‹ Le Brésil en 1852 et sa colonisation future, notice écrite sur des documents communiqués par leChapitre 4 sur 27 · de lard · texte numérisé non relu

de lard

1/8alquiere desel » 400 . . » 1 48

32 Liv, de riz » 1 ;000 . . » 2 94

22 aunes étoffe zuarte ... »> 1,509 . . » 4 41

1 mesure pommes de terre » 320 . . » » 94

2 — de maïs w 100 .. » » 30

1/8 alquiere café vert . . . » 100 .. » » 30

1 aune tabac en corde. . . » 240 . . » » 70

Reis 9,670 Fr. 28 45

Lesquels reis à raison de 340 pour un franc , donnent vingt-huit francs et quarante-cinq centimes.

Ces fournitures, avancées aux colons parle propriétaire , lui sont naturellement dues.

Aprèsavoir esquissé la position des premiers colons, à leur arrivée à Ybicaba en 1847, après les avoir suivis durant la première année de leur séjour , jetons un regard sur ce qu'ils sont devenus en 1 851 .

Le nouveau village des colons, distant d'un quart de lieue du principal établissement de la Fazenda, et assis sur une petitecolliueau pied du Morro-Azul , boisé en entier de cafiers; comptait trente-neuf maisons neuves, uniformes, alignées sur plusieurs rues droites, au centre desquelles se trouve une place destinée à la construction d'un édifice public et aussi d'une fontaine.

A quelques centaines de pas de là^ et sur une autre élévation , à laquelle on parvient , après avoir dépassé un ruisseau qui coule entre les deux collines, on aperçoit les habitations où furent logés les émigrants à leur arrivée et où encore il en reste quelques-uns.

Les bâtiments neufs, construits en terre, ont des loits couverts de tuiles, et sans y être obligé, M. Vergueiro a fait bâtir ces habitations en faveur des premiers colons.

Ces maisons présentent un joli aspect; elles ont une face de 27 pieds, sur une profondeur de 24 pieds. La porte en occupe le centre , une fenêtre est placée à chaque côté de la porte ; le derrière de l'édifice est la répétition du devant. Quant à l'intérieur, les colons le distribuent à leur convenance.

La Fazenda communique au village par une belle et large route bordée d'arbres. Mais ce qui frappe tout d'abord, c'est la propreté de la localité et l'air heureux des physionomies. La première réflexion porte sur le contraste de ce lieu ^ avec ceux que l'on

a franchis 9 et l'on ne peut s'empêcher de dire : C*est ici que sont les gens qui travaillent?

Mais ne nous arrêtons pas à l'extérieur et pénétrons dans ces maisons blanchies où les colons sont casés. Un corridor partage la maison et donne accès à trois chambres également blanchies à la chaux^ propres , meublées de lits , de chaises , de tables , de miroirs , de pendules, etc. En entrant a la cuisine, on s'aperçoit qu'il y a une ménagère , et que le colon ne se contente pas pour sa nourriture de farine et de haricots ; l'aspect seul de cette pièce est une investigation suffisant» pour indiquer l'aisance qui règne. La batterie de cuisine est luisante, le diner qui se prépare fume au foyer ou sur le potager. On aperçoit aussi le four pour le pain , le beurrier et la petite presse à fromage.

Derrière la maison , au fond de la cour , est un hangar où vivent la vache, la chèvre, quelques porcs , et presque toujours aussi des poules et des canards, quelquefois un cheval. La est un tas de maïs , chez quelques-uns une petite provision de foin. Pour compléter cette visite , entrez au jardin ; il est à côté ou derrière la demeure , il abonde en légumes et en fleurs; on j a introduit aussi divers arbres fruitiers, des bananiers et des orangers.

Pour qui connaît le Brésil , il est même difficile de concevoir qu'en si peu de temps une poignée de colons , arrivés sans ressources , presque tous chargés d'une dette originelle, soient parvenus à ce degré de bien-être , ainsi que nous le démontrerons plus tard. En effet, pour pouvoir se le persuader , il faut l'avoir vu , il faut en avoir compulsé les preuves. Chacun peut chaque jour, comme nous Tavonsfait nous-même^

se convaincre irrésistiblement delà vérité^ de la réalité de nos assertions; il serait sans doute heureux que les incrédules voulussent en prendre la peine.

