CHAPITRE XIX
Par MM. de SANTA-ANNA NERY, le Baron de SABOIA, L. CRULS et le Contre- Amiral Baron de TEFFÉ.
Au Brésil, renseignement primaire est du ressort de la province et des municipalités, excepté dans le « Municipe Neutre » où il est du ressort du ministère de Fempire. L'enseignement secondaire relève des gouvernements provinciaux, mais l'État entretient deux établissements secondaires dans deux provinces ; et, à Rio-de-Janeiro, cet enseignement, de même que l'instruction primaire, relève de lui. Seul l'enseignement supérieur constitue en fait un monopole de l'État, qui distribue les grades et dispose d'établissements spéciaux où cet enseignement est donné.
Nos municipalités et surtout nos provinces sont libres dans le choix du personnel enseignant, dans la fixation des programmes, dans l'adoption des méthodes et dans la création des écoles. L'État ne leur impose aucune contrainte administrative, aucun droit d'inspection. Les examens qu'il fait subir aux candidats de toute provenance qui veulent prendre des inscriptions dans les établissements d'enseignement supérieur sont le seul moyen qu'il se soit réservé pour peser sur le programme de l'instruction primaire et secondaire.
L'enseignement primaire est gratuit partout, en vertu de l'article 170, paragraphes 32 et 33 du titre VIII de la Constitution brésilienne du 25 mars 182-4, et Y Acte additionnel du 12 août 1834
a déclaré ■■ qu'il appartient aux Assemblées provinciales de légiférer sut' l'instruction publique el sur les établissements aptes à la distribuer », exception faite des établissements d'instruction
supérieure alors existants ainsi que de Ions autres qui seraient créés dans l'avenir par une loi générale de l'Etat.
L'enseignement primaire est obligatoire dans certaines provinces ; il en est, d'autres où il demeure facultatif.
Quant à la laïcité, ce mot n'est pas encore entré dans notre vocabulaire pédagogique. L'instruction religieuse est donnée dans presque tous nos établissements scolaires, et, le plus souvent, par des laïques, sans qu'il en soit résulté jusqu'ici de graves inconvénients.
11 est fort difficile «le suivre l'évolution accomplie dans l'enseignement primaire au Brésil, car, pour le faire d'une manière complète, il faudrait posséder toutes les lois, tous les règlements, tous les budgets, et la liste de toutes les fondations des vingl provinces de l'empire, maîtresses de leur organisation scolaire : il faudrait, en outre, y ajouter toutes les données - • rapportant au « Municipe Neutre », formé par la capitale <\r l'empire, car, dans cette fraction nationale qui se résume en la ville de Kio-de- Janeiro et sa banlieue, renseignement public, même primaire et secondaire, est abandonné à l'État et se trouva annexé au département du ministre de l'empire, lequel a dans ses attributions l'intérieur, le culte et l'instruction publique. Néanmoins, nous croyons qu'il est possible de se rapprocher de la vérité, en puisant dans les « Rapports des ministres de l'empire », dans les « Rapports des présidents de provinces » et dans l'Almanach de Laemmert, paraissant à Rio-de-Janeiro.
D'après ces sources, il y avait, en 1869, dans tout l'empire, à peine 3.516 écoles primaires publiques, fréquentées par 115.735 élèves des deux sexes, soit une école par 2.394 habitants libres, sur une population de 8.419.672 habitants selon le recensement de 1872. Ce môme recensement ayant constaté que 1.902.424 habitants libres avaient l'âge scolaire, qui va de six ans à quinze ans, il en résulte qu'en 1809 le Brésil possédait une école pour 5 il enfants.
Cinq ans après, en 1876, on comptait déjà dans tout l'empire presque 6.000 écoles primaires publiques, fréquentées par près de 200.000 élèves «les deux sexes, soit une école pour 1.250 habitants libres ou une école pour 31i habitants libres ayant l'âge scolaire.
Cinq ans après, en 1882, le ministre de l'empire, M. Leâo Velloso, calculail qu'il y avail dans tout l'empire 6.350 écoles primaires, fréquentées par plus de "21)0.000 élèves. D'après son rapport, le nombre des élevés avait augmenté de 27.632 et le nombre des écoles, de s:>l, depuis 1882.
Présentement, le nombre des écoles primaires, tant publiques que privées, dans tout l'empire, ne doit pas être inférieur à 7.500, et le nombre des élèves ne doit pas être loin de 300.000. Notre calcul repose sur les données que nous possédons au sujet de quelques provinces. A San-Paulo, où, d'après M. le conseiller Leào Velloso, il y avait 774 écoles primaires en 1882, il y en avait 1.034, soit 260 de plus, en 1886, d'après la statistique officielle de la province, qui, d'ailleurs, ne mentionne pas les écoles primaires privées ; le nombre des élèves y était monté, en même temps, de 14.186 à 15.689, soit 1.503 de plus. Dans la province de l'Amazonas, où le rapport ministériel signalait en 1882 à peine 86 écoles avec 2.350 élèves, le président Jansen Ferreira citait en 1884, 90 écoles primaires publiques (sans parler des écoles privées) avec 3.154 élèves, soit, en deux ans, une augmentation de 4 écoles et de 804 élèves.
L'enseignement secondaire est régi par les mêmes lois que l'enseignement primaire, quant au principe de décentralisation. Il en diffère en ce qu'il n'est pas gratuit forcément. L'État n'intervient dans sa réglementation que pour déterminer les matières exigibles pour les inscriptions aux cours supérieurs, dont il détient de fait le monopole. Cependant, par une exception bizarre, l'État entretient 2 établissements d'instruction secondaire dans 2 provinces : ce sont les cours préparatoires annexés aux facultés de droit de San-Paulo et de Récife. En 1887, les cours préparatoires de San-Paulo ont été fréquentés par 301 élèves, et ceux de Récife par 235.
A part ces deux institutions, tous les autres établissements d'enseignement secondaire existant dans les provinces, sont sous la dépendance des gouvernements locaux qui les entretiennent, ou bien ils forment des collèges particuliers. Dans la ville de Rio-de-Janeiro, où l'enseignement à tous les degrés dépend, par exception, de l'État, il existe plusieurs sortes d'établissements secondaires. Les uns sont entièrement publics et l'État pourvoit à leur fonctionnement; les autres sont privés, et n'ont aucune attache officielle ; il en est qui sont simplement subventionnés
LE BRÉS1 L EH L889.
par L'État, «■; qui n'en gardent pas moins leur existence propre. Dans la réalité, on peut donc dire que L'enseignement secondaire au Brésil est libre, avec un monopole de L'État.
Le premier des établissements de L'État est le « Collège Impérial de Dom Pedro 11 », de Rio-de-Janeiro. Il possède des cours élémentaires et des classes secondaires, et se compose d'un internat et d'un externat. Les études ont comme couronnement un diplôme de bachelier ès-lettres, qui permet à ceux qui l'ont obtenu de prendre des inscriptions dans les différents cours supérieurs sans subir d'examen d'entrée. C'est, d'ailleurs, le seul établissement qui confère ce grade, lt a été fréquenté en 1887 par 569 élèves, dont 12 en sont sortis bacheliers ès-lettres.
Parmi les établissements que l'État subventionne à Kio-de- Janeiro, on remarque : l'Institut pharmaceutique, qui entretien! des cours d'humanités pour l'inscription aux écoles supérieures, et qui est fréquenté en moyenne par 400 élevés tons les ans; et e cours du soir pour le sexe féminin, où l'on enseigne la religion, le portugais, l'italien, le français, l'anglais, l'allemand, Le latin, la géographie et les mathématiques élémentaires. 11 a été fréquenté, en 1887, par 129 jeunes filles.
