LE THÉ
La culture du thé avait fait des progrès au Brésil , où en effet elle offrait plus d'avantages que celle du cafier et de la canne à sucre , parce que tous les 1er-
rains lui sont propres ; cette plante prospère même dans des terres épuisées , sur les montagnes y même dans d'antres lieux , où rien d'autre ne végète facilement; elle est en ceci très-différenle du cafier, qui exige un sol neuf et dont l'exploitation ne laisse après elle qu'un terroir appauvri , auquel il faudra que tout le génie de l'homme vienne en aide , s'il veut lui rendre les sels nécessaires à d'autres cultures.
Une préparation parfaite du thé exigeant des soins particuliers, et les Brésiliens n'ayant que peu de dispositions à l'activité, cette branche d'industrie^ loin de faire des progrès, s'est sensiblement altérée, au point que le thé qui se vendait de 12 à 1,500 reis (environ de 3 fr. 50 c.à 4fr.40c.) la livre, est tombé au-dessous de 500 reis (environ 1 fr. 46 c).
Cependant en le plaçant encore à 400 reis (environ 1 fr. 20 c), ce prix représente plus du double de ce qu'il a coûté à produire. Les plantations de thé s'opèrent avec de la semence, en creusant le terrain à deux palmes et demie de distance , après qu'il a été convenablement préparé. Agé de trois ans, l'arbuste est suffisamment grand et fort pour pouvoir cueillir celles de ses feuilles qui sont propres à la préparation du thé. Elle consiste à sécher ces feuilles, à les rouler, à les torréfier, puis on les dépose dans des boites de fer blanc. On ne doit livrer le thé à la consommation, que deux ans après qu'il a été recueilli. Non-seulement le thé finit de sécher complètement pendant cet espace de temps, mais il perd aussi l'acrelé et le goût très-amer qu'il a lorsqu'il est frais. On en diminue beaucoup le prix en le vendant trop prompleraent. Les thés bien préparés, etsuffisam-
ment âgés , n'ont point cessé d'obtenir et de la demande et de bons prix.
La culture, la récolte et la préparation diitbé ne présentent rien de fatigant, en sorte que £emnf)as et enfants peuvent y être employés. La possession /d'an Taste terrain n'est non plus nécessaire pour cette ocdture.
L'arbre à thé végète plusieurs années, etfdosîeurs récoltes de feuilles se font dans le cours de chacune d'elles. Le thé du Brésil , bien préparé , peut facilement rivaliser avec celui de la Chine. Nul doute qne le colon qui introduirait cette culture à côté de celles auxquelles il consacre ses soins , n'eût à la fois et une plantation précieuse et d'importants revenus.
Si les produits du Brésil n'ont pas obtenu, en Europe, toute la faveur qu'ils méritent; si les colons ont mis peu d'empressement à venir s'établir sur oe sol béni , c'est au Portugal , c'est à sa position embarrassée, qu'en git la principale cause; aussi le Brésil sera-t-il appelé à des efforts et à des sacrifices pour rentrer dans une position normale.