Le village n'est point dans le style de ceux d'Europe , il ressemble bien davantage à une réunion de petites maisons de campagne. On n'y voit pas de grands bâtiments , encadrés de fumier ou de tas de bois; pas d'outils ou de chars en désordre, aucun entassement de provisions pour l'hiver. Le colon n'ayant pas la manutention du café , ne possède non plus d'outillements ; il n'a non plus besoin de charrue, de herse , de charrois , par conséquent de grandes dépendances lui seraient inutiles. Malgré tout le déploiement des fermes d'Europe, le fermier est loin d'y rencontrer le confort de ces petites habitations brésiliennes, bien claires, bien nettes, bien aérées.

En 1851 , le village Vergueiro a été augmenté d'un carré de vingt nouvelles maisons.

Les chefs de familles sont en général des personnes âgées ou dans la force de l'âge , dont souvent la figure conserve des traces de soujQfrances passées. Il n'y a de jeunes ménages que ceux formés en dernier lieu.

Sur les 376 membres de la colonie , il y a 216 jeunes gens ou enfants. Quelques familles , plus particulièrement vouées à des métiers, et auxquelles l'agriculture n'allait pas, ont quitté Ybicaba, tandis que de nouveaux colons sont venus les y remplacer.

La plupart des émigrants, à Ybicaba, sont Bavarois ou du Hôlstein ; au milieu d'eux se trouvent (Jeux familles portugaises, deux brésiliennes et une espagnole. Tous sont d'un caractère doijix et tra^nquille;

ils sont travailleurs et de bonnes mœurs, mais ils n'entretiennent que peu de rapports avec les populations voisines, dont cependant ils sont considérés.

Nous avons beaucoup questionné ces colons :

tous répondent (ju'ils sont bien , qu'ils sont contents, sans pour cela oublier la patrie. Tous aussi nous ont assuré, supporter très-bien le climat depuis l'épreuve de la première année quoiqu'il y ait de la différence dans la nourriture; ils ont ajouté que le travail leur a paru moins pénible, depuis que le soleil ne les effrayé plus; ils affirment qu'en général les maladies ne sévissent pas , le climat étant aussi favorable aux vieillards qu'aux jeunes gens. Si leur physionomie n'indiquait pas la véracité de leur dire, on en aurait la conviction par l'absence de médecin. Les indispositions momentanées proviennent de fièvres légères ou de refroidissements , que dans le pays ou nomme constipatacao.

On trouve à la colonie des remèdes qui rétablissent de suite l'indisposé. Ce mal pourrait toutefois devenir dangereux , si on négligeait de faire immédiatement le nécessaire. Dans des circonstances plus graves, la famille du malade appelle le secours du docteur d'une ville voisine, mais c'est un cas rare.

Les colons possèdent des vivres en abondance. Aussi n'ont-ils aucune appréhension de l'hiver; d'ailleurs il leur est facile de se pourvoir à la Fazenda de tout ce qui peut leur manquer. Là on les fournit de semences, d'argent; on les facilite pour se procurer des animaux domestiques , pour le transport des bois, des planches, de la terre , du sable , des pierres; rien ne leur manque matériellement.

Le système Vergueiro a ceci d'excellent, qu'il place le colon dans la position d'être heureux , en lui laissant son entière liberté, ne réclamant en retour de tout ce qui lui est fait à lui-même, qu'une bonne conduite et un travail raisonnable au profit de tous.

Cette position de choix n'éteint point cependant chez le colon, la pensée intime delà propriété. Ces colons, il est vrai , jouissent d'une excellente maison , d'un joli jardin , mais où la certitude d'y rester toujours n'existe point pour eux. Ils ne plantent donc pas tout, ils n'arrangent pas non plus complètement, afin de ne pas créer pour d'autres. Ils se préoccupent souvent (et là gît leur pensée intime) du moment où ils pourront avoir gagné suffisamment pour acquérir du terrain , y construire une maison , de manière à être chez eux, à employer leurs forces pour eux-mêmes; toute leur ambition est là , ambition sans aucun doute noble et louable, mais dont cependant la réalisation pourrait bien n'être pas aussi heureuse qu'ils la rêvent et qu'elle les séduit, parce qu'une famille isolée, qui ne s'appuierait que sur ses seules ressources, surtout si celles-ci sont faibles, se trouverait appelée à lutter contre mille obstacles décourageants. Dans ce cas, il faut non seulement que le colon travaille pour produire, mais il est forcé de s'occuper encore de la préparation, du transport, de la vente, du recouvrement de ses produits ; et c'est alors que ce colon , lorsqu'il est trop faible propriétaire, se trouve privé des avantages immédiats dont il jouit chez M. Vergueiro, avantages qu'il n'apprécie guère mieux qu'il ne le fait du jour qui l'éclairé, dont il profite sans y songer; c'est-à-dire qu'il oublie le travail de la préparation et

