‹ Le BrésilChapitre 40 sur 87 · LA PRESSE · texte numérisé non relu

LA PRESSE

dos SantoSj était distribuée au Brésil par les amis du gouvernement, et lui faisait quelquefois un grand tort.

L’arrivée de Tescadre du baron Roussiu (LS28), envoyée par Charles X pour réclamer quelques navires français que les HrésiUetis avaient capturés pendant le blocus de k Plata, et la nécessité oii dom Pedro se trouva de céder k celle injonclion, augmentèrent rirritalion populaire, La révolution de en France vint passionner ropinion,

et la chute de Charles X fut célébrée par tous les libéraux brésiliens» Plusieurs journaux nouvellement créés, k Rio et dans les provinces, commencèrent à prêcher les uns le fédéralisme, d’autres la république. Les plus importants de ces journaux étaient A Brazileira (1828-31), O Tnhîino do Pow (1831-32) et Oîlepiiblico (1831). Le rédacteur de ce dernier, A. Borges da Fonscca, ainsi que les éditeurs do VAurom et de ŸÂdréa^ tous deux monarchistes, et le premier (le journal d’Evaristo da Veî0 » défenseur de Tunilarisme, furent poursuivis^ mais acquittés par le jury» En 1831 quarante-quatre nouveaux journaux furent créés à Rio» ^ Les pamphlets qui s’imprimaient k Rio, dit Aug. de Saint-Hilaire, dégoûtants de platitudes et de personnalités, révolteraient les Européens qui dans ce genre ont poussé le plus loin la licence, s* Les discussions et les luttes politiques devinrent très ardentes, surtout de 1830 à 1836. En 1830 (20 nov.) un journaliste des plus estimés de F opposition, le docteur Badaré, fut assassiné à Sao Paulo, et cet événement eut un retentissement énorme dans tout le pays* En 1832 (8 nov*) un coup de pistolet manqua Evarislo da Veiga, qui était alors, par son journal, par sa popularité et par sou influence à la Chambre, le plus puissant soutien de la monarchie constitutionnelle et des ministères de la régence jusqu’en 1833* « Evariste, dit de lUbeyrolks, élait un caractère* Il fut F instructeur, le guide, et Ton pourrait dire la eonscieuee du parti libéral modéré. Eu 1830 surtout, son influence fut décisive, il avait formé cette opposition redoutable qui délivra le pays des influences étrangères. ^

De 1831 à 1834, VAurora est le principal défenseur du gouvernement contre les journaux tédéralistes et républicains qui, outre ceux déjï cités, étaient 0 Exaltado^ JuTüjubüf Matracüi Tî'ôoibddt Sêfilifi&Ua (de Barata), rédigés par des membres de la Société fédérale présidée par le Portugais Epifanio Pedroso, et les journaux réactionnaires ùiramurû, Carijo, Te mpo j Paraguamit Diario do Rio. Les presses de ces deux derniers journaux furent détruites dans la nuit du R déc. 1833 par la fouie ainsi que le mobilier de la « Société militaire VAurora, Vlndepmdeîüe (1831-33), de Rodrigues Torres (vicomte d’itaborahy), puis le Sete deAbrü (1833- 39), du grand orateur Bernardo de Yasconcellos, furent les journaux qui, dans cette période d’agitations, défendirent k Rio la cause do l’ordre, de la vraie liberté et de Punion, de même qu’un grand nombre de journaux des provinces. Lorsque, par la mort du due de Rragauce, le parti réactionnaire, qui avait gagné les élections à Rio, dut se dissoudre, presque tous ses membres allèrent renforcer la fraction du parti libér^al modéré en opposition au régent Feijd, et le parti conservateur brésilien fut créé. Le Sete de Abiil et le Chronida (1836-39), de Justiniano Rocha, devinrent les organes du nouveau parli ; puis ce furent O BraMl (1840-52), du même Rocha, et le Correio da Tarde (1848-52), inspiré par Yasconcellos* Le parti libéral eut aussi k cette époque plusieurs journaux bien écrits : O Dûspertudor (1838-40)

et O Maiorista (1841), rédigés par Salles Torres-Homem (vicomte d’inbomîrim); G Nûvo Tempo (184445) par Silvai- Paranbos (vicomte de Rio-Brauco) et J. de Assiz; O Gorreio Mercantil (1844-67), fondé par Barreto, et dont les principaux rédacteurs furent le même Barreto et Paranbos, en 1848 et 1849, le député, puis sénateur, F. Octavîano, et Sousa Perreîra plus tard* U nouveau Correiü dü Tarde (i8;>5-02) dans ses dernières années, et le [îegenerador (1860-Bl), de Rocha, tarait des journaux eonaervatear», eomnie le ConsUlîteienul (1862-64), rédigé l*ar le sénatour Fimiao Silva, Azevedo Castro et le poète P. de Calazam, le Carrew Mercantil (1867-4868), tom la direetiim de Firmtoo Silva, puis, de Leonel de Alenear, le Diarlû da Ria (1868-78), sQm la direetioa do député Ferrcifa Vianma qui, de 1871 à 1875, fut le ifjomal^ di^ cooservatotir» dissidents opposés au mii^tère Ilie-Braaco, À TSaçua (1872-73), organe de ce miaistère, rédigé d’abord par ses propriétaires, les députés Ferreira de Aguiar et J.-M. de Carvalho, ensuite, de 1873 à 1875, par Ica dépiiis Gusuiào Lobo et Silva-Parauhos, et O BrazU {4881-85), dirigé par le député, puis sénateur, F. Belnaiio.