On compte à Rio-de-Janeiro un grand nombre d'établissements privés d'enseignement secondaire, fréquentés par près de 4.000 élèves des deux sexes. Quelques-uns des établissements secondaires dirigés par des particuliers sont absolument remarquables au point de vue du personnel enseignant, des méthodes, du matériel et de la supériorité des études.
En dehors de la capitale, toutes les provinces se font un devoir et comme un point d'honneur de posséder et d'entretenir au moins un lycée et une école normale primaire dans le chef-lieu.
En 1882, il y avait dans tout l'empire (la capitale exceptée), d'après la statistique ministérielle, 292 établissements d'enseignement secondaire, avec 1.228 chaires et 10.427 élèves, sans parler de nombreux établissements privés. Dans les uns et les autres, ce qu'il y a de plus remarquable, c'est l'importance que professeurs et élèves attachent à la culture des langues vivantes. Il est rare que les élevés qui en sortent ne sachent pas le français et l'anglais. Beaucoup d'entre eux lisent l'italien et l'allemand. En revanche, l'instruction générale et l'étude des langues mortes semblent moins soignées qu'en France.
L'enseignement supérieur est tout entier entre les mains de
L'État. Cet enseignement n'est pas apte à être décentralisé tout de suite au Brésil, où les grands centres de population sont assez rares, et où l'installation d'établissements spéciaux absorberait toutes les ressources des provinces grevées par d'autres dépenses publiques plus urgentes. L'État entretient donc tous les établissements de ce genre qui existent présentement, et il se reserve la collation des grades. Depuis ces dernières années, l'enseignement supérieur a pris un grand essor, et l'École polytechnique réorganisée est devenue comme un centre universitaire en voie de formation. Lorsque nous aurons complété notre organisation d'enseignement supérieur en créant de véritables facultés de lettres et de sciences, en groupant autour d'une Université véritable tous nos établissements sans lien aujourd'hui, nous aurons réalisé le progrès qui nous reste encore à accomplir.
Nous ne possédons en réalité que des écoles spéciales pour distribuer l'enseignement supérieur. Les hautes études, la suprême culture scientifique et littéraire nous manquent encore. Nous sommes allés au plus pressé, c'est-à-dire à la formation d'hommes immédiatement utilisables. Nous avons fait beaucoup d'ingénieurs, d'avocats et de médecins, mais fort peu encore de véritables savants.
Les principaux établissements d'enseignement supérieur que nous possédons au Brésil sont : les deux facultés de droit de San- Paulo et de Recife ; les deux facultés de médecine de Rio-de- Janeiro et de Bahia; l'École polytechnique de Rio-de-Janeiro, et l'École des mines d'Ouro-Preto, dont il a été parlé au Chapitre IV.
Facultés de droit. — Dans les deux facultés deSan-Paulo, au sud, et de Récife, au nord du Brésil, le cours est de cinq années. Elles ont chacune onze chaires, occupées par des professeurs titulaires auxquels sont adjoints six substituts ou agrégés. La méthode suivie est fort rigoureuse : on part du droit naturel et du droit ancien comme base, pour aboutir à la procédure et au droit conventionnel administratif. Cette méthode a produit les meilleurs résultats. Les étudiants peuvent être reçus bacheliers en droit au bout de leurs cinq années d'études. Ce grade leur ouvre l'accès de la magistrature debout ou assise, leur permet d'occuper certaines positions gouvernementales et d'exercer la profession d'avocat. Les Brésiliens qui ont reçu leurs gracies à une faculté de droit étrangère peuvent exercer la profession d'avocat dans leur pays, mais ces grades ne confèrent pas à leurs posses-
seurs la faculté d'être nommés aux fonctions publiques pour lesquelles le grade correspondant esi exigé au Brésil.
Pour être professeur à la Faculté, le grade de docteur est requis. Celui de licencié n'existe pas sous ce nom.
La Faculté de Etecife a eu, en*18S7, 858 élèves inscrits, dont 106 sont sortis bacheliers et un a reçu le grade de docteur. A San-Paulo, il y a eu 444 élèves et 07 bacheliers.
Facultés de médecine1. — Quoiqu'il y ait bien peu de médecins brésiliens qui, avant d'entrer dans l'exercice de leur profession ou de concourir à une des places du professorat, ne viennent d'abord en Europe perfectionner leurs connaissances médicales, s'y consacrer à l'étude pratique d'une spécialité, et quelques-uns même y briguer le titre de docteur des facultés de médecine de Paris ou de Montpellier, et que, pour ces différents motifs on ait été au Brésil au couranl de la littérature médicale et chirurgicale des pays les plus avancés de l'Europe, comme la France, l'Allemagne et l'Angleterre, toutefois renseignement de la médecine était très défectueux au Brésil, principalement au point de vue pratique.
A l'époque de l'indépendance du Brésil, deux écoles de médecine furent créées, l'une à Rio-de- Janeiro, et l'autre dans le chef-lieu de la province de Bahia, et elles ont subi deux réformes, en 1831 et en 1851; cette dernière, la plus importante, a été faite par M. Pedreira (vicomte de Bom-Rctiro). Après la réforme de 1854, l'enseignement de la médecine est devenu relativement plus complet et a pris un plus grand développement par la création des chaires de chimie organique, d'anatomie générale et pathologique, de pathologie générale et de pharmacie. Les études étaient alors divisées en six années et il y avait en tout dix-huit chaires, alors qu'il yen avait seulement quatorze auparavant. L'enseignement était complètement théorique. Pour les chaires de chimie minérale, de chimie organique, de physique, de pharmacie et de médecine légale et toxicologique, il y avait un petit cabinet destiné à la préparation des démonstrations
1. L'article relatif aux facultés de médecine est dû à la plume de M. le baron de Saboia, doyen et professeur de clinique chirurgicale de la faculté de médecine de Rio-de-Janeiro, médecin «le Leurs Majestés l'Empereur et l'Iinpératrice du Brésil, membre correspondant de l'Académie de médecine de Paris et de la Société de chirurgie de la même ville, membre correspondant du l'Académie Royale des sciences de Lisbonne, etc.
pratiques pendant 1rs cours, une petite salle avec trois tables pour les dissections anatomiques et à peine un ou deux microscopes pour L'étude de l'histologie. Cet enseignement ne répondait pas aux exigences de la science moderne, traduites alors par les grands progrès que les études pratiques avaient faits dans les sciences médicales et dans les spécialités dans lesquelles «Iles s'étaient divisées dans presque tous les pays de l'Europe et surtout en Allemagne.
Dans les mémoires historiques et les rapports envoyés par les facultés du Brésil, on cherchait à faire cesser cet état de choses, en appelant l'attention et la sollicitude du gouvernement sur la nécessité urgente de pourvoir les cabinets qui existaient de toutes les ressources indispensables à l'enseignement pratique. En 1869, le ministre de l'Empire, M. Joâo Alfredo Corrêa d'Oliveira, cédant aux réclamations faites par les facultés et se rendant compte de l'état des choses, donna des instructions pour que les différents cabinets fussent pourvus des appareils et des instruments les plus nécessaires, et pour qu'on créât une officine pharmaceutique où les élèves en pharmacie et ceux de la sixième année de médecine pussent s'exercer aux manipulations. Les cabinets furent pourvus d'instruments, mais l'enseignement continuait à être uniquement théorique et sans aucun attrait pour les élèves, à l'exception des cliniques médicale et chirurgicale où ils rencontraient tous les éléments d'instruction dans le magnifique et grandiose hôpital de la « Misericordia ».
