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CHAPITRE VI

Les voies et moyens de commnnication

Par SOI. E . Levasseüii et le bai on fie Ilrû-ÛiîANCû.

§ 1. Navigation slr tæs cours d'eau*— Le bassin de l’Amazone dont le Brésil possède plus des quatre cinquièmes, les bassins du Sao Francisco et des fieuves cOtiers, les bassins supérieurs du Paraguay et du Paraiib fournissent au Brésil un ensemble do voies navigables que l'on évalue à 54,000 kiL

Sur le bassin de l'Amazone, la navigation à vapeur qui a commencé entre Maubos et Beiem en 1853, grâce b un monopole et à une subvention, a une étendue de 10,000 kiL Elle remonte io fleuve jusqu'à Tabadnga, port situé sur la frontière du Pérou, à 3,000 kiL environ de l’embouchure* Un bateau b vapeur met en moyenne 10 à 11 jours à la remonte et à la descente; à la voile et à la rame il fallait 96 à 195 jours en remontant et 47 à 67 en descendant. Belem, le grand entrepét de T Amazone, est le point de départ de cette navigation dont les étapes principales sont Santarem, Obidos, Itacoaliâra, Matibos (sur le Rio Negro), Coary, Teffé* La ville de Manùos est reliée, depuis 1874, par un service direct et subventionné de paquebots avec Lîverpool, depuis 1882 avec New-York et depuis 1884 avec Rio de Janeiro ; elle a fait, d'après la statistique officielle pour 1881-82, un commerce ( importations et exportations réunies ) de 11,766,000 fr. En 1885, la compagnie Tlâd Cross line faisait en 28 jours le trajet do Manaos b Liverpool, En vue de développer son commerce extérieur, la province d’Amazonas a accordé une réduction de 3 p* % sur les droits des cxportalions directes peur l'étranger* La navigation remonte le Madcira jusqu’aux chutes Santo Antonîo qu'un chemin de fer (projeté, puis ajourné) doit aider à franchir ; au-dessus de ces chutes, la navigation remonte encore 1,800 kil* jusqu'à Matto Grosso : c'est la route la plus suivie pour gagner le Matto Grosso occidenlal et la Bolivie orientale ; elle mesure de Malto Grosso à Relem 4,610 kil* et le voyage dure 140 jours, dont une douzaine

LES VOIES ET MOYE^fS DE COMMUNICATION

pour descendre le Madeira, Le rlo Javary et le rio Juruû sont desservis par des paquebots subventionnés, le second iusqu^au lac Macary. Le Parus Test jnsqa^à la cataracte de rHyulanalian sur ^,300 kiL, et jusqu à la nvifere Acre,

Le rio Negro l'est sur un parcours de 795 kiL jusqu à Santa IzabeL Le Tocantins et CAraguaya (naviption subventionnée par T Etat) lo sont entre Itaca^ui et Santa- Maria (la navigation entre Santa-Maria et Travessâo dos Patos se fait en barques) et entre Traveasâo dos Patos (ITT kiL en amont de Cametâ et ISO de Bayâo) et Delem do Para* Depuis le 7 sept, 1867, le fleuve des Amazones jusqu'à la frontifere péruvienne, le Tocantins jusqu à Cameta, le Tapojéz jusqu'à Santarém, le rio Negro jusqu'à Manâos, le Madcira jusqu’à Borba ont Été, ainsi que le Sào Francisco jusqu'à Penedo, ouverts aux marines marchandes do toutes les nations. Le mouveînent nest pas encore considérable, parce que dans ces régions la population manque pour exploiter les richesses naturelles et pour acheter les produits étrangers. Il s'est pourtant accru rapidement depuis une vingtaine d années. Déjà, en 1879, les compagnies subventionnées du Bas-Amazone transportaient 13,076 voyageurs et50,77Ü tonnes (13,974 à l'importation et 6,796 à rexportaüon).

