CHAPITRE II
Ce fut en 1499 que Christophe Colomb aborda aux bouches de l'Orénoque , sans se porter plus au sud. Mais en 1500, Pierre Alvarez Cabrai, cherchant à éviter les calmes de la cAte d'Afrique, s'avança tellement en pleine mer que , battu par la tempête , il dût chercher un abri, qu'il trouva au 15® de latitude australe ; il nomma cette côte Porto-Seguro. A ce moment^ il touchait au Brésil dont il prit possession, sans toutefois y former d'établissement. Il donna le nom de Sainte-Croix à cette terre , qui plus tard prit celui qu'elle porte aujourd'hui.
La Cour de Lisbonne ne tarda point à faire explorer les côtes du Brésil , nom donné à ce pays à cause des grandes forêts de cette espèce de bois qu'il contenait. Aussitôt que les navigateurs portugais crurent être
certains que ces contrées ne renfermaient ni or ni argent^ la métropole n'en fit que très-peu de cas ; elle se contenta d'y déporter des hommes flétris par les lois et des femmes perdues par leur conduite.
Au commencement, on rapportait de celte colonie des perroquets et des bois de teinture , ou pour la marqueterie. On renonça à en exporter du Gingembre, afin de ne point Bqire en cela a^ conumerce des Grandes-Indes.
L'inquisition donna aussi des exilés au Brésil. Ces Européens cherchèrent à établir quelque culture sur ces plages , et ces essais réveillèrent l'attention de la métropole , qui , en 1 525 , regarda moins dédaigneusement la nouvelle possession que lui avait acquis le hasard; elle pensa alors qu'à défaut de métaux précieux , tout au moins pourrait-elle y recueillir des moissons.
Cette opinion , ayant pénétré dans la nation , prit aussi racine chez les grands seigneurs. Ceux-ci, animés d'un esprit aventureux, demandèrent et obtinrent du Gouvernement l'autorisation de conquérir sur les côtes des étendues de 40 à 50 lieues de largeur, sur une profondeur illimitée dans les terres. Lps chartes, accordées pour autoriser ce6 conquêtes, ne statuaient rien à l'endroit des traitements que devraient subir les indigènes.
Les Portugais arrivant dans ces vastes domaines n'étaient soumis qu'à une légère redevance, tandis que leurs propriétaires jouissaient de tous les droits régaliens, dont toutefois furent exceptées la peine dé mort, la frappe des monnaies et la dîme des productions, choses réservées à la couronne.
— *fi —
Les -sociétés naiurelles sout généralement peu nombreuses; elles subsistent d'elles-mêmes, selon leurs convenances 9 et<se tiennent suffisamment espacées. Tel étaift 1-état du -nouveau continent.
lie Brésil se trouvait peuplé de .petites nations, établies dans tes forêts, dans les plaines, sur les fîvês dés fleuves ou éhv les côtes de la mer. Trèspeu demeuraient sédentaires; le plus grand nombre Tnenait une vie nomade ; aussi n'entretenaient-elles <\ne de faibles relations les unes avec les autres, vivant de la .pêcbe, de la chasse, bien rarement de la culture des champs.
Les indigènes du Brésil, avec la couleur brune, ^ont généralement de la taille des Européens, cqpendafnt moins robustes. Peu de maladies les atteignent; l%ne d'elles est le bicho dont il y a trois espèces, La première est celle d'un petit ver long et délié qui s'attache aux. jambes des hommes, principalement à la suite de grandes fatigues^ surtout lorsqu'étant à pieds nus, avec les jambes découvertes, ils n'ont pas soin d'être propres et de changer de chaussure. Ce bicho grossit entre chair et cuir, il cause des ulcères et conduirait à la gangrène, si on négligeait de le faire extraire de bonne heure. Les sauvages sont fort experts à cette petite opération; aussi ne s'inquiètent-iis ique fortpeude ce mal. '
On peut encore être atteint au Brésil d'un autre mal, qui commence par une inflammation au fondement, accompagnée de maux de tête insupportables et d'une fièvre continue. Les arrivants au Brésil préviendront très facilement cette maladie, s'ils ontsoin de se laver chaque fois, après avoir été à la selle, ibu
reste , au Brésil , comme dans toutes les contrées du globe, le plus sûr brevet de santé est la propreté, la sobriété et une conduite régulièrement modérée.
Les indigènes brésiliens vivent longtemps^ on ne voit pas d'estropiés parmi eux , ils ne connaissaient pas de vêtements , leur nourriture est peu variée. Ces peuples aiment la danse. Le sauvage n'est guidé, dans ses plaisirs, que par sa passion, son cœur et la nature; quand il chante ou qu'il danse , c'est la preuve qu'il est heureux ; en sorte que ce qu'il sent réellement , nous , gens civilisés , nous le simulons.
Les notions de dépendance et de soumission n'avaient pu arriver à ces peuples , à cause de l'ignorance dans laquelle ils vivaient , de ce qui constitue une société bien ordonnée. Tout principe de gouvernement était inconnu dans ces déserts. Jamais ils n'eussent conçu qu'un homme pût avoir le droit, ou seulement la prétention , de commander à d'autres hommes.
Ainsi que tous les peuples errants, les indigènes du Brésil ne marquaient aucun attachement pour les lieux qui les virent naître. Cet amour si vif dans les sociétés civilisées est inconnu dans l'état de nature. La vie morale du sauvage est entièrement le contraste de celle de l'homme social. Ce n'est que dans son enfance que l'être civilisé jouit des bienfaits de la nature. Tout entier dans l'avenir, le temps pour luise perd dans la spéculation. C'est ainsi que, chez l'homme civilisé, le cœur se refuse à ce qu'il désire, puis se reproche ce qu'il s'est permis. que le sauvage est loin de là ; à chaque époque de sa vie , il jouit des
plaisirs et des biens qu'elle fait éclore ; aussi ne les sacrifie-t-il point dans le but de baser une vieillesse moins laborieuse. De cette manière, la source de ses joies est en lui-même , et sa patrie se rencontre partout.
Quoique la tranquillité des peuplades brésiliennes ne reposât sur aucune loi, rien dans leurs petites sociétés n'était plus rare que des dissentions. Les voyageurs même, qui parvenaient jusqu'au milieu d'eux, y étaient reçus avec des égards; aussi cette hospitalité naturelle est-elle l'un des plus sûrs indices que l'homme est né pour la sociabilité. Mais si l'Indien est naturellement hospitalier , jamais il ne faut l'offusquer, et bien moins encore laisser percer de l'ingratitude pour ses procédés.
En aucun cas^ l'intérêt ni l'ambition ne conduisirent ces sauvages à la guerre ; mais souvent , ce fut le besoin de venger leurs proches ou leurs amis. Des mœurs semblables ne pouvaient guère disposer ces Indiens à recevoir patiemment les fers dont on voulait les charger. Cependant , que pouvaient des sauvages contre les armes et la discipline de l'Europe?
Le vaste continent brésilien s'étend de Oyapoc au nord jusqu'au lac de Mirim au sud. Il est borné, au septentrion , par l'Etat de Venezuela et la Guyane ; à l'orient, par l'Océan Atlantique ; aumidi, par l'Uruguay et les Etats de la Plala; à l'occident, encore par les mêmes Etats, ensuite par le Paraguay, la Bolivie, le Pérou et la Nouvelle-Grenade. Il présente donc une étendue de 1,160 lieues du nord au sud et de 1,048 lieues de l'orient à l'occident. La côte qui s'étend de Oyapoc à l'embouchure de la Plata, est de 1,960
lieues, ^D sorte >qiie la aur&ce d^ 3<^^1 j^^ 4q 265^060 lieues carrées, dont seulement ô^SOO/SOivt cultivées ou présentent des pâturages; 3^1^00 app<^^ tiennent à des particuliers sans être défr^p^iéçs.; 42,400 sont occupées par des fleuves, des )aQ3..a9 des marais ; enfin le surplus,. soit une )Bt€indUjei4épassant la moitié de la surface de l'Europe, e^tj^ncor^ inhabitée, couverte de forêts vierges, la ^i^jQure partie très-propre à ragricijiUure. C'est dai^ ^4te dernière portion que se trouvent d'abondants métau^ et des bois très-précieux.
iLa conformation du Brésil qst des plqs variées. -L'extrême sud, iunsi q^e la plus grande ^j^rtiÇ: /du ^lord^ présentent de vastes plaines. I^a pliup^rt:^^^ autres contrées sont montagneuses, en sor;(e qu'^U^ offrent un système géologique qui leur estprçpre.jLes points culminants de ces monts se trouvent d^ns^l^^ provinces ..de Goyaz et de Minas^-Geraes, , dpi^t J^ chaîne principale s'étend à d'orient id.el'lU.rjug^^y,j§l sParana, et pari de la jonction du îiete î^vec le j^çnier.
Les principales montagnes du sy$lèfne.,bré^j)|pn forment < trois tgrandes chaînes, qui, ,^pr^s<4iv;^ses déviations , s'étendent du, nord au sud ^ d'oii se f^^iacbent de nombreuses subdivisions,, courant .4aAS rtoutes les directions, et dont cellei^omm.ée Serr^,/d^ ^Espinhaço parait être la chaîne la ^plus ce^tralew Siçs plus hautes cîmes.se trouvent entre, le 18 ', et Je .^r «ud, où le Jtacolumi , près de Villa Rica, sf^l^vOfà 6,850'; la Serra daFrio, près.de Vilja dePri;jjÇJpe,,à 5,500' , et la Serra da Piedade à 5,460 pieds.
Le paya supérieur a en moyepae une élév^tJQjf^ 5}e
2^^0\ Les moDls de la côte s'élèveût jusqu'à 4,000', et les* sommais» les plus cnlmindnts dut{)ays oat une hauteur de six à huil mille pieds. Entre le 20^ et le 23^ sud y on trouve le Pico de TOrgaos qui s'élève à 7,300' , le Morro do Papageio à 7,000' et le Buquira à 7,513'. Ces diverses chaînes de montagnes sépisrrent tes forèts' vierges à l'orient des parties rases occidentales.
Des plaines élevées , clairement boisées, nommée^ Campoâ y renferment au fond de leurs vallées queK" qfues forêts primitives qui s'y sont conservées.
Les montagnes du Brésil sont composées de granib et d/ardoise,^ mais qui ne s'élèvent pas à plus de 3^500' ; les couches supérieures renferment du quarz,' de l'argile et de la chaux; des collines moins élevées ne sont formées que de pierres calcaires. Ce qu'on vencontre de reitiarquable sont des pierres roulées qui, Gonduiles par les inondations et les submersions^» ODtv comblé dest Mallées et empli? des cavernes, mainr teoantelles distinguenfelë Brésil par des richesses'd'or et; de diamant».
