CHAPITRE YIII
Les mesures, monnaies et autres instruments d’ecbange
ParMM.LEVASüiEüR.bbaroii d’OcRÉH eUe baron fie Rio-Urancû.
§ 1. Mesures. — Depuis 1874, en vertu d’une loi du 26 juin 1862 , les poids et mesures du système métrique français sont obligatoires au Brésil. On peut citer cependant encore les principales mesures anciennes, comme document historique d’abord et ensuite parce que quelquesunes ne sont pas encore tout â fait hors d’usage ; ce sont : l’arroba — 15 kil.; le pied “ û®329 (=12 pouces = 144lignes); le palmo = 0'''2273; la braça= 7 pieds; 10 palmos = 2"^273 ; la lieue de 18 au degré = 2806 traças = 6,172 m. ; k lieue de sesmaria (mesure agraire) = 3,000 braças=6,600 m.; le covado= 0“68 ; la vara
— I«il0 ; la canada = 2^^^* 667 ; Falqueire = 36^*^“ 364.
§ 2. Monnaies.— La monnaie de compte est le milréis
— 2 fr. 83 (au pair, calculé sur ïa monnaie d’or), et 2 fr. 50 (au pair, calculé sur la monnaie d’argent), 2 fr- 80 en moyenne au pair pour la monnaie de papier; et pour les sommes importantes, le conta de réis = 1 million de réis ou 1,000 milréis. Les pièces de monnaie en usage sont des pièces d’or de 20 (56 fr. 80), do 10 (28 fr. 40) et de 5 milréis (14 fr. 20); les pièces d’argent de 2 milréis (5 fr, 19), de 1 milréis (2 fr. 60), de 500 réis (1 fr. 30), de 200 réis (52 centimes) qui, n’ayant pas une valeur intrinsèque égale à leur valeur nominale (la pièce de milréis contient en réalité 1 fr. 60 d’argent d’après la valeur légale de l’argent monnayé en France), ne sont qu’une monnaie subsidiaire; les monnaies de
LE BBÉSIL
billan (cuivre et nickel) circulent en grande quantité, La nionnaie d’or et celle d'argent sont très rares au Brésii, parce que la circulation se lait presque toute en papwr^ 7 nû 7 jn(nê et que le papier-monnaie chasse les espèces métalliques; cependant, depuis que le cours du papier est au-dessus du pair {1888), Tor a reparu dans la circulation.
§3, Baïsslie et MOMNAiE fidij€IA[he, — Uuo banque de dépôt, d’escompte et de circulation avait été créée le dâ ocL 1808 avec des succursales dans les provinces. Elle € pouvait, dit Horace Say dans sou Histoire dès relations commerciales entre la France et le Brésil^ être utile au Brésil ; dans un moment où l'ouverture de ses ports au commerce étranger rendait les affaires plus nombreuses et plus actives ; les produits de Tagriculture arrivaient en abondance et venaient fournir des cargaisons aux navires qui commençaient à entrer sous tous les pavillons. 11 y avait là besoin d'une masse plus forte de l'agent intermédiaire des échanges. ^ Mais la Banque se compromit par une émission trop considérable de billets, faite souvent pour les besoins du Trésor, et la monnaie métallique disparut. L'étalon monétaire était alors le milréis — 67 pence Vs* change sur Londres se maintint au-dessus du pair tant que la livre sterling resta dépréciée par suite des grandes dépenses de guerre que faisait alors le gouvernement britannique et du cours forcé des billets de la banque d'Angleterre; il s'éleva jusqu'à 06 pence en 1814. Il descendit à partir de cet le année et il resta au-dessous du pair depuis 1819, après la reprise des payements en espèces par l'Angleterre, Il descendit môme (en mai 1829) jusqu'à 26 pence. Le change sur Paris aux mèEues époques était 1 162 réispoiir i fr. en 1809,125 en 1814, 320 en 1828,474en 1829. lise releva après 1829 sur les deux places, mais sans atteindre le pair.