En 1871, la faculté de médecine de Rio-de-Janeiro me chargea d'étudier l'organisation des facultés de médecine les plus importantes de l'Europe. En 1872, de retour de ma mission, je présentai un rapport très détaillé sur l'organisation des facultés de médecine de France, d'Italie, d'Autriche, d'Allemagne, de Belgique et d'Angleterre. Malgré ce rapport et d'autres qui furent présentés sur la même question par des professeurs envoyés en Europe afin d'étudier certaines matières au point de vue pratique, l'enseignement de la médecine au Brésil restait stationnaire.
En 1878, M. Leoncio de Carvalho, ministre de l'Empire, me chargea de présenter un plan de réformes des facultés de médecine, plan basé sur l'enseignement libre qu'il voulait établir. Ce projet de réformes, livré et imprimé deux mois après, a servi de base au décret du 19 avril 1879 ; d'aucuns supposaient qu'il était le premier pas dans la voie de la décadence de notre enseigne-
ment supérieur ; selon moi, il a été le premier coup porté à l'ignorance et à la rhétorique de notre éducation scientifique. Ce décret faisant ressortir encore davantage l'insuffisance de l'enseignemenl supérieur, le professeur Pertence, dans une série de conférences faites en 1880 sur ce sujet, proposa la création d'une Université comme moyen de relèvement de cet enseignement, et dans ce but le gouvernement fit acquisition des terrains, dressa des plans et commença les travaux. Je fus alors nommé doyen de la faculté de médecine de Rio-de-Janairo, et, sachant combien serait lente la construction des nouveaux bâtiments, je cherchai à mettre en exécution le projet de réformes présenté en 1879. Dans ce but j'ai obtenu de quelques particuliers des dons en argent s'élevant à près de 180.000 francs, et, moyennant une somme peu élevée, j'ai fait acquisition des terrains et des bâtiments contigus à la faculté de médecine et qui appartenaient à la « Misericordia ». En quelques mois, j'ai disposé et préparé successivement des locaux pour l'installation des laboratoir nombre égal à celui des chaires destinées à renseignement médical. Outre les dix-huit chaires déjà existantes, j'en ai cré huit autres qui sont les suivantes : anatomie et physiologie pathologique, clinique d'accouchements et gynécologique, clinique desmaladiesdes enfants, clinique des maladies cutanées et syphilitiques, clinique ophthalmologique, clinique psychiatrique, une seconde chaire de clinique médicale et une seconde de clinique chirurgicale. J'ai établi en même temps un musée anatomo-pathologique qui forme aujourd'hui une collection splendidc de pièces anatomiques normales et pathologiques, naturelles ou modelées en cire, et ai ouvert quatorze laboratoires où se trouvent installés tous les appareils et les instruments nécessaires à l'instruction pratique des élèves.
Cette réforme, faite avec l'autorisation du gouvernement, mais réalisée uniquement avec les ressources provenant de la générosité des particuliers, avait besoin pour devenir permanente que le corps législatif votât des fonds pour les dépenses occasionnées parla création des huit nouvelles chaires et l'établissement de l'enseignement pratique. L'opposition soulevée à la Chambre des Députés et surtout au Sénat contre l'augmentation des dépenses rendues nécessaires par la création des nouvelles chaires et des places d'agrégés et de préparateurs, prit une telle proportion, que certainement le projet de réformes aurait sombré sans l'appui puissant de S. M. l'Empereur et sans les efforts faits
par son auteur, soit auprès de ses amis, soit dans la presse. Il faut dire qu'au Sénat, MM. Affonso Celso (vicomte cTOuro-Preto) el Leâo Velloso, alors ministre de l'Empire, ont puissamment contribué à son adoption, en faisant valoir la nécessité, la valeur et l'importance de celle réforme.
Les esprits désintéressés et les étrangers qui, de passage à Rio-de-Janeiro, visitent la faculté de Médecine, son Musée, ses laboratoires, reconnaissent que cette faculté se trouve aujourd'hui au niveau des meilleures écoles de l'Europe, et que dans l'Amérique du Sud il n'y en a aucune qui puisse lui être comparée. Il est facile de s'en convaincre enlisant la description sommaire de son organisation, tout-à-fait pareille d'ailleurs à celle de la faculté de médecine de Bahia.
La Faculté de médecine de Rio-de-Janeiro, comme celle de Bahia, délivre, après des études réglementaires, des diplômes de docteur en médecine, de pharmacien, de dentiste et de sagefemme. Les cours sont divisés en cours de médecine, de pharmacie, d'odontologie et d'obstétrique. Les chaires destinées à l'enseignement sont au nombre de vingt-six et servent conjointement aux cours de médecine et aux cours annexes ; elles sont distribuées de la manière suivante : 1° Physique médicale ; 2° Chimie inorganique et minéralogie ; 3° Botanique et zoologie médicale ; 4° Anatomie descriptive ; 5° Chimie organique et biologique ; 6° Histologie normale; 7° Pathologie générale; 8° Physiologie humaine ; 7° Anatomie et Physiologie pathologique ; 10° Pathologie médicale ; 11° Pathologie chirurgicale ; 12° Accouchements ; 13° Matière médicale et thérapeutique ; 14° Anatomie chirurgicale et opérations ; 15° Pharmacologie et art de formuler ; 10° Médecine légale et Toxicologie ; 17° Hygiène et histoire de la médecine ; 18° Clinique d'accouchement et de gynécologie : 19° et 20° Cliniques médicales; 21° et 22° Cliniques chirurgicales ; 23° Clinique médicale et chirurgicale des enfants ; 24° Clinique des maladies cutanées et syphilitiques ; 25° Clinique opthalmolologique : 2G° Clinique psychiatrique. Chaque chaire a un professeur titulaire, un agrégé, un préparateur et deux aides, à l'exception des chaires de pathologie générales, de pathologie chirurgicale, de pathologie médicale et d'accouchements qui n'ont que le professeur titulaire.
L'enseignement comprend les cours théoriques, les cours pratiques et les cliniques.
Enseignement pratique. — Il y a dansles facultés de médecine du Brésil quatorze laboratoires: 1° physique; "2° chimie inorganique avec un cabinet minéralogique ; 3° botanique avec un cabinet zoologique J 4° chimie organique et biologique avec un cabinet de bactériologie ; 5° physiologie ; (>° histologie ; 8° anatomie pathologique ; 8° thérapeutique expérimentale ; 9° pharmacie; 10° hygiène; 11° toxicologie; 12° anatomie descriptive ; 13° chirurgie dentaire; 14° opérations chirurgicales. Chacun de ces laboratoires est sous la direction du professeur titulaire et sert à L'instruction pratique des élèves et aux recherches scientifiques. Le personnel de chaque laboratoire se compose : 1° du directeur qui est le professeur titulaire ; 2° d'un agrégé chargé spécialement de l'enseignement pratique ; 3° d'un préparateur, docteur en médecine, pharmacien ou dentiste (selon le laboratoire) ; 4" de deux aides. Les quatorze laboratoires de la faculté de médecine de Rio-de- Janeiro sont bien installés et contiennent tous les instruments et appareils nécessaires à l'étude des élèves qui s'exercent dans les préparations et dans les manipulations dans une salle commune ; les professeurs, les agrégés et les préparateurs ont chacun un cabinet spécial destiné à leurs travaux. La salle des dissections anatomiques, suffisamment grande et aérée, est carrelée en marbre et a les murs en faïence jusqu'à une hauteur de trois mètres. Il y a trente-six tables recouvertes en marbre pour le travail des élèves, une grande collection de dessins anatomiques pendus aux murs et des pièces plastiques pour les orienter dans leurs préparations; les cadavres sont conservés dans une glacière spéciale, construite selon les indications données par le doyen de la Faculté, et qui a réalisé en partie, par un procédé ingénieux, le problème difticile d'avoir toujours dans un climat chaud des cadavres pour la dissection et les études anatomiques. Le laboratoire d'histologie, installé de manière à permettre le travail à 80 élèves en môme temps, contient environ 90 microscopes, des microtomes, des tournettes, des réactifs, enfin tout ce qui a trait à la technique moderne. Dans une salle contigue à celles des dissections anatomiques, ont lieu les autopsies des différentes cliniques ; ces autopsies sont faites par l'agrégé et le préparateur du professeur d'anatomic pathologique, aidés par les agrégés de la clinique et en présence des élèves, et sont toutes consignées en détail sur un registre spécial déposé au secrétariat de la faculté. Une copie de chaque cas est adressée au chef de service où avait été le malade.
