‹ Le Brésil en 1852 et sa colonisation future, notice écrite sur des documents communiqués par leChapitre 6 sur 27 · CONTRAT · texte numérisé non relu

CONTRAT

Vergueiro et G'' contractent ce qui suit ^vec le eolon , sieur N. N., naturel de. . , » . , avec sa femme^ N. N. , et ses enfants, N. N.

Vergueiro et O* s'obligent de payer au Gouvernement Impérial la valeur de reis , montant du

passage qu'il a avancé et dont le susdit colon est responsable.

A délivrer audit colon la quantité de cafiers qu'il pourra cultiver, cueillir et bénéficier.

A lui laisser la faculté de planter dans leurs terres, en un endroit désigné, l'espace nécessaire pour subvenir à ses besoins.

A lui avancer le montant des dépenses à faire pour son transport jusqu'5 la Fazenda , et ce qui lui sera nécessaire pour sa subsistance, tant qu'il ne pourra l'obtenir par son travail.

Le susdit colon s'engage à oe qui suit :

1 * A se eouilttire paisiblement ^ans p^rttwber ou préjudicîer ses voisins , ni la Fazenda ;

2* A cattitrer el cueillir comme il convieat les cafiers qu'il aura reçiB y déposant le café coeilU dans Tendrait marqaé do emfexml , oà il le délivrera par mesure an reccTeor de la Fazenda ;

3* k concoorir en commun, pour le service correspondant à la quantité de café délivré , pour le travail de préparation qu'il exige, jusqu'à son entrée au marché ;

4* A replanter les cafiers qui pourraient venir à manquer dans ta partie de cafiers à sa charge;

5"* A payer à Vei^ueiro et C" la susdite somme

de qui , après deux ans « portera l'intérêt fixé

par la loi , pour ce qui ne serait pas remboursé ; de plus, le montant des valeurs avancées, suivant l'art. 2 , § 4 , avec les intérêts depuis une année ;

6* A appliquer aux susdits paiements an moins la moitié de ses bénéfices nets , annuels.

Le café sera vendu par Yergueiro et C^ , la moitié do prodoit lenr appartiendra, et l'autre moitié au susdit colon.

Yergueiro et C" n'auront aucune part des produits alimentaires, cultivés par le colon , et qui serviront à sa consommation ; mais ils auront droit à la moitié du surplus.

Vefgù'éiî'o ëtC'" ûê plourr6nt p6int se décharger des obligations de ce coùtrat , tant qiie le susdit côlon

remplira fidèlemeot les siennes. Toutefpis, il esl libre de se retirer, .après avoir payé à Vergueiro el C* ce qu'il pourrait leur devoir, en annonçant six mois à l'avance et par écrit son intention de.se retirer, et&'assujétissant à une amende de cinquante . (iiiUe reis (150 fr. environ) , s'il se retirait avant d'avoir payé sa dette,. ou sans avoir fait la déclaration de spp in-

tention.

• : Toutes: les difficultés qui surviendraieul; entre, les cointraçtapts seront décidées par arbitres , devant l'autorjté OQm;pétente , sans autre recours d'appel. , i Enfbide quoi, étant d'accord, les contr^Gt9ui.tS:Ont

signé.

Santos , le

•If • :'

Lorsque, conformément au contrat, il est question de l'expulsion d'un colon, c'est à M. Vergueiro qu'on eh réfèi^e ; il en est de même pour une admission.

Pour ce qui concerne le travail : Si le côlon ne remplit pas ses engagements , et que , par paresse oti par négligence, il préjudicie aux cafiers qui lui sont confiés, l'administrateur fait faire le travail négligé et |)Orte ces jbùrnéeâ-là au compte du colon. Cette déduction ti^a' lieu que bien rarement; et seîtlënbfeût '^Qâftd les inspecteurs n'exercent pas une sittrvëîllancè efficace, afin d'inculquer une bonne direction 'des le principe.

L'amejnde e?t fructueusement employée lorsque (d négligence est poussée troplôm, ouque le colon veut

quitter la colonie avant d'avoir acquitté sa dettei. L'expulsion est certainement préférable l6i*squ[11 y à persistance dans la mauvaise culture.

. Pertonne nepcuts'installer dans la colonie sans lé consentement du propriétaire. Le colon ayant, selon ses forces, reçu un certain nombre de cafiers à soigner^ il est dans son intérêt bien compris de le faire convenablement , puisque , pour sa part, il recevra 1a moitié du produit net de la vente du café. Il découle de tout ceci que fe colon peut travailler à son ebtière convenance. La seule choâo qu'on exige de lui est qoe son œuvre soit faite aux époques voulues ^ dé telle sorte que la récolte ne souffre en rien.

Un grand principe en fait de colonisation est d^ prévenir les abus par tous les moyens possibles, âfih de n'avoir point h les corriger, ce qui ti'a jamais lieu sans faire surgir des murmures.

'Les travaux agricoles des colons étant accomplis^ ils. peuvent^ selon leur goût, tirer parti de leur tempe et dé leur industrie. • !

Un inspecteur interpï^ète soigna la comptabilité d^'é ^ons, leur distribue des bons nécessaires à léiirs besoins. U consigne dans un registre tes ordres recuis, ainsi que tout ce t)ui survient dans la bolûnié. Cet interprête est salarié par M. Vergueiro. Les aîàtrfelî mspeioteuî's, outre des lots de cafiers, tèçoivént 3,(W)'6 reis 1 pari mois (environ 10 fr .) ^ et sbnl encore ' indemnisés pour la perle de temps qiie réclame lëiir sepvioe;--

< i G^est : |[)HincipaIement d'une bonne administi^atfôii^ queidèpes^nt la réussite et la proispéirité^ dès iddld- Aiies.nLe 4bef demeure' donc l'â^fi^' Oè toM' êt^lîli^^

ment; lorsque ses vues personnelles sont ja&tes, quand le développement régulier d'un système bien conçu a lieu, le bien général en découle. Tout «n revêtant une intime sollicitude pour l'ensemble , le chef doit à l'occasion, et selon la circonstance, savoir agir avec autant d'équité que de fermeté; c'est ainsi qu'il se fera aimer et respecter. Cependant, uu chef peut être appelé de s'absenter; il ne peut non plus tout voir ni tout faire; c'est donc avec une grande sagacité qu'il doit choisir des agents dignes et capables , qui , animés des mêmes intentions , mus du même intérêt, le suppléent autant que possible. Ceux placés à la tête d'une entreprise senablable doivent donc revêtir un esprit conciliant, être impartiaux, conserver du sang-froid, éviter toute faveur, pratiquer la patience et anéantir dès qu'il apparaît tout germe de division. Il est indispensable que la familiarité, ainsi que la sévérité excessive, soient interdites; elles sont aussi dangereuses l'une que l'autre, et chacune d'elles provoque TirritatioD. Faciliter partout, toujours rendre service, fermer les yeux à propos sur les choses insignifiantes , tout eo ne cessant d'exercer une vigilante surveillance, telles sont les principales qualités que doivent posséder les agents choisis par le propriétaire , pour le représenter en son absence, pour exécuter ses directions; telles sont la moralité et les lumières qui rendent leurs fonctions faciles et respectables.

Les caractères des émigrants sont aussi variés qtké les circonstances qui ne cessent de les modifier. Si le malheur, si les besoins q^erceut une grande influence sur l'homme soufiTrant, la prospérité ne tarde guère à

raviver, à retremper ses passions , en lui rendant ses volontés, lorsqu'il a le pouvoir de les satisfaire.

Des différences peuvent surgir insensiblement dans une colonie, et la jalousie y naître comme partout. C'est alors que la direction y augmente en difficultés; alors un redoublement de tact devient indispensable, pour maintenir Tharmonie au milieu d'une population agitée par le succès ou par l'infortune. Dans ses moments d'effervescence , les inspecteurs arbitres ont à justifier le choix qu'on fil d'eu3t , en captivant la con^ fiance et l'estime de leurs, compagnons d'habitudes quotidiennes et sédentaires; leur caractère doit être sérieux, franc, intègre. L'influence, née de ces dispositions^ prête un puissant appui aux bons conseils et facilite considérablement les conciliations. Nous l'avons dit, la probité des administra leur*s est seule capable de leur acquérir tout le respect qui fait leur force. Aussi un employé passionné, imprudent, peut-il causer les plus grands maux dans une colonie et les haines , une fois introduites , ne sauraient plus que difficilement s'éteindre. Le propriétaire lui-même et tous ses employés doivent se placer à Pabri de tout soupçon de partialité^ et dès lors ne pas craindre , dans certains cas délicats qui ne concernent que les colons seuls, d'autoriser ceux d'entr'eux en discussion à choisir, pour arbitres, d'autres de leurs collègues de la même colonie.

Parmi les émigrants, se rencontrent fréquemment des gens de métiers ; aussi , dans le nombre des colons d'Ybicaba compte-t-on : 2 boulangers, 5 tailleurs , 3 charpentiers, 6 maçons, 1 menuisier, 4 cordonniers, 1 boucher, 2 tanneurs, 1 barbier, 2

tisserands , 1 lailleur de pierres , 1 maréchal , \ maitre d'école, 2 charrons, 1 calfai, 1 ferblantier, et déjà il était sorti de la colonie 2 acteurs , 1 tonnelier, 1 boulanger, 1 charpentier, 2 cordiers, 2 maçons, 1 constructeur de bâtiments. Donc, dans cette réunion, se trouvent bien des colons qui n'avaient point été habitués aux travaux de la campagne, et qui cependant se sont voués à Tagriculture , tout en exerçant simultanément leur métier, quand l'occasion s'en présente. La Fazenda en occupe plusieurs; d'antres, à côté de leurs récoltes , se créent un revenu de ce qu'ils fabriquent, et vendent leurs produits à l'extérieur. Nous répéterons , malgré cela , qu'il est généralement peu convenable d'agglomérer beaucoup de gens de métiers, d'abord parce qu'ils se fixent difficilement, ensuite que les jeunes ouvriers, aux idées turbulentes, deviennent des entraves pour l'administration , parce qu'ils introduisent dans les colonies des habitudes qui ne conviennent guère ; tandis qiie les agriculteurs, quoique jeunes, possèdent mieux la tranquillité d'un âge plus avancé.