En 1829, une loi (du 23 sept., ministre des finances, Calmon, marquis d'Abrantès) supprima la Banque du Brésil, comme un intermédiaire superflu, puisque la dette dont elle était débitrice vis-à-vis du public par ses billets en circulation n'était pas autre chose que la dette que FEtat avait vis- à-vis d'elle; l'Etat se porta garant des 20,000 conlos (env. 30 millions de fr.) qui étaient alors en circulation. Peu après (8 oct. 1833), le Corps législatif, voulant rapprocher la monnaie métallique de la valeur de la monnaie de papier, abaissa la valeur de l'étalon monétaire de 67 pence Vî à 43 Vs (ministre des finances Araujo Vianna, marquis de Sapucahy) ; puis, en 1846 (loi du 11 sept., ministre llûllanda Cavalcanti, vicomte d’Albuquerque) à 27 pence, croyant, à tort, assurer ainsi le change presqu’au pair.
Depuis 1838, des banques avaient commencé à se fonder à Bio et dans les provinces; la prospérité ramena l'argent ; le change dépassa le pair et le Parlement autorisa (loi du 5 juü. 1853, vicomte d’Itaboraby) la fondation à nouveau de la Banque du Brésil^ qui reçut le privilège de l’émission et fut chargée de racheter le papier-monnaie. Néanmoins, le gouvernement autorisa six autres banques d'émission de 1857 à 1858 (ministre, vicomteSouza Franco), La crise de 1857 obligea la Banque du Brésil à suspendre le payement de ses billets, et le papier-monnaie se multiplia au lieu de disparaître, La loi du 22 août 1860 (ministre, Ferraz) so proposa de rétablir Fordre en interdisant toute émission de billets au porteur qui ne serait pas autorisé par le Corps législalii, en soumettant à des règles sévères l'autorisation des banques et des sociétés anonymes.
En!862. la Banque du Brésil reprit le remboursement de scs billets en espèces, celles de Bahia et de Maranbâo con¬
tinuèrent sous le régime de restriction, et les autres renoncèrent à l'émission, La crise de 1864 et la guerre du Paraguay ramenèrent encore une fois le cours forcé (ministre Carneiro de Campos) et la Banque perdît le privilège de rémission, tout en se chargeant de retirer ses billets de la circulation. Le montant du papier-monuaio qui avait varié seulement entre.28,096 et 42,566 contos de réis de 1835 à 1867, monta de 81,749 contos en 1868 à 189,255 contos en 1880 ; le change sur Londres descendit jusqu'à 14 pence en 1867. La loi du 4 nov, 1882 (Paranaguâ), qui établit la liberté des sociétés anonymes, a cependant maintenu Fautorisation législative pour les banques d'émission.
Le papier-monnaie a perdu à l’époque de la guerre du Parapay près de la moitié de sa valeur ; il s'est relevé en 1875 pour retomber ensuite; au commencement de 1885 le change sur Londres était à 17 pence 1/2 le milréis. Jl s'est relevé peu à peu et d'une façon plus ferme à la suite de la suppression complète do l'esclavago et du dernier emprunt contraeté à Londres, parce que les fonds dont le Brésil disposait dans cette ville par suite de l'emprunt même le dispensaient de faire des remises en Europe, En oct, 1888, le change sur Londres a dépassé lepair, c.-à-d,i27 pence le milréis (27 pence le 26 févr, 1889) et do même le change sur Paris (338 réaux le 20 févr. 1889, le pair étant 352 réaux pour 1 fr.) Aujourd’hui les monnaies en or circulent au Brésil à un taux inférieur au papier deTElat^.— Le gouvernemeutn'a retiré jusqu'ici qu'une très petite quantité de son papier-monnaie car le maximum avait été de 194,282 contos en 1886 et était de 188,861 en 1888, Voici le montant des billets au porteur qui se trouvaient en circulation à la date du 30 avril 1888 :
provenance
NOMDRE
de billets.