Le Diario do Rio, avant de devenir conservateur, avait été dirigé par plusieurs journalistes appartenaat à des partis diflérents : J de Alenear, conservateur; Bocayava, républicaio ; Saldanba Marinho, aujourd’hui répufalkaio, alors libéral, mais en opposition aux cabinets libéraux de 1863 et1864.

Les libéraux ont eu dans celte dernière époque plusieurs journaux dont les principaux ont été : ŸÂeluaîidade (1858-64) deFarnèse, Lafayette et Pereira de Sousa; Diario do Povo (1867-69) et ïietornm (1869-79), dirigés par Fan* eicn ministre AlTonso Gelso (vicomte de Ûuro-Prelo) avec la collaboration de plusieurs écrivains distingués, parailesquels Joaquim Serra- Aujourd’hui (1889) ils ont à Rk» la ïribmia Liberal, dirigé par le vicomte de Ooro-Preto et le Diario de Noiieias par Ruy Barbosa, et les conservateurs Ù Municipio Tieutro, As NouidiLdes et O Conslitucianal^

Les républicains ont eu k Rio, pendant les demi^^ quarante ans, plusieurs journaux : 0 Republteo (1853-55), le Correio Naclonal (1864-70), de Lîmpo de^Âbrea (Henri) et Rangel Pestana, À Hepublwa (1810-74), de Bocay uva et Cunha, et À GautaNacioîial, d’Aristides Lobolis ont maintenant (1889) OPaiz, dirigé par Bocayuva-^

Le Correio do Brazii, de 1872, et le Glaba^ de 1874 à 1878, étaient de grauds journaux, le premier rédigé par Rodrigo Octavio, le second par Bocajuva et Salvador de Mendonça*

En 1875, la Ùazeia de Noticias était fondée et est dirigée depuis lors par FeiTeira de Araujo, avec la col— labontiou de plusieurs bomm^ de lettres br^üîats et portugais, parmi les premiers Macbado de Assix. En 1880j Ferreira doMeuexes, mort 1 année suivante, créait la Ca* Zêta da 'larde, journal abolitionniste, dirigé ensuite par Patrocinio, puis par Gustavo Macedo. En 1887 A Cidadé do Rio fut créée par Patrocinio, un des plus ardenls diai^ pions de rabolitionnisme. Le Paiz, qui, avant de deyeür un journai républicain, avait eu lacoUaboration da î^abuco, et le Diario de micias^ qui a été dirigi par Mendes de Almeida, aujourd’hui rédacteur dn Dmnû âo Commercio, sont, comme les trois que nnifâ venons de citer et le Jornaido Commercio, les plus journaux de Rio; mais ce dernier, qui date de est de beaucoup le plus considtohle, par ses dum»sions, dans toute l’Amérique du Sud, et compte panai s«s

rédacteurs (Sousa Ferreira, Gusmâo Lobo, etc.) et cer* respoadants (Nery, Rodrigues, etc.) quelques-uns des meilleurs écrivains du Brésil. 11 est la propriété du comte de Villeneuve, ministre du Brésil à Bruxelles. O Apostolo, qui date de 18G6, est le journal du dergé. Le chanoine Gnnçalves Ferreira a été son directeur pendant vingt ans.

Le journal oflicid créé en 1808 (Güzeta do Rio) a pris, eu 1823, le nom de Diario do Gouemoj et de 1824 ù 1833, celui de Diario Flumimtm (rédacteurs le père IL de Sanipaio, en 1824 et 1823, et, après lui, le chanoine Cunlia Barbûsa). Il prit, én 1833, le nom do Correlo Officiai ((Junlia Rarbosa, rédacteur), fut supprimé en 1841, rétabli eu 1846 sous le uotn de Gaxeta official (rédacteur en chef Cansansao de Sinimbu, rédacteurs F. Octaviano et OlynipioMadiado), supprimé de nouveau en 1848, et rétabli depuis 1862 sous le nom de Diario OfficiaL La colonie française a eu toujours un journal à Rio, et parfois plus. Aujourdliui elle y possède ['Etoile dic Sud, rédacteur Cb. Morel. Deux journalistes français, émigrés du 2 Décembre, Ch. de Ribcyrelies et Cb. Quentin, collaborèrent pendant quelque temps dans les journaux de Rio. Ribeyrolles, auteur du Brésil pittoresque^ y est mort (186Ü). La presse de celte ville lui a élevé un monument au cimetière de Catumby, dont Fépitaphe a été composée par Victor Hugo,

