‹ Le Brésil en 1852 et sa colonisation future, notice écrite sur des documents communiqués par leChapitre 15 sur 27 · LES ARBRES · texte numérisé non relu

LES ARBRES

Au Brésil , il existe une grande diversité d'arbres , et c'est d'après les espèces venues naturellementqu'on reconnaît et qu'on juge de la bonne qualité des terrains. Le nom des arbres varie selon les provinces. La qualité de ces bois rend le choix à en faire trèsimportant, particulièrement suivant l'emploi auquel on le destine. Tel de ces bois, mal choisi pour la construction, pourrirait ou serait rongé des vers en très-peu de temps. Il est donc indispensable que, dès à présent, les colons soient mis au fait de toutes ces choses, de manière à n'utiliser que ce qui est préférable. Celle connaissance au surplus ne peut s'acquérir que sur place ; nous nous bornons donc ici à n'indiquer que des noms d'arbres, et l'usage auquel leur bois est employé.

La coupe des bois doit se faire au déclinée la Iwnc, et la meilleure époque pour cet abatage est de jqin à septembre. Géoéralement, les bois blancs sont de mauvaise qualité ; cependant, il arrive quelquefois que du très-bon bois de couleur foncée est recouv^ert d'une enveloppe de bois blanc.

Il existe deux classes de bois de charpente ou de construction. La première se compose du jacaranda* lan, du grauna-parda 9 de Tipe-mercin, du mariaprêta, du jao-ferro, dusobrazil, du sassafras, du canella-preta et du jucupira. La seconde cooiprend le mararanduba-vermelho, le jacaranda- roxo, Tario-depipa, le tapinhoa, le peroba, Je oleo-vermelho, Parmurana, le negro-mina, Tipé-am et le graunapreta.

Quant aux bois pour constructions exposées à Tair, il faut choisir le guraçahi , le cataguia, le jundiahiba , Pangelini-araargoso, l'angelini-doce , le finta, l'oliocopahiba, ToUo-julahi, le carne-de-vaca , legarabu, le guarapapunho, le sapucaia, lemerindiba, le canella, elc. Les insectes, généralement appelés de hichos, ne s'attachent point à ces bois.

Pour les planches destinées aux parquets , on emploie le vinhatico-caballeiro , le cedro, le louro, le lapinhocan, le becuhyba, le canyerana, l'armurana, le peroba, le pao-arovo, le jucupira, le canella-preta , le tympoyla , l'angelini-amargoso.

Pour les plafonds : le jequetiba, le canetla-debrezo , le caixella-halalha , le bacubixa , le louro.

Pour portes et volets : le vinhalico, le cedro, le louro, le cangerarna. Ce sont des bois légers et d'un travail facile.

Pour des machines : l'oleo-vennelho^ le jacarandatan , le roxo, le sumpira , le grapi-apunha et l'oliopamahiba.

Pour les roues à eau : le tapinhoa, le sampira , le graana, l'olio-vennelho , le paroha, le looro-preta , le meriudiba , le pao-cravo , le catagua.

Lorsqu'on veut commencer des plantations au Brésil , il est d'habitude d'exploiter des portions de forêt, d'en laisser un peu sécher le bois, et ensuite d'y mettre le feu , détruisant ainsi à la fois ce qui est de petite et de grande valeur. £n poursuivant ce système et lorsque la population aura augmenté en nombre, il surviendra infailliblement une grande rareté de bois de construction^ comme d'autres espèces précieuses ; en sorte, ainsi que nous Pavons exprimé , le Gouvernement ne saurait trop vite s'occuper de lois concernant l'exploitation des forêts , afin de couper court aux abus , par lesquels on a déjà détruit une notable partie des plus riches ressources du pays. Nous considérons ceci comme étant d'autant plus important , qu'en quelques heures on peut anéantir ce que la nature mit des siècles à produire. Quant à présent , les propriétaires et les colons ne sauraient rien faire de plus avantageux pour eux ^ sinon de s'occuper du choix soigneux de ces bois , de mettre les plus précieux en réserve en les garantissant du feu, du soleil et de Thuraidité. Ce triage sera un capital qui un jour deviendra un trésor pour eux.

Parmi ces diverses espèces de bois, il en existe plusieurs qui donnent des gommes , des résines , enfin des teintures estimées. Le Gouvernement s'est réservé le monopole d'exportation de ces derniers. Le bois

de jacarapda est l'objet d'an grand commerce avec l'Europe et les Etals-Unis, où l'on en fabrique de beaux meubles.

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