Outre les exercices pratiques de toxicologie, qui sont faits dans le laboratoire respectif, il y a aussi des conférences de médecine légale à la Morgue, établissement destiné également à renseignement médical, et qui n'a rien à enviera ceux de l'Europe sous aucun rapport.
Le laboratoire d'hygiène a été institué non seulement pour l'instruction des élèves comme pour le service sanitaire ou pour l'analyse de tout ce qui peut intéresser la santé publique. Le personnel de ce laboratoire est un peu différent : outre le personnel de la faculté, il y a un commissaire du gouvernement, nommé sur la proposition du doyen de la Faculté, et quatre aides chimistes appartenant au conseil général de la salubrité publique ; ils sont chargés non seulement des analyses des produits exigées par le gouvernement ou par l'Inspecteur général de la santé publique, comme de celles demandées par les particuliers.
Enseignement clinique. — Il est fait à l'hôpital de la « Miséricordia », vaste établissement contenant plus de 1200 lits. Cet hôpital se trouve sous la direction d'une communauté laïque, qui, moyennant certaines prérogatives accordées par le gouvernement, met quelques-unes de ses salles à la disposition de la Faculté pour les besoins de l'enseignement clinique, lequel comprend deux cliniques chirurgicales, deux cliniques médicales, une clinique d'accouchements et de gynécologie, une clinique mixte d'enfants, une clinique ophthalmologique, une clinique de maladies cutanées et syphilitiques et une clinique psychiatrique. La clinique psychiatrique est faite à l'hospice de Dom Pedro II, magnifique établissement contenant environ 800 aliénés, placés sous la même administration que l'hôpital de la Miséricorde.
Comme complément à son enseignement, la faculté de médecine de Rio-de-Janeiro possède un musée anatomo-pathologique et une grande bibliothèque, outre la bibliothèque de chaque laboratoire. Le musée anatomo-pathologique se compose de magnifiques pièces sèches relatives à l'anatomie normale et pathologique et de préparations en cire réprésentant les cas intéressants observés dans les cliniques et relatifs à la pathologie brésilienne. La bibliothèque se trouve aménagéejdansun grand édifice à deux pavillons situé en face de la faculté ; elle possède plus de 36,000 volumes en portugais, français, anglais, allemand, italien, espagnol et latin. Plus de 120.000 publications périodiques en différentes langues enrichissent annuellement sa collection. La
bibliothèque est ouverte tous les jours de 9 heures du malin à 2 heures de L'après-midi et de 6 heures à 9 heures du soir. M. Carlos Costa, Le bibliothécaire actuel, a commencé dès 1885 à réunir, sous le nom d'Annuaire médical brésilien, Les travaux des médecins brésiliens se rattachant aux sciences médicales, dont il a déjà publié deux volumes.
rendant celte même année 1885, il a organisé avec plein succès une exposition composée exclusivement de travaux brésiliens suc les sciences médicales. De son coté, la faculté l'ait paraître une Revue des cours historiques et pratiques, dont il a déjà paru huit numéros de 250 à 350 pages in-8°, et où Ton rencontre des travaux originaux relatifs à la médecine, aux études pratiques et aux leçons les plus importantes sur les cas rencontrés dans la clinique, accompagnés tous d'observations détaillées.
Le personnel des facultés de médecine se compose d'un doyen, d'un vice-doyen, de professeurs titulaires, d'agrégés, de préparateurs el d'aides-préparateurs; d'un secrétaire, d'un sous-secrétaire, de deux teneurs de Livres, d'un bibliothécaire, d'un aidebibliothécaire, d'un directeur du musée, d'un modeleur en cire, d'un portier et d'un nombre de conservateurs égal au nombre des laboratoires. Le doyen et le vice-doyen sont choisis par le gouvernement parmi les professeurs. Le vice-doyen remplace le doyen en cas d'empêchement de celui-ci, qui a la direction de tout le personnel de la Faculté et préside à la réunion plénière, qui, sous le nom de Congrégation, est composée de tous les professeurs titulaires, et a pour but de discuter toutes les questions relatives à la direction scientifique de la Faculté et aux concours. Tous les professeurs sont nommés par décret sur la présentation par la Faculté d'une liste composée au maximum de trois noms idioisis parmi les candidats qui ont obtenu au concours la majorité des voix. A ce concours sont admis non seulement les docteurs en médecine de nationalité brésilienne, ayant obtenu leur grade dans une des facultés de l'Empire ou de L'étranger, comme aussi les docteurs en médecine de nationalité parlant couramment le portugais ou le français et ayant obtenu au préalable le grade de docteur en médecine d'une des Facultés du Brésil. Si à la suite du concours un étranger est nommé professeur, il devra se naturaliser brésilien avant de prendre possession de sa chaire. Les épreuves pour ce concours sont réglées ainsi qu'il suit: 1° La présentation d'une thèse imprimée, dont le sujet aura été choisi par le candidat et une argumentation verbale soutenue en public
contre chacun dos concurrents, ou contre cinq professeurs titulaire, au cas où il n'y aurait qu'un seul concurrent; 2° une composition écrite sur une question tirée au sort sur une série de questions rédigées par une commission de professeurs nommés par La même occasion : 3° une leçon orale publique d'une heure sur un sujet tiré au sort avec vingt-quatre heures de préparation; 4° une épreuve pratique roulant sur des expériences ou des préparai ions relatives à l'objet du concours, épreuve suivie d'explications justifiant la technique employée dans les préparations, dans les analyses, etc.; 5° une épreuve orale d'une demie-heure sur une question tirée au sort ; il est accordé au candidat une heure pour réfléchir, sans avoir recours à aucune note manuscrite ou imprimée.
Les professeurs touchent 12.000 francs et ceux de clinique 13.500 francs par an. Après 25 ans de professorat, ils ont droit à la retraite avec les deux tiers de leurs appointements et on leur accorde le titre honorifique de membres du conseil de Sa Majesté ; après 30 ans de professorat, ils sont mis à la retraite d'office et touchent l'intégralité de leurs appointements.
Les agrégés sont aussi nommés par décret après concours, et les épreuves concernant ce concours sont les mêmes que celles pour le professorat, à l'exception de la soutenance de la thèse et de l'épreuve orale après une heure de réflexion. Les agrégés sont nommés pour dix ans, mais s'ils viennent à être nommés professeurs, le temps pendant lequel ils ont exercé les fonctions d'agrégé leur est compté pour la retraite. S'ils n'arrivent pas au professorat, et s'ils veulent, à l'expiration de leur période de 10 ans, continuer à être agrégés, ils subissent un nouveau concours. Les agrégés touchent 6.000 francs par an.
Les préparateurs sont aussi nommés au concours. Les docteurs en médecine, les pharmaciens et les dentistes peuvent concourir, ces derniers pour le laboratoire de chirurgie dentaire et les autres pour les laboratoires des sciences physiques, chimiques et naturelles. Le concours se compose d'une épreuve écrite, d'une épreuve pratique et d'une exposition orale, faite pendant une demie-heure avec vingt-quatre heures de préparation sur une question tirée au sort. Les appointements des préparateurs sont aussi de 6.000 francs par an.