Les colons inoccupés trouvent ordinairement du travail à la Fazenda , oti leur journée leur est payée 480 reis (1 fr. 50 c.) , outre qu'ils y sont nourris.

M. Vergueiro se propose, pour l'avenir, de faire préparer le café par les colons de la Fazenda. Ce sera une ressource pour ceux dont la sauté ne pourrait supporter les travaux de la terre, ensuite pour les très-jeunes gens , ainsi que pour les vieillards. Déjà^ maintenant, on voit avec le jour arriver, à l'établissement, une trentaine d'enfants de 4 à 10 ans, qui viennent pour trier le café. C'est un spectacle intéres-

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sant , celui de celte jeune population, gaie , activé ^' s'amusant du travail. On leur paie seize et demi reis pour'chaque arobe, équivalant à 14 1]2 k*, ce qui leur vaut de 50 cent, à 1 fr. ; en outre , ils reçoiveiit' à dîner à la Fazenda , puis ils s*en retournent en ' gambadant, enchantant. combien il est frappant le contraste qui existe entre cette allégresse et le travail triste et morne des noirs.

C'est ainsi que tout ce qui entoure le colon l'aidé à gagner; aussi les habitations sont-elles emplies d^en-' fants qui sembleraient annoncer de jeunes parents , tandis que Ton ne rencontre devant soi que des visages qui attestent le contraire.

Lorsque l'inspecteur des enfants, à la Fazenda, est content d'eux , il les conduit dé temps en temps au verger, où il leur permet de cueillir des fruits; c'est' alors une grande fête pour eux.

Un menuisier intelligent, qui s'occdpe dé la construction des machines , a fabriqué des chars et dés brouettes pour remplacer les véliicules portugais, aux roues pleines et massives , dont Pessieu criard tourne avec elles, et cause ainsi un Vacarme étourdissant. D'autres améliorations, très-importantes, succéderont à celles-là, au moyen du secours d'oùvriers capables, améliorations qui faciliteront considérablement lé service, en allégeant beaucoup ïe' travail des animaux. Mais, malheureusement, il arrive quelquefois aussi que ces hommes habiles sont dés ouvriers si capricieux , qu'ils ne peuvent se fixer,' ni a uhéoccupation régulière, ni dans les lieux ofi fis sont les mieux placés.

Au nombre des colons d'Ybicaba , sont ât familles '

prQtestante^s et 32 familles calboliques; chacune de ces catégories exerce librement son culte ^ mais il n!y a ni pasteur ni curé. Les catholiques se rendent à la ville la plus voisine , et les protestants se réunissent dans une chambre. Quoique tous ces colons vécussent dans une louable fraternité , fille d'une entière tolérance, que. leurs enfants fussent instruits dans la même école , un intrigant parvint à jeter de la perturbation dans la colonie. M. Yergueiro, qui ne favorise que la paix, la moralité et la bonne entente chez lui 5 expulsa celui qui y introduisait le trouble, en sorte qu'on peut croire à un retour durable vers une douce harmonie.

Il est pénible de le dire; mais il est présumable qu'une des plus grandes difficultés qu'il y aura à vaincre, dans ces colonisations, naîtra du culte, à moins qu'on ne parvienne à réunir un curé et un ministre , qui soient aussi tolérants l'un que l'autre et dont les soins et les efforts tendent à entretenir la plus constante harmonie entre tous les membres chrétiens de la colonie; ainsi que cela existe d'uue manière si admirable, dans certaines contrées mixtes de l'Allemagne , où de nombreuses populations viennent alternativement célébrer leur culte, à la suite l'un de l'autre dans la même église. Oui 1 la tolérance est la première comme la plus indispensable vertu dans les colonies; toul; ecclésiastique , missionnaire ou non, qui ne la possède pas , ne saurait y être toléré , pour pe^ qu'on tienne à conserver la paix , surtout à ne pas^ donner le. triste spectacle de chrétiens faisant du scandale, scandale qui devient le plus grand obstacle , à la conversion au christianisme.

Les mariages mixtes n'onl pas lieu à l'église , mais seulement devant le Juge de paix. En général, le. clergé brésilien est moins tolérant que le peuple; quant au Gouvernement, il est encore sous Tinfluence assez vive du clergé, bien que ce ne soit pas au même degré dans tout TEmpire, puisqu'à la colonie de Pétropolis, par exemple, où il existe des colons des deux cultes, l'Administra tion provinciale contribue aux honoraires du pasteur comme du curé; et lorsque le dernier met quelque obstacle à la bénédiction des mariages mixtes, le pasteur passe outre.

A Ybicaba , il y a une éc^le pour les garçons et une école pour les filles; elles ne sont fréquentées qu'après la récolte. On y enseigne la lecture, récriture, Torthographe, l'arithmétique et la morale, le tout en langue allemande. La rétribution est d'un franc par mois. Comme au Brésil, le Gouvernement salarie les instituteurs, désormais les colons pourront être allégés de cette charge.

Le cimetière est commun pour tous; catholiques et protestants ont travaillé ensemble pour le close d'un mur.

Les enfants qui naissent au Brésil sont considérés Brésiliens.

Déjà, il existe dans la colonie Vergueiro une société philantropique dont tous les colons font partie. Sa destination est de venir au secours des nécessiteux ,. veuves, malades ou orphelins. Cette fondation a réuni jusqu'à ce moment un fond de 39,960 reis (environ 125 francs); mais ce qui prouve suffisamment les progrès de la colonie, depuis les trois années de. son existence, c'est qu'il n'y a eu encore de se-

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cours à accorder qu'à trois veuves, qui entr'ellés n*bnt touché que 8,000 reis (environ 25 francs). Quelle comparaison ne peut-on pas établir enti^ la position de ces colons arrivés au Brésil dans le plus entier dénûment, et qui en si peu de temps dïit par eux-mêmes créé une caisse de secours , et la èolonie suisse, dite la Nouvelle Fribourg , fondée en <81'9, à ' la vérité sur des bases toutes différentes, mais qui est demeurée dans un état si misérable , que non Seulement elle n'a pu faire de fondation semblable à celle énoncée ci-dessus , mais que, pour exister en maôse , elle a dû recourir à des collectes faites en Eurbpe! Aussi la situation dans laquelle le Gouvernement a délaissé ces colons obligé-t^elle la société philanthropique suisse, fondée à Rio de Janeiro, à accorder à ces malheureux compatriotes une subvention annuelle de trois mille francs, pour les aider à subsister.

Lors d'un séjour à Ybicaba, par le Consul suisse , il fit quelques recherches pour découvrir la source des querrelles qui y avaient existé; il acquit alok la preuve consolante, que la religion avait en bien moins de part aux troubles que certains principes, discutés entre le maître d'école, un employé et un socialiste. L'employé fut destitué, le maître d*école^ censuré et le socialiste expulsé , après quoi tôtit rentra dans l'ordre, qui n'a plus été troublé.

Monsieur Charles-Perret Gentil assista aussi aux mariages de trois colons et de seize noirs. Un vicaire d-une ville voisiné vint les bénir. Ces cérémonies donnèrent lieu à une véritable fête générale.

Dans son zèle, ce vicaire loua beaucoup le catholicisnie ; môme il sonda le terrain en vue de coiiver-

sioûs, ^t proposa d'établir un service régulier les samedis , jour où il viendrait dire la messe et suivre au prosélitisme. Il fut prudemment remercié pour ses bonnes intentions; ce qui , sans aucun doute , prévint des collisions, et peut-être un bouleversement complet. Cette remarque faite ici en passant n'y trouve de place que dans le seul but d'être utile aux propriétaires de colonies , qui voudront prendre la peine de ' la méditer, avec toute la sérieuse maturité qu'elle mérite. i

En été, le colon se rend le matin à ses occupa- ' lions entre six et sept heures, mais seulement à sept heures en hiver. Cette arrivée au travail nous semble un peu tardive, parce qu'en l'avançant d'une heure, précisément durant la fraîcheur de la matinée, cette heure pourrait être plus tard passée à l'ombre de la^ maison plutôt qu'à 1-ardeur du soleil. Ceci indique qu'au Brésil les jours ne sont ni aussi longs, ni aussi courts qu'en Europe. Le jour paraît , en été, à quatre heures et demie, et il finit le soir à sept heures et demie. En hiver, le jour commence à six heures et^ dure douze heures.

Avant de se rendre à son ouvrage, le colon déjeune avec du café; l'expérience a prouvé qu'avant le travail, il ne doit pas être surchargé de nourriture. A onze heures, il rentre chez lui ; c'est le moment où le soleil commence à être trop chaud. Son dîné se corn-pose de soupe, de viande, de légume et de café; puis il fart sa si este jusqu'à deux heures, où il retourne au travail qu'il ne quitte qu'à la nuit. Il soupe alors >' même avec plus d^abondance qu'à dîné , après • quoii entouré dé sa famille, il prend le frais devant

son habitation , en s'occupant à préparer des feuille de tabac. C'est ainsi qu'il supporte parfaitement le climat.

Les boissons sont : le lait, Teau et Teau-de-vie du pays; il n'y a ni vin ni bière. Dans le principe, des colons ressentirent la privation du vin et de la bière, et ils s'adonnèrent à un trop fréquent usage de la liqueur , mais bientôt ils durent y renoncer pour conserver leur santé.

Les ménagères soignent les animaux domestiques. C'est de mai à novembre que tout ce qui est en état de travailler s'occupe de la récolte du café; aussi chacun y apporte-t-il toute son énergie avec une extrême activité , parce que c'est celte récolte qui donne aux colons des profits réels. C'est bien aussi dans ces mois d'hiver que les colons peuvent forcer l'ouvrage avec de moindres inconvénients. Le fort de la récolte a lieu en juin , juillet et août. Après la cueillette du café, les colons ont a s'occuper de leurs propres plantations, et cela avant l'arrivée des pluies qui tombent assez régulièrement dans les mois de décembre, janvier et février. Dès que ces pluies ont cessé, les colons vont nettoyer le terrain des cafiers , ce qui a lieu vers la fin de février.

