III. Compagnies d'apprentis mineurs des arsenaux
de guerre. — De toutes les institutions de bienfaisance ressortissant du ministère de la guerre, la plus ancienne est celle des Apprentis mineurs des arsenaux de guerre. Elle date de l'époque où le régent du royaume de Portugal don Jean VI vint s'établir au Brésil, après l'envahissement du royaume par les armées de Napoléon en 1808. Le 15 novembre 1831, une loi organisa cette institution, et, le 21 février 1832, un règlement fut ajouté pour l'application de cette loi. Ce règlement permettait de recevoir dans l'arsenal, pour y être élevés en qualité d'apprentis, les enfants trouvés, les orphelins indigents et les enfants de parents indigents. Ces enfants, recueillis dans l'arsenal, y recevaient
l'instruction primaire, à Laquelle était joint L'enseignement du dessin. Ils y apprenaient en outre un métier à Leur choix et selon Leurs aptitudes. Ils étaienl nourris. Logés et habillés par l'établissement, l'n décrel du L9 octobre L872, portanl le numéro :>lis. réorganisa Les Compagnies de mineurs des arsenaux de guerre. D'après ce décret, la capitale de l'Empire compte quatre Compagnies d'apprentis ; en outre, toute province qui renferme
irsenaux possède une Compagnie de cinquante apprentis. On exige des candidats qu'ils soient Brésiliens, âgés de sept ans au moins et de douze ans au plus, doués d'une constitution robuste et vaccinés. Le nombre des apprentis est complété:
■ Les orphelins ou indigents qui sonl abandonnés et qui remplissent les conditions ci-dessus énumérées. Les autorités Locales se chargent de Leur présentation; 2° par les enfants nés de parents pauvres et hors d'état de les entretenir et de les élever; 3° par les enfants des ouvriers de l'arsenal comptant plus de dix ans de service effectif et par ceux des soldats et sousofficiers des armées de terre et de mer; 4° à défaut de mineurs appartenant aux catégories ci-dessus, par tous les enfants qui
; présentés par Leurs parents, tuteurs et autres personnes qui les représentent légalement, pourvu que ces personnes prouvent Leur état d'indigence. Les apprentis sont nourris, logés, habillés, soignés et élevés aux frais de l'État. Dans les classes, on Leur enseigne les éléments de la grammaire, la géométrie appliquée, le dessin linéaire et la musique. Dans les ateliers, ils apprennent les différents métiers le plus en usage, et pour lesquels ils manifestent le plus de goût.
xcellente fondation a donné les meilleurs résultats, grâce a son mode de fonctionnement. Tout d'abord, lorsque L'apprentia atteintl'âge réglementaire de sortie, qui est seize ans, il passe aux compagnies d'ouvriers. 11 y sert pendant dix ans. Après cela, le jeune ouvrier, à peine âgé de vingt-six ans, se trouve Libéré de tout service militaire. 11 peut alors continuera travailler à l'arsenal comme ouvrier libre ou s'engager ailleurs. Dans tous les cas, il est devenu un homme laborieux et utile. Quelques-uns, parmi eux, ayant préféré suivre la carrière militaire, sont parvenus aux plus hauts grades de l'armée. Le dépôt des apprentis artilleurs a été constitué par le décret numéro 3.555, du (.) décembre 1865. Il a été établi à Rio-de- Janeiro. Des instructions ministérielles en date du ii janvier 1866 et du c2l mars 1867, le réglementent. Le but de cette création est de
former pour l'armée d'artillerie des soldats capables et exercés. Le dépôt peut recevoir 1° les soldats du corps et des compagnies d'artisans qui, à l'époque de la fondation du dépôt, ne pouvaient pas être transférés dans les compagnies d'ouvriers. Ces soldats doivent prouver qu'ils ont une conduite irréprochable tant au civil qu'au militaire ; 2° les jeunes artisans de l'arsenal de guerre de Rio-de-Janeiro, qui n'auraient montré aucune disposition pour les arts spéciaux professés à l'arsenal ; 3° les engagés volontaires ou ceux qui se destinent au service de l'artillerie ; 4° les enfants des sous-officiers et soldats morts à la guerre ou sous les drapeaux, si ces enfants sont abandonnés et sans famille. D'autres pourront, en outre, être présentés spontanément par leurs parents ou leurs tuteurs ; 5° les fils d'indigents ; 6° ceux qui, se trouvant dans l'un des cas énoncés ci-dessus, seront envoyés par les présidents des provinces ou par les autorités respectives ; 7° les enfants présentés par leurs propres parents ou par leurs tuteurs ; 8° les recrues âgées de moins de dixhuit ans.