La fréquence, soit aux cours théoriques, soit aux cours pratiques, est entièrement facultative ; cependant aucun élève n'est admis à subir des examens sans un certificat délivré par le pro-
fesseur ou L'agrégé déclarant qu'il a fait dans les laboratoires et sous la direction des chefsdes travaux pratiques, ou des préparateurs, un certain nombre de préparations ou de recherches énumérées dans le règlement, ce qui rend en quelque sorte obligatoire la fréquence des cours pratiques.
Tout élève qui aspire au titre de docteur en médecine d'une des Facultés du Brésil, doit produire, soit avant, soit au moment de prendre ses inscriptions pour subir le premier examen, le diplôme de bachelier ès-lettres du collège de Don Pedro II, ou un certificat constatant qu'il a subi avec succès devant un jury composé des professeurs de ce collège à Itio-de-Janeiro, ou devant les commissions d'examen nommées chaque année par le gouvernement dans les Provinces, des examens portant sur les matières suivantes: portugais, français, latin, anglais, allemand, histoire générale, histoire du Brésil, géographie, arithmétique, algèbre, géométrie, trigonométrie, philosophie, éléments de physique, de chimie et d'histoire naturelle.
Le droit à percevoir pour chaque année ou pour chaque examen est de 253 francs, payables en une seule fois au moment de l'inscription pour subir l'examen, ou en deux fois, la moitié au mois de mars et la moitié au mois d'octobre. Les aspirants au diplôme de pharmacien payent pour chaque année les mêmes droits; ils sont tenus de présenter lors de leur inscription un certificat constatant les mêmes examens que ceux exigés pour l'étude de la médecine, excepté ceux de langue allemande, de philosophie et d'histoire. Pour suivre les cours de l'art dentaire, on n'exige que la connaissance des langues portugaise, française, anglaise, l'arithmétique et la géométrie. Pour les cours d'obstétrique ou d'accouchements, on n'exige que les langues portugaise et française, l'arithmétique, la géométrie et les éléments de physique et d'histoire naturelle.
Pour obtenir le diplôme de docteur en médecine, le candidat doit subir huit examens et soutenir une thèse. Première série: Physique médicale, chimie inorganique, minéralogie, botanique et zoologie médicales. Deuxième série : Anatomie descriptive, histologie humaine, chimie organique et biologique. Troisième série : Physiologie humaine, anatomie et physiologie pathologiques, pathologie générale. Quatrième série : Pathologie médicale, pathologie chirurgicale, matière médicale et thérapeutique. Cinquième série : Accouchements, anatomie chirurgicale, opérations et appareils, pharmacologie et art de formuler. Sixième
série : médecine légale et toxicologie, hygiène et histoire de la médecine. Septième série : cliniques médicale et chirurgicale, clinique obstétricale et gynécologique. Huitième série : cliniques médicale et chirurgicale des enfants, clinique ophthalmologique, clinique des maladies cutanées et syphilitiques, clinique psychiatrique.
Pour obtenir le diplôme de pharmacien, le candidat doit subir trois séries d'examens. Première série : physique, chimie inorganique et minéralogie. Deuxième série : chimie organique, botanique et zoologie. Troisième série : matière médicale, pharmacologie et toxicologie.
Pour obtenir le diplôme de sage-femme, le candidat doit subir deux séries d'examens. Première série : anatomie descriptive, physiologie générale et plus particulièrement celle des organes génito-urinaires de la femme, pharmacologie, hygiène des femmes enceintes et des femmes en couches. Deuxième série : obstétrique, cliniques obstétricale et gynécologique.
Pour le diplôme de dentiste, le candidat doit subir trois séries d'examens. Première série : physique élémentaire, chimie inorganique, anatomie descriptive et topographique de la tête. Deuxième série : histologie et physiologie dentaires, pathologie dentaire et hygiène de la bouche. Troisième série : thérapeutique dentaire, chirurgie et prothèse dentaires.
Les examens commencent au mois de novembre et comprennent trois épreuves: une pratique, une écrite et une orale. L'élève qui échoue dans l'épreuve pratique ou qui obtient une note mauvaise dans l'épreuve écrite, ne subit pas l'épreuve oralet perd la consignation représentant les droits d'examen et ne peut se présenter de nouveau qu'après un délai fixé par le jury. Les candidats soutiennent leur thèse à la fin de la huitième série sur un sujet choisi par eux dans une liste dressée chaque année par la Faculté. Le jour de la collation du grade de docteur en médecine, il y a à la Faculté une séance solennelle à laquelle assistent à Rio-de-Janeiro la famille impériale, le corps diplomatique, les ministres et Félite de la société. C'est aussi dans cette séance solennelle qu'on décerne les deux prix : l'un fondé par un médecin anglais, le docteur Gunning, qui habite le Brésil depuis de longues années et l'autre par le baron d'Ibituruna. Le premier consiste en une certaine somme accordée à l'élève qui a terminé ses études médicales ou pharmaceutiques, ayant obtenu la note extrêmement satisfait dans tous les examens; cette somme est
destinée à pourvoir aux besoins de l'élève en Europe, où il doit venir, pendant un temps fixé par la Faculté, faire des études pratiques pour les sciences naturelles. Le second, qui porte le nom de prix Manoel Feliciano, est accordé à l'élève qui aura éerit la meilleure thèse sur la clinique chirurgicale et <|ni aura obtenu la note extrêmement satisfait. Ce prix est annuel et consiste en une médaille d'or, que le candidat porte au cou, attachée à un large ruban rouge.
Les Facultés de médecine jouissent du droit de permettre à un médecin du pays ou étranger de faire un cours libre, à condition toutefois qu'il soumette préalablement à la congrégation le pn gramme du cours q u * ï I désire faire, et qu'il supporte les dépenses des différents objets nécessaires aux démonstrations pratiques.
Chaque Faculté propose au gouvernement, tous les deux ans, un de ses professeurs ou agrégés, pour être chargé de venir dans les pays étrangers, aux frais de l'État, étudier les progrès faits dans les sciences médicales et les méthodes de l'enseignement. Voir les établissements et les institutions de médecine les pins importants. L'État, voulant stimuler les professeurs et les ag à écrire des travaux ou des mémoires en langue portugaise, paie les (Vais et l'impression de tout ouvrage qui en est jugé digne parla Congrégation ou par une commission nommée ad hoc par le gouvernement, qui peut, outre l'impression gratuite, accorder un prix de 5.000 francs.
Enfin les facultés de médecine sont sous la dépendance du ministère de l'empire. Leurs budgets proposés par les doyens, d'à >rd avec les ministres, sont votés par le corps législatif chi [ue année. La somme votée Tannée passée pour chaque é se décompose de la façon suivante : corps enseignants, 510.000 francs ; personnel du secrétariat, delà bibliothèque et des laboratoires, 257.000 francs; dépenses pour les réactifs, les instruments et les appareils pour les laboratoires, 125.000 francs. En ont, pour les deux Facultés, la somme de un million sept cent quatre-vingt-quinze mille francs.
Pour les deux premières années qui suivirent la réforme, les dépenses seules de la l'acuité de médecine de llio-de-Janeiro se sont montées à un million sept cent mille francs.
Les droits d'inscriptions sont payés au Trésor national et se monlcnl a L.530 francs pour les élèves en médecine, à 7(»r> francs pour lesélèvesen pharmacie et les élèves dentistes, età 510 francs
[NSTRUCTION PUBLIQUE. 579
pour les élèves sages-femmes. Le diplôme coûte un droit de timbre de 500 francs et chaque certificat d'examen 3 francs. Le revenu annuel produit par les droits d'inscriptions, de diplômes et de certificats d'examens s'élève à la faculté de médecine de Rio-de- Janeiro à environ 375.000 francs. Il y a 700 à 800 élèves inscrits aux cours de la faculté et environ 50 à 70 par an se font recevoir docteurs en médecine.