Au mois de mars , ils commencent à récolter leurs provisions; au mois de mai, il faut revenir au nettoyage des caHers pour en faciliter la récolte. Au fait , les colons n'ont que peu de temps sans être occupés ao sol, d'autant plus que l'abondance des produits , dépend essentiellement de ta bonne culture des plantes. Il faut encore que les colons fassent du bois pour leur ménage , bois au reste qui ne leur coûte que =la peine

lAe le prendre à la forêt; enfin s'ils vealent prépaiie une provision de foin pour leur bétail , ils doivent aller le recueillir.

Les légumes que cultivent les colons sont : le maïs, ieriz,rihname> les haricots, la mandioca, les pommes de terre douces du pays , le cara , l'arraront , les concombres, les courges, les oignons, les choux et les salades. Ce n'est pas sans quelque difficulté qu'on amène à bien les pois, les carottes et les pommes de terre d'Europe, parce que les fourmis causent de grands dommages à ces plantes.

On obtient un très-bon pain blanc, au moyen du mélange: de la farine de mats avec celle du blé. Il est un peu compact, mais sain et substantiel.

On cultive également le tabac, le manonnier et les arbres fruitiers. On tire du manonnier de l'huile pour l'éclairage et pour la salade. Le jacura, fruit de la forêt, sert à faire au vinaigre. Lorsque les oranges seront en abondance suffisante , on pourra en obtenir une boisson qui tiendra heu de vin.

Le thé et la canne à sucre qui viennent très-bien suffisent à la consommation ; la vigne pourrait prospérer ; à Ybicaba se trouve déjà dans le verger, une treille qui donne de bon raisin.

Les colons qui élèvent des poules, des canards, des pintades, ne manquent ni d'œufs, ni de viande, surtout en y joignant celle de leurs porcs; aussi leurs cuisines sont^elles enrichies de quartiers de lard , de jaitiboas , de saucisses. Enfin chaque samedi on abat une vache dont la chair est vendue à raison de 60 reis (environ 18 cent.) la livre.

Il existe aQ$$i un (Jçbit de Uq«te«irs dans la ootonie.

D'après tout ce qui précède , on peut se convaincte que le colon n'a besoin de rien du dehors, en sorte qu'à l'exception du sel, de quelques objets en fer et d'étoffes, il peut se suffire à lui-même et borher beaucoup sa dépense , puisque ses outils, qui sont là pioche et la hache, non plus que ses vèteitiefits de coton, n'en exigent que Irès-peu. Lorsque des mo- :ments froids, et humides surviennent, les vêtements qu'il a apportés d'Europe sont suffisants peilidant bien des années pour l'en garantir.

Le dimanche étant consacré au repos:^ lés coions font des promenades à pied ou à cheval; Lés jeùhes igeQ$ vont chercher du fruit à la Fazenda^ Dés réunions se forment, des: repas de famille .s'organisent. Tous sont proprement vêtus. :. .;i^

Il Une chose qui ne manque pas de surpraidreobajOuni, est le calme ei la tranquillité qqi régnent dans la . colonie ; sans aucun doute , ils naissent du tpetit nombre d'hommes de 1 Sa 20 ans qui s'y tt^ouvent.^ i »

L'Admiuistrateur disait , au Consul suisse;, .^uW n'aperçoit; jamais de batterie ni. de délit. Utiieul suicidch ivint affliger les colons. Une: accusation ipjuste -conduisit aiu désespoir celui qui. ! s'en rend4,t coupable; il ne put supporter le: mépris et le: délaissement. . . Après cette mort regrettable, l^innooehce du màlhetiréux futreconnue. i . . .: inio - «h

!! De nouveaux, ménage se forn>ent^ et ilsobtîeia-nientiune habitation^ ainsi que tout ce qu'on aecorde habitueltémeni au3^ colons. Assez ordinairemeoiv l^ér pouxi>prend à sa chaire le icoât du passage qui *est payé pour sa femme, dont la dot est presque toujours uaiçh!eva|.iou,une Yiaoh|3^! •>)! .-i .h ii»» r-i»i, -..i.'./!*!!

Dans le principe , un pâturage avait été destiné auK bestiaux de la colonie; mais comme les colonspréfér rèrent nourrir le bétail dans lesétables, ils .rçnoficèrent ainsi à sa jouissance qt repfermèrQut ., oiii, en effet, il est mieux, soigné et où les vaches donnent davantage de lait. Peut être que des agriculteurs mieux entendus eussent pensé qu'à de certaines époques le pâturage est indispensable au bétail. ^ i»

Dans la province de Saint-Paul, les plantatians sont généralement établies sur des terrains élevés , parce quç les parties basses sont sujettes ai^x geléqs^ Outre cette observation générale, le colpn qui aq^ièt^ jdes terres doit.apporter une grande atlentioupour ^e pas être Iron^pé. Les espèces de bois quicroi^eijit^Kr je ^ol sont; les indices qui annoncent si le fonds qv^i le porte est propice à la culture du cafier. Il ije l!est pas^ s'il ne renferme point de paod'alho, de peroba, de céjlro., dp . j^carandatan , d'olço yerpielho %. , 4* ^uarfibu, (de guararema, de giiarapoça , , de cafinga .dp porcp , de vergenim , de cannella de : sassafras }, â'ano de pipaj, de sumpira , de tingna^ibia , 4e .p^p .parahyba, etc., etc. . i,^,

Après avoir jeté un cppp-d'oeili s^ttentif suiq la .pç(si7 tipn financière des colons dç la çploaiç Verctteirûjdepuis lé vir entrée en 1847 Jusques et y pomprijS.IS^P. nous ayons dû recpnnaîtpe que tipus ont açqfli^uni d^^ gré de bien-être. Ipl , que rh»mm;e qui le^ pp^ts^d.e 4pijt SjBj trouver satisfait de sa position, puisque çh^aciimi d'eux ^lait arrivé au BpésiL chargé de Iqi çlettp dp.^a traversée , et dans Tobligation d'en contracter, imméy diateiflent une seconde pour avances de vivre^s,. . . , H!Sîn''iP'^t^*P^^^^^ yeiit pp;ppint:échpMer:4afl^l*

réussite de sa colonisation , il faut qu'il soit pourvxi abondamment de tout ce qui sera de première nécessité, c'est-à-dire indispensable à la bonne alimentation , ainsi qu'au logement du colon dont les Iravauux exigent le remplacement des forces qu'il a employées à la culture. Sans doule que ces besoins doivent être remplis dans de justes limites, donc que les avances demeureront dans des bornes raisonnables ; mais encore est-il important que le colon ne soit jamais appelé à se procurer, hors de l'établissement, ces divers objets , d'abord parce que ce serait une perle de temps pour lui, mais aussi parce qu'il pourrait faire de mauvaises relations, ou contracter d'autres dettes; tout autant de causes de ruine, plus ou moins rapprochée de toute colonie dépourvue de ce qui doit la faire prospérer.

C'est avec un tact parfait que M. Vergueiroa prévu tous ces inconvénients; aussi ses prudentes et sagaces précautions ont-elles été l'une des causes essentielles de la stabilité de sa fondation. En contribuant au bien-être des colons, il lésa fixés, attachés au sol, oCi ils ne souffrent d'aucune privation , et où le travail leur est facilité par tous les moyens possibles.

Sans doute que les événements qui secouent les populations de la terre , et tout spécialement celles de l'Europe, peuvent aussi exercer une influence plus ou moins grande sur la position des colons, influence qui peut réagir en mal ou en bien, suivant la plus ou moins grande abondance des récoltes. Par exemple , en 1847, les cafés donnèrent aux colons un revenu de 720 reis (2 fr. 12 c. environ) par alqwre; tandis qu'après les événements de 1848, la même

m^Vive de café nç leujç re^fîit, q^e 280 rçla (9Î?,Q^, envirofl) , ce qui él^blit upjB énoriçç différe^Cj^ à[, lei^ préjudice. En 1849, la récolte fut singulièrement rç-, duite par la faute d'un directeur, qui couduisit mal le travail elcaqsiaainsi la perte d'un tiers de ce. qu'elle aurait dû rendre. Une bonne direction est donc I^ une des choses les plus essentielles pour tous, puisque les colpns et les propriétaires y sont aussi intéressés les

uns que les autres. La récolte de 1850 , qui a été bien

dirigée et se trouve forte, dpnnera da beaux réaultats. Nous venons de l'énoncer, les récoltes varient au Brésil coname eu Europe , sauf qu'au Brésil le cultivateur ne voit ses espérances entièrement anéanties^ ni par la grêle , ni par la gelée. Trop de pluies ou de sécheresse peuvent porter atteinte à la récolljÇ , ep Is^ réduisant; mais elles ne la détruisent jamais complètement.

S'il existe des différences entre les paris à prendre parles colons, ces différences, qui sont quelquefois assez grandes, proviennent d'une inégale répartition de lots de caBçrs nouvellement plantés , ou qui déjà sont en plein rapport. Tel colon, lorsqu'il veut cul^friver davantage de vivres pour lui, choisit une plantation de jeunes cafiers, entre lesquels il trouve une place préparée plus vaste. D'autres, au contraire, ont demandé et pris possession de cafiers en plein rapport.

On ne saurait se former une idée juste de ce que peut prospérer une famille laborieuse et bien disposée. Notre opinion à l'égard de ce qui précède serait que toute répartition de cafier? devrait correspondre aux forces du colon, et qu'il faudrait combiner la

plantation des lots, de telle manière , qu'ils offrissent \Xn nombre égal de caBers jeunes et d^autres en plein rapport.

Celte méthode aurait le grand avantage de déraciner quelques abus , qui sont aussi nuisibles aux cafiers qu'aux propriétaires. Les bons travailleurs pourraient toujours donner un exemple capable de satisfaire leur amour propre, tandis que l'indolent ne pourrait attribuer qu'à lui-même sa moins grande prospérité.

Quelques familles sont aussi arriérées par suite de maladies ou de décès. 11 peut advenir que le propriétaire se trouve dans le cas de perdre une partie de ses avances, mais ce cas sera rare. Peut-être pourrait-il prévenir ce danger, en établissant des agglomérations de familles, astreintes à une garantie mutuelle et collective , pour le remboursement des avances qu'on est nécessairement appelé de leur faire, dès leur arrivée ; entre autres avantages qui résulteraient de ce genre d'association , se trouverait au moins celui de donner naissance à une surveillance réciproque, qui en maintiendrait quelques-uns dans la bonne voie.

