Voy. Congrès des Américanistes, à Nancy
3. Les portugais excellent surtout dans un genre de chant qu'ils appellent modinhas. C'est une espèce de chanson qui a un caractère particulier par lequel elle se distingue des chansons populaires de tous les autres pays. Ces modinhas et surtout celles nommées brésiliennes, sont remplies de mélodie et de sentiment, et quand elles sont bien chantées elles pénétrent jusqu'à l'âme de celui qui eu peut comprendre le sens. Les plus jolies et les plus renommées sont celles de Coelho, Pires, Ayres, Antonio Joaquim, Nunes, José Edolo, en Portugal, et Leal, Dona Marianna, Joaquim Manoel et le père Toiles au Brésil. — Balbi. Essai statistique su?* le royaumede Portugal, vol. 11. page CCXI1I.
i. l'.-.l. de Santa-Anna Néry, Folk-Lore Brésilien^0 1889, Paris, chez Pcrrin.
li. M. Sylvio-Romero a lait un très remarquable travail sur les contes et les chansons populaires au Brésil, en réunissant les recherches de ses devanciers qu'il a soumis à une critique éclairée et fait valoir à côté de ses propres travaux plus étend us.
ont attiré rattention dos artistes, et reminent critique musical, M.J.Weber, s'é tant déjà occupé de mélodies chinoises, écossaises et indiennes, où le demi ton manque, s'est intéressé aussi à un chant indien inédit, publié par M. de Santa-Anna Néry, n'ayant que la tonique et la note sensible et formant cependant, à l'aide du rythme, une phrase mélodique bien accusée.
La mélodie a quatre mesures : elle est bien rythmée, mais ne comprend que quatre notes : ut et si et leur octave. Quant à la modinha, M. de S. -A. Néry en cite une, en mineur, d'une teinte mélancolique que M. Weber croit n'être pas une création populaire. Il en aurait dit autant des numéros 1, 3, 5 et 7 du recueil de Martius1. Gomme un autre type de modinha un peu éloigné du genre sentimental on pourrait citer la modinha en majeur, et à l'allure gaie : Balaio, meu boni balaio !
Dans cette mélodie on remarque le goût des syncopes, qu'on trouve souvent dans plusieurs autres chansons brésiliennes.
En général, observe M. Weber, la construction rythmique et tonale est fort régulière. Il y a la chanson populaire en fa majeur, comprenant l'intervalle d'une sixte comme Piroleta, et des berceuses comme Tana, Tana où la mélodie reste dans l'étendue d'une quinte le ton étant celui de fa dièze mineur sans note sensible, se terminant sur la dominante.
Les instruments de musique indienne sont à percussion sur du bois; les trompes et les flûtes seules sont des instruments mélodiques. Ceux qui accompagnent les danses fandango, sapateado, lundû et les chansons populaires des maîtres brésiliens, sont tantôt la guitare, tantôt la viola (guitare un peu plus petite et ayant des cordes métalliques) ou le cavaquinho (guitare minuscule à quatre cordes).
Ce que nous savons des mœurs et de la culture des anciens colons portugais ainsi que des métis, ne nous permet pas de croire que leur musique fut intéressante. Le voyageur français, François Pyrard, qui visita Bahia en 1610, racontant l'existence d'un des grands seigneurs du pays dit, qu'il avait à sa suite un français qui « estoit musicien et joueur d'instruments, et ce seigneur