Vers le nord^ lé pays se déploie en forme de terras^ sea,< etdèâ le Corrode Pacaraima' eti Ucurusîra,^ il ne présente que des renflements insignifiants. 4 l'orient^ la côte, avancée du Cap San RH>que' et Antonio esben^ majeure partie plate; elle forme* la lisièrei de cette plaide immeilse, qui s'étendi en doueesi ondulations jjffsqmfà la chaîne des iindes.
Celte vaste contrée applatie se compose de prairies^ hunmies ou^ de Llanos ; aifiu' de surfaces pieti^etises^ , dëfon^iiîipènétrables ou de marais , d'où^s'exhaleto* de:4â)fger€Wi>miai^eai
On ne peut guère pénétrer que par eau dans cette portion du Brésil. Là de considérables écoulements parcourent le sol dans tous les sens , et dégorgent leur trop plein dans le Maranhon, qui, à son tour, jusqu'à présent sans utilité , va précipiter ses flots dans l'Océan.
Le sol du Brésil renferme un grand fond d'Humus. Ce vaste terroir nourrit un nombre considérable de forêts vierges, où se trouvent des arbres énormes et d'une difficile exploitation. Ce sol peut être divisé en quatre classes, savoir : en sol côtier, soit en littoral déjà cultivé, ou propre à l'être; puis en pays élevé et pierreux; ensuite en plaines élevées aussi , mais sablonneuses; enfin en abondantes submersions. Le Brésil est un pays de riche irrigation , par ses grands fleuves et ses nombreuses rivières, qui, sortis de leurs sources dans les montagnes de l'intérieur , en descendent et tout particulièrement de la chaîne des Andes. Ces fleuves traversent rapidement le pays , ils ofl^rentbien des cascades. Le principal de ces cours d'eau est le Maranhon, «ommé aussi fleuve des Amazones, dont l'étendue est de quinze cents lieues; il a une embouchure de cinquante lieues de largeur. Ce fleuve géant enserre une surface de 280,000 lieues carrées, soit un circuit égal aux quatre cinquièmes de la grandeur de l'Europe.
Le Tocanlios, qui par le Rio dos Bocas est en communication avec le Maranhon, forme un fleuve spécial. A l'orient coule le Parnahiba. Au sud est l'embouchure du Francisco qui parcourt la partie intérieure du pays Au sud-est coule le Rio Grande de San Pedro. Enfin, au sud-ouest du pays, circulent
le Parana et l'Uruguay. Le Paraguay traverse la plaine des Marais , qui , à l'époque des pluies , se transforment en un lac nommé Xarayes. Tous les autres nombreux fleuves du Brésil sontinférieurs aux précédents, quoique plusieurs d'entr'eux puissent porter des embarcations pendant un cours de quatre-vingts à cent lieues.
Le Brésil, véritable contrée des tropiques, est un pays chaud, mais dont la chaleur est tempérée parles nombreux fleuves qui le parcourent, par la proximité de la mer et la grande quantité de montagnes qui concourrenl à en raffraîchir l'atmosphère. Avec cette position, la partie sud du Brésil est incontestablement la plus propice aux établissements des Européens , parce qu'elle possède le climat le plus excellent et le plus sain. Si déjà à Rio de Janeiro on est assujetti à une chaleur de 16 à 30*", c'est cependant peu de chose, si on la compare à celle des plaines du nord , qui véritablement est étouffante ; aussi ces plaines sont elles le siège régulier de toutes les maladies des tropiques.
Sur les montagnes, dont aucune n'atteint la limite des neiges, se retrouve alors une température des plus agréables, parce que les vastes forêts qui les ombragent, les fleuves qui arrosent leur base, forment de douces vapeurs qui divisent l'air et préparent ainsi d'abondantes pluies pour le printemps et pour les mois qui , chez nous , sont ceux d'hiver. L'étendue du Brésil rend assez variable l'ouverture et la durée de la saison des pluies.
De mars à septembre, le cours des vents qui régnent tend dans la direction du sud ^ tandis que
ççjM|e directioa remonte vers le aord depais. le mois d'octobre à celui de février. S'il y a de nombreux orages au Brésil , si de temps à autre ils causent de l'effroi , tout au moins d'autres fléaux qui boulever*- S.enl les Etals voisins , tels par exemple, que Ibs^ voI- Qans,, les tremblements de terre, les oui?agaQ&, ysout^ ils entièrement inconnus.
Nous dirons çncore^ au sujet des vents qui régnent sur les cotes, du Brésil , que, depuis le Gap deSâînt- Augustin, le vent souffle presque constamment du. qord-est le malin , et que le soir et la nuit c'est du nord-ouest. Cependant, cela varie graduellement le long de la côte jusqu'à Rio de Janeiro et a la lûviàre de la Plata , où il y a une brise régulière de terre depuis le soir jusqu'au matin et une brise de mer pendant le jour. Durant les trois mois orageux , c'esfc-àrdire depuis la fin de février à la fin de mai 9 il y a générar lement un fort vent du sud et de temps en temps^ des. rafales de sud-ouest. Vers le milieu d'octobre., un fort courant commence à porter au sud depuis le Gap Saint- Augustin , et continue jusqu'en janvier, après., quoi il n'y a plus de courant régulier jusqu'au, milieu d'avril, où il y en a un considérable qui coule vers le nord jusqu'en juillet, époque où il cesse.
Les richesses naturelles que possède le Brésil, surpassent tout ce qu'on peut trouver ailleurs. Chacune d'elles est également grande, et présente à l'observation attentive le tableau le plus magnifique. Le régne minéral est sans mesure , soit en pierres^ fines , soit en or.
Au Brésil sont les plus vastes mines de diamants ; çl^ l^.qya'on les tr<>uve épars, répandus sur desrO'r
chers , ou mélangés à la terre , au gravier deô plantes , dont on îes sépare au moyen du lavage. C'est la Serra da Frio qui est le district des diamants, pays peu hospitalier, dont le lieu principal est Tajnco, auprès duquel est justement sitnée Mandange^ la plus grande mine. On trouve des diamants de toutes les couleurs; celui vert, nuance émeraude d'une belle teinte, est le plus rare et aussi le plus cher. Il existé peu de mines de diamants , de cette pierre si supérieure à toutes les autres par son éclat et sa dûrété. Des chercheurs d'or remarquèrent, dans le sablé qu'ils jetaient , des pierres luisantes; ils les signalèrent à leur chef. De ces cailloux furent envoyés à Lisbonne ; là on en soumit à des lapidaires hollandais, qui déclarèrent que c'étaient de fort beaux diamants. Dès que la nouvelle en parvint au Brésil , une attention aussi vigilante qu'empressée fut employée à recueillir ce qui avait été repoussé. En peu de temps, on réunit 1,146 onces de ces cailloux , en sorte que le prix ^n diamant éprouva momentanément en Europe une assez forte baisse.
Tous les fleuves charient de l'or ; on en trouve ëti grains ou par petites masses^ et plus particulièrement dans les rnisseaux fangeux , dans les anfractudàités des rochers , enfin dans l'argile rouge des moùlagnés , qu'on lave aussi.
Les mines d'or furent découvertes en 1 577, vers la montagne de Jagnara. En 1588 , on en trouva sur les hauteurs de Jacobina , dans le district de Rio-das- Velhas; mais Philippe II n'en permit pas l'éxptoitatîon. En 4699, le hasard oflFrît à qiiélquéîô fommès entreprenant?, de grands tré^or^ âias li province dé
Minas-Geraes. Les mines de Goyas ne furent découvertes qu'en 1726. On trouva de Vot en 1735 dans la province de Mato-Grosso.
Ces trois contrées ont été appelées par excellence la région des mines; les autres qui existent sont loin d'être abondantes.
Dans cette partie du Nouveau-Monde, l'extraction de rorn'es^ni dangereuse, ni fort pénible. Il se trouve quelquefois à fleur du sol , et ordinairement c'est le plus pur. Souvent on creuse jusqu'à la profondeur de 10 à 12 pieds, mais rarement au-delà.
Les premiers écrivains qui s'occupèrent des régions du Nouveau-Monde ne craignirent point d'énoncer l'opinion que la valeur de l'or et de l'argent se rapprocherait. Toutefois, Texpérience des divers peuples, et celle de la suite des âges , avait appris que toujours il fallût plusieurs onces d'argent pour en représenter une d'or, parce que les mines de l'une furent constamment plus communes que celles de l'autre. Il résulta donc, entre ces deux métaux, une difl^érence qui varia selon les pays, et fut plus ou moins forte suivant leur plus ou moins grande abondance respective.
En 1780, cette proportion se trouvait être, au Japon , de 1 à 8; à la Chine, de 1 à 10; dans les autres parties de l'Inde ,de 1 à11,à12,à 13,à14, toujours plus forte , à mesure que les Etats se trouvaient plus rapprochés de l'Occident. L'Europe ellemême a présenté des variations semblables. Dans l'ancienne Grèce, Tor étaità Targent comme de 1 à 13. À Rome, lorsque cette capitale reine possédait les richesses du monde connu, la proportion fut de 1
à 10; au temps de Tibère de 1 à 13; enfin , lorsque Colomb aborda au Nouveau-Monde , Tor était à l'égard de l'argent au-dessous de 1 à 12. La quantité de ces métaux, importée du Pérou et du Mexique, ne les rendit pas seulement plus abondants et plus communs ; mais ce fut la valeur de l'or qui fut relevée, tant on trouva d'argent. L'Espagne , que sa position assignait à être le juge naturel de la proportion à établir, la fixa pour son système monétaire de i à 16; proportion qui, avec de bien légères modifications, a été adoptée par l'Europe entière.
Ce système continue d'être suivi , nonobstant que le Brésil et tant d'autres contrées produisent une surabondance d'or. Cette abondance pourra peut-être exercer quelque influence sur la proportion admise. Nous pensons néanmoins que, si cette influence a lieu, d'abord elle ne sera que temporaire, ensuite qu'elle sera infiniment moins sensible qu'on ne semble la redouter, et cela par les raisons que nous avons présentées au chapitre premier.
Nous ne voyons pas que la valeur de l'or ait baissé sur les principaux marchés et non plus dans les pror portions monétaires.
Il existe encore au Brésil, une immense quantité de métaux de tout genre , de demi métaux^ mais pas d'argent. Des chaînes entières de montagnes , composées de minerai de fer , d'étain , de plomb , de mercure, de soufre, d'alun, etc., y sont inépuisables.
Le régne végétal est non moins inombrable en toute espèce. Aucun pays ne. possède une semblable diversité de végétaux délicieux. Le Brésil en pré-
sente runiversaUtê , dani^ m (plus sonpptueiise pai^ «ance.