L'inspection du compte de chacun des colons fournit la preuve qu'en presque tolalilé les émigrants ont, après la quatrième récolte, remboursé au propriétaire les avances qu'il leur fit au moment et dans les premiers temps de leur arrivée; d'où il résulte qu'en vivant bien, qu'en se trouvant agréablement casés, qu'en s'é tant acclimatés, ils sont désormais placés dans l'heureuse position de travailler à leur propre avenir. Si quelques-uns onl eu un peu moins de café, à cause de la jeunesse de leurs cafiers, maintenant en avançant 2 ils jouiront de toute la vigueur de ces ar-

bres> dont ils retireront de satisfaisantes récoltes ^ puisque les cafiers , âgés de 6 à 10 ans , sont arrivés à l'époque de toute la force de leur production, production qui baisse graduellement ensuite depuis 1 5 à 25 ans.

Tout ce que nous avons exposé jusqu'ici servira à indiquer clairement quelles avances sont indispensables pour faire arriver les colons , et comment ces avances, si les émigrants sont nombreux (et ils ne sauraient l'être trop), peuvent s'élever à de fortes sommes; donc, combien le concours du Gouvernement brésilien , et celui provenant d'efiforts faits en Europe , sont indispensables pour préparer des dotations de fonds , des cessions de terrains , des traversées de colons; ensuite pour baser des rapports, créer des transactions, assurer certains droits stipulés entre la patrie que les émigrants quittent et celle nouvelle où ils vont se fixer; enfin pour que cette dernière accorde de justes facilités aux Fazendeiros, qui cherchent à faire fleurir l'Empire qu'ils dotent d'habitants.

Certes, ces facilités accordées par le Gouvernement brésilien ne sauraient, en aucun cas, être considérées comme des sacrifices en pure perle, ainsi que le disent quelques-uns, mais comme de simples avances dont le pays retirera les plus grands fruits par la prospérité générale qui en découlera. Nous aimons à le répéter : ce ne sont que des avances qu'on réclame de lui, avances qui devront lui être remboursées à des termes échelonnés , même avec des intérêts , faibles à la vérité, et qui ne commenceraient à courir que depuis la cinquième année.

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C'est ici qu'il serait d'une grande importance encore que les provinces alliassent leurs efforts à ceux du Gouvernement central, pour que la colonisation se trouvât facilitée dans leur intérieur. Nous croyons avoir démontré, jusqu'à la dernière évidence , que la création d'une Direction administrative est l'institution complémentaire du nouveau système, comme aussi ce n'est guère que par l'intermédiaire de Compagnies que toutes ces créations peuvent naitre et conserver l'existence , parce que la coopération directe du Gouvernement, surtout dans les détails d'exécution , n'aboutiraient vraisemblablement , malgré ses excellentes intentions , qu'à entraver la marche ferme et rapide qu'exige la réussite des entreprises de ce genre , qui demandent à la fois des connaissances pratiques profondes et spéciales, un travail incessant et minutieux, autant de qualités qui, exceptionnellement, sont le lot de quelques capacités et que ne sauraient suppléer de simples employés, dont les notions élémentaires sont sufHsan tes pour ce qui concerne leur propre pays, mais auxquels manquent les études essentielles, indispensables pour entraîner, pour captiver la volonté et la confiance en Europe.

Et le Gouvernement lui-même , malgré les lumières qu'il possède , malgré ses sentiments patriotiques, ses intentions élevées pour la splendeur du Brésil, n'aura-t-il pas à lutter sans cesse contre cette foule de propriétaires qui provoquent des doutes et emploient leur influence à repousser ce qui serait si propre à faire le lustre de leur patrie? Il est cependant à prévoir que ces mêmes personnes, qui ne peuvent ou ne veulent rien admettre aujourd'hui de ce qu'on cherche

à leur faire comprendre, céderont un jour à T^yideuce, qui leur prouvera que la vente de seulement cinq de leurs esclaves leur assurerait une facilité suffisante pour amener sur leurs propriétés dix familli^s blanches, dont le nombre réunirait 50 à 60 personnes, aptes au travail , ouvriers qui ne leur coûteraient le sacrifice d'aucun capital , puisqu'en suivant le système Vergueiro, l'avance qu'ils auraient faite pour amener ces colons rentrerait dans le cours de quotité années , outre l'obtention d'une amélioration immense pour leurs terres devenues bien autrement productives. Ne serait-il donc pas permis de gémir d'une incrédulité semblable , d'une inertie pareille !.... BJais c'est le partage des produits qui effraie ces propriétaires Qu'ils veuillent pour un moment prendi^e

la peine de calculer la nourriture des noirs , l'intérêt du capital qu'ils leur ont coûté , la dépréciation de ce capital par l'âge du nègre, par ses maladies, par^a mort prématurée possible ; alors ils apprécieront peut-être les avantages du travail libre.... ils verrpfit où se trouve le meilleur revenu.... En d'autres termes, ils jugeront lequel des deux systèmes est le préférable.

Serait-il nécessaire encore, pour mieux convaincre ces propriétaires V de leur signaler la grande valeur qu'acquerra leur Fazenda lorsque 50 ou 100 familles, étant chez eux , seront parvenues au point de pouvoir acquérir des terres elles mêmes. La division du sol , établissant mieux la richesse des productions dans un pays, et lui assurant une plus grande valeur,,ilen découle naturellement que le propriétaire actuel, en vendant Ja moitié de son domaine , qui aura .triplé de

prix et doublé de récolte, se trouvera bien autrement riche qu'il ne Tétait, lorsqu'il le possédait lout entier et cultivé par de^ noirs. De nos jours, que rencontre-t-on encore au Brésil, sinon beaucoup de propriétaires^ auxquels appartiennent des domaines d'une étendue de plusieurs lieues carrées , et qui nonobstant sont plus que dans une position gênée , parce qu'ils ne jouissent d'aucun crédit. Que l'on compare maintenant cette position avec celle des propriétaires d'Ybicaba , possédant un village de 76 maisons et la perspective de récolter, dans une couple d'années, 40 à 45,000 arobes de café. Mieux encore, qu'on compare l'Ybicaba de 1850 à lui-même en 1846, avant l'arrivée des émigrants d'Europe!... Ou enfin qu'on le mette en parallèle avec les Fazendas , où

règne toujours l'ancien système Le simple bon

sens se chargera de répondre où se rencontre la prospérité croissante.

Peut-être n'esl-il point ici hors de place , ni sans importance, d'introduire une remarque, ne fut-elle que dans l'intérêt de l'avenir. Nous désirons attire r l'attention de ceux que cela peut intéresser sur l'exploitation des forêts que l'on abat sans précaution aucune , comme aussi sans prévision des temps prochains. Nous estimons de première comme de la plus haute urgence la création d'un règlement général pour l'Empire entier, qui statue sur la marche à tenir en tout ce qui concerne 1* économie forestière , afin de conserver par ces lois importantes de suffisantes réserves de bois et de forêts dont l'existence est des plus précieuses pour les populations.

Personne n'ignore non plus que les forêts sont des

abris contre les vents et les ouragants, dont elles rompent le cours et la violence ; qu'elles garantissent de la trop grande influence du soleil; qu'en attirant les nuages , elles donnent naissance aux pluies si nécessaires dans les climats chauds; enfin que, dans les pays montagneux, elles arrêtent les avalanches. D'ailleurs , on ne peut se passer ni de bois de construction , ni de bois à brûler. Une sage prudence veut donc qu'on n'exploite les forêts qu'avec un discerneraent tout particulier, en sorte que , même au milieu de la plus grande abondance, il ne soit jamais prodigué. Cette denrée devient coûteuse, dès qu'on est obligé de la chercher au loin. On doit encore être convaincu que tout combustible prend une valeur ascendante avec l'accroissement de la population.

Quoique nous ayons parlé avec quelque étendue de la culture du cafier, ce n'est point dans l'intention de proscrire celle de la canne à sucre; loin de là, nous la croyons profitable , quoi qu'en puissent dire ceux des habitants du pays dont l'esprit routinier et paresseux s'oppose à l'introduction de machines propres à en faciliter le travail et à en perfectionner le produit.

Il est probable que, si l'on cultivait moins de cafiers, on s'occuperait davantage de la canne à sucre. Nous dirons aussi qu'on pourrait donner de plus grands soins à la culture comme à la préparation du thé. L'abaissement de prix de cette feuille vient de ce qu'on a voulu introduire, sur le marché, du thé qui n'était pas encore présentable, loin de cherchera faire mieux, pour relever la valeur de cette marchandise; il a paru plus facile de ne plus s'occuper de sa manutention. Lors d'une situation pareille, l'Eu-

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rdpéen possède liîèn plus de persévérance ; aussi le meilleur succès lui est-il réservé , toutes les fois qu'il Vïa ferme volonté d'atteindre un but.

Un Sénateur, qui possède une plantation de thé, nous disait avoir vendu ses produits à 1 ,600 reis (5 fr. environ] la livre.

Nous devons ajouter que son thé est parfaitement 'soigné; nous lui demandâmes s'il avait eu des Chinois pour en enseigner à ses gens la véritable préparation? S. ï. nous répondit : « Non, Monsieur, mais j'iai été le Chinois moi-même !» Si les Saint-Paulistes veufent songera imiter ce bon exemple, s'ils veulent se faire (Chinois en vue de leur propre profit, certainement ils ne s'^en trouveront que mieux , et désormais ils ne laisseront plus reposer une si importante culture. Celle du lin pourrait également devenir îine branche de produit très-avantageuse pour les colons. Cette plante , placée entre les jeunes câfiers , '(lônnerait des résultaits bien différents de ceux des haricots et du maïs.

Nous nous sommes quelque peu étendu sur le tanlëau que présente à Tobservateur la colonie de M. le sénateur Vergueiro , parce que nous avons trouvé dans saTazènda le type de ce que le Brésil présente de plus parfait en colonisation; son système répond à toutes les attentes, soit du pays, soit des propriétaires, et soit tout spécialement des émigrants auxquels on présente la facilité d'arrivée , logement agréable^ vivres pour exister, travail immédiat, gain honnête ^ résultat du travail libre, conditions larges pour le

remboursement des avances, espoir certain d'un heureux avenir, soit que l'émigrant tienne à sa position

actjuîse dans la colonie, soit qu'il songe à devenir propriétaire lui-mêrae.

