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LA. LANGUE ET

CHAPITHK IX

La langue et la littérature

Par M. Pduai do PnAno.

Lo portugais est k langue nationale du Brésil* Elle est, avec la religion et la communauté dkrigine, Vun des facteurs de ruuité do Tempire; elle est parlée parles hhnes, les nègres, les métis et ks Miens civilisés* Il n'y a que quelques établissements des provinces méridionales oii les descendants de colons allemands se servent encore entre eux de la langue de leurs ancêtres* Le porftigais est la langue romane qui a le plus gagné en clarté en se déveoppant; sa nouvelle littérature, au Portugal et au Brésil, Payant beaucoup rapprochée du français, îl a acquis une souplesse et une aisance de forme, ainsi qu une variété d expressions modernes qui font encore défaut à 1 italien et il rcspagnol La prononcialion du portugais au Brésil est beaucoup plus douce qu’au Portugal ; mais lesdilTéreuces dans le langage courant sont peut-être moins grandes que celles qu’on remarqué entre l’anglais d'Angleterre et l anglais des Etats-Unis, quoique les Brésiliens aient introduit des mots nouveaux dans leur langage et que certains mots aient pris au Brésil un sens ditlércnt de celui qu ils ont eu Portugal* Les nuances entre lo portugais parlé dans le N* du Brésil et celui qu'on parle dans lo voisinage de la frontière méridionale proviennent, pour le premier, de Pin fluence indienne et africaine et, pour le second, du contact avec les Espagnols 5 elles sont moins sensibles que les différences du français parlé dans les départements du nord et dans ceux du midi. Un grand nombre de mots tupy-guaranys et africains ont passé dans la langue.

Le tupy—guarauy, que les Européens trouvèrent au XVI® siècle, était la langue la plus répandue (V , le § Anturopologie) ; les missionnaires la croyaient assez riche pour qu'ils aient pu l'employer à enseigner le cliristianîsmej à traduire les chants et les prières de T Eglise* Cette langue, dontTlievetetLeryontles premiers donné des notices en France au xvi® siècle, skst beaucoup altérée* On trouvera plus loin (V* la Bibliographie) la liste des principaux ouvrages sur les Indiens du Brésil et sur leurs langues qui, parlées par un nombre toujours décroissant de tribus, ne sera peut-être plus connue dans nu siècle que par les travaux des érudits, excepté toutefois pour les parties reculées du bassin de U Amazone. Les Indiens sauvages, qui vivent divisés en petites tribus et qui occupent encore presque tout le bassin de ce fleuve et la plus grande partie du Grand massif, parlent des idiomes particuliers, dérivés quelques-uns du tupy-guarany, mais modifiés à tel point que les membres d'une tribu ne comprennent parfois pas ceux de la tribu voisine, — L'influence africaine a été plus faible que celle de la langue tupy sur le portugais brésilien ; à la seconde génération, les noirs amenés d'Afrique ne connaissent plus leur dialecte d'origine*

Les jésuites, établis dès 1549, ont commencé à répandre riustrncLion par leurs écoles, principalement par celle de Baliia ; ils étudièrent en la perfectionnant, la langue des indigènes qui leur était nécessaire pour la pré-

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