'Les contrées les moins élevées et ob régne ika pla$ •forte chaleur réunissent tous les fruits que deumeat le sud, les tropiques, les Indes orientales, -et ^ plus diverses espèces entièrement inconmies dans d'autres contrées.
Les oranges , les grenades , les ananas , les guaves, les cocos, les yams , les jambu-tikabas , les mango's, Je manioc , le pisang , la pêche y prospèrent délicieusement. Le café, le sucre, le coton, le cacao, le tabac , le riz y sont cultivés ; c'est aussi avec succès qu'on a introduit au Brésil la culture du !hé.
Les bois de teinture et en particulier oeloi de Fernambouc, s'y trouvent dans des forêts tpèsétendues. L'indigo est cultivé dans diverses conlrées du pays. Les épiceries et les drogueries, comme le poivre, le gingembre, la vanille , le roucou , ledbina , la salsepareille , le sassafras, les gommes, les résines , les baumes, les huiles y sont en grand nombre. C'est dans les contrées du nord que se trouvent les espèces de bois les plus précieuses , ceux de oods^ truction les plus excellents. Il existe même une quantité de ces bois qui n'ont pas encore é*é scientifiquement classés. Parmi les arbres du Brésil, un des plus remarquables est le copau; il ressemble aunoyei* d'Europe et ne porte pas de fruit, mais dont on ex^ trait un baume précieux. Il existe ent^r'autres un arbre qui exhale un parfum plus suave que celui ée la rose, tandis que le aouai répaad une cnJeur insupportable, outre qu'il est vénéneux.
les veuts, la pluie, même 4a nef^e (mai& eetlé'-oi
ne survient que raremeB^)) , u'enlèvent jamais la ver^tiure (des plantes; celles demeurent toujours belles comme au mois de mai en Europe. Au t^este, c'es* en décembre que régnent les plus grandes dltaleurs ei c[tie les jours sont aussi les plus longs.
Les palmiers présentent au Brésil une diversité iqu'on ne retrouve nulle part ailleurs ; c'est à peine si une moitié de ces arbres est connue des naturalistes. Il en est surtout luoe espèce dont le bois est si dftr que les sauvages s'en servent pour en fabriquer leurs arînes. Ce bois est non seulement d'une excessive dâreté^ mais encore si ^pesant qu'il s'enfonce comme la pierre au fond de l'eau.
C'est majestueusement q«e les forêts primitives &e présentent à Tobservation et à l'étude. La sont des arbres géants,' dont la couronne de fleurs est entrelacée de Hanes ^u d'autres fentes grimpantes; dles forment des fourrés impénétrables dans lesquels i^uelq'Ues m(^i4es rayons du soleil parviennent à peine à s'iniroduire. D'autres arbres, couverts d'une veurdnre perpétuelle , se réunissenit en groupes plus séduisants queeemx.des plus habiles peintres. Leurs pieds softt rafraîchis parr des ruisseaux munmtramts et semblent jouir du flot gracieux qui les presse en jouant, tandis que leurs branches sont habitées par des milliers d'Oiseaux, au pkimage éclatant, surtout admirable paria diversité de ses nuances. L'imagination la phflB alerte et la pAus riche., non plus que la jDiarde la plu» éloquente, sont incapables de repro^ tluire le luxe et la miagnifieenee de cette nature en*chanteressie' qui se dérobe «dai^ ces coo^trées mysté'rien^rs*^ étoignfôes:. IMfMre séduisaiite et md^y}ife,
mais qui ne donne aucune prospérité à Témigrant européen ; aussi ne devra-t-il point se laisser en Irainer par ces brillantes scènes.
Le Brésil du sud, lui qui n'offre que quelques-uns des produits que nous venons de citer , peut cependant convenir seul à l'Européen , parce que ce n'est qu'au midi que celui-ci rencontre le climat et le sol qui correspondent à ses habitudes, à ses forces et à ses besoins. Ce n'est que dans cette partie du Brésil qu'il retrouvera les fruits de sa patrie , riches de leur plus grande suavité. C'est là qu'il cultivera toutes les espèces de céréales , ainsi que du maïs , du chanvre , du lin, du tabac, des pommes de terre. Il n'est enfin aucune culture d'Europe qui, avec des soins, ne donne en ces contrées du sud des produits abondants, excellents.
Dans ce vasie pays , la même richesse que présente le régne végétal se retrouve également dans le régne animal. Les baleines qui se jouent sur ses côtes n'ont jusqu'à présent été poursuivies au moins la plupart du temps que par les pêcheurs de l'Amérique du Nord. Ces côtes sont aussi couvertes de tortues. Des plaines dont l'œil ne mesure pas toute l'étendue sont peuplées de troupeaux composés de milliers de bœufs et de chevaux.
Les singes et les oiseaux aux mille couleurs remplissent les forêts de leurs cris ou de leur ramage. Mais si tant de choses sont agréables à l'habitant de ces contrées , il en existe d'autres aussi qui le désolent, quoiqu'on puisse entrevoir que les mesures prises par une population plus nombreuse et plus active parviendront à les diminuer considérablement.
Ces inconvénienls sont les mosqaites, les insectes rongeants, les fourmis, les serpents dont la morsure de quelques-uns donnent une prompte mort, les alligators et les caïmans auprès des eaux, le Cuguar et le Jaguar dans les forêts; enfin diverses espèces de chats furieux, auxquels on peut ajouter les sauvages, lorsqu'on se trouve dans un trop grand rapprochement d'eux. Répétons-le encore, tous ces ennemis des colons, comme aussi des indigènes , disparaissent inévitablement des contrées cultivées et peuplées, dont en tout temps, comme en tout lieu, les premiers soins et la pressante précaution des habitants sont d'anéantir tout ce qui peut leur être hostile , leur devenir nuisible.
La population du Brésil n'atteint pas encore six millions d'âmes. Peut être qu'en y ajoutant l'inconnue des Indiens indigènes demeurés indépendants, qui habitent le nord et l'ouest du pays, cette totalité d'habitants pourrait s'élever à sept millions.
La grande portion de cette population provient des descendants des premiers Portugais qui s'y transportèrent. Ils ne prirent point le nom de Créoles , mais celui de Brésiliens, Brasileiros; on peut leur adjoindre les Portugais émigrés et une centaine de mille Européens divers venus d'Allemagne, de Suisse, de France et d'Angleterre. Le plus grand nombre des (rois premières catégories sont des cultivateurs établis à l'intérieur; quant à ceux d'autres professions, ils ont fixé leur domicile dans les grandes cités. Plus de la moitié de la population du Brésil se compose de noirs, ou de ceux issus de ces derniers et de blancs.
En dépit de l'expresse interdiction du commerce
des esclaves , on ne cesse d'en amener ; mais ^ ëelon toute apparence, les Brésiliens, mieux éclairés snr leurs véritables intérêts , mettront de côté cet ancien système; déjà les grandes vérités économiques com* mencent à éclairer, à réchauffer les sommités intellectuelles du pays.
Les indigènes primitifs sont répartis au Brésil en deux divisions, qui se composent des Indiens sujets : Indios mansos ou Capoculos et en Indiens sauvages : Indios tapuyos. La plupart vivent de la chasse ou de la pêche; ils forment des centaines de peuplades. L'agriculture , dans le très-petit nombre de ceux qui s'en occupent, est des plus inférieures.
Ces races 3ont les ennemies nées des hommes civilisés, qui, il faut le reconnaître, ont fait supporter de grands maux à ces sauvages dont ils ne perdront jamais le souvenir et qui brûlent de s'en venger. Lés missions ont obtenu parmi eux quelques succès; cependant, l'influence qu'elles y ont acquise est encore assez faible.
Les Brésiliens indigènes blancs, proprement dit les seigneurs du pays , sont des hommes aussi bons que bienveillants , nonobstant qu'à regret , de temps à autre, il soit possible de rencontrer chez quelquesuns certains traits qui révèlent qu'ils tirent leur origine des anciens dominateurs. Si jusqu'à nos jours, maints Brésiliens ont fait peu d'efforts, au point de vue de la culture de l'esprit, ce qui tend à les laisser qtielque"peu en arrière des autres Américains , il faut toutefois reconnaître , qu'à cet égard aussi, il eiiste de très-nombreuses et de très-honorables exceptions, Otine safurait douter que l'amour des sciences et des
arts prendra de plus en plus un essor dist;i^gué9 et qjue les études, faisant des progrès croissante, Tensemble du Brésil ne voudra point demeurer ea: arrière de la province de San-Paulo, qui offre )e vrai modèle d'une noble éducation brésilienne.
La langue portugaise est généralement ceHie du Krésik C'est dans cet idiome que sont écriles^la Constitution, toutes les lois, et qu'on donne l'instiHictiofi publique.
Les capitales des provinces et les principales localités renferment des écoles élémentaires, dans les*quelles renseignement mutuel a été introduit. Il y a k Rio de Janeiro, plusieurs collèges supérieurs et desséminaires. Toutefois, le nombre des élablissements d'instruction, fondés pour li'ensemble du- paye, ne consiste qu'en 617 écoles élémentaires, \ lycée o«' séminaire de garçons, 3 écoles latines-, 8 écoles^ secondaires et 13 académies supérieures.
La religion dominante de l'Empire est la .catholique^ romaine; mais la Constitution assure à toutes Ivesiau^très religions leur exercice, en ne plaçant d'autre interdiction que celle de toute cérémonie extérieure. Les couvents de moines et de nonnes qui existent au Brésil, ne contribuent en rien à la moralisation dtu pays.
Parmi les diverses branches de l'activité nationale, c'est à l'extraction des mines qu'on peut assigner la première place. Cependant leur produit demeure^ fort au-dessous de ce que pourrait donner l'exploitation du sol, s'il fût cultivé selon les méthodes. euro^ péennes.. Une agriculture supérieure, qui serait conduite^ avec vigAjeur daiis^ se& développements > qu'oa
doterai l de toutes les découvertes qu'on ne cesse de faire, enfin qui serait poussée avec une sage intelligence, offrirait à l'Etat et au commerce d'immenses et précieuses ressources; elle deviendrait la vie de la population et la prospérité véritable des propriétaires. Les produits agricoles fourniraient de nombreux chargements à la navigation; ces chargements, transportés en d'autres régions, y trouveraient un écoulement assuré et deviendraient ainsi la source de retours favorables au commerce américain. Ces produits de l'agriculture satisfont bien mieux les besoins réels de l'homme que l'or sorti des mines, qui, au fait, n'est qu'un moyen de transaction , utile sans doute , mais non indispensable. D'ailleurs, répétons qu'au Brésil l'exploitation de l'or a été faite jusqu'à ce moment, avec si peu de perfection, que les profits en sont comparativement à peu près nuls.