de la vente qai s'opère pour tous , et èoùi pôr conséquent il retire une pari de profit , sang aucune surcharge de coopération ni souci d'administration pour fui; loin de là, il peut employer ce temps à son propre bien-être. Aussi, peut-on affirmer avec certitude qu'il existe des propriétaires, ayant des esclaves , qni nonobstant, dont plus mal placés que les colons d'Ybicaba, si bien que, tout compté, leurs résultats sont beaucoup plus soumis à des chances et moins profitables que ceux des dernière.

Avec du travail et de l'économie, lé colon se crée insensiblement un capital; tandis que le propriétaire isolé, tout en travaillant davantage, tout en coarant des hazards et des chances , ne conserve pas toujours le sien.

Ajoutons que plusieurs colons , qui avaient tenté cet essai , se sont trouvés heureux de venir se réinstaller à Ybicaba. En sorte qu'il ne faut pas être surpris si cette crainte vague, si un arrière doute de réussite, influent plus ou moins sur la conduite, le trftva^it et les déterminations de plusieurs. Chacun conviendra , surtout, que l'isolement conduit à de nombre«ses privations : avec l'isolement, pas de culte pciblic, pas d'école , pas de médecin , aucun des biens précieux, aucun des secours nés des réunions d'hommes en société, qui tous aiment à jouir des bienfaits comme des agréments que l'agglomération procure; l'hoinme n'a-t-il pas un continuel besoin de communication, de contact et d'appui.

Néanmoins, M.Vergueiro, pour satisfaire à cet entraînement intime vers la propriété, pour corres-pondre enfin, autant qu'il est en lui, aux dësins et «wx

peiM)faaiits Faisoi»Babl($« de l'homme; » u form le pfojet de faiire préparer des terrains pouf ceux, 4ea cotons ou des émigrants qui voudroat être propriétaires euxmêmes , et encore p>w toute association dont les membres éprouveraient le besoin ioipératif d'être a t-*tachés au aol do^t ils cultiveront les pntduits. En faveur de ces diernier^ et pour les éclairer sur Texé^ cutioi^ de leurs projets 5 nous leur dirons que : oous croyons que deis associations » composées d'une vingtaine de familles, cam|>tant chacune au moiltô cinq personnes > pourraient utilement se cotiser entr'eUes, dans le bu4 d'acquérir en commun un espace de terrain suffisant et déjà en plein rapport y garni d'babitaons nécessaires., terrains qu'elles exploiteraient à leur plus graAd profit et qui ne tarderaient point à acquérir un développement important et une grande valeur*

Ua atulfre mode d'association que nous signalerons encore aux énugrants qui compteraient un même nombre au moiw de familles que cirdessiis. siérait : que chacun des cent membres ,. fowni^ant une t|uo!te part de six cents &ancs y 0^ réuniraient ensemble ttn capital de soixante mille fraises ^ avec lequel ils aoqité reramatt du terrain défriché» garni d'babiliaMons et des dépendances nécessaires. Âi* début , les nouveai^^x colons devraieikt être dirigés par un. homme expert dans les usages et la ciriture du pays. Comme on peut sansexBgératioH) admettre que le produildu travail de chacun des menibires adultes de la société s'élèverait à trois «ente franies dans l'année, il en résulterait qu'en quatre ans^ au plus tard, l'association pourrait -^^re rentifée dans le oapital déboursé , et qu'elle serait

en possession d'un bel immeuble en plein rapport, position impossible à réaliser de même en Europe.

