CHAPITRE IX
Le commerce
Par M, E, LEVASSEcrh.
§ 1, CoWJfÊRCE EXTÉRIEUR DU BRÉSIL ET COHMEnCE INTER- PROVINCIAL. — Jusqu’à l’année 1808, le Brésil, soumis au régime colonial, ne faisait de commerce direct qu’avec le Portugal, sa métropole. Au xvii® siècle, pendant la guerre avec la Hollande, Fusage s’établit d’envoyer à Bahia et à llio les navires, de commerce réunis en flotte sous la protection de batiments de guerre. L’amiral brésilien Salvador Correa de Sà commanda quelques-unes do ces flottes. En 1649, une puissante compagnie, îa « Companbîa gérai de Commerciû do Braïil dont lé nom fut changé en 1663 contre celui de « Junta do Commèreio fut organisée à Lisbonne, Cette compagnie possédait de grands privilèges; elle possédait dès le début un grand nombre de navires armés, et entretenait un régiment d’infanterie et d’artillerie de marine. Elle envoyait chaque année une flotte qui, de Lisbonne et d’Oporto, se rendait à Recife, à Bahia et à
Bio de Janeiro, et ramenait à Lisbonne et à Londres les produits du pays : or, diamants, sucre, cuirs, tabacs, et autres. Les représentations des commerçants de Rio et do Bahia contre ce monopole, amenèrent des réformes d'abord, et ensuite la suppression de la compagnie (1720); mais l’usage des flottes de commerce continua, sous la protection des navires de guerre. Une ordonnance du 10 sept* 4763, rendue par le marquis de Pombaï, permit aux navires marchands de se rendre isolément au Brésil, mais en les astreignant, au retour, à suivre les convois. En 1735, lo même ministre avait créé deux nouvelles compagnies privilégiées, celle du Grand Para et Maragnam > et celle de « Pernambueo et Parahyba ^ ; elles forent supprimées en 1788, L'exportation du Brésil au xvin® et au commencement du xix® siècle consistait principalement en or, diamants, sucre, coton, cacao, cuirs, bois de construction et de teinturerie. En 1800, selon les tableaux officiels examinés par le vicomte de Porto-Seguro g&r..
p, 1063), la valeur de l'exportation a été de 18 millions do pesos (96,120,000 fr,, la valeur du peso étant de 5 fr, 34), et celle de l’importation de 10 millions de pesos (33,400,000 fr,), soit, pour l’exportation et F importation réunies, un total de 28 millions de pesos, ou 28 mille contas, monnaie decetle époque (149,500,000 fr,), En 1808, la maison de Bragance, arrivée au Brésil, accorda au pays, par l'ouverture de ses ports, le eommerce direct avec l’étranger. Ce commerce a été très faible jusqu’en 1823, oh l’exportatioii du café a commencé à prendre quelque importance. Pendant la période d’agitations et de guerres civiles, close en 1849, il ne se développa que dans les provinces de Rio de Janeiro, de Sao Paulo et de Minas, La demande plus considérable de coton de 1804 à 1869 et, depuis 4870, le rapide progrès de la culture du café et le développement des voies ferrées Font accru ; toutefois l’augmentation en valeur de ce commerce est loin de correspondre à l’augmentation en quantité, à cause de la baisse du prix du café, A partir do 1861 62, la valeur de l’exportation a dépassée toujours celle de Fimportion. Voici les chiffres officiels (lesquels sont très vraisemblablement inférieurs à la réalité) du commerce extérieur du Brésil par périodes quinquennales et par millions de milréis (autrement dît en milliers de eontos de réis).
PÉnïODES