Quant aux autres métaux, dont le pays est si richement doté , on peut affirmer que l'on n'en tire aucun parti. Si de temps à autre on essaye d'en exploiter quelque peu , ce n'est qu'avec une extrême insouciance ; en sorte qu'on a plus vite recours au fer de Suède; cependant ne serait-il pas bien plus profitable et surtout bien plus patriotique d'exploiter les mines du pays?
La mer pourrait aussi fournir suffisamment de sel à la consommation du pays, puisque de nombreux marais salins existent sur les côtes.
Des houillères ont été découvertes dans la province de Santa-Calharina.
Si l'agriculture possédait l'élan qu'elle devrait avoir, qu'elle fut exploitée par un nombre suffisant
de bras^ alors ce ne serait pas la seule soixante et quinzième partie du Brésil qui se trouverait cultivée; surtout on ne ferait pas, ainsi que cela arrive souvent, plusieurs journées de marche, au milieu des Savanes, pour passer d'un domaine à un autre. Et cependant quel sol, quelle terre vierge et bénie, que celle qui reste ainsi en friche ; taudis qu'en Europe et même déjà dans quelques parties de l'Amérique du Nord, le sol est épuisé et ne donne plus au cultivateur que de médiocres récoltes; chétîve récompense de travaux incessants et d'engrais chèrement payés.
Au Brésil , au contraire , quelle facilité d'exploitation ne présente pas à l'agriculteur la culture du cafier? Bien plus, l'émigrant n'est point limité comme en Europe à l'exploitation des céréales et de la vigne, mais il peut, selon ses goûts ou son choix, se vouer à celles du sucre, du tabac, du coton , de l'indigo, qui tous donnent d'abondantes récoltes.
Il doit néanmoins exister une lacune administrative bien regrettable , puisque l'expérience indique que quelquefois, nonobstant cette fertilité exceptionnelle et malgré les efforts de l'mduslrie , quand même les grains sont abondants dans les provinces du sud , celles du nord dont les productions sont surtout coloniales, souffrent d'une véritable famine.
Ce n'est non plus que dans la partie sud que se trouve pratiquée l'éducation des troupeaux , le commerce tire de ces contrées des peaux, des cornes, du suif et de la viande séchée. On y élève aussi des porcs, parce que la chair de ces animaux est une des principales nourritures. On ne rencontre qu'un petit nombre de moutons dont la viande est peu
êsiiméBj mais (m nourrit beaucoup de' cbèvp€»^ pour leur lait.
Jusqu'à un certain point , L'industrie) demeure.' eu^ arrière de l'agricuUure. Aussi, hormis les raffineriesr du sucre , les distilleries du^ rhum , tes tarnieriesi^ tes fabriques de faïence , celles du tabacet quelquecH unes du; drap et de la» mousseline ^ oa ue rencontre pas d'établissements à mécaniques. Les professions même les plus indispensables et les mieux rétriboéesi sûnt-*elles peu pratiquées y et ce n^ést presque qo'àl Rio'de Janeiro où tous les métiers soient représentés^ A. ce point de vue oni peut encore citer Minas-ixenaes , province dont rinfertilitié doit être supplée par Tiddustrie et des manufactures.
G'est à l'émancipation du Brésil qu'est due^ celle du commerce qui se fait che» lui, et cfui est devenu uae des principales branches de l'activité nationale. Sè^ que cette émancipation eutilieuy les villes importeti tes dut Bnésil prirent; rang et se trouvènent. plfeicéesi de maniène à> pouvoir rivaliser avec toutèis>lesigrandbâ^e£ riches cités de commence dm Globe;.
Rio de JaneirO' se trouve à là tête; dà od vaste mouvement commercial. Ses» exportations^ sont esti^ mées lestcinquante*dëuxi cehlièmestde toutfcequi'Mrt des ports de L'Empire. Les/ exportations' de- touli.tei Brésil peuvent être assez, bien classées ^oomme suit : âfi'pour cent en café, 20' pour ceat en = sucre ^eti 44i pour cent qui^ se répartissent entre le coton ^^ les peaux-, les^ bois de teinture v l'or vles^diaman le y eto.
Les-importations consislenten cacao de Veoezaeia^ puis en> articles de^ msMiufaetures anglaises,, français ses»^ allemaades et suisses;. en(vîns> d'Espagne ^.ëe
FrancQ; en eau-de-vie du Portugal et de la Méditer^ ranée; en morue de Newfoundlaad ; enfin en esclaves d'Afrique. La balance des exportations et des importations se complète par l'arrivage des farines et des froments amenés des Etats-Unis, provisions qui pourraient être et au-delà produites par les province^ du sud du Brésil lui-même.
L'absence de grandes roules , conduisant à l'inté^ rieur , où Ton ne parvient que par des sentiers que parcourent les mulets, demeure un des plus puissants obsiaclies au développement du pays, surtout de son agriculture. l<6 prei^ier besoin d^un vaste Etat est, sans aucun doute, là création de communications commodes, faciles, directes; aussi les Administra- Uons, mues dq désir de voir augmenter la population , d'en voir accroître la prospérité , tout Gouvernement qui songera à imprimer un grand mouvement d'affaires à up tel pays, Cera-t-il les sacrifices nécessaines daas le but d'o^ivrir l'içttérieipr des proviAG^ sous toutes lesidireçlions, soit par terre ^ soit par eau, sans négliger le co^^coursdes bienfaits de la vapeur, afin de rapprocher le^ d^tances, 4^ Qoncentref J'eû- :Semble^ de telle sorte q.u'eçi en reliant les parties, elles se prêtent un m.utuel ei précieux seooqrs et p^rvieuneni elles-mêmes à l'étranger.
Ploar atteindre ce but de première nécessité, chaque voie doit être étudiée avec les soins et Tattention néceasairesà la réussite, selon le$ localité^, afin de le^ doter de canaux o\i de chaussées, en adoptant le çilus fructueux.
fïm le3 transports seront faciles et bo© marché , .mianxiles produit!^ oirouleroAt, et plus aussi chaque
habitant trouvera d'avantages à ce haut état de civilisation. L'agriculteur, le négociant, et l'Empire, recueilleront des fruits abondants de cette vaste circulation. Le dernier surtout verrait affluer dans ses coffres, non seulement le remboursement des avances qu'il ferait pour créer ces voies d'utilité générale, mais le fisc s'enrichirait du grand développement des transactions et de la vaste impulsion donnée par là à toutes les tractations.
Les routes non créées, ou mal entretenues, demeurent, dans l'ancien monde, l'indice le plus fâcheux de l'incurie du pays où ces choses existent. De semblables routes sont, en effet, du plus mauvais aspect; aussi , à leur seule vue , se forme déjà l'opinion de l'étranger, qui franchit pour la première fois les frontières de tout Etat, si indifférent au bien-être public.
Quant au Brésil, les provinces maritimes étant les principaux points d'établissement qui ont été préférés par les populations elles s'y sont agglomérées , et les transports se font là plus volontiers par le cabotage. Ceci ne saurait invalider en rien ce que nous avons exprimé sur l'absolue nécessité de communications intérieures et extérieures, surtout pour un Empire de si vaste étendue et qui touche à tant d'autres Etats, avec lesquels les rapports quotidiens ne sauraient être trop facilités.
Nous avons vu comment, depuis 1525, les établissements fondés au Brésil reposaient sur des concessions accordées à des seigneurs , qui les affermissaient par la conquête, appuyée d'actes les plus arbitraires. Ce cruel système dut éveiller l'attention
de la métropole ; aussi la cour de Lisbonne envoyât-elle en 1 549 un Chef, pour donner une direction convenable à une colonie , qui jusqu'alors , avait été abandonnée aux caprices comme aux: fureurs de quelques brigands.
Thomas de Souza bâtit san Salvador afin de donner un centre à ce grand établissement. Des missionnaires firent en peu de temps , avec les pacifiques armes de la bienfaisance et de l'humanité, plus de progrès dans toute l'Amérique que jamais les forces de l'Espagne et du Portugal n'en obtinrent pendant deux siècles. Tandis que les soldats réduisaient deux grands empires civilisés en déserts, ceux de Christ, réunissaient nombre de petites peuplades, qu'ils amenaient à la civilisation.
C'est de Madère que la canne à sucre fut importée au Brésil. Cette plante importante y rencontra un climat et un sol des plus propices pour elle; aussi dès 1570 prit-elle un tel développement, que cette prospérité provoqua la cupidité de l'Europe.
Ce ne fut qu'après bien des vicissitudes qu'en1661 la possession définitive du Brésil fut assurée par les traités à ses premiers maîtres , ce qui n'empêcha pas que pendant de nombreuses années ils en furent privés , années durant lesquelles ils ne comprirent pas qu'une entière liberté d'action est la base la plus sûre d'une grande prospérité.
On ignorait également alors que défricher les terres du Nouveau-Monde était le seul et le meilleur moyen de leur donner toute leur valeur; on ne savait point non plus que ce succès ne pouvait être complet que par la coopération d'un commerce ouvert indistinc-
temeot à tous^ ôous la protection d'un gouv^i'fièiifieiil qui comprendrait ses plus chers intérêts.
Lé premier soin du Portugal fut de s'occtipef de id stabilité de sa possession ; mais les arrangêfioeâtd qu'il prit, en vue de la prospérité dé sa Cdlôiriè, furent marqués du sceau de l'ighOrdtocê e!J du préjugé.
On devait en effet, être loin de s'attefcidre que lé Portugal, quiî, sans autre secours que celui d^ ses propres forces, avait fait de vastes découvèi^tés , opéré d'îtiiportanteS conquêtes en Afrique et dans lés deux Irtdes; qtie le Portugal qui, dans des temps dé barbarie > avait compris les inestimables avanlà^B diô la cotvcurrencé , finirait au ftiilîeu d'mi sièèie dé lumières par adopter le système le plus desWdùlettr, en plaçant dans une seule petite partie du corpSr politique tous les principes du mouvement , de la circo* tatioti et dé la vie , enfin, en ne laissant en partage 9i tout le reste que Tinertie et la mort.
En 1 755 , la couronne créa la compagnie exclusive du Grand-Para et du Maragnan. Quatre ans plus tard , la province de Fernambouc subit un joug paîeil. €es deux compagnies furent autorisées à gagner quinze pour cent sur les comestibles, puis à vendre leurs autres marchandises au profit de quarante-cinq pùût ioent, ajoutés au prix de coût à Lisbonne; quant a^x produits emplettes par les sociétés dans la colonie même^ elles étaient autorisées à ne tes payer qu'aussi peu qu'elles le voudraient. ... Et ceslyases ty raoniqueô, souscfites d'abord pour une durée de vingt années jpwvaient êt;re renouvelées, au plus grand dét%*imetot k^H l^«é mèttie cdtsplëte du Brésil.