Pour être admis au dépôt des apprentis artilleurs, il faut être âgé de douze ans au moins et de dix-huit ans au plus. Seuls, les enfants des sous-officiers, dont il a été parlé au paragraphe 4, peuvent être reçus avant d'avoir atteint l'âge de douze ans. Ces derniers sont placés dans les compagnies de mineurs des arsenaux, jusqu'à ce qu'ils aient atteint l'âge réglementaire ; après quoi, ils passent au dépôt. On exige également des candidats une constitution saine et robuste ainsi qu'un certificat de vaccine.
L'instruction donnée aux apprentis artilleurs est théorique et pratique.
La théorie comprend l'enseignement primaire, la géométrie pratique, le dessin linéaire, la comptabilité militaire et l'étude de la religion confiée à un aumônier.
La pratique embrasse toutes les connaissances indispensables à un bon artilleur : des notions techniques, l'école de peloton, les armes, la gymnastique, la natation, etc.
Le dépôt est organisé de manière à fournir six compagnies de cent apprentis chacune. (Instruction ministér. du 21 mars 1867.)
Chaque année, trois apprentis artilleurs sont choisis parmi les plus distingués du cours théorique et inscrits à l'école militaire pour y suivre les cours préparatoires.
Les jeunes gens qui ont terminé leurs études au dépôt et qui ont atteint leur dix-huitième année, sont enrégimentés dans le
corps d'artillerie où ils sont proposés au choix pour l'avancement au grade de sous-officicr.
Quanta ceux qui, par incapacité ou négligence, n'ont pas terminé leurs éludes, ils sont incorporés, sans prérogative d'aucune sorte, dans les batteries d'artillerie pour y accomplir leur temps de service.
Les apprentis d'artillerie touchent la même solde que les artilleurs. S'ils sont engagés volontaires, ils perçoivent en outre la prime que la loi alloue aux hommes de cette catégorie.
Ils sont nourris, habillés, blanchis et soignés, en cas de maladie, dans une infirmerie spéciale, aux irais de l'État.
La solde des apprentis artilleurs ne leur est pas remise en entier. Une retenue des deux tiers est placée à la caisse d'épargne. Un livret est délivré à l'apprenti. A sa sortie du dépôt, celui-ci touche le montant des sommes versées en son nom avec les intérêts accumulés.
La loi numéro 2.91)1, du 21 septembre 1880, en fixant le contingent des forces militaires de L'Empire, a réduit le nombre des apprentis d'artillerie à quatre cents.
Cette institution a été féconde en heureux résultats. Plusieurs des anciens apprentis, élevés au dépôt aux frais de l'État, ont conquis des grades élevés dans les rangs de l'armée ; d'autres ont fait d'excellents sous-officiers d'artillerie ; ceux-là même qui ont montré le moins de dispositions pour les études, servent dans les régiments d'une manière utile pour le pays.
En ce moment, en présence des progrès accomplis, le gouvernement étudie les moyens d'étendre et de propager cette institution.
Une loi du 9 septembre 1874, portant le numéro 2,530, a déjà autorisé la création d'une compagnie d'apprentis militaires dans chacune des provinces de l'empire où il n'existe pas d'arsenal de guerre.
Le but de cette loi est de former un corps de soldats instruits et de sous-officiers capables pour l'infanterie.
En exécution de ladite loi, des compagnies d'apprentis militaires ont été fondées dans les provinces de Minas-Geraes et de Goyaz (décret numéro 6.205 du 3 juin 1870). Un règlement spécial a été donné à ces fondations par un autre décret du 3 juin 1876, sous le numéro 6.304.
Les compagnies nouvellement créées devaient compter cent
apprenti». Un arrêté ministériel, en date du 18 septembre 1879, en a réduit le nombre à quarante.