Comme la loyauté, la probité, la liberté, les sentiments d'humanité et de justice, sont les bases fondamentales du contrat qui lie les parties à Ybicaba , on ne saurait douter que généralement ce contrat ne devienne la législation de toutes les colonies qui adopteront les mêmes principes, eu sorte que la généralité des émigrants saura apprécier les grands avantages que leur offrent le Brésil et le système qu'on y a mis en vigueur. Aussi , étant pleins de confiance, s'y rendront-ils avec empressement.

Et nous-même nous serons heureux si, par la publication de cette notice, nous sommes parvenu à mettre en lumière , à faire connaître généralement à chacun ce qui peut intéresser les émigrants, et encore ceux qui prennent à eux un vîf et sincère intérêt.

L'ensemble de ce que nous venons de consigner nous fortifie dans l'espoir que le Brésil réalisera utilement pour lui, comme pour beaucoup d'émigrants, la création d'une colonisation d'une vaste importance. Nous ne saurions toutefois nous dissimuler que cette œuvre n'en soit une trcs-délicate , dont l'accomplissement, pour être satisfaisant, exige d'éviter toute fausse route qui conduirait au résultat certain et immédiat d'éloigner les émigrants et de se renfoncer d'autant plus dans l'ancienne et déplorable ornière.

Toute colonisation , pour obtenir le succès qu'on en attend , devra être sagement étudiée par des personnes compétentes, pleines d'expérience.

Si un plan est adopté, il faut qu'il soit suivi avec de prudents efforts dans la voie des vrais principes,

de manière à ne point broncher dans son développement.

Le Brésil, heureusement pour lui, lorsmême qu'il rencontre dans son sein des hommes aux: antiques préjugés, en possède aussi bon nombre d'autres, d'une haute capacité, d'un ardent patriotisme, qui sont dotés de toutes les lumières indispensables pour assurer le bien de la patrie et même de ceux qui s'y opposent avec une énergique résistance. Mais la rai* son aura le dessus j cependant, pour qu'elle triomphe, il ne suftit pas que les bien-pensants se bornent à s'écrier avec une entière stérilité : La colonisation est chose bonne, utile, indispensable, qu'on l'aide en appelant des émigrants !

Il faut davantage! il faut beaucoup plus; car cela seul ne suffirait point pour remédier au mal. Pour réussir, il est indispensable d'étudier la nature et les habitudes des hommes que l'on cherche à attirer au Brésil. Il est nécessaire de leur préparer des voies faciles; il est important qu'ils ne soient point eff^rayés par le contraste de ce qui existe dans leur propre pays; il faut savoir mettre beaucoup de tact dans la marche générale et dans l'application du système adopté , de manière à ce qu'il ait de l'attrait, qu'il soit encourageant pour l'émigrant. Ces principes , qui sont les véritables, se trouvent aussi très-bien assis dans la colonie Vergueiro, et ce sont eux qui la font prospérer. Certes , nous ne saurions refuser d'accorder les meilleures intentions aux fondateurs d'autres colonies; cependant, on les a vu échouer, parce qu'ils ne possédaient point la véritable connaissance ni l'expérience des choses et des hommes.

A la lecture de contrats présentés aux émigrants , bien des personnes se persuadent que la colonisation , qui repose sur ces bases-là, doit prospérer; mais il n'en est pas de même dans l'esprit de gens experts sur le sujet; ceux-ci, en décomposant l'acte et en en pesant les diverses stipulations aux balances du possible, ne tardent point à sentir naitreeneux un doute positif, lorsqu'ils rencontrent de graves chances de non réussite et de non prospérité , chances qui ressorlent des réserves placées dans ces contrats , réserves qui ne frappent pas toujours , cependant qui devraient décourager tout colon attentif qui apercevrait les cas de perturbation, dont son existence peut être menacée, nonobstant toutes les faveurs et toutes les facilités dont on semble l'entourer. En effet, dans les contrats, auxquels nous faisons allusion, les stipula* tions qui concernent les avances du passage, des vivres, des vêtements, des outils, des animaux domestiques, sont bien. De plus, les colons y reçoivent du terrain et une habitation. Ces deux dernières concessions, bien entendu, sous juste redevance d'un reis par brasse carrée (c'est-a-dire de un tiers de centime pour chaque 6 pieds 8 pouces de terrain). En outre, le propriétaire se charge d'abattre à ses frais les bois qui existentsur la moitié du terrain concédé; ceci dans le cours de la première et de la seconde année.

De son côté, le colon s'obUge à rembourser, dans le courant des trois premières années, les avances qui lui ont été faites , lesquelles demeurent hypothéquées non seulement sur les terres, la maison, les plantations, mais encore sont assurées par le futur travail

obligatoire du colon , dans le cas où la rétrocession de la propriété qui lui avait été concédée demeurerait insuffisante , pour couvrir les avances à lui faites.

Cette dernière hypothèse ne saurait paraître probable au colon , lui qui ordinairement ne s'attache qu'au côté séduisant de toute affaire qui reochante. Cependant, comme point d'étude, non comme chose probable , mais comme éventualité possible , suivons l'émigrant dans la position où il va se trouver. Il arrive d'Europe avec sa famille; il vient accomplir le contrat dont nous avons donné l'analyse. Sa première dette, celle pour son passage, etc. , s'élève à enfiron 300,000 reis (environ 938 fr.). La seconde année elle s'élèvera , à cause des avances ée vivres, etc. , à 500,000 reis (environ 1,562 fr.), et la troisième année à au moins 6 ou 800,000 reis (environ 2,500 fr.).

Comme pendant la première année le colon devra racheter le climat, son travail ne sera que peu de chose; c'est tout au plus s'il aura pu achever sa maison , préparer son jardin , faire quelques aménagements, et un abri pour ses animaux domestiques. Il aura eu bien du temps à perdre en tâtonnements et en courses. On lui aura livré du terrain ou la derrubada aura été faite, c'est-à-dire où Ton aura abattu les bois qui y croissaient; maintenant il faudra que, pendant quelques mois, il laisse sécher ce bois avant qu'on puisse l'incendier ; donc aussi , avant qu'on puisse cultiver des provisions sur cette même place , soit pour la famille, soit pour les bestiaux.

Cette première année s'écotile donc presque sans

produite. Mais la seooilde année le colon devra pouvoir récolter ce qui lui est indispensable ; c'est pendant la durée de cette seconde année qu'il travaillera à préparer le terrain propre à être planté de cannes à sucre ou de cafiers , lors de la saison favorable.

À la rigueur le colon pourra , à la fin de la seconde année 9 fiiire une récolte de cannes à sucre; mais si ce sont des cafiers qu'il ait plantés , alors il sera appelé d'en attendre les produits encore trois années. Il résulte de ce qui précède que, durant le premier triennat, le colon n'aura retiré de son terrain que des provisions de ménage, tandis que, pour d'autres choses qui étaient indispensables, il aura dû supporter une dépense régulière. Position difficile , puisqu'au bout de ce terme de rigueur, le colon peut se trouver à la merci du vendeur, à qui , selon sa convenance , demeure incontestablement le droit, pour recouvrer sa créance hypothécaire , de reprendre maison et terrain , et, dans le cas où les deux seraient insuffisants de contraindre le débiteur insolvable à venir travailler en qualité de domestique chez son créancier.

Avec un système semblable , formant la base du contrat, tout créancier peu délicat, ainsi qu'on pourrait en rencontrer, ne saisirait-il point l'occasion de rentrer en possession de terrains prêts à donner des produits? Mais nous admettons, au contraire, que le créancier, étant un homme loyal et délicat, il laissera le colon en possession de tout ce qui lui fut concédé, se bornant en toute justice à charger le compte de son débiteur des intérêts qui lui sont légitimement dûs. Dans ce dernier cas, le colon, quoique traité avec douceur, loin de s'acquitter, voit accroître

sa detle , sans pour cela discontinuer de demeurer soumis à la discrétion de l'ancien propriétaire, et peut-être encore à celle de quelque Fazenda voisine pour des transports ou la préparation de ses produits, circonstances impératives qui le conduiront à n'obtenir qu'un bien maigre résultat de ses travaux. C'est ainsi que le colon végétera au moins cinq ans encore. Ce ne sera donc que la sixième année qu'il comniencera de faire quelques économies , s'il n'est malheureusement pas démoralisé avant cette époque-là.

Empressons-nous donc à reconnaître l'excellence du système qui donne au colon la facilité de gagner son existence dès le lendemain de son arrivée à la Fazenda, et lui fournit les moyens sûrs de s'acquitter dans le cours des trois années suivantes, sans redouter de poursuites, ni d'expropriation.

Ce système n'est-il pas bien préférable à tout autre en apparence infiniment plus séduisant; eh bien! ce meilleur contrat, ce contrat absent de craintes toujours menaçantes, c'est celui Vergueiro, qui laisse au colon toute tranquillité d'esprit, tout repos dans le travail qu'il est appelé de consacrer au sol qu'il cultive.

Cette question étudiée ainsi , simplement et sans prévention, conduit à la solution sans réplique que tout cîolon, privé de ressources actuelles, ne doit souscrire décentrât, quelque séduisant qu'il paraisse, dès qu'il lui ferait courir une chance, lors même que celle-ci ne serait qu'un doute, qu'une crainte de se placer dans une position pire que celle dont il veut sortir , parce qu'avec une chance peu favorable , il pourrait voir une gène plus grande, être la seule

récompense de nobles efforls , de pénibles travaux et du sacritice de plusieurs années précieuses.

