Ibid. Chap. XII
.'3. Ibid. Chap. XVI.
nous l'usines tous esbahis que les femmes de leur costé leur respondans el avec une voix tremblante, réitérans ceste mesme interjection h<\ he, h<\ ke l
Lery ajoute encore :
u Or ces cérémonies ayans ainsi duré près do deux heures, ces cinq ou six cens hommes sauvages ne cessans tousiours de danser et chanter, il y eut une telle mélodie, qu'attendu qu'ils ne sçavent que c'est de musique, ceux qui ne les ont ouys ne croirôyent iamais qu'ils s'accordassent si bien. Et de faict, au lieu que du commencement de ce sabbat (estant comme j'ay dit en la maison des femmes), j'avois eu quelque crainte, j'eus lors en récompense une telle ioie, que non seulement ouyans les accords si bien mesurez d'une telle multitude, et surtout pour la cadence et le refrein de la balade, à chascun couplet tous en traisnant leurs voix, disans :
He he bë he he he he he be he,
j'en demeuray tout ravi : mais aussy toutes les fois qu'il m'en ressouvient, le cœur m'en tressaillant, il me semble que je les ave encore aux oreilles. Quand ils voulurent finir, frappans du pied droit contre terre plus fort qu'auparavant, après que chacun eut craché devant soi, tous, unanimement, d'une voix rauque , prononcèrent deux ou trois,
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He be hua he bua he hua hua he hua
et ainsi cessèrent2. »
Ces fragments de mélodies rudimentaires sont peut-être les seuls qui ne soient pas perdus de ce qu'à peine on pourrait appeler la musique indienne, il y a trois cents ans. La musique populaire du Brésil dans laquelle ont concouru l'élément portugais, l'élément indien et l'élément africain, ainsi que la musique des indiens
i. Ibid. Chap. XVI.