Ces compagnies ne reçoivent que des candidats de nationalité brésilienne, âgés de plus de sept ans et de moins de douze ans, pourvus d'une bonne constitution et vaccinés.
Sont admis :
Les orphelins ou abandonnés, sur la présentation des autorités compétentes ;
Les enfants des sous-officiers et soldats de l'armée et de la marine ;
Les fils de personnes pauvres, dépourvues de tout moyen d'existence et d'éducation ;
Les enfants nés libres de parents esclaves, en vertu de la loi d'émancipation graduelle du 28 septembre 1871 ; enfin, les enfants présentés par leurs parents ou leurs tuteurs, pourvu que ceux-ci prouvent qu'ils sont réellement dans l'indigence.
Les apprentis militaires, comme les apprentis artilleurs, sont logés, nourris, habillés et soignés aux frais de l'État. Ils perçoivent une solde égale à celle des soldats d'infanterie. On leur distribue un enseignement théorique général et une instruction technique spéciale, qui se résument dans l'enseignement primaire, les exercices de l'école du soldat. La musique instrumentale est enseignée à ceux qui y montrent quelque aptitude.
A l'âge de quatorze ans, le jeune apprenti est dirigé sur le corps où il doit servir, qu'il ait ou non terminé sa période d'instruction.
L'apprenti qui sort avec le numéro un au concours de fin d'étude, peut-être autorisé à suivre les cours de l'école militaire.
La loi numéro 2,556, du 26 septembre 1874 a autorisé l'établissement de compagnies d'apprentis ou d'ouvriers militaires dans les provinces.
On doit y recevoir de préférence les orphelins, les enfants abandonnés et les enfants nés libres de parents esclaves (ingenuos) dont parle la loi du 28 septembre 1871.
Cette loi destinée à donner un placement utile aux enfants nés libres de parents esclaves peut avoir des conséquences très bienfaisantes et très profitables à l'avenir du pays.
Les ressources militaires dont le ministère de la guerre dispose pour les dépenses de ces différentes œuvres, atteignent la somme de 918.200 francs.
IV. La protection de l'enfance abandonnée dans lc\s provinces. — Il n'y aguèrede province, au Brésil, qui ne de un ou plusieurs établissements privés ou publics destinés à protéger l'enfance. Mais, comme il a été dit en commençant, il est difficile de réunir des informations précises sur ces différents établissements. Il faut tenir compte, en effet, des longues distances qui rendent les communications moins fréquentes, et de la décentralisation des services administratifs qui complique les recherches. Yoici, cependant, quelques informations concernant la protection de l'enfance abandonnée, dans la plupart des provinces de l'empire.
Province de l'Amazone. — A Manaos, chef-lieu de cette lointaine province, située à l'extrême nord du Brésil, il existe un établissement appelé : Etablissement des élèves-artisans [estabelecimento de educandos artifices) ; il est subventionné par le budget provincial et reçoit principalement des enfants des familles indigènes de Y Amazonie.
L'instruction primaire et l'enseignement professionnel y sont distribués gratuitement aux pensionnaires.
Province de Para. — Les établissements consacrés à la protection de l'enfance sont assez nombreux dans cette province. Il faut citer en première ligne VInstituto Paraense, établi par la loi provinciale numéro 660, du 30 octobre 1870, et entretenu aux frais de la province. Il a pour but l'enseignement professionnel des orphelins indigents et d'autres enfants pauvres. On y donne également une instruction générale qui comprend la géométrie, la mécanique appliquée aux arts et à la construction navale, la technologie professionnelle, le dessin des machines, la topographie, la musique vocale et instrumentale, le dessin d'ornement et d'architecture, la langue française et la gymnastique. L'instruction professionnelle proprement dite, se compose d'un cours théorique et d'un cours pratique. Le cours théorique dure deux années et embrasse la géométrie, la mécanique, la technologie et le dessin. Le cours pratique se tient dans des ateliers où l'on enseigne les métiers de tailleur, ferblantier, cordonnier, forgeron et menuisier.