La colonie gouvernée par son Yice^roi4(^it9Qoipni^c aux lois qui régissaient le Portugal. Dè^ Torigine^ on s'était saisi des indigènes qu'on vendait, ou bien que l'on faisait travailler comme esclaves. Sébastien dé^ fendit que les Indiens fussent rois dans les fers; mais cette loi demeura sans effet , parce que les Portugais auraient cru déroger s'ils eussent travaillé leura terres; il leur fallait des bras, et à cette époque les noirç n'avaient pas encore été transportés au Brésil.
Les règlements de 1 605, de i 609 , même de 1 61 1 , qui déclaraient libres les indigènes et <iécern$iient <le graves peines contre les infracteqrs de ces lois, n'obtinrent non plus aucun résultat. Ce ne fut qu'e^ 1755 que, décidément, les habitants originaire^ du Brésil en furent reconnus citoyens. Cette bienfaisapte loi donna-t-elle tout le bonheur que raisonnablement on devait en attendre? Disons, avec douleur, q^^ nous en doutons. Dans tous les cas , c'est à peine $i ce grand événement tixa quelque peu l'atitention. Le public d'alors, hélas! comme celui de toujours, n'était occupé que de plaisirs , de fortune ou de guerre^s ; mais le lot de tout ce qui toucJliàe à l'humanité ^st asse^ ordinairement de passer inaperçu, et si le j^ïiep;^ acquis se trouve êlre très-saillant, on ne s^njp occupe guère que par curiosité, faiblement, passagèreqaeqjt, parce que dans l^ mœurs de tous les siècles l'^mpw* du bien général, quoique très-prôné, n'entre qqp pour une bien faible proportion dan^ le cçpur de l'homme qui neibatque pour son intérêt personnel et spécial.
Ajoutons cependant que quelques esprits al^entife et observateurs, plus préoccupés que d'autres des
scènes intéressantes qu'offre de loin en loin le globe, augurèrent bien du nouveau système. Si donc Père qui commença en 1 755 a préparé des voies de fusion , si elle a semé des germes d'une nationalité plus complète entre le Brésilien civilisé et le Brésilien encore sauvage , c'est au moment où le monde âgé d'un siècle de plus, c'est à l'instant de l'avènement d'une Administration nouvelle que les espérances conçues ont obtenu leur bienheureuse réalisation. Toutefois , n'est il pas inutile de se rappeler ici que, jusqu'en 1821 , toutes les provinces du Brésil ont présenté le spectacle de Portugais, de Brésiliens et de uoirs, demeurés mélangés, sans que de véritables efforts aient été jamais tentés pour les éclairer, pour vaincre leur paresse naturelle, ni pour stimuler leur émulation? Et cependant, qui pourrait ignorer que les Indiens , demeurés libres de leurs actions sont infiniment supérieurs en intelligence et en industrie à ceux soumis à une incessante tutelle? Aussi, quelle avait donc été la conduite des Portugais au Brésil, sinon celle de sauvages inquiets et hardis, cherchant à asservir d'autres sauvages moins forts et moins avantageusement armés qu'eux?
Pendant l'occupation temporaire que subit le Brésil , soit de la part des Espagnols , soit de celle des Hollandais, cette malheureuse colonie ne jouit point d'une meilleure direction que sous les Portugais. Les Espagnols, suspectant les Brésiliens, n'usèrent pas de plus grands soins envers les conquis qu'ils n'en avaient pour leurs propres colonies fort délaissées.
Quant aux Hollandais, ils possédèrent trop peu de temps cette conquête.
Le plus grand malheur du Brésil , durant cette désastreuse époque d'occupation , fut qu'on introduisit dans d'autres colonies la culture de certains produits, qui ne tardèrent pas à entrer en concurrence avec les siens et diminuèrent ainsi d'une moitié la quotité de ses exportations. Ces grands échecs , qui auraient dû servir de précieux avertissements à la Cour de Lisbonne, qui eussent dû l'amener à de salutaires réformes dans ses taxes exhorbitantes , leur faire subir de fortes réductions , ne provoquèrent que de déplorables mesures, qui tendirent plutôt à augmenter qu'à diminuer le mal. Un des premiers, comme des plus efficaces moyens, aurait été de faciliter par toutes les voies possibles l'arrivée des Européens au Brésil ; ils eussent rendu aux créoles le ressort qu'ils avaient perdu depuis longtemps. Mais surtout, il fallait abolir rinquisition , limiter sagement l'ascendant que le clergé exerçait sur l'administration publique. En outre, il était indispensable que l'Etat, se confiant à ses propres forces et n'usant que de ses ressources acquises, ne tolérât au Portugal l'influence d'aucune autre nation. Jamais les relations, même du meilleur voisinage, ne doivent ouvrir la porte au plus léger empiétement.
Ceci est un principe fondamental auquel les Chefs de tout peuple sont appelés à être invariablement fidèles , et que leurs fonctions les obligent à faire sévèrement observer, en demeurant convaincus que, si eux-mêmes sont de scrupuleux observateurs de ce qui est juste, toujours ils posséderont des appuis et des moyens suffisants pour se garantir de toute agression.
C'est à grands traits, et d'une tnanfère hapifle, qu'avec Taide de Raynal , cet illustre écrivain, nous avons cherché à esquisser ce qu'était encore en 1783 la grande colonie du Brésil, sous^la sévère et triste domiiiation de la petite monarchie portugaise. Mais déjà à celte époque de grands événements se préparaient en Europe], événements qui dans Un petit nombre d'années éclatèrent avec autant de retentissement que de gravité. Ces terribles commotions devaient ébranler tout l'ancien monde, et quoique le Portugal fâl bien éloigné du volcan, lui aussi étale appelé à subir une invasion , dont la secousse se ferait sentir jusqu'au Brésil.
Alors la maison de Bragance sentit chanceler son trône; elle dut chercher un asile au Nouveau-Monde, dans le sein de cette Colonie, à laquelle les Monarques portugais n'avaient cessé de faire sentir le poids d'une domination, qui cependant ne devait plus avoir qu'une bien courte durée, puisque le Ciel préparait d'autres destinées au Brésil, qu'il avait mât^ué l'heure de son émancipation et que cette heure allait sonner. Oui , le Brésil devait sortir des langes de la servitude pour ouvrir les yeux au soleil de Tindépendance, d'une existence propre et toute nouvelle. Au moment de cette mémorable métamorphose politique, une vaste contrée, une colonie épuisée , se transforma solennellement en un puissant Empire, doté des plus précieuses ressources, dans lequel désormais chaque citoyen avait le droit de donner essor à son intelligence, de déployer ses moyens, de tirer parti de son énergie, de s'enrichir enfin en fondant la haute prospérité de sa nouvelle et he^ireuse
pairie, de cette patrie dont cependant , lorsque l'ancien monde ne supposait pas même qu'il existât une Amérique, il en attribuait déjà, on ne sait à quel titre, la propriété au Pape, qui, lui aussi, ne laissa pas d'inféoder le Brésil au Portugal, comme avant il avait inféodé le surplus du continent américain aux Espagnols.
Ces concessions n'eu demeurèrent, au reste, ni moins précaires, ni moins illusoires, ainsi que bien d'antres, comme des temps mieux éclairés l'ont surabondamment prouvé.
Mais revenons pour quelques moments encore à la grande Colonie, propriété du Portugal , pour qui elle était si intéressante , si utile, enfm si prodigieusement productive au revenu public.
Le fret des navires , l'extraction de l'or , le commerce exclusif des diamants, les monopoles les plus variés , enfin les revenus des douanes étaient les canat^x réguliers qui amenaient d'énormes valeurs dans les cofTres d'un fisc insatiable. A la dime^ on ajoutait un <}roit sur le commerce des esclaves; on poussa même jusques-là,, de frapper d'une contribution spéciale la colonie pour aider Lisbonne à sortir de ses ruimes.
Lorsque les impôts sont trop pesants, quand ils Sont inégalement répartis, loin de donner de l'abon^ dance au gouvernement, ils concourent j3eaucoup à son dommage. L'administration, surtout en ce qui iouohe aux douanes, est particulièrement obligée de faire la forte dépense de nombreux^gardiens, dépense ^ui atisorbe tout ce que l'immoralité, la fraude et la «ôftiTL'baflide iie liui tmlèvetit ipas. Les droits trop
élevés sont donc la grossière erreur des gouvernements fiscaux, qui refusent de comprendre quil est rare qu'on songe à se soustraire aux droits modérés. En suivant le premier de ces systèmes, les caisses à Lisbonne eussent dû regorger des dépouilles des Indes orientales et occidentales , tandis que , loin de là , la métropole était aussi obérée de dettes que foulée par la concurrence de plus en plus envahissaole d'alliés puissants.
Tous ceux qui sont initiés aux grandes opérations de commerce; tous ceux qui peuvent en calculer les ressources, en prévoiries chances, en déduire les conséquences ; tous ceux enfin qui ont attentivement suivi leurs révolutions et étudié leurs suites, savent que si un peuple actif et intelligent parvient à enlever quelque branche principale et nourricière de l'industrie d'une nation concurrente, il ne tarde pointa s'emparer successivement de toutes les autres. Au moyen de cette première conquête , il inquiète , il dégoûte, il déshérite, il éconduit celui qui ne tardera plus à lui céder la place. Telle fut la cruelle leçon que le Portugal reçut de la Grande-Bretagne. Les flottes de cette dernière firent tous les transports , en sorte que les Anglais ne souffrirent plus que les produits portugais passassent par d'autres mains que les leurs; aussi, à cet effet, empruntaient-ils ou môme payaient-ils le nom portugais dont ils ne pouvaient se passer. Il demeura donc prouvé par les registres des flottes que, dans l'espace de soixante années , c'est-à-dire depuis la découverte des mines jusqu'à 1756, il était sorti du Brésil de l'or pour une somme de deux milliards et quatre cent millions de francs ; tandis qu'à la même
époque il ne circulait pas, dans le Portugal , une valeur en numéraire atteignant vingt millions de francs. Bien plus, au même moment, cet Etat devait déjà cent millions de francs; il est clair enfin que ce que Lisbonne perdait Londres le gagnait. L'Angleterre, qui n'avait prodigué ni le sang, ni les travaux que coûtent les conquêtes , demeura cependant bien plus la suzeraine du Portugal que ce dernier n'était le propriétaire des mines du Brésil.