École polytechnique. — L'École polytechnique de Rio-de- Janeiro, issue de l'ancienne Ecole centrale, se compose : d'un cours préparatoire, d'un cours général que tous les élèves sont tenus de suivre, et de six cours spéciaux. Les étudiants qui ont suivi l'un de ces cours peuvent recevoir, leurs études terminées, des diplômes de bacheliers ès-sciences physiques et mathématiques, d'ingénieurs géographes, d'ingénieurs civils, d'ingénieurs des mines ou d'ingénieurs des arts et manufactures. A l'enseignement théorique très complet sont joints des cabinets et des laboratoires, pourvus d'excellents appareils. Pendant les vacances, les élèves font des excursions sous la conduite de leurs professeurs, et les résultats de leurs observations personnelles sont consignés dans des travaux qu'ils présentent à l'École. Les ingénieurs des travaux publics doivent avoir pris leur grade dans une école de génie. Mais les diplômes d'ingénieurs accordés par les écoles étrangères sont acceptés au Brésil sans aucun examen spécial ; il suffit de les faire enregistrer au ministère des travaux publics. Pendant l'année 1887, l'École a été fréquentée par 161 élèves, dont 16 en sont sortis ingénieurs civils, 13 ont été reçus ingénieurs géographes et 21 ont eu le brevet d'arpenteur.
Il nous serait impossible, en parlant de l'enseignement supérieur, de passer sous silence : l'Observatoire impérial de Rio-de- Janeiro, dirigé par le savant M. L. Cruls, lauréat de l'Institut de France, représentant du Brésil à la conférence de Washington en 1884 ; le Bureau hydrographique, qui a à sa tête Féminent baron de Teffé ; le Bureau central météorologique, dont le chef est le lieutenant Adolpho Pereira Pinheiro, et l'Administration des phares.
Observatoire impérial de Rio-de-Janeiro . — L'édifice actuellement occupé par l'Observatoire impérial de Rio-de-Janeiro,
avail été primitivement commencé dans le siècle dernier par les Jésuites, en u.c. d'élever une église*. Il occupe un rectangle de 70 mètres de longueur et 27*30 de largeur, dont le grand côte es| orienté suivant la ligne méridienne. Vue du côté sud, sa façade
présente une assez belle apparence. Ses murailles sont très épaisses, et l'élévation des terrasses, qui constituent l'Observatoire proprement dit, et sur lesquelles sont établies les eonstructions destinées à abriter les instruments, est de 17 mètres au-dessus du niveau de la cour intérieure. Le rez-de-chaussee de l'édifice n'appartient pas à l'Observatoire, mais sert aux infirmeries de l'Hôpital militaire qui est en contre-bas de 1 Observatoire.
De tout cet édifice il n'y a que deux ailes, passablement exiguës d'ailleurs, qui soient très solidement voûtées, et qui présentent une stabilité considérable. L'une d'elles est occupée par la salle méridienne, l'autre par la coupole.
Malheureusement, le grand corps de bâtiment n'est pas voûte, de sorte que cette partie de la terrasse ne permet pas l'établissement d'instruments sinon sur le pourtour formé par de grosses murailles. La terrasse du nord-ouest est voûtée, mais sa voûte a peu de solidité et en outre elle est relativement basse et un peu dominée par les toitures des constructions voisines, notamment de la chapelle de l'Hôpital militaire, que dominent au contraire les terrasses du sud.
Cette disposition, comme il est aisé de le voir, n'est guère favorable à l'établissement d'un Observatoire, et l'espace est absolument insuffisant pour la totalité des instruments de 1 Observatoire impérial; aussi, depuis longtemps, a-t-on reconnu la nécessité absolue de transférer l'Observatoire sur un terrain plus vaste et dans de meilleures conditions, ce dont on s occupe activement en ce moment.
Parmi les instruments qui constituent le vaste matériel de l'Observatoire impérial nous citerons les suivants :
Une lunette astronomique de 34 centimètres d'ouverture et de 8-30 de distance focale. Cet instrument n'a pu encore être monte, faute de place. VÉqualorial de 24 centimètres d'ouverture et de A mètres de distance focale, dont l'objectif a été travaille par MM. Henry, de l'Observatoire de Paris, par la méthode des retou-
1. Cette notice a été rédigée par le savant directeur de cet établissement, M. L. Cruls.
ches locales, et est doué de qualités optiques tout à fait supérieures. Un photo-héliographe de 4 pouces d'ouverture, sorti des ateliers de Steinheil, de Munich, et offert à l'Observatoire par M. Luiz da Rocha Miranda, premier astronome à l'Observatoire. Une lunette méridienne de 4 pouces d'ouverture, de Dollond. Un Cercle mural de 4 pouces d'ouverture, également de Dollond. Le cœlostat, instrument de grandes dimensions, monté parallactiquement et destiné aux observations d'astronomie physique de toute nature. L'image d'un point quelconque du ciel, et non plus seulement le soleil comme dans l'héliostat, peut être rendue fixe dans cet instrument, dont le télescope a 40 centimètres d'ouverture. Il est en outre muni d'un télescope à objectif à verres noirs pour le soleil, et son emploi facilite l'installation d'appareils ad hoc, tels que spectroscopes, photomètres, appareils de photographie, etc. Cet appareil n'est pas non plus monté, toujours à cause du défaut de place dans l'édifice actuel.
Outre ces instruments, l'Observatoire en possède encore d'autres, ainsi que des appareils que nous nous bornerons à énumérer rapidement, tels que : le Grand Âzimutal, Y Ait-azimut qui figure en ce moment même à l'Exposition, une lunette zénithale munie d'un micromètre de Porro, plusieurs lunettes de six et quatre pouces d'ouverture, une riche collection d'instruments destinés à des travaux géodésiques et topographiques, des télescopes et, finalement, un grand nombre d'appareils divers pour la spectroscopie, photométrie, polariscopie, photographie, etc., ainsi que plusieurs pendules et chronomètres.
Nous terminerons la nomenclature du matériel de l'Observatoire, en faisant une mention spéciale de YEquatorial photographique, en ce moment en construction dans les ateliers de M. Gautier. Cet instrument, construit aux frais de S. M. l'Empereur Dom Pedro II, permettra à l'Observatoire de Rio-de-Janeiro de prendre part au lever de la carte du ciel, pour lequel s'est tenu en 1887, à l'Observatoire de Paris, un congrès astro-photographique international.
Seul de sa nature, dans le vaste empire du Brésil, on conçoit que la mission réservée à l'Observatoire impérial de Rio-de- Janeiro, ne doit pas exclusivement se borner à l'exécution de travaux d'astronomie de position. Cet établissement doit également diriger ses investigations dans les différentes branches des sciences d'observation, telles que l'astronomie physique, la physique du globe, la météorologie, etc. C'est ainsi que dans ces
derniers temps, ont été initiées par l'observatoire de Rio-de- Janeiro des recherches sur L'analyse micrographique de l'air, en se servanl des appareils du docteur Miquel, de l'Observatoire de Montsouris. Des photographies microscopiques, exécutées par M. Henri Mo riz e, astronome de l'Observatoire, et représentant iVuuc, manière admirable les figures de Widmanstaetten que montre La laineuse météorite holosidère de Bendegô (Bahia, province du lirésil) sont dignes d'une mention toute particulière.
