LITTÉRATURE
dication, et ils organisèrent des l epfésontâtions religieuses en portugais et en tupy* Dès le xvi^ siècle, on trouve au Brésil un éenvaiu poète et prosateur, Bento Teixeira Pinto, né à Pcrnambuco vers 1540, et, parmi les colons portugais fixés dans le pays, Gandavo, ami du Camoens et auteur du premier livre composé sur ce pays que Camoens lui-méme nommait la Terra Santa Grïi.ï pouco sabida (1576), et Gabriel Soares, auteur d'une intéressante description du pays (1587)*
Au XVII® siècle, Baliia est le centre intellectuel du Brésil ; c'est l'époque du père Antonio Vieira et de Gre— gorio de Mattos* Le père Vieira 606-1697), né au Portugal, mais élevé au Brésil, où il a passé la plus grande partie do sa vie, a exercé une iufluenco considérable dans les deux pays comme orateur sacré, comme diplomate et comme écrivain; avecEuseblo de Mattos (1629-169^), né à Bahia, et Antonio de Sé (1620-1678), né à Rio, il enflamma le patriotisme des Brésiliens dans la guerre contre les llollaudais. Gregorio de Mattos (1683-1696), né ù Bahia, élève des jésuites, est connu par la fécondité de son talent poétique, par sa verve satirique et par sa vie agitée* Le jésuite Vicente do Salvador (1567-1639), né a Bahia, écrivit alors la première Histoire du Brésil qui, après être restée longtemps manuscrite, est maintenant eii cours de publication. Botelho de Oiiveira (1636-1711)* Ravasco (1617-1697), et Borges de Barros (1657-1719)* de l’école de Bahia, composèrent des poésies lyriques* Les jésuites firent aussi Uéducation de Roeba Pitta, do Bahia (1660-1738), qui a publié dans une belle langue h première histoire du Brésil (jlistoria da America Portvguezü)* Son contemporain , le franciscain Jaboatao (1675-1763), est un chroniqueur estimé*
Le Brésil donna le jour au principal écrivain comique du théâtre portugais en ce temps-là. Antonio José da Silva, juif né à Rio do Janeiro en 1705 et brûlé à Lisbonne par l'Inquisition en 1739* Bans la seconde moitié du xviii® siècle, le nombre de Brésiliens élevés en Europe était déjà considérable cl quelques-uns occupaient une place émiuentc au Portugal. Alexandre de Gusmao (169o- 1753), né à Santos, fut un diplomate distingué et un ministre influent pendant le règne du roi Joie V ; son frôro BartbolomeoLourenço de Gusmuo (1685-1724) a fart à Lisbonne (1709) k première expérience d’un aérostat. Plusieurs sociétés littéraires furent fondées : à Bahia, Aeaderniados Esquecidos (1724) ttSocledade Brazileira dos Aeademicos renascldùs (1759) ; à Rio, Academîa dos Felizes (1736), Academia dos Selectos (1752), demia scientificci (1772) et LUteraria (1786).
La poésie brésilienne qui, jusqu'alors, avait été une imitation du français et de ritalien ou s'était exprimée en latin, se porta sur des sujets nationaux* Basilio da Gama (1740-1795) écrivit le poème üraguaij, ou il chante eu vers harmonieux la guerre contre les Guaranys de 1 Uruguay soulevés par les jésuites contre 1 Espagne et le Portugal. Par la beauté et la vérité des descriptions, ce poème est vraiment national et américain. DurUo (1736-1784) composa, sur un autre sujet brésilien, le poème O Caramtirû consacré à l'histoire du Portugais Diego Alvares qui, ayant fait naufrage au xvi« siècle sur les eûtes de Bahia, épousa Paragoassft, bile d'un chef indien* Gama et Durao étaient nés à Minas-Geraes, province qui avait pris alors un grand développement ù cause de ses mines d'or La série des écrivains de P école do Minas» se termine par Claudio Manocl da Costa (1729-1789), poète arcadien, dont le poème nila-Rtca sur la fondation
de la ville d’Ouro-Preto, b ri U© par la couleur locale ; par Gonzaga (1744-1809), poète lyrique devenu classique dans la langue portugaise, et par Alvarenga Pcixoto (1748-1793), poète du même genre, qui tous les trois se trouvèrent impliqués dans la conspiration de Minas pour Pindépendanee du BrésiL Claudio Manoel da Costa se donna la mort dans sa prison et ses deux amis périrent relégués dans les colonies portugaises d'Afrique*