Comme dans la nature tout se tient : Lorsque le Portugal vil chanceler chez lui l'agriculture et l'industrie, il put s'apercevoir aussi que les arts libéraux , les lettres et les sciences suivaient la même pente. Tous les bons principes d'administration pâlirent. C'est à peine si la lumière qui brillait de toutes parts put parvenir jusqu'à Lisbonne.
Cette monarchie qui, jusqu'alors, avait précédé les autres nations dans la voie de lois tolérantes, se trouva , à cette époque, relancée dans une confusion qui ne tarda point à anéantir tous les anciens avantages qu'elle avait possédés.
Le Portugal , avec une population de moins de deux millions d'âmes, avait dû sa gloire, sa force, son opulence, d'abord à sa marine, puis au dévouement de ses grands citoyens. Toul autre peuple aussi peu nombreux, mais plein d'ardeur et de patriotisme, dès qu'il puisera ses sacrifices aux mêmes sources , pourra arriver au plus haut degré de splendeur. Telle est la voie qui est ouverte au Brésil , lui qui possède tous les éléments propres à obtenir une immense prospérité et une puissance redoutable. Nul douleque cet Oînpire ne devienne ce qu'il peut, ce qu'il doit
être. Les temps de 1525 sont passés; cette époque de Défâsle mémoire ne revieadra plus. L'indignée po^ litique de la métropole , qui n'avait qu'un but, celai de maintenir la vaste colonie du Brésil dans une constante infériorité en la pressurant sans cesse, n'existe plus. Un gouvernement éclairé sur les vrais besoins du pays et dévoué à son bonheur , veille sur ses destinées futures. Loin d'interdire l'arrivée au Brésil de nombreux émigrants, pépinière de futurs citoyens,. il suivra un système opposé ^donc parfaitement approprié au plus grand développement moral et matériel de Id patrie , qui lui a confié ses plus chers intérêts.
Le 24 mars 1824, fut un grand, un heureux jour pour le Brésil , qui en conservera le précieux souvenir aussi longtemps que le soleil répandra ses rayons bienfaisants sur ce magnifique Empire, le troisième en étendue sur le globe , et le premier en rang au continent du Nouveau-Monde.
La Constitution du nouvel Etal reconnaît quatre pouvoirs : le législatif, l'intermédiaire, l'exécutif et le judiciaire.
Le pouvoir législatif, sous la sanction de l*Empereur , est confié k une Assemblée qui se compose de ;la Chambre des députés et du Sénat. Les membres de la première de ces Chambres sont élus pour quatre ans; les Sénateurs le sont à vie.
Le pouvoir intermédiaire appartient exclusivement à l'Empereur, qui, étant la plus haute dignité, doit sans cesse veillera l'intégrité^ à l'indépendance , à la pondération, àl'harmonie des autres pouvoirs. L!Emipereurest, en outre , le Chef suprême de la puissauoe executive, et il l'exerce avec l' assistance de ses Mi-
nistr€» au li^mbre de six^ et d*iui Conseil d'EUt dont Paviô doit être entendu sur toutes les affaires diflS-^ cites et dans toutes les mesures générales d'admini^ tration »
Le pouToir judiciaire est exercé par des Juges et des Jofés* Le jury exerce également au civil et au criminel. Le pouvoir judiciaire est indépeinlant.
Les affaires d'administraliou intérieure sont confiées à UQ Président qui réside dans chacune des provinces. Des magistrats dans toutes tes villes sont chargés do la direction économique. Quant à la poliee générale , elle est encore peu développée , en regard d'un si vaste Empire, ou , à la vérité , il est des plus dîflicfles encore , de l'exercer en son entier. Jusqu'à présent , elle n'est gtsère utilisée que comme polke locale.
Il est facile de concevoir qu'un Empire qui vient de naître, qui cependant possède déjà d'inépuisables ressources, mais encore tout. à fait peu développées, ne doive présenter mt vaste champ à des études approfondies, à des soins laborieux , aux plus sérieu-ses investigations. Cet Etat doit demeurer l'objetsacré du plus pur patriotisme; il présente d'ailleurs la tâche ta plus nobte , comme la plus élevée à accomplir^ celle de fonder comme dé porter au plus haut degré possible sa prospérité et sa splendeur. Mais si de semblables efforts oûX à lutter avec de véritables difficultés à vaiiïcre , le Brésil possède des hommes à la batiteur de ia situation; ils exécuteront ce qu'on attend d'eux, ils répandront sur leur pairie tout le lustre qu'elle mérite et qu'elle a le droit de posséder. Geis hommes^ appréciant leur haute mission, v<>a-
dront Taccomplir. C'est avec courage qu'ils combattront les anciens préjugés , enfants d'autres mœurs et d'autres temps; ils travailleront à anéantir tous les usages surannés et délétères. Ils conduiront avec prudence le char de l'Etat dans des voies nouvelles > contre lesquelles s'élèvent les cris de douleur dé ceux qui ne vivent que d'abus.
C'est par de si sages mesures qu'ils parviendront à faire occuper au Brésil la haute position qui lui appartient, et que lui destina le ciel. Certes , leur plus grande gloire , comme leur plus douce récompense , sera d'avoir triomphé d'opinions éronnées, pour les remplacer par la vérité et la lumière. Certainement, la plus heureuse réussite couronnera les efforts de ces patriotes dans l'accomplissement de leur œuvre , parce qu'ils seront inspirés des véritables besoins du pays , qu'ilsutiliseront toutes les ressources dont ils peuvent disposer^ afin de le doter de tout ce qu'il ne possède pas encore. Que leur constante étude porte donc sur ce qu'il faut supprimer et surtout sur ce qu'il est indispensable d'implanter dans les mœurs, les habitudes et les lois de leur patrie.
La première nécessité est de peupler largement un territoire qui renferme au plus sept millions d'habitants , tandis qu'il en nourrirait facilement deux cent millions.
Si le Brésil a besoin de bras? Combien l'Europe n'en a-t-elle pas à lui céder. Il faudra des terres pour ces émigrants blancs et chrétiens; certes il n'en manque pas au Brésil; mais ce qu'il est encore plus important de réunir pour ces émigrants , ce sont les moyens de faciliter leur arrivée parce qu'ils possèdent
plus de courage et de force que d'espèces. Ces facilités de transport devront donc être celles auxquelles TAdministration brésilienne sera appelée à accorder une sérieuse attention , à préparer une solution favorable , parce qu'au nombre de ces émigrants se trouveront, non seulement des agriculteurs , mais encore des industriels propres à fonder des fabriques, à pousser an développement des arts, des métiers, du commerce , et dont les produits tendraient à créer des relations qui lieraient d'autant plus le Brésil avec les autres contrées du globe et parviendraient, par la suite, à le rendre indépendant d'elles, avantages tellement inestimables , que les valeurs avancées dans le but de faciliter l'abord du pays, seraient un placement susceptible de rapporter mille pour un.
Nous ne saurions ignorer que déjà des essais ont été tentés, en perspective de ce but à atteindre, mais sans résultat. Ces essais n'ont pas eu le succès désiré, sans doute, parce que le Gouvernement, nonobstant ses excellentes intentions, aura été trompé dans l'exécution de ses mesures. L'intérêt personnel aura absorbé les sacrifices de l'Etat. Ce ne peut être qu'ainsi que se sera trouvé anihilé ce que l'Administration consacrait au bien de tous, et que le précieux germe de volontés propices au pays aura été anéanti.
Le Monarque, dont tous les vœux sont pour le bonheur de son peuple , ne saurait manquer de l'atteindre, si, créant une section spéciale de colonisation, il admettait particulièrement au nombre des membres de cette direction des esprits éclairés, mus de l'amour du pays , n'importe que ces commissaires
fusseat natîoDaux cm élrangefs , pour va (}«ie lea direc^ lions qu'ils fouruiraient eussent été étudiées avec maturité et boune foi. Après cela, qu'ea ce qui coacerne les contrées d'Europe et spécialement celles qui donnent le plus d'émigrauts , il y fut nommé de# Consuls y gens dignes d'une entière confiance, sur Tatteslatton desquels des avai^ces de route pourraieat être accordées auK émigrants jugés dignes deooov^*ger au plan général , et propres à oonlribuer à h prospérité du Brésil. Pour atteindre sûrement ee bal 9 il faudrait qtie des instructions précises y des régle<ments positifs, des directioas invariables fussent livrées aux Consuls, dont le devoir impératif serait de s'y conformer consciencieusement en les faisant ponctuellement et fidèlement exécuter. Mais quelles qne sages et prudentes que fassent ces dispositions et ces règles de conduite, elles demeureraient sans effet, si les lois votées et promulguées au Brésil da'étakoit point observées; si le Gouvernement ne s' armant d'une inébranlable volonté , ne les faisait respecter partout, dominer sur tous indistiacteoient. De tiels plans 9 reposant sur des bases larges et solides, et que nous ne faisons qu'iudiquer ici , sont:S6uLed capables de fomler des colonies ^ de leur .a&siiirer «vae existenoe durable^ et dont la prtneipaie (oroe se trouverait dans l'inviolabilité de la propriété., dans untB liberté d'action tiillimitée tant qu'elle dénature légale, dans la garantie assurée aux émigrants oontm toute injustice. Nnl doute, du reste ^ que les Euiropéens ne trouvent au Brésil les mêmes avants^es de civilisation qu'aux Etats-Unis, où personne «ue xéclame d'on autre plus «q<u'il n'entend lui MQOvé^r
lui-même , où la limite de la liberté est posée p^t la loi, où ce qui est juste pour l'un démeure légal pôuf l'autre > et où enfin les différe^iices d'homme à hotnme ne s'établissent que par l'esprit, l'application et l'activité qui basent le véritable amour de la patrie. Ajoutons ettco^e à la louange de l'Amérique dil Nord que les impôts sont modérés et justement répartis , que la justice y est prompte, qu'elle y est dégagée de procédures ruineuses • parce qu'il est interdit aux avocats de compliquer les moyens et aux juges d'é^ terniser, même seulement de prolonger les procès. C'est là encore que, l'agriculture est facilitée par dôS communications multipliées , comme par de notnbrèux marchés; autalit de choses qui provoquent des bénédictions méritées en faveur du gouvernement et lui assurent le respectueux amour des administrée.