Enfin une troisième combinaison , encore plus à la portée de tous, serait la réunion d'un même nombre d'associés que plus haut, mais versant un capital sensiblement inférieur, et qui néanmoins pourrait également se préparer, mais pour une époque plus éloignée, celle par exemple de six à huit ans , une propriété qui fournirait abondamment aux besoins des associés. Une mise de fonds de cent ou cent cinquante francs , versés par chacun des intéressés, mettrait la masse en position d'acquérir des terrains non encore défrichés, d'une grande et suffisante étendue. Parvenu à ce point, le personnel de l'association se diviserait en deux parts, dont l'une entrerait dans la colonisation Vergueiro ou tout autre semblable pour trois ou quatre ans, tandis que la seconde portion des associés défricherait les terres acquises au nom de l'association , de telle manière que les gains faits par les uns et les terres défrichées et mises en rapport par les autres, formeraient la propriété générale et deviendraient le capital de tous les associés. Cette position prospère permettrait plus ou moins vite à l'ensemble des membres de se réunir pour exploiter désormais en commun leur propriété, en faveur de l'association, qui, reposant sur des bases équitables, tendrait à grandir de plus en plus. Chacun pourra apprécier les facilités possédées par une semblable association , au moyen des lumières acquises par les uns et par leurs gains destinés à Tachât d'outils et de mobilier, et aussi par le défrichement opéré par les autres, qui auraient préparé des plantations et des habitations

ir tous.

Pour satisfaire nos lecteurs, dans l'intérêt qu'ils pourraient porter aux colons dont nous venons de les entretenir, nous nous faisons un devoir de les initier à la marche progressive de leur prospérité , en relevant des livres de la Fazenda d'Ybicaba les comptes de quelques-uns des émigrants, parce que des chiffres sont concluants et bien plus persuasifs que tous les raisonnements :

Doit Crispinus Maréchal, n® 53 :

Voyage de famille . .

. juin 1847 R.

soit fr

Argenl et vivres. . ,

Solde à son crédit en .

R«is

fr."

fr.

AVOIR

Café recueilli en 1847 R. 104,678 soit fr. 507 87

Service an village »

d» à ia Fazenda »

Reis

Donc, après être arrivé à Ybicaba, avec une dette de neuf cent quarante-un francs dix-sept centimes, non seulement cet émigrant s'est acquitté en quatre ans de toutes les avances qu'on lui avait faites , mais en 1850 , d'abord il possède à son compte une valeur disponible de 154,048 reis, soit fr. 453 08, et il sera aussi crédité de la somme inconnue encore , de sa récolte de 350 1 12 alquiros de café.

Doit Topp , 46 , iamUle de 7 pepsonna» :

Puswige R. 340,000 soit fr. 705 89

Argent et vivres . . . . 1847 1848 » 82,480 » 242 58

Solde à nouveau à son crédit . 1850 » 127,423 * 374 76

Reis 598,580 fr. 1,760 50

ATOIR •

Café cueilli en 1847 R. 149,500 soit fr. 439 70

Service » 67,980 » if9 95

Reis 598,580 fr. 1,760 50

1 son avoir en mars 1 850 une somme disponible de 127,423 reis, fr. 374 76; plus Tinconnue de sa récolte de 1 850 , présentant un total de 942 alquiros de café.

Doit Groeber, 1 , famille de 10 personnes :

Passage

Argent et vivres. . .

A ion avoir au 15 mars

. . . . R. 480,000 soitfr.MU 76

Reis 763,150 fr. 2,^44 55

AVOIR

Café cueiHi 1847 R. 152,230 soit fr. 447 73

Service à la Fazenda. » 57,780 » 160 94

R«mbours de pasSRgo par deux gendres » 180,000 » 528 41

R«is 763,150 fr. 2,244 56

Somme disponible à son avoir en mars 1850, 6,477 reis, soit fr. 19 05; plus la r^olte de 1850, J |4 alquiros de café.

Doit Deogler , b" 31 :

Pattage de 9 personnes

Argent et vivres . . . 1B47 1848 d« d» . . . 1848 1849 d* d» . . . 1849 1850

aoitfr. 1,411 76

Reis 730,550 fir. 2,146 67

AVOIR

Café cueilli . .

1847 K. 140,910 «oit fr.

do

120 jours service du Gis. . .

3 ifi neis service d'un fils. .

10 jours d° . .

30 d® pour capiner . . .

Rembours de passage d\me fiHe Débiteur au 15 mars 1850 . . .

455 fO

Reis 750,5^ iir, 2,«48 07

€elm-cî solde en demeuranl débiteur à nouveau de 123,220 neis , soit de fr. 362 41 ; mais il Itii est et la récoite de 1850, soit 540 alquiros de café.

Doit Emrich , 59 , bourgmestre :

Passage de 4 personnes R. 320,000

Acgeul iet vmet . . . 1847 1818 * 57.300

soit ff. 941 17

les 83

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