Le XIX® siècle s'ouvre par une renaissance chrétienne qu'inspire le Génie du christianisme de Chateaubriand. La cour de Portugal, transportée au Brésil, y patronnait les prédicateurs dans un pays oü le sermon était presque la seule manifestation publique de la pensée. Le Père Souza Calcîas (176^“1814) devint célèbre par ses odes et par sa magnifique traduction portugaise des Psaumes (qu'on regrette n'avoir pas été faite de l’hébreu, mais d'après la Vulgate), ainsi que Je Père de Sâo Carlos (17634829), auteur du poème de la Vierge, et le chanoine
CunhaBarbosa (1780-1846), auteur du pokme I^îctheroy. Le Père F. de Sampaio (1778-1830) brilla dans la chaire. Ces quatre orateurs sacrés ont été surpassés par le Père Mont'AIverne (178448o8), moine franciscain, qui a laissé des pages remarquables par îc stylo grandiose et par l'éloquence. Le lexicographe brésilien Moraes e Silva (1756-1824) publia sou Didionnaîre de la langue portugaise (1789), qiii jouit encore d’une grande autorité, A cette époque, l’évéqueAzeredo Coutinho (1742-1821) publiait ses travaux économiques et JoséBonifacio de Andrada e Silva (1769-1838), né à Santos, se distinguait comme minéralogiste avant de devenir un homme politique et le premier ministre de l’indépendance, Andrada, qui a été aussi un poète, publia ses poésies classiques en 1825, Vers cette époque le poète Villela Barbosa (1763-1847) et Nogucira da Gama (1769-1846), devenus, après l'inpendance, marquis de Paranaguâ et de Baependy, étaient dos mathématiciens remarquables; le botaniste Velloso (17424 811) écrivait alors sa grande Flora Fiummensîs ; Seabra se distinguait dans la chimie. Parmi les explorateurs et le naturalistes, le Brésil qui avait déjà eu le célèbre voyageur américain et africain Lacerda, mort en Afrique (1798), comptait Rodrigues Ferreira (1736- 1815), Silva Feijd (ÿ 1823), Ferreira da Camara (1762- 1835) et le médecin Mello Franco (1757—1823), Vers la fin du siècle dernier et au commencement du xrx® siècle, comme le reconnaît un historien portugais, la plus grande partie des savants, poètes et hommes de lettres du Portugal, était composée do natifs du Brésil, Parmi les poètes de cette époque il y a encore à citer Eloy Ottonï (1761-1851) et Borges de Barros, créé vicomte de Pedra- Branca (4783-1855).
L'imprimerie fut autorisée au Brésil en 1808 et la vie intellectuelle prit un nouvel essor. Parmi les travaux publiés au Brésil, on doit citer ceux du botaniste Ar nid a Camara (1738-4 81Ü) et la Corographia Brazilica de l’abbé Ayres do Casai (1816) qu'Auguste de Saint-Hilaire appelle le père de la géographie du Brésil, mort à Lisbonne apres 1832. Les idées d'indépendance gagnaient tous les jours du terrain ; quand le régime parlementaire fut créé (1821), plusieurs orateurs remarquables se montrèrent aux Cortès constituantes de Lisbonne, puis dans !©s Chambras brésiliennes pondant le règne de D. Pedro i®' : Antonio Carlos d'Andrada (1773-1845), le vicomte de Cayrîi (1756-1835), Vitlela Barbosa, déjà nommé, Bernarclode Vasconeellos (1795-4850), Calmon (marquis d'Abrantes, 47944865), Carneiro deCampos (marquis de Caravellas,
47684836), LinoCoutinho (1786-4838), G. Ledo (1781- 4847),
Deux écrivains qui curent une très grande influence à cette époque et qui sont considérés à juste titre comme les premiers publicistes du Brésil, furent Hippolyto da Costa et le vîcomtede Cayril (José da Silva Lisboa). Le premier (1774-1823) a publié à Londres, do 1808 à 4822, une revue, le Correio Brazüiânse, vaste recueil formant 28 vol. in-8®, oh foutes les questions qui intéressaient l'indépendance du Brésil et ses progrès, même la question de l’émancipation graduelle de l'esclavage, ont été discutées avec clairvoyance et patriotisme* Cayrû, qui a été professeur d'iiébreu et de grec, publia un grand nombre d'ouvrages de droit, d’économie politique, d’histoire, ainsi que des pamphlets politiques. Il fut un grand doctrinaire politique pendant le règne de D. Pedro partisan dévoué de la monarchie constitutionnelle, et un des plus grands adversaires, dans la presse et au Sénat, des premiers gouvernements de la régence. C'était un érudit, et il reste jusqu'à présent l'écrivain le plus fécond du Brésil. Parmi les autres journalistes, citons G. Ledo e Cunha Barbosa, à l’époque de F indépendance, puis Evaristo da Veîga (47994837).