L'Empire du Brésil se divise en dix-huit gfandéiâ provinces. Celles qui sont plus particulièrement recommandables aux émigranls européens, sont : San- Pedro , Rio-Grande-do-Sul , San-Paulo et Sàdta-Ca-' thariua. Toutes les acquisitions faites dans ces provinces fertiles , tous les établissements formés sotis leur beureul t)limat> seront de beaucoup préférables et supérieurs à ceux des Etats-Unis. La seule province de Ilio-Grande-do-Sul , peut offrir une étendue de plusieurs milliers de lieues carrées à livrer à l'agriculture ; une moitié de cette étendue se trouve sotis les précédentes misssions de l'Uruguay, et présente un sol des plus favoi*ables , tant pour l'agricnltrtre , que pour ^éducation des troupeaux. Considéré comme choix de colonisation en grand , San-Léopoldd seffa accepté comme ne pouvant étre^ âtif passé; ceci
Ç3 1 ^ufl5s^ïfl?penj, pro^ivé par Ja prç^fie^qeftç'aççpj^denlt à çelté cpatree les émigrants allajBanil§. :4^pu;i<}çplç)|9. des.ÇUte-.Unis n'acquiert avec mpips.d]^, ppiaQ^.m ne rejLire aillent de profit , que le^ ,én%r^te iq}Ii^so.^4 aUé3 se fixer au Sinos. ou à Sa uta^Maria)]' aussi
e^VM fsiçile. de prévoir que les. riyeg ep terrsftse?:^* J^uby reproduiront 5 9UX yeux des futurs arrivants^ d[e& riy^^e^ :^Qmblables à ceux du Rhin.5,fl«;(Jp:Ael autre^ fleuve; de l'Europe; tableau biieu propir9;^4«Q-r quer ilau^ Ipur mémoire les souvenirs d^ liPïifai5M?^K Ptulautr^. lieu n'offrira , aux émigrants eurqpéeps,, VjU; asile semblable , lors mêmç qu'ils y; ^rriyj^fÛQqt d?Lns le plsis graqd^ dénuement , siw.toiiii s'.%.t9Wrt laborieux et hpnnêt^s-gens, pjuisque le.Gft^yeçngqftftftt auîcorde gratis, du terrain à chaque, ferai!le,,.;àjQl^3qflB individu; jnais^ après cela, ils ne doive^lfli nep^uyjçntspnger à aucun autre appui.. ^ ^^\ . /j .Formons des vœux pour que tous les gouy^RÇr ments prennent de favorables mesures, dans le bat de fournir des facilites à tous ceux de ieur^;res^.Qrj^is• sants qui désirent profiter de semblables avantageis^ Mais jseraTt-il permis d'espérer pour rayeuir.quelqMe élan généreux^ quand tout ce que rpii a.^crity.pu-t bli^, répandu sii.r ce sujet, est deuieuré inapjQrçu., ou a,été;j;nis de côté , oublié , dédaigné».. Çepe^dçinjfc, ces pnblicatiQns faites dans un l)ut tout philanthr()pique^
j:enfermaient de précieu)^ avis, offraient.de bop.nçs directions, ouvraient la voie à d'excellents, résul ta ts>,- On s'est borné à faire chorus à de pures théories » on g'est joint , d'opinion au moins , à d'absurdes utopies^ lorsqu'il n'était besoin que d'aborder une {>raiique simple,, sans ostentation, toute unie, mais abondante
enr bansifrùits; Illne -s-agissaît ejner dé tltkififei^-tiièîè meîUeirre idireciioni èi <Jes fonds liv^éâ'i^véîit^éh
pâlureà4a pareisse, â'I'oiBiveté ,' à l'bbSeôàîôn V -àete-^ «es qui/eussentutilejne»! servi au paiement ^dtl'^àssage^ d' éfawgranls hors ^e pbsftiôii "èè -le ^^ Mré ëù*-^ fiiêmes^jà ehiplelter des OBlilé aratofrÈlà,^ èttffrii à^^ qui. est. reconnu , partout et en toufc tertipfSy'eô^Mlriêéli' meilleur emploi^ c'est^-direy à; la véritable (^bsifitè^ quiiCQEisisfe à -çiider le prochain à gâglier hdriot^bté^ meut. son existence. Gù^ dirait égat€toètft dû-asfe«*fët aiixémi^rants,. là proteciîoù 6t toutes f^^ blqsrde l'administration du pays^ datoô l^^jjaél-^ilà^ierû'^ raient résolu d'aller asseoir nn nouveau^d^difaici^lô^.' Ce serait: par de siemblable§ ^ ou dl'àdtreà VôS^k ài^lo^es
encorei^ que -les .gouvernements:;- le« "^ assécièrlioînlè philanthropiques ^tous ceuicv enfin { (\^ aitoéttt fè pri3Chaiû^ s^assofiiéraientiUXilëmèrità Vioew-redëi^ raenJt importante et méritoire, <le pro^^ut^^'âibèMà unconcifcoyea^^a lacilité de baser son pi-éseM^' éék avenir y puis d'assurerla paix diû pays. ^'^ • .!ïN:ou8;;dirôns '©ocorè quelqué^-mots dé:* provinces > '. principalement des vill^ -les f^kts <iôiisi^ dérables! du Brésil } dé cd^lés où les' àrtiskifs- iéurë^ péens peiivent trouver Un • àViancéiiiènt' ' d^^^\À^èiixk\ oii prendre îuu-sërvioelM^ir rétribué, ^j -^ : ' - 1- >:^ ;.: Riô+de-Janelpo,^HGarMtalè^e l'Ertipïre> ^^st-feitt^ dans la provlnceduntfémè^'nonv. Annonçons d^àbof^ qua dans ceW0) province 1^ cliniat ëèt ùhatid/ Lès <5ullujes ^^ 'tenguireni 'tengteinp&v^^' r^ elles fthireiït oej^ridanat par-y acqûértr dé pWs' en-plu^ dè'Fhnportence*r.Ce ^sbnt<3elle^ du ëafè^'tiii-*su(ïré> dit iM^àii y reciïeiHé de rhuile-, du maiidioea y du milho. On 'y
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exploite des bois de Jacaranda. Il existe aussi sur soa territoire un arbuste particulièrement propre à fournir une matière pour la fabrication des toiles à voiles. On trouve, dans cette province, divers établissements industriels. Rio de Janeiro est bâtie sur une presqu'île au centre d'une baie délicieuse, suffisamment spacieuse pour contenir des flottes entières, aussi ce port est-il un des plus beaux qu'on connaisse. Resserré à son embouchure , il s'élargit insensible* ment. Les vaisseaux de toute grandeur y entrent facilement depuis avant midi jusqu'au soir. Ce port, aussi sûr que commode , fut découvert en 1 525 par Diaz de Solis.
Rio de Janeiro renferme près de deux cent mille habitants; son aspect est avenant, ses rues sont larges et tirées au cordeau, elles sont pavées en granit et pourvues de trottoirs. Les maisons bâties en pierres de taille , ou en briques , ont deux étages. On trouve dans Rio de Janeiro de grandes places, et, parmi les principaux édifices, on remarque le Palais Impérial , l'Hôtel des Monnaies , la Maison de correction, l'Arsenal maritime, l'Académie militaire, le Palais de l'Évêque, l'Hôtel de la Douane, beaucoup d'églises et de chapelles, quatre couvents et plusieurs hôpitaux. Quelques forts protègent la ville du côté de la mer. Un aqueduc , digne d'être visité , la pourvoit d'une excellente eau à boire.
Cette cité devint célèbre depuis que de riches mines furent découvertes dans son voisinage.
D'ailleurs , elle fut encore l'entrepôt général des richesses qui partaient du Brésil pour le Portugal, et aussi le port où abordaient les flottes destinées à
rapprovisionnement de cette partie du Nouveau Monde. Toute ville où se traitent constamment deë affaires très-considérables , ne peut manquer de se peupler promptement, et de s'agrandir beaucoup.
Bahia , assise sur le côté oriental de la baie de Tous-les-Saints, possède 120,000 habitants. C'est une importante ville de commerce, quise distingue tout particulièrement par sa situation. Le climat est chaud dans la province de Bahia , ses produits sont le café, le sucre, le cacao, le coton , le tabac. On y exploité diverses espèces de bois, on y fabrique aussi déi Teau de vie , du papier, des cigares , des bougies ; H y a des filatures de coton et on y trouve des mines de diamants.
Pernambouc, à l'embouchure de la Capibaride, possède un excellent port et 62,000 habitants. Le climat de cette contrée est chaud. Ses produits sont le sucre et le colon; on en tire des Cuirs, on y fabrique de Peau -de-vie, on y trouve aussi des diamants.
San-Paulo est au confluent du Tamautahali et du Hinhangabahu , il est à treize lieues de Saintos. Celte ville compte 30,000 habitants. Le climat de la province de San-Paulo est tempéré , toutefois , il varié selon ses difers degrés , soit à cause de sa posifiott montagneuse. Cette province offre tous les produits de l'Europe , escortés de ceux des autres parties de TAmérique , des Indes et de la Chine. Ses principales cultures sont, quant à présent, le café, le sacre, le tabac, le thé, le ri^. On y élève des bestiaux. Il existe dans celte province des mines de fer et une fonderie; led sapins y abondent dans le sud, et de
nombreux et vastes terrains y sont encore inex*: plorés* . • . V ' ; .■}■,:;?!(
Para 9 ou Bélem, est située sur la rive droite diL Para ^ vers la baie de Guajara. Cette jviUe ^ éloiigaée! de vin^t .lieues: d^ la mevj, est peuplée de 28^6100 habitante. Elle fùtlongtejnps réntrepôt.dtti^éài^jdh^ndë la vanille, de Técaille de tortue (3t de crabey de laisal-^ separeille,: de l'huile de coupeau, de la laine, véigé-^ taie, qu'on achetait, ou, plutôt, qu'on spoUait ^u% Indiens. C'était dans son port, qu'avaût;175^> venajieat aborder les navires de la métropole. Dès4*7>7S^ Bélem fut débarrassée des entraves insépai^ables de totft privilège exclusif, aussi, depuis ce momeat, put-on se convaincre du développement, q^eipeuit procurer une plus grande liberté de coma^^iic^^^ À^utons que c'est au Maragnan, que croit le mmlieur coton du Nouveau Monde. On trouve dans celte province beaucoup de plantes médicinales, on en exporte aussi dqs oiseaux. !•!!:!:
Villa-Réalde Cuyaba est située à demi-lieufiià l'c^ rient du fleuve dont elle emprunte le nom , ,et cqmpte 27,000 habitants. .•, J ; . hi H
Amoaty , sur la rive droite du Jaguarib^, et^ troî^ lieues au-dessus de son embouchure, .possède ,:pn bon port et fait un commerce considérable de^ çotoa et dje peausserie ; on y trouve 26,000 habita^nts.;,,.. I Villa-Belja , sur le Guaporé,^ dans la province d^ Ma tla Grosso, est l'une de la région dps mines ^'or* elle a?5,000 habitants. -...::.