Un système de cession de terrains, pourrait offrir des avantages aux propriétaires de vastes domaines, lorsque ceux-ci consentiraient à y admettre des colonies composées d'émigrants associés , qui acquéreraient le sol à demi défriché ou déjà en plein rapport, ayant des habitations suffisantes , propriétés que les nouveaux acquéreurs payeraient avant d'en prendre possession. Dans ce cas il serait en outre indispensable que les propriétaires anciens créassent tous les établissements nécessaires aux diverses exploitations, établissements dans lesquels chaque colon put, contre une redevance modérée, opérer la préparation nécessaire à ses récoltes avant d'être conduites au marché, où elles devraient être vendues. Certes , le propriétaire d'une pareille Fazenda soignerait très-bien ses propres intérêts , s'il établissait de bons moyens de transports pour faciliter l'écoulement de ces produits, dut-il créer des magasins et tenir des agents, pour éviter aux colons le temps perdu , qui pour l'agriculture est un dommage irréparable.

Ceux qui accordent la préférence à ce qui flatte , fixeront leur choix sur le système qui leur confère le titre de propriétaires , n'importe à quelle condition , et ils excluront le système Vergueiro avec lecjuel cependant il leur eût été facile de franchir l'épreuve d'un travail libérateur de dettes, avant d'acquérir ce qu'ils n'ont pu payer. Ce délai est cependant déjà lui-même un bienfait pour les colons Vergueiro , parce que pendant sa durée les habitants d'Ybicaba s'acclimatent, se forment aux usages du Brésil, peu-

vent en apprendre la langue; mais surent, ils s'initient à la bonne culture. Même plus encore , ce.dél^i permet aux colons d'acquérir d'utiles renseigneniei^ts sur les localités , sur le sol 9 sur la manière la plu^ avantageuse de s'y établir, ettous ces avantages existent, sans que ceux qui en jouissent soient assiégés par l'arrière-pensée de se trouver dans un très-prochain avenir hors de possibilité de fairq honneur à des engagements à terme fixe, qui, n'étant point remplis, les mettraient dans le cas de se voir dépouillés en une seule fois du passé et de leurs espérances futures.

En ce qui concerne le propriétaire d'une Fazenda dans laquelle on partage à mi-fruit, on ne saurait douter qu'il s'adonne à la manière la plus avantageuse , comme aussi la plus régulière , surtout la moins surchargée de désagréments, tels que la perception de redevances, quelque faibles qu'elles puissent être.

Une des grandes causes de la défaveur qui régna sur la colonisation au Brésil , jusqu'à l'apparition du système Vergueiro, fut que tous les profits étaient acquis aux propriétaires, tandis que les mauvaises chances étaient la part des colons. Alors un homme juste et humain comprit qu'aucune colonisation ne pouvait devenir ce qu'elle doit être qu'avec la condition que le colon y fût heureux.

Ce système équitable a prévalu. Certainement qu^ quand les émigranls en seront informés, ils viendront jouir au Brésil du bien-être qu'ils seroiit certains d'y trouver.

S'il est urgent pour le Brésil que la colonisation y

prenne un vaste développement, de grandes proportions , il est indispensable aussi que ceux qui doivent baser cette colonisation rencontrent toutes facUités pour parvenir dans cet Empire; qu'ils y trouvent sécurité entière et garanties complètes d'y exister convenablement. Ces bases ne sauraient être assises d'une manière inébranlable que sur une organisation fondée sur la justice, qui les fassent respecter parles propriétaires individuels , comme par les plus puissantes compagnies, en faveur du faible émigrant. Il faut que la Direction administrative^ dont nous avons fréquemment parlé, soit non seulement un foyer de lumières, une arche sainte, mais encore que, forte de ses attributions, elle puisse renverser les obstacles, faciliter partout sa marche, en suivant le flambeau de la prospérité et du bonheur de tous, des colonisations et des colons.

S'il existait des personnes qui pussent imaginer que rEmpire du Brésil , dans sa vaste étendue, avec ses climats variés, avec un sol de natures très-diverses, avec une population des moins homogènes , dût ofl'rir aux colons , généralement sur toute s^ surface , des avantages semblables , des ressources et des facilités égales , notre devoir est de nous empresser de les désabuser, parce que les pays les meilleurs du globe, ceux qui même sont les plus favorisés, renferment aussi des parties moins bien dotées au point de vue agricole, et pour lesquelles, en conséquence, le commerce ou l'industrie se chargent de suppléer à ce qui ne se trouve point en fertilité.

Les grandes populations ont des besoins qui surexcitent les efforis des individus, c'est ainsi que

l'homme parvient à dohner da prix à ce qui ^etiiblàit n'en point avoir. Si donc le Brésil, lui atrssi, atîre deâ ptitg^s plus avantageuses à la colonisation que d^antres, il est de notre devoir, puisque nous écrivons pour le plus grand bien des émigrants et dans ie but d'encourager les colons de choisir le Brésil pour s'y fixer, non seuletoent de leur signaler les contrées qui leur conviennent le mieux, mais encore de leur indiquer le mode préférable de s'y fixer. Nous compléterons , en conséquence , la tâche que nous nous sommes imposée, en ajoutant des renseigiîements succincts sur quelques-unes des provinces où les émigrants devraient songer à s'établir.

Nous citerons celles de Rio Grande do Sul et de Sainte-Catherine, dans lesquelles toutefois le système de colonisation Vergueiro aurait à subir des modifications.

Ces deux provinces possèdent un-climat propice à toutes les cultures européennes et des Etats-Unis. On y trouve de bonnes terres, de vastes pâturages , particulièrement des voies de communication par eau qui sont des plus précieuses pour la facilité de toutes le entreprises , spécialement pour le développement des fabrications, qui , dans ces contrées, pourraient avantageusement rivaliser avec celles de l'étranger. Mais empressons-nous de dire aussi que : la consommation locale , telle qu'elle y existe aujourd'hui , serait tout à fait insuffisante pour la prospérité d'une colonie. Mais si, à cause d'une trop faible population, les besoins quotidiens ne pouvaient absorber l'ensemble des produits destinés à la nourriture, il $erait facile de substituer avec succès , à la culture

de c^ttx-ci 9 celle du chanvre , du Un ^ du coton , de la g^ance , du mûrier^ du pavot , du colza ei d'autres plantes oléagineuses, de l'orge, du gingembre, qui créent l'industrie, et celle-ci arrive à tout le reste.

C'est particulièremenl en vue des établissements industriels , susceptibles de grands développeiBents, que l'association est un levier que Ton ne saurait jamais négliger; c'est encore en morcellant toute œuvre propre à êlre divisée , qu'on parvient à la faire mieux , plus promptementel à meilleur marché^ outre que chacune des parties , ainsi traitée spécialement , n'en est que plus parfaite. Partant de ce principe de fabrication , on est fondé à affirmer que l'écoulement de tout produit est assuré , que ses chances de succès sont plus favorables , si à l'utilité il joint la qualité et des prix réduits.

Ces provinces possédant la matière première, pourquoi ne s'occuperait-elles pas aussi avec ardeur à tisser de la toile et de la soie ; à fabriquer des cordages , des huiles , des peaux tannées et corroyées , des étoffes en laine , des essences , des meubles , etc.

L'élan industriel fait naître le besoin des capitaux ; celui de capacités, pour toute espèce de direction. Cet élan produit le commerce, qui établit la circulation ; il appelle les ouvriers en tous genres, sans oublier les agriculteurs. Tout cet ensemble imprime au pays un grand mouvement.

Ce besoin , si nécessaire à satisfaire , nous conduit naturellement à la pensée, combien il serait précieux pour le Brésil, que ses anciens habitants renonçassent à l'étude exclusive du droit qu'ils poursuivent dans le but unique d'obtenir le titre de docteur, et

en vue d'eniretenir, de perpétuer de ruioeux procès pour les aulres, ou pour briguer des charges publiques pour eux-mêmes. combien ils feraient mieux, pour la prospérité de l'Etat et des particuliers; mieux pour leur fortune personnelle , de vouer leur grande intelligence à l'avancement d'élablissemenls , dont leur patrie manque , et qui en feraient le lustre et la splendeur. Les jeunes Brésiliens ont une grande tâche à remplir; ils l'accompliront noblement sans doute , lorsque , s'en pénétrant, ils en auront bien compris toute la haute importance. Avant peu leurs concours ne faillira point aux associations de colonisation , de commerce, d'industrie en tout genre; d'entreprises de navigation , qui toutes convergent pour la renommée du pays. Qu'ils soient profondément convaincus que tout ce qui tend à aggrandir les arts, les sciences, l'industrie , le commerce etspécialemeniragriculture, ennoblit celui qui y voue ses talents et ses forces , et qu'en particulier, le Brésil a le plus pressant besoin de voir chacune de ces branches porter des fruits abondants^ pour que ce bel Empire atteigne la place que lui a assignée la nature. Une louable émulation semble surgir depuis quelques années; que cet élan de bonne volonté dans la jeunesse, puisse être appuyé par d'excellentes institutions pratiques; surtout qu'il ne soit point paralysé par l'influence délétère d'un ancien ordre d'idées qui , de tout temps , furent subversives , mais qui de nos jours seraient le mortel poison du progrès civilisateur.

La province de Rio- Grande do Sul, réclame d'autant plus vivement l'établissement de colonies indispensables pour elles ^ qu'elle annexe à des con-

Irées qui encore sont qualifiées de sauvages. Il faut donc qu'elle puisse leur opposer avantageusement une population nombreuse et civilisée.

La C/Olonie de Saint-Léopold est déjà moins considérée comme établissement agricole , que comme une colonisation industrielle et commerçante , à cause de sa proximité de Portalègre et de Rio-Grande.

Les provinces qui ne présentent pas de produits identiques à ceux des contrées situées sous les tropiques, ne sauraient appliquer aussi utilement que ces dernières , le système Vergueiro, qui, dans son emploi, réclame moins que les provinces à cultures européennes, le concours d'hommes intelligents et l^yossédant quelques moyens financiers. Donc, pour l'exploitation des provinces situées plus au sud, il est indispensable que les colons soient de bons agriculteurs, et qu'ils disposent de quelques avances qu'ils emploieront utilement à se placer dans les localités où il existe déjà du commerce, de l'industrie , enfin des communications par terre et par eau.

La province de Sainte-Catherine , si propre pour la colonisation n'en a en quelque sorte , pas encore vu réussir; cette position pourra se prolonger aussi longtemps que les colonies qu'on voudra y asseoir, ne seront point basées sur un système qui soit en harmonie avec la localité. Les contrats à long terme, dont les conditions surabondent, et qui toutes convergent vers le seul intérêt des entrepreneurs , demeurent autant de motifs propres à annuler les conventions, qui deviennent ainsi inexécutables. Tout vice radical conduit au néant, avant même d'avoir donné une vie réelle. Or, le principe vital réside dans des conventions loyales et de facile exécution.