Sur le Paraguay et sur ses affluents, le Sào Lourem^o et le Cuyabà, la navigation remonte de Montevideo à Cuyabà sur une longueur de 4,300 kiL G est encore aujourd’hui la route la plus facile pour se rendre dans le S*-E. du Maltû Grosso; mais die a l'inconvénient de passer par le territoire de deux Etats, la Bépubbquc Argentine et le Paraguay, C'est par le traité de l Assomption du H févr, 18b8^ négocié par le conseiller Silva Paranhos, vicomte de Rio Branco, que le Brésil a pu obtenir du gouvernement du Paraguay l'ouverture de celte rivière à la navigation, 11 faut trente à quarante jours pour aller par cette voie de Rio do Janeiro à Liiyabà» Un service mensuel de ia Compauhia uücioual dô navegctçào n vapoTi subventionnée par l'Etat, a lieu entre Montevideo et Cornmbà, avec de grands bateaux; entre Corumbà et Cuyabâ, avec de plus petits bateaux. En 1 880 - 86 , cette compagnie a transporté 3,176 voyageurs et 97,000 tonnes. Les chemins de fer qui, de Sao Paulo, s'avancent rapidement vers TO,, fourniront des voies de communiealion plus sûres et plus rapides. — Plusieurs autres fleuves ont des services à vapeur : le Pindaré, le Mearim, ritapîcurü, qui débouchent prés de Sâo Luiz, lo Parnabyba, dont le lit a été débarrassé de plusieurs obstacles, le Parahyba do Norte, le Sào Francisco dont la ligne de navigation, déjà améliorée par la canalisation de plusieurs chutes (chute de Sobradinho, etc,), serait très belle si ellen était interrompue, près de la limite desAlagoas, par des chutes dont la principale est celle de Paulo Affonso; le Paraguassû qui débouche dans la baie de Tous-les-Sainls, le Jequitinhonha, ritapemirim, le Mucury, le Hibeira de Iguape, les lacs Mangaba, dos Patos et Mirim, les rivières Jacubyet Pardo, et le fleuve Uruguay. La libre navigaPon sur ce dernier fleuve a été obtenue par le Brésil en 1855, après la guerre contre le dictateur Rosas. La province de Sao Paulo s'est appliquée à développer scs moyens de communicütion en prolongeant ses voies ferrées par la navigation fluviale à vapeur, en construisant des bateaux d'un type adapté à ses cours d’eau. Il existe des services réguliers sur le Piracicaba et le Tieté, de la ville de Piracicaba jusqu'au delà de Lençdes (400 kiL), sur le Rio Grande (point oii le chemin de fer Mogyana traverse le fleuve) au confluent du Sapucaby mirim, point

oh commence la navigation réservée à la compagnie Paulista, sur le Mogy-Guassil elle Pardo (305 kil.) où le service est fait par la compagnie Paulista, et sur le Paranapanema. Le sel destiné à Goyàz et au Matto Grosso est une des principales marchandises transportées sur ces voies nouvelles.

§ 5 ,EouTESnE'rEBRE,^Lesroutes proprement dites manquent au Brésil, il y a cependant quelques belles routes dans la province de Rio de Janeiro (celle de V « Uniâo e Industrîa 3 > construite par Ferreira Lage, qui conduit de Petropolis à Entre-lUos, etc,) ; ii y en a aussi qui sont plus ou moins entretenues d au s la province de Sao Paulo ; il y a une grande voie reliant Cuyabà à Goyâz, et Goyàz à Ouro Preto, Mais la plupart des localités de Fempire ne communiquent que par des ehemius qu'ont à peine frayés de lourds chariots attelés de hccufs ou même par des sentiers do mulets, souvent impraticables pendant la saison des pluies* Les routes ne rendent pas toujours des services proportionnés aux dépenses qu'elles coûtent dans un pays boisé, accidenté, oh les distances sont considérables et où la population est clairsemée,