: Natal?, sur la rive droite du Rio-jGrande-d^l-Nprle^ ^yec un petit port et 1 8,000 habitants». :,, :, / .. / . ..; Çs\p.oaira, ou Çaçhpira, sur les deux; rivei^^^flQ Paraguassa, avec 16,000 habitants.
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Parahiba, sur le fleuve da même nôtri,' son em-^ bouchûre forme nn bon port; elle a 16,000 habitante. Le climat de cette contrée est chaud , difficile, mêriië {yemicieax pour les émigrants; on y éprouve, totfe les dix ans , de très-grandes sécheresses, on en tî^ë du coton et du sucre. /s
Sainte -Catharine jouit d'un climat tempéi'é, 'on trouve dans cette province toutes les espèces dé produits, propres à la consommation du Brésil; cette province aussi est encore peu développée. ~ '
Viltoria est bâtie sur une île de cinq lieues d'ëtetldue , qui se trouve dans la baie dit Saint-ïsprit'. Cëtie cité a 13,000 habitants ; le climat en est châiid;'
Portalègre , sur la vive orientale du Lagoa-dè- Niamao, à soixante lieues de Rio-Gràrïde^do-Sïrï^ est une ville de 12,000 habitants , parmi liégqti'élîs'on rencontre beaucoup d'européens. ■ =•
Àlagbas, ville située au centre d'une grande culture de sucré et de tabac, renferttie 1^,000 Ha-; bitants. - rM
Soracaba se trouve dans la proVince^ San-Pàiilo] où l'on élève une grande quantité de boeufs et dé chevaux; Cette cité contient 11,000 habitants^. ? • •
Villa-do-Rio-Pardo , au confluent dit Pardo et dîi Jactiy, ôïté qui renferme 1 1 ,000 habitants. •
Rio-Grrahde-do-Sul , bâtie à l'entrée du Lagôà-dé- Niamao. Ce port est entouré d'un terrain très-sabfonneux; il fait un grand commerce d'impôrtatiôti et d'exportation; il reàferrae 15,000 habitatità. La province de Rio-Grande possède Cm climat tempéré ^ aussi sa culture est-elle semblable à celle de l'Europe , on y recueille des vivres de toutes les espèces»
Le commerce de la contrée consiste en cuira , graisses , suifs , crins , cornes et viandes. L'industrie , qui y est passablement développée , donne pour prorduits des chandelles, des bougies^ de la bière , de la colle, du savon, des conserves. On en tire aussi des bois de construction , des résines, etc.
Le Gouvernement Impérial brésilien a très-bien compris qu'il était de la plus haute importance , de la plus urgente nécessité , de prendre toutes les mesures en son pouvoir propres à augmenter la popula* tion de la monarchie et surtout d'hommes civilisés. Dans ce but, l'Administration a promulgué, le 18 septembre 1850, une loi sous n** 601 , concernant les terres et les colons; elle renferme entr'antres les dispositions suivantes :
Ceux qui s'emparent de terres qui ne leur appartiennent pas , et dans lesquelles ils feraient des défrichements , des abatages de bois , ou y meltraieat le feu, seront tenus de se retirer desdites propriétés, et ils perdront les améliorations de culture et les constructions faites. Ils seront, en outre, passibles d'uue détention de deux à six mois et d'une amende de cent mille reis (environ 300 fr.), indépendamment de tous dommages causés.
La naturalisation n'est point obligatoire au Brésil. On ne l'accorde à l'étranger que sur sa demande.
L'étranger n'est pas soumis au recrutement; il n'est astreint à aucun service militaire de guerre quelconque. Il n'est point appelé à faire partie du Jury; il ne saurait non plus remplir de charge.
Les étrangers qui ont obtenu la naturalisation ont droit a tous les emplois et à toutes les charges , excepté à celles de Député et de Sénateur.
Le commerce et rinda9trie sont libres. Les étrangers ne sont pas chargés de droits d'établissement plos forts que les nationaux , et ils peuvent s'établir dans l'Empiré où bon leur semble.
Le cabotage est national.
La navigation des rivières, des fleuves et des lacs est libre. Le libre-échange existe. L'étranger peut réaliser ses biens meubles , immeubles et ses fonds publics, tout comme les Brésiliens et aux mêmes conditions. Il n'existe pas d'entraves à la sortie des biens ou des valeurs , que chacun peut posséder.
On voit , d'après ce que nous venons de rapporter , qu'au Brésil les lois sont libérales , et que s'il y a quelque chose à observer à ce sujet , c'est que ceux qui sont chargés de leur exécution ne s'empressent pas toujours d'accomplir leur mandat. Aussi est-il indispensable que les colons évitent, avec le plus grand soin, tous les actes judiciaires, les avocats, les procureurs, etc.
Il existe au Brésil une classe nombreuse d'individus ne basant leur existence que sur la chicane. La loi admettant des juges-arbitres , c'est à ceux-là seuls que les colons doivent recourir pour prononcer sur lenrs différends litigieux. Du reste ^ en se conformant à la loi , si on allie de la fermeté à un esprit peu tracassier^ on peut y vivre en parfaite tranquillité.
Empressons-nous de proclamer que le peuple brésilien est bon , hospitalier. Il a moins de rudesse et d'énergie que les Européens; mais, en général, il est plos vindicatif qu'eux. Les habitants du sud sont liants, plus civilisés que ceux du nord. Aussi peut-on s'établir sans crainte au milieu d'eux.
Malheareosement qu*on he renoonire pas totfjoui^ au Brésii oette franchise m désirable , si précieuse périr les trâusacUons ; l'étranger fer^ donc Irës-sageiuent^did ne point se fier trop à la sim^ple pal'ôle donttéè j ttfâîs de prendre toutes précautions propres à valider ises contrats. Nul doute qu'un avenir infiniment meilleur modifiera ce défaut de cara<5tère, défaut qui eèdéra au sentiment d'indépendance individuelle , à des lois plus parfaites, à une moins grande apathie' provénailt dû travail des esclaves, enfin k un contiict plus Tr*équent avec des émigrants européens. '
Les enfants, nés au Brésil, sont considérés Bt*ésiliens* : * ' » ■■••■> ■■■■:
Un système hypothécaire étant m vigoeurau Brésil; la loi prononce des peines sévères contre cetiX qui disposent clandestinement de l'immeuble greté'd'Un^ hypothèque. ;. ,: ,.j :
Au Brésil , les Consuls étrangers délivrent iefs'certi^ ficats de nationalité qui les concernent. Mais les pas^ seports ainsi que les permis de séjour ne sonlaccoHiés que par la police. On peut soumettre des réolamai-=' tions au Gouvernement , pour que ces expéditions aient lieu gratis et sans embarras pour tes émigrahts.
Une loi concernant la succession des étrangers défonts sera incessamment promulguée. En vertti de cette loi , les consuls seront chargés de recueillir ces successions. Il résultera de ces dispositions nourelles une sécurité d'autant plus grande que , maintenant , sous l'administration confiée au Juge des orphelins, il Surgit de nombreux abus et des frais exorbitants, sans compter les obstacles qui ne manquent jamais de s'4* lever. £n faisant un testament selotx la loi et en no^m*
mani un exécuteur testamentaite , ou peut! éviter dci grands embarras et de graves préjudices .
La liberté de conscience existe au Brésil. Les protestants peuvent y construire des tetriples > mais sans sig|[ies extérieurs'. On peut aussi y don tracter ^ Brétril ders mariages mixtes et y élever ses enfonts dans la religion de son choix. On tente quelquefois à l'intérieur^ d'exiger des époux, dès promesses concernant la religion dans laquelle ils élèveront leurs enfants; c'est- un abus contre lequel leiâ colons peuvent et doivent s^élever et réclamer. Lé peuple est tolérant. Lorsque dans une iocalité on ne rencontré piisi de prêtres des deux religions pour bénir le tnàrîagë mixte^ le mariage civil seul est alors mis en pratique.
Ce n'est que pour enliser ou- pour sortir des J^ôrtà qu'il est indispensable d'avoir' uti pàfsse-'portèn règle", mais ehdcun peut parcourir tout l'intérieur de l^Em- ^re feivec un simple permis de résidence (Juî suffit:
L'étranger et le Mlional jouissent dumêrùèàccèà et des mêmes droits auprès dés tribunaux. Outi*e le Jui^i il y a dès Cours d'appel au Brésil. • '
Air jpoinl de VUè dit service militaire , f éttiàûgèi- èàt moins surchargé que le Bï*ésîlién. • '• '
^ Lé système de cuUiver par des esclaves, n'avait paâ seuléiteent été un mode défectueux d'agriduFlure pouir lé Brésil ^n général , mais- il a tôujotifrs ieteiteé nnè ittflùende pernicieuse et délétère sUr lesïnti^br^^ leiâ Usagés 5 les habitudes , enfin sur le caractère des populèlions. Un nouvel esprit surgira d'unèf éliôterttté différente^, de notions plus lumineuses , pîùs fbrtès' ^ ptits (actives; Uiie différence sensible se fait déjà rë^ marquer, dans la nouvelle génération brésilienne^
par ceux qui comparent les opinions de cette jeunesse, avec Tesprit qui animait jadis le Brésil , et qui^ heureusement tend à s'éteindre de plus en plus. Le nouveau caractère qui se développe , quoiqu'il conserve encore quelque peu des éléments natifs , a cependant beaucoup moins d'analogie avec eux, et il tend éminemment à se délivrer du joug de l'ancienne métropole , pour prendre un essor tout patriotique* Il y a donc un noble développement d'intelligence et ce bel élan se fortifiera d'autant plus par une expérience suffisante , ainsi que par une vive énergie , si indispensables à l'action comme à la réussite de toute entreprise de haute utilité, de prospérité générales. Le Brésilien est, de sa nature, antipathique au Portugais, cqmme l'Américain du nord l'est, à l'Anglais. Il ressent encore tous les maux dont il souffrit durant des siècles, sous la domination portugaise , escortée de vues exclusives et stationnaires. Il est donc facile d'entrevoir, en étudiant les idées qui naissent et le caractère qui se dessine , que le Brésil est parvenu à un point progressif tel , qu'il suivra les phases de succès et de splendeur qui illustrent les Etats-Unis , bien qu'il agisse autrement que ces derniers, en prenant pour base d'autres principes politiques. Encoure quelques pas , et l'ancienne génération portugaise , entichée de ses idées restreintes et étroites, laissera la carrière libre à des hommes supérieurs en génie , en patriotisme , et qui dans leur conduite publique et privée imprimeront, au peuple brésilien, des errements plus dignes de l'époque; des sentiments qui le rendront plus laborieux, plus iDoral i partant plus heureux , donc toujours plus digne de l'être.