Pour être admis, les candidats doivent être pauvres et abandonnés, âgés de plus de septans et de moins de quatorze ans. A leur sortie de l'institut, après L'achèvement de leurs études, les
élèves reçoivent un pécule provenant des retenues de salaires, des
donations, etc. Les enfants élevés à VInstituto Paraense sont au nombre de 90. Pendant l'année 1880, les dépenses de l'établissement sesontélevées à 158.000 francs. Le gouvernement provincial a contribue à cette dépense pour une somme de 120.000 francs. Le surplus a été couvert par le rendement des ateliers et par certaines allocations déposées par ceux qui engagent et emploient l'orchestre hors de l'établissement.
Pour les enfants du sexe féminin, la province a fondé et entretient le Collegio de Nossa Senhora do Amparo. Les orphelines, les pauvres, les abandonnées et les filles exposées au tour sont recueillies dans ce collège. L'enseignement comprend le programme des Écoles primaires, l'instruction religieuse, la couture et quelques arts d'agrément. Les élèves sont admises de sept à douze ans. Elles peuvent quitter l'établissement dès l'âge de dix-huit ans, dans les cas suivants : pour rentrer dans leurs familles, pour se marier, pour se placer dans des familles honorobles, pour servir dans les écoles publiques. Les jeunes filles qui sortent pour se marier, reçoivent un trousseau d'une valeur de 1.250 francs et une dot s'élevant à 2.500 francs. Mais on ne peut doter chaque année plus de six élèves. Toutes les autres, à leur sortie du pensionnat, ont droit à un pécule résultant de legs, de donations, d'offrandes et de ventes d'ouvrages exécutés par elles. Ces travaux sont exposés dans une salle du pensionnat. Le nombre des jeunes personnes élevées dans cette maison, est actuellement de 224.
Pendant Tannée financière 1879-80, la recette du Collège a été de 169.342 francs, la dépense ne s'est montée qu'à 161.775 francs.
Cet établissement possède un patrimoine évalué à 84.575 francs, plusieurs immeubles et quelques terrains.
Pour l'exercice 1880-81, l'Assemblée provinciale lui a voté une subvention de 167.250 francs; l'État lui accorde en outre une allocation annuelle de 5.000 francs.
L'administration se compose d'un proviseur, d'un secrétaire, d'un trésorier, d'un aumônier et d'une régente pour la direction de l'intérieur.
Le personnel enseignant compte six maîtresses, un professeur de piano, six surveillantes, un concierge et trois servantes.
Province de Maranhâo. — Nous possédons des renseignements sur trois établissements de cette province. L'un est affecté
aux jeunes garçons indigents; L'autre, aux jeunes filles, et le troisième est mixte, Le premier se nomme : Casa de Educandos artifices. Il a été créé par la loi provinciale numéro L05, du "l'A août 1841. L'inauguration en a eu lieu le 25 novembre 1 «s:>(> ; 12(> élèves orphelins ou indigents y reçoivent en ce moment renseignement primaire et religieux, des notions de géométrie appliquée aux arts, les principes de musique vocale et instrumentale, les connaissances professionnelles pour les métiers de tailleur, cordonnier, serrurier, menuisier et charpentier. La limite d'âge pour l'admission commence à sept et finit à quatorze ans. La province dépense pour l'entretien de cette œuvre 122.500 francs par an.
La deuxième institution est: le Recolhemento de Nossa Senhora da Anunciaçâo e dos Remedios. Cet asile est placé sous la haute surveillance de Pévêque diocésain. 11 recueille 30 jeunes filles abandonnées, qui y reçoivent l'instruction élémentaire et y apprennent un métier. La province fait une pension annuelle de 500 francs pour chaque élève ; et l'établissement possède en outre un petit patrimoine de 46.500 francs dont il touche les revenus.
Enfin, la troisième institution est : la Casa de expostos, le tour, la maison des enfants exposés. On y reçoit les enfants exposés des deux sexes. La Santa Casa de Misericordla se charge des frais d'entretien. Pendantl'année 1880, l'asile a reçu 15 enfants, dont 2 du sexe masculin et 13 du sexe féminin.