Le voyageur anglais Walsh,qui visita le Brésil en 4828 et 4829, dit que les Brésiliens lui semblaient être 7m peuple d'orateîirs. Eu elfet ou y parle beaucoup. En 4827, on créa deux écoles de droit, uue au nord du Brésil, à Olinda, transférée plus tard à Rccife, l'autre au sud, à Sao Paulo, De ces deux établissements, dont l’enseignement est libéral, sont sortis des jurisconsultes distingués^ comme Teixeira de Freilas, dont les travaux ont servi pour le code civil de la République Argentine; Pimenta Bueno (marquis de Sam Vicenle), Nabuco de Aranjo, Paula Baptista, Braz Florent ino, Ramalho, Bibas, Lafayette Pereira et Tobias Barreto. La prépondérance de l'étude du droit a mémo contribué à priver les classes dirigeantes d'une édiicalîou pratique qu'on cherche aujourd'liui à leur donner en encourageant renseignement des sciences.
Le romanlisme a trouvé de nombrcu,x adoptes dans la jeunesse brésilienne de 4830; il a pris au Brésil la forme d'un attachement un peu artificiel aux beautés de la nature tropicale et des mœurs primitives des Indiens, Gonçalvcs de M agal h âe s, v i co rn l e d'Ara gua ya (1811-4 882), es t l'a uteurde plusieurs poèmes lyriques; quelques-unes de ses odes, notamment Waterloo^ ont une grande allure. Son poème A Confederaçàodoslamoyosii^^l) célèbre en dix chants la lutte des Indiens alliés aux Français contre les Portugais. Araujo Porto-Alegre, baron de Santo-Angelo (1806- 4879), a décrit en vers des scènes delà nature brésilienne, composé des idylles, et, dans le long poème de Colombo, chanté la découverte de l'Amérique. GonçalvesDias (4823- 4 864), plus tendre que Magal hSes, est le poète qui a le mieux célébré les Indiens du Brésil. Le poète Odorico Menées (1799-1864) a publié de belles traductions de Virgile et d'Homère. José de Alencar (4829-1877) se rattache par son roman O Gîiarany et par son poème en prose Iracema à Fécole de l'indianisme; mais il Fa bientût abandonnée, et, s'étant fait une gran de réputation comme romancier, journaliste et orateur politique, il écrivit do nouveaux ro* mans, les uns d'histoire, dans lesquels il essaie de reconstituer la vie coloniale, les autres de caractère, dans lesquels il montre les Brésiliens tels qu'ils sont.
La vie coloniale avait eu son romancier dans Alraeida (4832-4861), qui a laissé un roman vraiment national, Aj Memorias de um Sargento de Milicias» Martins Penna
(181B-1848) fut le créEiteur de la comédie nationale iNoviçô, hüz de Paz dii roça, Mas em sabbado de aleluia, ete,)^ de Macedo (18^0-1882), laborieux poljgraphe, est Fauteur de plusieurs romans, parmilesque s A Ûoreninha, et d'un poème estimé, A Mulosa (L8oy)* t e dernier a abordé aussi le théâtre avec succès, amsi qu’A^rario deMcnezcs (188^863), les poètes Magalhâcs, Goncalves Dias, L do Aluncar, P in heiro Gui marnes (1832- 1877). Mais ces auteurs dramatiques n’ont pas eu de continuateurs ; car le théâtre au Brésil, à part quelques comédies de mœurs, ne joue depuis quelques années que des Iraductions ou des imitations de pièces françaises. Bernardo Guiinarâes (1827-1883) a écrit cîe beaux romans de mœurs de la province de Minas, 0 Garimpeirû {le Chercheur de diamants), O Semimrista, A escraua Imiira et un roman qui est une concession à l'indianisme alors dominant, O Eimitàù do Muquem^
le Brésil, outre ces écrivains, a donné naissance a plu 3 ieur 5 poètes de mérite, qui sont morts jeunes : Alvares de Azevodo, qui a eu l'inspiration byronienne (looi- 18o2), Junqueira Freire (1832-1833), lagimdes \areUa (1841-1873}, et Casimiro de Âbreu (1837-1839), qui comptent au nombre des meilleurs poètes lyriques de la langue portugaise î Castro Aives (1847-1871), dont la haute inspiration et les vers entlammés, surtout quand il chante le malheur des esclaves et maudit l'esclavage, le rapprocheraient davantage de Victor Hugo* Citons encore Firmino Rodrigues Silva (1813-1879), "Tei^eira de Sousa (1812-1861), P.-l. Pereira de Souza (1839- 1883), J. Korberto, à la fois statisticien et historien, et les improvisateurs F. Monlz Barreto (1804-1868) et Laurindû Babcllo (1826-1864).