Nous ne pouvons également laisser de signalée les observations sur l'électricité atmosphérique, les premières qui aient été faites dans l'Amérique du Sud, et commencées à l'observatoire de Rio dans Le courant de cette année (1888;. Malheureusement, en ce qui concerne ces travaux ainsi que ceux du magnétisme terre-Ire. le local dont on dispose est absolument insuffisant et défectucuxy et ils ne pourront être sérieusement et définitivement entrepris que dans le nouveau local. Rappelons encore ici la part que l'Observatoire impérial de Rio-de- Janeiro a prise dans l'observation du dernier passage de Vénus et pour laquelle avaient été envoyées trois missions scientifiques ; Tune à l'île Saint- Thomas Antilles) sous la direction du contre-amiral Baron de Telle, directeur du bureau hydrographique du Brésil ; une autre à Pernambuco, sous la direction de M. Lacaille, astronome à l'Observatoire de Rio; et une troisième dans le détroit de Magellan, sous la direction de M. Cruls, directeur de l'Observatoire impérial de Rio-de-Janeiro. Ces observations ont fourni pour la parallaxe du soleil la valeur 8"808.
Nous terminerons cette très courte notice sur l'Observatoire impérial de Rio-de-Janeiro, par la liste des principales publications parues jusqu'ici : Annales de VObservatoirc Impérial, format grand in-4°, tomes I, II, III, IV; Annuario do Impérial Observatorio, format in-12, 1885, 1880, 1887, 1888, 1889; Revista do Observatorio (revue mensuelle), format gr. in-8°, années 1886, 1887, 1888, 188'.); Bulletin de l'Observatoire impérial, mémoires, notices, etc., etc. (format gr. in-8", années 1881, 1882, 1883.)
Bureau hydrographique1. — C'est en 1859 seulement qu'on a créé une chaire d'hydrographie à l'École de marine de Rio-de- Janeiro. C'est le 30 juin 1862 seulement que le Ministre de la
1. Cette partie a été écrite par M. le contre-amiral Baron de Teffé, directeur de ce bureau.
marine a rendu an arrêté nommant doux Jeunes officiers pour rectifier la carte côtière du Brésil et lever les plans des ports au sud de Rio-de-Janeiro, en leur donnant des instructions destinées à rend ré uniforme l'échelle et à établir la méthode à suivre. .l'étais l'un de ces officiers, et l'autre était le commandant Vital d'Oliveira. Deux canonnières, VYpiranga et YAraguary, avaient été mises à notre disposition.
Jusque-là les travaux hydrographiques nationaux se ressentaient des mêmes inconvénients qu'on observait dans ceux de l'étranger. Ils constituaient des efforts individuels dignes d'encouragement, mais ils ne méritaient pas la confiance entière des navigateurs. Aussi, en 1864, l'éminent hydrographe français, le contre-amiral Mouchez, écrivait-il ces lignes au commandant de VAraguary : « J'ai reçu vos belles cartes de Sainte-Catherine et je vous félicite très vivement, parce que (je l'avoue entre nous), c'est la première fois que je vois une carte brésilienne réellement bien faite. »
Le commandant Vital d'Oliveira s'occupait de la cote située entre Rio-de-Janeiro et le rio San-Francisco, et moi, de la cote située entre Rio-de-Janeiro et l'extrémité méridionale de Rio- Grande-du-Sud. Peut-être eussions-nous mené à bonne fin notre tâche si, au moment même où nous commencions à travailler avec un véritable enthousiasme, d'autres devoirs ne nous avaient pas forcés à renoncer à notre mission. La guerre entre le Brésil et le Paraguay venait d'éclater et nous réclamait avec nos canonnières. Les plans commencés furent remisés dans les archives, les instruments astronomiques et géodésiques retournèrent à leurs armoires, et le canon et l'épée remplacèrent le théodolite et la lunette méridienne. Non seulement la guerre interrompit nos travaux pacifiques, mais elle nous enleva aussi l'intelligent et actif chef de notre commission hydrographique, le commandant Vital d'Oliveira, mort glorieusement.
Pendant cinq ans il devint impossible de songer à reprendre ces travaux. Après la guerre, je dus accepter une mission bien différente, et je fus chargé de démarquer définitivement la frontière du Brésil avec le Pérou.
Jusqu'en 1876, l'histoire de l'hydrographie au Brésil se résuma donc en quelques tentatives isolées, qui n'en donnèrent pas moins des résultats appréciables, publiés, d'ailleurs, par les soins du gouvernement impérial.
Ces travaux, tout modestes qu'ils fussent, servirent de base
à la création du bureau hydrographique actuel, fonde par un décrel en date du 26 février 1870. Avec le temps, ce bureau ;i pris quelque développement. Aujourd'hui, on y trouve, dans les quinze grandes armoires vitrées et dans les quatre bibliothèques qui garnissenl les trois salons de l'édifice où il est établi, environ dix-sept mille exemplaires de cartes hydrographiques parfaitement installées et classées. Les archives du bureau possèdent en outre différentes cartes géographiques du siècle dernier et une importante collection d'autographes, sans parler d'itinéraires de la côte et d'une quantité considérable de brochures renfermant des informations sur lotîtes les mers.
Voici la liste assez complète des cartes et plans levés dernièrement: la côte et le port de Sanlos; la baie d'Antonina et de Paranaguâ, la côte de Cabo-Frio avec ses ancrages, les anses d'Imbétiba et de Macahé, les ancrages de la l>;u'e de San-Marcos dans Maranhào, les ancrages de l'Ilha-Grande [la Grande-Ile), le port et la barre de Laguna, la barre d'Itajahy, le port de San- Francisco-du-Sud, la barre d'Icapâra, le canal des Abrolhos, avec la détermination de nouveaux bancs de corail, etc.
Le bureau hydrographique a accompli également des travaux hydrauliques d'une certaine importance : il a été chargé de faire raser la grande roche sous -marine des Outeirinhos dans le canal d'entrée du port de Santos, et de faire désobstruer la barre du port de Cabo-Frio.
Dans un autre ordre d'idées, il a procédé aux études sur l'amélioration du port d'Antonina pour la station où aboutit le chemin de fer de Paranâ, et il a été appelé à donner son avis au sujet de l'accessibilité du port de Maranhào pour les grands navires du tonnage des paquebots qui font le service entre l'Amérique du Nord et le Brésil.
Enfin, il s'est livré à des travaux astronomiques, tels que les observations transcendantes faites dans l'île de Saint-Thomas, aux Antilles, à l'occasion du passage de Vénus (6 décembre 1882). Le rapport sur cette observation a mérité d'être signalé dans les comptes-rendus de l'Académie des sciences de Paris.
Il s'est occupé de la détermination des longitudes de différents points de la cote du Brésil au moyen de la transmission électrique de l'heure, et la précision de ce travail a attiré également l'attention de l'Académie des sciences de Paris.
Le bureau hydrographique n'a qu'un seul petit aviso à vapeur a sa disposition, et son personnel scientifique se compose des
officiers suivants : le contre-amiral baron de Tefié, le capitaine de frégate José Maria do Nascimcnto, le capitaine de corvette F. Calheiros-da-Graça, et le capitaine Arthur ïndio-do-Brazil.
Tous les amis de la science font des vœux pour que le parlement élargisse le tableau du personnel du bureau, et lui fournisse les moyens de rendre un nouveau service à la navigation de tous les pays, en confectionnant une carte exacte de l'immense côte de l'empire.
Bureau central météorologique et administration des phares. — C'est l'empereur Dom Pedro qui, personnellement, a fourni les sommes nécessaires pour la construction, sur le morne de Santo-Antonio, à Rio-de-Janeiro, d'une première station météorologique. Le parlement a fourni les crédits pour la rétribution du personnel et frais généraux. Le bureau central a été institué par un décret en date du 4 avril 1888, et il fonctionne depuis trop peu de temps pour qu'on puisse en apprécier les résultats.
L'Administration des phares a à sa charge toute l'illumination des côtes du Brésil, et ce service est fort bien fait, sous la direction du capitaine de frégate P.-B. de Cerqueira Lima.