Province de Ceara. — Cette province renferme une colonie qui mérite une mention spéciale. C'est la colonie Christina. Elle a ele fondée par la loi provinciale numéro 1870 du 11 novembre 1870. Elle recueille des enfants abandonnés des deux sexes et les enlants nés libres de parents esclaves (ingenuos), dont parle la loi du 28 septembre 1871. La colonie est établie dans une Fazenda appelée Canafislula. cl donnée à la province par M. le commandeur Luiz-Rîbeira da Cunha. Cette propriété a été estimée 75.000 francs. La ferme est située dans le municipe d'Acarape ; elle est traversée par le chemin de fer de Baturité, et possède des terres de première qualité, des bois riches en essences forestières et quelques dépendances, tels qu'immeubles, enclos et plantations. Les mineurs reçoivent à la ferme l'instruction primaire et s'y exercent à des travaux agricoles. L'établissement est administré par uni} commission de six membres sous le nom de Meza protectora (bureau protecteur-.
Le budget de la province a inscrit à l'exercice 1879-80 une somme de 67.362 francs pour l'entretien de la colonie. L'État, de son côté, lui alloue chaque année une subvention de 18.000 francs.
La colonie Christina compte présentement 216 colons, dont 51 du sexe masculin et 195 du sexe féminin. Une grande partie des fertiles terres de la colonie est déjà livrée à l'exploitation (399.000 mètres carrés). On y cultive le manioc, le maïs, les haricots, la canne à sucre, le blé-riz, etc. Des ateliers sont installés dans les bâtiments, et servent à former des charpentiers, des tourneurs, des forgerons, des cordonniers, des maçons et des boulangers. Les orphelines se livrent aux travaux à l'aiguille, à la fabrication des fleurs artificielles, au filage et au tissage des draps. La colonie Christina possède des étables contenant 106 têtes de bétail, 11 chevaux, 2 mules et 1 âne.
Province de Pernambuco. — Le plus important des établissements de charité pour l'enfance dans la province de Pernambuco est la Colonie agricole et industrielle d'orphelins. Elle est installée dans une vaste ferme de l'État à Pimenteiras, à la place du Collège d'orphelins qui y existait auparavant. (Loi provinciale numéro 1053, du 6 juin 1872).
Le but de la colonie est de venir en aide aux enfants abandonnés et d'en faire des hommes honnêtes et utiles à leur pays. Pour y parvenir, on leur donne un enseignement spécial en rapport avec les conditions du pays ; on les initie aux améliorations de la grande et de la petite culture ; on leur fait connaître en théorie et en pratique les instruments agricoles, les procédés de plantation et de récolte, les modes et emplois des diverses matières premières empruntées à l'agriculture, les amendements de terre, les engrais, etc.
Les colons reçoivent l'instruction religieuse et morale, l'instruction littéraire, scientifique, artistique, économique, industrielle et agricole.
Des ateliers de menuisier, de charpentier, de cordonnier, de tailleur, de forgeron et de maçon sont établis dans la colonie.
Pendant les récréations, les colons se livrent à des exercices de gymnastique, de natation, d'équitation et à des exercices militaires.
La ferme reçoit des pensionnaires payants et des non payants. Les pensionnaires payants versent une somme annuelle de 300 francs pour leur pension. Parmi les colons reçus à titre
gratuit on compte: des orphelins qui u'onl personne pour se charger «I»1 leur éducation ; des enfants de fonctionnaires do l'État ou d'employés provinciaux morts pauvres ou chargés de famille, et, enfin, «les enfants appartenant à des parents négligents ou indignes et qui se trouvent privés de toute éducation. Les postniants doivent avoir plus do sept ans et moins de douze ans. Les enfants admis gratuitement s'engagenl à rester dans la colonie jusqu'à Vàge de vingt-et-un ans. Le colon qui a accompli régulièrement sa période d'instruction, reçoit un brevet à sa sortie pour constater le degré de ses connaissances professionnelles et témoigner de sa conduite pendant son séjour dans la maison. Des récompenses spéciales et des encouragements particuliers sont accordés à ceux qui se distinguent par leur bonne tenue, par leur application et par leurs progrès. On les fait avancer en grade, nu leur décerne des distinctions honorifiques et des prix d'honneur. On peut même les nommer surveillants ou cbefs d'ateliers. Par contre, tout un système de punitions est organisé contre ceux qui ne remplissent pas leur devoir ou dont la conduite est irrégulière. Ces punitions sont graduées selon la faute commise. Elles comprennent les peines suivantes: 1° admonestation privée ; 2° admonestation publique, en classe, dans l'atelier ou au réfectoire ; 3° travail pendant le temps de la récréation ; 4° retenue simple; 5° retenue et réduction de la ration ordinaire; G0 en cas de récidive, retenue et dégradation ; 7° admonestation formelle et prison ; 8° expulsion. Pour le moment, la colonie agricole de Pimenteiras n'est entretenue qu'à l'aide de subventions accordées par l'État et la province. Son patrimoine est presque nul et ne se compose guère que du fonds ayant appartenu autrefois au Collège des orphelins.