Tous les propriétaires qui peuveril imaginer que la prospérité individuelle du colon , ne soit pas la base la plus solide d'une colonie, n'entendent rien à leurs propres et véritables intérêts, et se trompent grandement; aussi peut-on leur prédire qu'ils n'obtiendront jamais de résultats satisfaisants.

Demandez aussi aux personnes expérimentées dans ces matières, si des Chambres législatives, même les mieux composées , se trouvent placées de manière à pouvoir discuter les détails d'une colonisation située dans des contrées dont elles ne connaissent à fond , ni les produits, ni les ressources , ni le climat, ni les besoins, et qui, sur des données peut-être les plus incertaines , sur des prévisions peut-être les motns bien assises, s'occupent de voter des villes, des forts, des douanes, avant même que les arbres et les forêts de ces contrées éloignées, aient été retnplacés par une population humaine.

Les essais tentés a Sainte-Catherine prouvent toujours davantage qu'on ne saurait attendre de résultats fructueux de colons isolés , pilacés dans des forêts vierges , et qui se trouvent éloignés de toute eamnnuiiication. Donc c'est au Gouvernement du Brésil seul, et par délégation , à sa Direction administrative , qu'il appartient, lorsque des concessions de terre doivent avoir lieu, d'apprécier le mérite du système de colonisation que l'on se propose d'y introduire ; de JBger sainement le traitement que l'on prépare aux colons, les conditions réciproques que propriétaire et émigrants auront à remplir, enfin , de prendre une connaissance exacte de la marche tracée pour le futur établissement. Avec de semblables précautions, le

GouverneineDt Impérial pourra connailre , à la suite des expériences iailes, quels sont les systèmes qui donnent les résultats les plus favorables y quelles sont les colonies en bonne voie, celles qui méritent de nouvelles concessions de terrain , si elles viennent à en formuler la demande.

La province de Rio-de-Janeiro , puis une portion de celles de Hinas et de Saint-Paul , où se cultivent le sucre et le café , sont véritablement dans les meilleures conditions pour admettre en grand , le système Vergueiro, comme principe et base de colonisation. En émettant une opinion semblable, nous n'avons point la prétention de soutenir que cet excellent système n ait pas quelque partie faible. Il pourra, peut-être, selon les localitjés, les populations, les temps , selon des variations dans l'industrie, dans la marche du commerce ou des événements , subir des modifications tendant à le rendre toujours meilleur, toujours plus propre à l'intérêt du Brésil et à celui des colons.

On peut également prévoir aussi que tous les cotons ne s'adonneront pas exclusivement à la culture du café et du sucre. Quand, acclimatés au pays, ils en auront étiidié les productions, et s'ils possèdent des valeurs suffisantes, il est probable qu'eu acquérant des propriétés ils les exploiteront eux-mêmes en s'adonnant aux cultures qui répondront le mieux à leur,s conveînances , c'est-à-dire , dont ils espéreront de meilleurs résultais. A côté de cette agriculture, peutrôtre encore exerceront-ils une industrie plus ou moinS'développée.

Une grande route à voitures est créée dfins la

province de Saint-Paul, et, comme elle devra parcourir une étendue de cent lieues , il est à présumer que cette route fera surgir de notables changements, en attirant une nombreuse population , particulièrement composée de personnes pour lesquelles une communication très-fréquentée est un besoin impératif, et surtout dans cette province ofi la partie véritablement agricole se trouve éloignée de 20 , 30 et 40 lieues de la côte. Toutes les contrées privées de communications par eau, réclament comme chose de première nécessité , qu'on établisse des routes pour tous leurs transports, lors même que ce ne sérail que pour celui seul de divers bois précieux que , faute de pouvoir changer de place, on réduit en cendres, lorsqu'on travaille à des défrichements, ce qui est infiniment regrettable.

Nous redirons encore ici combien une bonne culture du thé, accompagnée d'une préparation supérieure de ses feuilles, serait chose désirable et lucrative. Des prairies, faciles à établir , nourriraient des troupeaux dont le lait et le beurre frais trouveraient un si bon écoulement à Rio-de-Janeiro , où Ton est friand de ces produits-là. Ces provinces possèdent, en outre, de nombreux cours d'eau, très-précieux comme moteurs dans l'industrie ; puis des mines de fer abondantes , tellement indispensables pour les rails , un sol propre à la fabrication de la fayence et du verre; enfin à toutes les productions de la culture européenne.

Les colonies , dans les provinces du nord du Brésil , n'auront de chances de succès, qu'autant, qu'à leur début, elles seront assises près des côtés de la

mer, dans le voisinage des principales villes des provinces , et même qu'elles seront composées d'autant de colons que possible. À cette partie de l'Empire , les habitants sont plutôt hostiles aux étrangers, outre qu'il y règne une regrettable démoralisation. En pénétrant dans l'intérieur, on ne tarde pas à se convaincre que la protection de la loi y est à peu près nulle ; en sorte que les colons , qui veulent y être en sécurité , doivent se grouper en nombre suffisant pour atteindre ce but, il est indispensable que les colons lorsqu'ils s'éloignent des côtes, n'avancent que pas à pas, habituant ainsi les indigènes à l'aspect de travaux réguliers, il faut surtout que la douceur et la fermeté des colons captive ^un bienveillant respect en leur faveur. Ce que nous venons dédire est si fondé, que déjà l'expérience a prouvé que les Indiens , si enclins à de cruelles représailles , lorsqu'on les provoque , sont susceptibles d'un retour de bonne volonté, de secours et même de travail, si on use de justice et de bons procédés envers eux. Aussi (en excluant toutes mauvaises chances) rencontre-l-on des européens qui accepteraient bien plus volontiers un seniblable voisinage d'Indiens, que celui des gens ne possédant que les vices de la civilisation.

Donc , encore ici , comme toujours et partout , estil de la plus haute importance, que ces colonies soient dirigées par des hommes prudents et consciencieux , connaissant à fond les circonstances , les habitudes et les usages de la province où se trouve l'établissement; qui prévoient ce qui pourrait l'entraver 6ti y jeter de la perturbation ; qui sachent le garantir

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de toute atteinte hosiiJe et , loin de là y lui assurer le concours des bonnes dispositions de chacun.

Nous nous sommes imposé le devoir sévère d*ex<poser, comme nous venons de le faire , la véritable position des choses, de manière à ce que nul n'ait à se plaindre de n'avoir pas été exactement éclairé sur les résolutions qu'il serait appelé à preodre. Si , au Brésil , dans les provinces du nord , les colons ont quelque chose à redouter de la jalousie ou de la rancune des indigènes , ceux qui habitent près des frontièœs du sud ne sont point non plus à l'abri des inconvénients nés du voisinage des républiques orientale et argentine.

Au nord, la colonie de Caravellas, dans la province de Bahia , pourrait déjà servir d'appui à de nouveaux établissements. Cette colonie de Caravellas, malgré de difficiles épreuves , s'est très-bien soutenue , grâce à l'énergie de ses colons, Suisses pour le plus grand nombre. Si une population d'émigranis, un peu nombreuse, venait s'établir sur les bords dn Mucury, on pourrait espérer que l'entreprise de MM. Ottoni, lendant à établir par eau une communication depuis le province de Minas , jusqu'à la mer, se réaliserait au grand avantage de tous. Nul doute, ensuite, que si les planteurs de Caravellas adoptaient le système Vergueiro, ils n'en obtinssent les plus heureux résultats, surtout s'ils employaient, au défrichement de8 4erre8 incultes, les nègres qu'ils possèdent encore , de manière à préparer ainsi les voies aux «ouveaux colons qu'on y appellerait.

Il est à présumer que la province du Paraissedura plus promptement àes colonies -tfiie ioelles du

centre , non-seulement h cause de ses prodoits ^ mais plus particulièrement en raison des nombreux cours d'eau qui l'arrosent. Le fleuve des Amazones lui assurera toujours un rôle supérieur à jouer , ajoutons que le caractère des habitants de cette province , sympathise mieux aussi avec celui des européens.

Avant de nous occuper de ce que le colon cultivera au Brésil, avant même de prononcer dans quelle province il pourra y fixer un jour son domicile , la question qui domine les antres est d'y arriver. Or , cette question , si naturelle et si simple en apparence, a déjà été aborbée par d'habiles gens , et controversée par des personnes experles. En sorte que n'étant pas encore tranchée sans appel, elle continue à demeurer dans son entier.

L'opinion qui soutient que la colonisation ne sau^ rait avoir de développement satisfaisant, tant que le passage gratis ne sera pas assuré aux émigrants, semble celle partagée du plus grand nombre.

Ici , toutefois , s'élève une que&tion préjudicielle , qu'il importe de vider avant d'aborder la principale. Il est utile , disons-nous , de savoir : si l'émigration au Brésil a été délaissée par les Européens, parce qu'on ne leur donnait pas le passage gratis?

Nous ne saurions , en ce qui nous concerne , admettre que l'absence du passage gratis ait été un motif déterminant pour empêcher les émigrants de se rendre au Brésil ; en sorte que nous nous croyons fondé de penser, avec beaucoup degeusi, que les frais du passage, qui sont sans doute un grand obstacle pour tous ceux qui ne possèdent qu'une grosse famille, ne les auraient cependant pas retenus, s'ils

ei;ssent trouvé la facilité qu'on leur eu fit l'avance , de telle manière que la dette qui en résulterait pour eux ne devint pas trop lourde , ce qui aurait pu avoir lieu si on l'eût exemptée d'intérêts pendant un temps saftisant, mais fixé, pour le remboursement de cette avance.

