‹ Le Brésil en 1889Chapitre 103 sur 147 · Numéro de février · texte numérisé non relu

Numéro de février

de-Janeiro, don! les terres appartiennent à de grands propriétaires '■! qui pourrail établir facilement des colonies aux abords de ses nombreuses voies ferrées, n'ait jusqu'ici rien entrepris en ce genre '. » Cependant, depuis quelque temps, on y fail de louables efforts pour suivre l'exemple des provinces voisines.

Les colonies de San-Paulo prospèrent presque toutes. Les Italiens qui les peuplent écrivenl dansleur pays, et chaque bateau

qui arrive à Santos amène un nouveau renfort de c patriotes

(|iii, sollicités par leurs parents, viennent les rejoindre au Brésil. Comme spécimen de la situation de ces colons nous transcrivons les paroles d'un savant français, le Dr Couty, qui a visité un grand nombre de ces colonies; en parlant de l'une d'elles il dil : « Je n'oublierai jamais l'accueil de ces braves travailleurs italiens. Voyant arriver le propriétaire et quelques visiteurs, ils s'empressèrent de nous offrir l'entrée de leurs maisons, et aussi les diverses douceurs, eau-de-vie, liqueurs de leur composition, fromage et fruits secs qu'ils pouvaient posséder. Je me croyais presque chez ces paysans limousins dont je descends et que j'aime : c'était la même hospitalité naïve, Je même orgueil, le même amour du chez soi ; c'était aussi le même confortable, avec le sens restreint que, dans ce milieu, comporte le mot. Du lard, des saucissons étaient pendus aux solives du plafond ; des quantités de légumes et de fruits secs divers étaient en réserve dans une des pièces de la maison ; on trouvait de petites plantations dans le jardin, des poules et des porcs derrière l'habitation ; la modeste commode contenait du linge, et supportait une vaisselle de faïence suffisante ; des lits qui paraissaient larges et bien garnis s'étalaient dans les coins des deux salles, et ces hommes et ces femmes qui venaient de la roça carper le café étaient cependant propres dans leur mise; ils portaient à leurs pieds des souliers, et ils avaient dans leur tiroir ou dans la caisse de leur maître des économies2. »

En 1884, époque où le prix du café était très lias sur les marchés étrangers, ce qui diminuait les profits des colons, car les propriétaires réduisaient naturellement les salaires, M. Couty estimait que l'épargne moyenne annuelle d'une famille de colons cultivant le café était d'environ 1,000 fr. ce qui faisait, pour les cinq mille familles établies alors à San-Paulo dans ces conditions,

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