Il est probable que ces maigres ressources augmenteront, grâce aux donations et aux legs qui ne manqueront pas d'affluer. Le dernier budget provincial a accordé une somme de 100.000 francs pour l'entretien et les travaux de cel établissement. L'État, de son côté, fournit une somme assez élevée. La colonie compte actuellement 132 enfants, ^n seul d'entre eux est pensionnaire payant.
Les enfants du sexe féminin sont recueillis dans le pensionnat des Orphelines (Collegio dus Orphâs). Il a été fondé par une loi provinciale en date du 11 novembre 1831, dans le but de pourvoir à l'entretien et à l'éducation des orphelines pauvres. Celles-ci doivent avoir, pour y être admises, plus de six ans et moin- de
seize ans. Les jeunes élèves y reçoivent l'instruction élémentaire, y apprennent la couture, la broderie et la plupart des travaux de femmes. On leur enseigne aussi la musique. Aucune élève ne peut rester an pensionnat passé l'âge de vingt et un ans. Celles qui, étant parvenues à cet âge, nese marient pas, sont placées en service dans des familles d'une honorabilité reconnue. L'orpheline qui quitte la maison pour se marier reçoit un trousseau et une dot en argent de la valeur de 750 francs. L'orphelinat compte aujourd'hui 200 élèves. En 1879, le patrimoine de l'établissement a produit un revenu de 80.000 francs ; les dépenses ont atteint seulement le chiffre de 74.758 francs. Ce pensionnat est administré par la Santa Casa de Misericordia.
Il existe en outre, à Récite, capitale de la province de Pernambuco: un refuge pour les enfants exposés par leurs parents [Casa de Fxpostos). Comme le pensionnat dont nous venons de parler, cet asile relève de la Santa Casa de Misericordia. On y abrite les enfants abandonnés par leurs parents, et, dès que ces entants ont atteint l'âge de raison, ils reçoivent l'instruction que comportent leur âge et leurs aptitudes. Cet établissement coûte chaque année environ 100.000 francs à la pieuse institution de bienfaisance dont il vient d'être question. Présentement, 234 enfants reçoivent des soins et l'instruction dans l'asile, et 126 ont été confiés à des nourrices du dehors.
Province d'Alagôas. — Dans cette province, il existe un asile pour les orphelines indigentes. Il a été établi, en 1877, par la charité privée, dans la ville de Maceiô, chef-lieu de la province. Il porte le nom à' Asile de Notre-Dame-du-Bon-Conseil. Quoique de date récente, cette fondation se trouve déjà en possession d'un capital de 54.353 francs environ. Les jeunes filles qui y reçoivent une éducation modeste et soignée sont au nombre de 11 seulement. Pendant l'année 1881, les recettes ont produit une somme de 11.695 francs, et les dépenses ont été réglées à 8.567 francs environ.
Province de Bahia. — Cette province est l'une de celles où les établissements de charité destinés à la protection de l'enfance, sont le plus nombreux. Comme dans la plupart des grandes villes du Brésil, il existe à Bahia, chef-lieu de la province de ce nom, une maison pour les enfants abandonnés et exposés [Asylo de Fxpostos). Cet asile compte actuellement 272 enfants, dont 213
du sexe féminin et 60 seulemenl du sexe masculin. Los enfants recueillis reçoivent L'instruction primaire et apprennent un métier suivant leur sexe et leurs préférences. Pendant l'année issi, la vente des objets confectionnes dans rétablissement a produil la somme de 8.080 francs. Les autres recettes ne se sont élevées qu'à La somme de 3.675 francs, tandis que les dépenses ont atteint le chiffre de 132.400 francs.