A côté de cet enseignement supérieur, distribué par des écoles spéciales, il existe un enseignement plus spécial encore, dont il nous reste à nous occuper.
11 est donné dans des établissements fondés par l'État, par les provinces ou par les particuliers, subventionnés ou non par l'État ou par les administrations provinciales.
Établissements de l'État. — D'après le nouveau règlement, expédié en mars 1889, il y a trois écoles militaires : Tune à Rio-de- Janeiro, l'autre à Porto-Alegre, et une autre à Fortaleza. Celle-ci est un simple externat.
L'enseignement de ces écoles se compose de deux cours : le cours préparatoire et le cours d'infanterie et de cavalerie. Le cours préparatoire est purement théorique et dure trois années. Le cours d'infanterie et de cavalerie dure deux années.
On vient de créer à Rio une École supérieure de guerre, externat destiné à donner l'instruction théorique et pratique aux officiers qui se seront le plus distingués dans les écoles militaires et qui auront été proposés pour suivre les cours supérieurs. Ces cours
supérieurs comprennent L'artillerie, L'état-major et le génie militaire. Les cours d'artillerie sont répartis dans Les deux premières années, et Les cours d'état-major et de génie embrassent quatre années.
D'après le nouveau règlement, il y a tout les ans un concours par devant l'assemblée des professeurs de L'École supérieure : trois des meilleurs élèves seront envoyés en Europe, après concours, pour y compléter Lçur instruction militaire. — L'école de Porto- Alegre possède, à côté des cours de cavalerie, celui d'artillerie.
L'École de marine de Rio possédait également un cours préparatoire, le Collège naval; mais l'école et le collège ont fusionné, en vertu du règlement du 26 juin 1886, et forment L'École navale. Pendant Tannée 1888, le Cours supérieur de cette École a été fréquenté par 62 élèves, le cours préparatoire par 145 et Le cours de nautique par 3 élèves. Le cours préparatoire comprend trois années, comme le cours supérieur. La quatrième année est consacrée à des voyages d'instruction.
Nous ne citerons que pour mémoire: l'Académie des beauxarts, fréquentée, Tannée dernière, par (32 élèves et 25 élèves libres ; le Conservatoire de musique, fréquenté en 1887 par 181 élèves et 49 élèves libres ; l'Asile de l'enfance abandonnée (Meninos Desvalidos) ; l'Institut des enfants aveugles, qui, en 1887, comptait 56 élèves ; l'Institut des sourds-muets, qui, pendant la même année, eut 33 élèves, etc., etc.
Établissements provinciaux. — Un certain nombre de provinces entretiennent des établissements d'enseignement technique assez bien dotés.
La province de l'Amazone possède une école professionnelle où sont élevés à ses frais et où reçoivent l'instruction élémentaire et professionnelle environ 150 enfants. La même province a un Asile pour les orphelines et elle subventionne largement un Musée botanique.
A Para, il y a également une école professionnelle qui renferme 92 élèves internes entretenus par la province.
A Minas-Geraes, on trouve : dans le chef-lieu, Ouro-Preto, un cours de pharmacie : à Serro, un petit lycée d'arts et métiers ; à Piracicaba, une École d'agriculture.
Dans d'autres provinces, on trouve des établissements analogues.
Établissements privés. — Deux de ces établissements méritent une mention spéciale pour leur organisation et pour les services réels qu'ils rendent.
Le premier se trouve à Rio-de-Janeiro. Sous le nom de Lycée d'arts-et-métiers, il a groupé un ensemble de professeurs hors ligne, qui donnent renseignement le plus varié et le plus complet sans aucune rétribution. Les étrangers et les nationaux y sont admis gratuitement. Il possède pour le sexe féminin des cours admirablement organisés et fréquentés par un grand nombre de jeunes filles de toutes les classes. Installé dans un bâtiment magnifique, pourvu de collections et de tout l'appareil nécessaire à renseignement, ce Lycée, œuvre de M. Béthencourt da Silva, est alimenté principalement par les ressources des particuliers, quoique l'État Jui accorde une subvention, et que l'un des derniers ministres libéraux, M. le conseiller Rodolpho E. de Souza Dantas, se soit acquis une popularité légitime en le dotant largement. Ce Lycée, dont les Brésiliens sont fiers à bon droit, n'a peut-être pas d'analogue ailleurs, et, en 1887, il a été fréquenté par 2.144 élèves des deux sexes.
Le second se trouve à San-Paulo. C'est également un Lycée d'arts et métiers, qui donne l'instruction gratuite, tous les ans, à une moyenne de 600 élèves.
En terminant, il faut encore citer la Société protectrice de l'industrie nationale, de Rio (Sociedade Auxiliadora da Industria Nacional). Ses cours du soir et son école industrielle ont été fréquentés en 1888 par 157 élèves. Elle publie, depuis bientôt soixante ans, une revue : 0 Auxihador da Industria Nacional, qui a rendu les plus grands services au pays.
Telles sont les indications sommaires que l'on peut fournir sur l'instruction publique au Brésil. De l'ensemble des données que nous avons présentées, il résulte que l'instruction publique est l'objet de la préoccupation constante et éclairée de tous les citoyens et de toutes les administrations provinciales et municipales, qui ne se déchargent pas de ce soin sur le pouvoir central.
En 1883, une exposition pédagogique internationale a été organisée à Rio-de-Janeiro. Cette exposition a été couronnée de succès, quoique ses organisateurs n'aient dû compter que sur les ressources fournies par des particuliers. Un musée scolaire per-
manent a été établi à La suite do cette exposition et est entretenu par une société (Associaç&o Mantenedora do Museo Escolar nacional), présidée par Monseigneur le Comte d'Eu. Ce musée, qui possède aujourd'hui une bibliothèque avec 7.000 volumes, de nombreux échantillons de mobilier scolaire et plus de 900 groupes d'objets, est dû en grande partie à la protection de Monseigneur le Comte d'Eu, aux efforts d'un ministre libéral, M. le Baron de Loreto, aux contributions de quelques citoyens généreux et aux largesses d'un grand nombre d'éditeurs (étrangers.
En constatant tout ce que le Brésil a déjà réalisé pour l'instruction publique, on a quelque raison de croire que désormais l'enseignement à tous les degrés y va prendre un nouvel essor. Certes, bien des lacunes restent encore à combler: l'instruction technique n'est pas encore assez développée, l'instruction générale n'est pas encore assez répandue, les institutions et les maîtres sont insuffisants sur plus d'un point, et par le nombre et par les capacités. Mais, si l'on considère le point de départ et les résultats obtenus, on est obligé de reconnaître qu'un grand pas a été fait dans la bonne voie, et que le Brésil n'est pas tout à fait en retard sur la civilisation européenne.
Tableau des dépenses votées pour l'Instruction Publique dans tout l'Empire pendant V exercice financier l S 8 6-1 887, d'après la Rcvista Sul-Americana :
Amazonas 290 contos.
Para 676 —
Maranhâo 177
Piauhy 54 —
CeanU 199 —
Rio-Grande-du-Nord 128 —
Parahyba 119 —
Pernambuco 1.002 —
Alagôas 207 —
Sergipe 148
Bahia 561 —
Espirito-Santo 94 —
Uio-de-Janeiro (province) 970 —
.1 repoi 'ter. . . . 4.631 contos
Report. . . . 4.631 contos ■
Rio-de-Janeiro (ville) 955 —
San-Paulo 789 —
Parané 163 —
Santa-Gatharina 100 —
Rio-Grande-du-Sud 523 —
Minas-Gcraes 968 —
Goyaz 61 —
Matto-Grosso 48 —
Total 8.238 contos
soit 23.500.000 francs.