§ 3* Chemins de fer, — Cependant, plus les distances étaient considérables, plus il importait de relier l intérieur aux ports de mer par des communications favoriser l'exploitation des richesses naturelles, C est vers la construction des chemins de fer que s'est porté, avec raison depuis 1874, le principal effort des Brésiliens, aussi, malgré les grandes dépenses de construction que nécessitait un sol très accidenté dans la région côtière, le Brésil est FEtat de FÂmérique du Sud qui possédait en 1888 le plus de kilomètres de voies ferrées, I3n privilège avait Été concédé dès 1839 pour la conslmction d'une voie ferrée de Rio de Janeiro à Pirahy ; mais rien ne se fit alors ; les troubles politiques entravaient les progrès et effrayaient les capitaux Étrangers, Cest en 1854 qu'a été inauguré le premier tronçon de chemin do fer du Brésil, celui de Mauà, grâce à l’activité d’Ircnco do Sousa, créé vicomte de Mauà, qui a été le promoteur de plusieurs entreprises utiles dans son pays. En 1835^ une compagnie entreprît de nouveau lo cliemin de Pirany et ouvrit sa première section (Rio de Janeiro d Belem, Gl ,6 kil.) trois ans après; mais elle fut arrêtée par les difficultés de la traversée do la serra do Mar ; l'Etat racheta la ligne et poussa activement les travaux. Ce réseau a été désigné dès lors sous le nom de chemin de fer dedom Pedro 11. En 1867, le Brésil ne possédait encore que üül kil. de chemins de lor en exploitation ; a la tm de 1870, il y en avait 697 kil, ; k la fin de 1880, 3,521 kil.; à la fin de 16S7, 8,480; à la fin de 18 8 , 9,500 kiL en exploitation, 9,900 en eonslruction ou à l’étude: total 19,100 kil. — Le chemin do fer de dora Pedro 11 est le Grand central brésilien; il se dirige de la capitale vers la vallée du Parahyba du sud (prov. de Rio do Janeiro et de Sao Paulo) et vers celle du Sâo Francisco (prov. dcMiuas Geraes). i.a ligne principale de ce chemin avait, en ■1867, une longueur de 197 kil. jusqu’à Entre Rws quelle atteint après avoir, à l’aide de seize tunnels, d murailles et de longs terrassements, franchi laserrado fllar par 427 m. d’alt. et être redescendue sur les bords du Parahyba du sud qu’elle traverse plusieurs fois. Les travaux les plus importants ont été faits sous la direction de M, Christiane Ottoni, aujourd’hui sénateur, et de Ferreira Lage (MarianoProcopio). En déc.

1 cipale atteignait la station d’Itabira do Campo, à 52d kil.

de la capitale, après avoir passé plusieurs cours d’eau et s’ètre élevée sur la serra da Xantiqueïra par des rampes rapides et de nombreuses courbes jusqu'à l’altitude de m,, puis être descendue dans la vallée de Barbaccua et s'étre relevée à travers une région très accidentée jusqu’à 1,179 m*, point culminant de la ligne. Le travail (mai 1888) se poursuivait sur Sabarâ (59 kiL au N* d’Ilabira do Campo) pour se continuer ensuite jusqu'au point oü ïe rio das Velîias est ou peut être rendu navigable; de là ce chemin do fer sera prolongé jusqu’à Boya^, par la vallée du Paracatü. Sur la ligne centrale du D. Pedro (d’Enlre Rios au rio das Velhas) un embranchement de 42,5 kiL conduit de S. Juliâo à Ouro- Preto. Deux chemins de fer provinciaux se relient au û. Pedro; ce sont ^ POuest de Minas ^ (322 kiL en

exploitation) allant de Sitio à Oïiveira par S. José d'El- Reiet S. Joâo d'ELRei et le chemin de fer de Jui^ de Fôra à riaa (55 kiL en exploit.) ; la ligne d'Oliveira va être prolongée jusqu’au Sâo Francisco supérieur, avec embranchements sur îtapecirica (Tamandué) et sur Pitanguy. La ligne de l’Ouest du D. Pedro, remontantloPiiraliybadu Sud (57 kiL)^ commence à Barra de Pirahy et se relie à Cachoeira aux chemins de fer de la prov. de Sdo Paulo. La ligne de PEst le descend jusqu’à Porto-Novo do Cunha (65 kiL). Le chemin de D. Pedro H est à voie large (1 m. 60) et à une voie ; cependant, à partir de Lafayette (ligne du rio das Velhas), on a, par économie, adopté la voie étroite : ce qui exige une rupture de charge (725 kiL à voie large et 61 à voie étroite au 31 déc. 1887). Voici quelques résultats du trafic de ce chemin de fer :

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