Fn fait de journaux illustrés il n’y a guère à enregistrer que 0 Ostensor Bnmleh o qui a donné, de 1843 a

1846,. quelques mauvaises gravures, et plusieurs journaux écrits par des Brésiliens à rétranger. Le plus important a été 0 Novo Mundo (1870-78), de J.-C. Rodriguez, ijuprimé à New-York,

Les journaux à cari ca lu res commencèrent en 18o7, h Rio, avec le Chardmri NacionaL On peut citer, dans ce genre de publications, 0 Bamr volmite (1863-66), de França junior, A Vida Flumineme (1869-73), dirigée par J. d’AIraeida (artistes : Agostini et Borgomainerio), 0 MosquUo (1868-77)^ la iiiuslradaf créée en

4876 par Agostini, et O Mcquetrefe, fondé en 1873. Ces deux derniers existent encore.

Aujourd'hui, les journaux sont nombreux dans tout le pays ; la seule ville de Rio possède quatre-vingts journaux (douze quotidieus) et revues, dont quatre italiens, un trançais, un anglais et un portugais. On cite comme les meilleurs journaux des provinces ceux du Sâo Paulo(Correio Paulistano^ Provmclaj etc.), Rio Grande do Sut {Reforma^ Conservadort federaçao. Echo do Sut, Dia^ Jio do Rio Grande, etc.), Bahia {Diario da Bakiaj Ga^^eta da Bahia, etc.), Pernambuco (Diario de Pernambuco, J ornai do Récife, etc.), Maranbao (Paü, Diario do Maranhdo, etc.), et Parà (Diario do Grào- Fard, Conseruador, Liberal, etc,).

Le tableau suivant donne les chiffres de 1876 et des dernières années sur lesquelles nous avons pu obtenir des renseignements :

Amazonas.

Parâ...

Maranbüo.

Piauhy..

Cearâ___

Rio Grande do Norte,.

Parahyba..... |

Pernambuco.

Sergipe...

Alagoas.

Bahia...

A reporter.

Reports..

Espirito Sauto..

Rio de Janeiro (Ville)...

(Province).

Sao Paulb.... ...

Parana....

Santa Catharina.......

Rio Grande do Sul.

Minas-Geraes ;....

Goyéz...

Mallû Grosso.

Totaux...

Quelques-uns des journaux, quant au format et au nombre des pages, ne peuvent être comparés qu'aux plus grandes feuilles politiques et commerciales de T Angle terre ou des Etats-Huis.

La liberté do la presse est complète. Les journaux brésiliens ont ceci do particulier qu'ils réservent au public, sous io titre de ^ publicacues a pedido », une section dans laquelle tout le monde peut publier des articles ou des attaques personnelles, signés ou non; les articles injurieux ont en général pour répondants des individus qui font métier de prendre ce genre de responsabilité* C’est aussi dans cette section et dans les journaux très répandus que paraissent souvent les meilleurs écrits des publicistes du gouvernement et de ropposition, chaque fois qu'une question passionne les esprits. Ainsi les articles du députéi. Mendësd’AlmeÎLla, de J.-F, de Caslilho, homme deleUres portugais, et de plusieurs autres écrivains pendant la campagne abolitionniste de 1871, ceux des abolitionnistes Nabuco, Gusmüo Lobo, Ruy Barbosa, Rodolphe Dantas, Sancho Pimenlel, pendant h

campagne de 1884 el 1883, de J. Avelino et d'autres, pendant Tagi talion quia précédé Facte final de cette réforme, et les articles de ses adversaires, ont été publiés eu même temps dans les colonnes inéditoriales de tous les grands journaux de Rio,

Les revues sérieuses sont encore en pet il nombre (quatre revues de jurisprudence, une revue de l'Académie de médecine, une revue de Flnslilnt historique, une autre do Tlnstitnt polytechnique, une revue de la Société de géographie, une revue navale, une revue de l'armée, etc.). Quelques revues intéressantes, qui ont paru après 1836, ont été de courte durée ; Mmerm (1843-43), Ostensor Brazüeiro (1843*46), Ms (1848-49), Guanabara (1849-56), Reuista Popular (1839-62), Ensaios de Sciencia (1876-80), la Revista Brazileîra de 1836 (Paula Meuezes), celle de 1857-61, dirigée par le mathématicien et économiste G. B. de Oliveira, et une troisième du même nom, qui, de 1879 k 1881, a formé onze volumes, oii se trouvent des productions des premiers hommes de lettres et savants du Brésil contemporain.

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