Parmi les orateurs, il faudrait citer, dans la politique, Maciel Monteiro (baron d'Itamaraca) (1804-4868), AWes Branco (vicomte de Caravcllas) (17 97-1833), tous les deux poètes et orateurs, Alvares Madiado{1792-1846)j Bodriffues dos Santos (1816-1838), Sousa Franco (1800-1875), le vicomte de Rio—Branco (1819-1880), Salles Torres- Homem (1812-1876), Nabuco de Araujo (1813-1878), Zacarias de Yasconcelios (1813-1877), José Bonifaeio d’Andrada (né à Bordeaux, 1827, f 1886), qui était aussi poète comme son grand-père, José de Aiencar, et plusieurs contemporaius, le vicomte de Quro-Preto, Silveira Martms, Ferreira Vianna, Ândrade Figueira, Joaquim Nabuco, Fernandes da Cunlia, Gusmâo Lobo et Ruy Barbosa; parmi les publicistes et journalistes, JusLiniano Roeba (1812-1862), Landullo Medrado (f 1862), Tavarcs Bastos (1840-73), F. OcLaviano (1823-89), Joaquim Serra (j 1888), Ferreira de Menezes (1843-81), GusmaoLobo, Bocayuva, Ferreira d'Araujo, Patrocinîo, Maciel Pinheiro et Macedo Costa, évêque de Parà, polémiste religieux et politique d'une grande vigueur ; parmi les poètes Machado de Assiz, F* Octaviano, L. Gui inarâes, Rozendo Moniz, Cardozo de Menezes, L. Delphino, Theophilo Dias (t 1889), R, Correa, Valentim Magalhaes, Mello Moraes fils.
L’iiistoire et la géographie du Brésil ont fait de grands progrès à la suite des travaux de F.-A. de Varnhagen, V icom te de Porto-Segnro (1816-1878), des étude s ^ de Caetano da Silva (1818-1873), C, Mendes d'Almeida (1818-1881) et, plus récemment, des recherches du baron Homem de Mello, de MM. Capistrano de Âbreu, Aiencar Araripe, Teixeira de Mello, Ramiz, Duarte Pereira, Yalle Cabrai, César Marques. UhistUut histo7dque^ géographique et ethnographique du Brésilf qui tient ses séances au palais impérial et dont l'empereur est
un des membres assidus, a une part considérable dans ces progrès. Il a été fondé en 1838, sous la protection de D. Pedro 11, par ie savant vicomte de Sâo Léopûldo (1774-1847), rhistorien du Rio Grande do Sul, par le général Cunha Mattos (1776-1832) et par Cunha Barbosa, qui ont laissé des ouvrages estimés, Ign. AccioH (1808-1863) est le meilleur des chroniqueurs modernes du Brésil. Macedo a été surtout un vulgarisateur de Fhistoire de son pays, Sylvie Romero vient de publier une histoire littéraire du Brésil, Fernandes Pinheiro (1823- 1876) et Pereira da Silva sont auteurs de nombreux écrits de critique littéraire et de biographie. Ce dernier a écrit aussi plusieurs volumes sur rhistoire contemporaine, Varnhagen, l'auteur de rîiistoria Gérât da Brazit et de plusieurs autres travaux remarquables, n'a pas le talent de la forme : il a consacré sa vie entière à des recherches et réuni une masse énorme de documents. Prenant P histoire du Brésil colonial qu’avait déjà traitée l'illuslrc Soutliey, il l'a refaite entièrement depuis la découverte jusqu'à F indépendance, et il a élevé un vé ri labié monument.
La critique littéraire et scienlifique devient chaque jour plus éclairée avec MM. Machado de Assiz, d'Escragnolle Taimay, tous les deux romanciers, Sylvio Romero, Tobias Barreto, Carlos deLaet, Santa Anna-Nery, Teixeira Mendes, Miguel Lemos, Pereira Barrelo. Les études scientifiques, comme le montrent les publications des établissements mentionnés dans îe § [nstbuction, ont pris un essor remarquable. Il y a surtout à citer les études d'ethnographie et d’archéologie publiées par MM. Ladislao Ketto, Peixoto, Lacerda, Ferreira Penna (1826-1882) et Couto de Magalhâes.