On peut donc présumer que tous ceux qui seraient en position de supporter les frais de passage , lorsqu'ils émigrent, s'ils s'abstiennent de venir au Brésil, c'est que leurs motifs d'abstention sont autres que la dépense de la traversée , mais qu'ils reposent sur les préventions qu'ils nourrissent , ou sur l'ignorance ou ils sont des précieux avantages qu'ils pourraient rencontrer au Brésil , avantages que cette notice est particulièrement destinée à porter à leur connaissance. Ceci dit, et convaincu comme nous le sommes^ que, dans le plus grand nombre des cas , le passage gratis conduirait à des frais qui demeureraient une perte sans compensation, nous pensons quel'Ëtat, ou les Compagnies, feraient un emploi plus judicieux et surtout beaucoup plus profitable de leur argent , lorsqu'ils l'emploieraient au fret de bons navires, destinés à un service régulier , bien ordonné , à bord desquels les émigrants trouveraient, au prix le plus réduit, une nourriture simple, bonne , abondante ; du lait pour les petits enfants et des médicaments pour le besoin.

Ce prix sufiisant, quoique très-modéré, des aliments consommés par l'émigrant et les siens, serait la seule dépense qu'aurait à payer le passager, parce qu'on n'exigerait rien autre pour sa traversée ni pour celle de sa famille et de ses effets. Cette faveur serait

suffisaDie pour fixer son aileniion, pour décider le choix qu'il accorderait au Brésil.

Tout sacrifice poussé au-delà , en vue d'attirer les émigranls, |K>urrait marcher en sens contraire et jeter dans leur esprit des doutes défavorables sur ce qui les attendrait dans un pays^ faisant tant de dépenses pour les attirer, sacrifices qu'il se réserverait peut-être de leur faire payer bien chèrement plus tard. Une fois dans cette pensée, qui sait si , avec d'absurdes craintes , les émigrants n'iraient pas jusqu'à imaginer qu'on exigerait d'eux un travail extra forcé , celui d'esclaves.

Rien que ce doute fera toujours que l'européen donnera la préférence à une dette d'argent, à l'exclusion d'une dette morale qui compromettrait sa liberté, et justifierait l'accusation, fondée ou non , que le propriétaire abuse de sa position vis-à-vis du colon , son débiteur de reconnaissance. Toute colonie en proie à de semblables accusations , ou à des soupçons pareils, verrait son avenir perdu sans ressource.

Que le Brésilien d'aujourd'hui veuille, avec bonne foi , jeter un regard rétrospectif sur le passé , et il conviendra de tout ce que le présent doit faire oublier, doit racheter auprès du colon actuel, qui regarde bien moins aux frais de traversée qu'à l'existence qui l'attend au Brésil. L'émigrant européen doit donc fuir soigneusement l'attache de toute obligation contractée vis-à-vis de propriétaires , trop habitués à la marche qu'ils tinrent et qu'ils tiennent encore avec une autre race d'hommes.

C'est donc dans l'intérêt des Européens et tout à

fait en leur faveur que, pour noire pari ^ bous repoussons fermement ie passage entîèœment gratis qu'on pourrait vouloir accorder aux émigrants. Notre franchise en cet endroit prouve encore ici comme ai lïeors, dans cette publication , combien nous cherchons à faire profiter ceux qui quittent TEiTrope de toutes les lumières que nous possédons sur le Brésit.

Si , ainsi que cela demeure clairement démontré , le Brésil ne peut faire de grands pas vers sa prospérité , qu'en donnant un large développement à la culture de son sol , et que pour atteindre ce but une vaste colonisation soit le moyen le plus propice et le plus efficace 5 il est alors indispensable que le Gouvernement brésilien^ en étudiant la situation, mette en jeu tous les secours en son pouvoir^ pour faciliter, pour consolider la colonisation. Les sacrifices qu'elle pourrait s'imposer dans ce but seraient parfaitement justifiés ; mais^ loin de là , ce ne seront point des sacrifices réels, mais de simples efforts , bien faibles, si on les compare aux résultats à obtenir. Qu'est-ce que peut être le fret de quelques navires? L'Etat aura fait l'office d'armateur; quant aux émigrants, ils payeront leurs aliments; ce sera la Compagnie avec laquelle ils auront contracté qui en fera les avances. Cet arrangement satisferait équitablement tous les intérêts et ne froisserait personne. La participation du Gouvernement brésilien serait bien légère , tout en lui demeurant des plus profitables. L'émigrant, parti sans engagement, pourrait choisir une occupation à son entière convenance , ou bien il accomplirait le contrat qu'il aurait signé avec une Compagnie avant son départ; elle, à son arrivée, pourvoirait

rail au nécessaire, de telle manière qu'au débarquemen l de l'émigrant il fût délivré de toute hésitation, de toute inquiétude, ittôsures essentielles pour le soustraire par là à ce qui , de près ou de loin , pourrait «voir pour lui k plus iëgève apparence que Ton trafique de sa personne.

Un second point, non moins essentiel pour le succès de la colonisation , comme pour la satisfaction des émîgranis, est qn'aa débarquement de ces derniers ild soient aussi peu disséminés que {)08sible ; qu'au contraire, on cherche à maintenir, k fortifier les liaisons qui peuvent avoir été ébauchées penilant la traversée.; ces relations deviendront le nœod de bons noyaux de cultivateurs, noyaux qui , en se imillipliant, créent peu à peu un centre on pôle attractif où arrivent s'agglomérer d'autres émigrants plus forts en moyens^ peut-être ffième avec des capitaux aidant la fructification, créant donc la prospérité du pays.

Un autre moyen propre à encgoragêr le colon à un ti^vail régulier et soutenu , serait la promesse qui lui serait laite qu'au terme révolu d'un certain nombre d'années^ cinq ou huit par exemple, son zèle et ses efforts seraient récompensés par le propriétaire , ou parla colonie, où il aurait passé^ce temps, parle don d'un lot de bon terrain , d'une étendue connue , dès l'arrivée de l'émigrant à la Fazenda«

Qu'à son débarquement au Brésil , un émigrant se place dans une colonie, dans une Fazeuda, ou qu'immédiatement il devienne propriétaire d'un terrain qu'il aura acquis, il ne saurait ôti^ qu'avantageux pour lui d'avoir une notion des diverses cultures en usage au Brésil; nous allons les passer en revue :

LE CAFIËR.

Cet arbrisseau est ordinairement planté dans les terrains rapprochés des montagnes ou des collines. La nature des arbres qui y croissent naturellement suffit pour faire connaître si le sol est favorable à la culture du cafier. Ce dernier ne prospère guère dan? la plaine , où il pourrait souffrir de la gelée. Les versants du côté du sud ne lui conviennent non pins.

Le cafier se plante par bouture, il vient aussi de graine; cette dernière méthode recule d'une année le produit; elle est cependant préférable, parce que la plante en est plus vigoureuse. Chaque pit^d de cafier doit être éloigné d'une brasse de ses voisins; la plantation s'en fait en hiver. Ce n'est qu'à la troisième ou quatrième année qu'il commence à donner du fruit; parvenu à l'âge de six ans, il est alors dans toute sa force. La durée de ^on existence et particulièrement celle de sa production dépend d'abord du terrain où il se trouve , ensuite des soins qu'on lui donne. Dans un sol excellent, des cafiers de trente ans ofi^rent encore des récoltes passables; tandis que dans les terrains médiocres, ils cessent de produire lorsqu'ils ont atteint l'âge de 15 à 20 ans; mais ils s'arrêtent à 10 ou 12 ans lorsque le sol est mauvais.

Il est nécessaire de délivrer cet arbre de ses branches sèches. On peut lui redonner de la vigueur en l'émondant à une certaine hauteur du sol; alors il repousse des branches nouvelles.

It est facHe de gagner du temps en créant une pé^ pinière, dans laquelle les jeunes plantes poussent pendant qu'on défriche remplacement , où elles de-^ vront être transplantées. Il est urgent de nettoyer annuellement deux ou trois fois le terrain où croissent les cafiers ; d'abord avant la floraison , ensuite après les pluies, enfin avant la récolte. Ce qu'on a extirpé au pied du cafier devient pour lui un utile engrais.

Les cultures qu'on établit entre les jeunes cafiers et jusqu'à ce qu'ils aient atteint 4 ou 5 ans leur sont très-avantageuses. Lorsque le cafier a atteint sa cinquième année, il faut cesser ces cultures; dès ce moment, le terrain doit être entretenu parfaitement net.

Los cafiers sont plantés en quinconce. On a soin de donner de l'élévation an sol opposé à la colline , ou à la montagne , afin que le terrain , entraîné par les pluies , rencontre un obstacle au pied de chaque cafier.

La récolte des cafiers a généralement lieu en jnin ; elle dure jusqu'en septembre ; au reste , ceci dépend du climat et des moments où le fruit est rouge. Comme tous les grains ne sont pas mars au même instant, il est nécessaire de visiter plusieurs fois les cafiers. Cependant il est utile d'activer et de ne pas s'attacher trop à quelques grains arriérés , qui se rencontreront sur l'arbre ou môme à terre. Il y a un véritable profit pour le colon à en accélérer la culture. Les branches du cafier, parlant dès sa base , les femmes et les enfants peuvent les atteindre très-facilement.

Api'ès la récolte, le café est séché, puis concassé de diverses manières, suivant les localités, etconfor-

mément aux moyens ou aux usages adoptés par les planteurs. L'essentiel est qu'il soit bien sec et que Texpédilion n'en soit pas faite s'il est humide, parce qu'alors il devient blanc, prend un mauvais goût et perd au moins un tiers de sa valeur.

Lorsque le café est bien préparé , on le met dans des sacs qui contiennent quatre arobes , et sont ti^nsportés à dos de mulet au port d'embarquement, où la vente s'en opère ordinairement.

Jusqu'à ce jour, le terrain qui se trouve entre les cafiers n'est guère bien nettoyé, parce qu'il y existe encore beaucoup de racines, et môme souvent des troncs qui ne pourrissent qu'à la longue.. On peut prévoir que quelque colon intelligent , imaginera un instrument propre à débarrasser facilement le sol de ces divers obstacles.

Un extirpa teur, d'un usage facile, et qui éviterait le long et pénible travail fait à la pioche , serait un outil précieux pour rendre net l'espace qui se trouve au milieu d'un très-grand nombre de cafiers.

Lorsque l'enveloppe du café a fermenté , elle peut être distillée et donner une espèce d'eau-de-vie. Ceux qui n'en tirent pas ce parti , s'en servent simplement pour engrais. La culture des cafiers ne s'étend pas au-delà du 26^ degré sud.

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