliait en articles et pamphlets. Les autres journalistes ministériels à citer étaient le Père Sampaio, Cunha Barbosa et Loureiro, qui écrivaient dans plusieurs journaux, J.-M. da Costa, de la Gazetn do Brazilj puis du CensoTy dont plusieurs articles étaient du ministre Cle-» mento Pereira* Une publication faite k Londres, sous titre de O Padre AmarOy par le Portugais Joaquim Ferreira