Le Pensionnat des orphelines du Sacré-Cœur de Jésus entretient et élève 120 orphelines. Sa rente ordinaire, en y comprenant la subvention que lui accorde le Trésor provincial, n'est <pie de 37.500 francs. Les dépenses atteignent tous les ans Î2.5DD francs environ. Pendant l'année 1880, les travaux des orphelines ont produit une somme de plus de 15.000 francs.
Trois autres maisons de bienfaisance sont ouvertes aux orphelines indigentes dans cette province. Deux de ces maisons sont au chef- lieu même; la troisième est établie dans la ville de Feira de Santa-Anna. Cette dernière a été instituée le 25 mars 1870, sous le nom d'Asile de la Vierge de Lourdes. Elle est entretenue par la charité publique. En 1880, l'asile ne comptait encore que 11 orphelines, toutes âgées de moins de dix ans.
Les dépenses de cette même année ont été de 51.285 francs, et les recettes d î 55. 108 francs.
La Casa du Providencia est également affectée à l'éducation des jeunes filles pauvres et orphelines. Elle a été établie dans la ville de Bahia par une association de dames charitables. La maison entretient 179 jeunes filles indigentes, qui y reçoivent une excellente et solide éducation; 70 orphelines sont nourries, habillées et élevées aux frais de l'établissement. Les recettes pour l'année 1879 ont été de 127.870 francs, et les dépenses de 128. 430 francs. Le déficit a donc été de 560 francs.
Une autre maison de secours, destinée aux jeunes filles pauvres, a une organisation quelque peu différente. C'est le Pensionnat d(3 Notre-Dame de la Sulfite A côté d'un certain nombre déjeunes filles indigentes, 34 actuellement, d'autres paient une pension mensuelle minime. Ces dernières sont au nombre de 30. Une école a été fondée pour des externes pauvres, du sexe féminin, dont quelques-unes sont nourries et habillées par rétablissement, au moyen de ressources fournies par les libéralités privées.
L'administration provinciale accorde une subvention annuelle de 2.500 francs à ce pensionnat.
Pour Jes orphelins, la province dispose du Collège des orphelins de S. Joachin. Cent orphelins y sont instruits et y apprennent divers métiers. Cette institution dispose d'une subvention annuelle concédée par le gouvernement provincial ; elle possède, en outre, un patrimoine de près de 933.000 francs, représenté par des immeubles, des valeurs, etc. Les revenus de ce capital s'élèvent à 63.785 francs par an. Durant la période écoulée du 1er septembre 1878 au 31 août 1879, les recettes ont été de 103.890 francs, et les dépenses de 107.704 francs. Déficit: 3.814 francs.
Outre ces institutions, la Santa Casa de Misericordla de Valence, celle d'Oliveira-dos-Campinhas, le Recolhimento de Saint-Raymond et celle de Nossa Senhora dos Humildes, à Santo- Amaro, dans la même province, secourent environ 100 orphelins de l'un et de l'autre sexe.
Province de Santa-Catharina. — Dans la ville de Desterro, chef-lieu de cette province, il existe deux établissements destinés à l'enfance et tous deux entretenus par l'hospice de charité. Le premier de ces établissements est le Tour (Casa de Exposlos) organisé comme toutes les institutions du même genre. L'année dernière, les recettes s'y sont élevées à 4.963 francs et les dépenses n'ont pas dépassé 2.254 francs. Le second établissement est l'Asile des orphelines. Vingt jeunes filles y sont entretenues présentement. Le Trésor provincial assure à cette institution une subvention annuelle de 12.500 francs. Pendant Tannée qui vient de s'écouler, les recettes de l'asile ont été de 15.610 francs et les dépenses ont balancé les recettes.
Province de Rio-Grande-du-Sud. — Dans les trois principales villes de cette province, à Porto-Alegre, à Rio-Grande et à Pelotas, la Santa Casa da Misericordla entretient des tours et des asiles pour les enfants délaissés. Dans la Casa de Expostos de Porto-Alegre, le nombre des enfants secourus est actuellement de 114; dans celle de Rio-Grande, il est de 27, et de 30 dans celle de Pelotas. La charité privée soutient, en outre, dans cette même province, un pensionnat pour les orphelines (Collegio de Orphâs de Santa Thereza.) Environ 48 orphelines sont élevées dans cette maison.
Province de Rio-de-Janeiro. — L'asile de Sainte-Léopol-
670 LE IUIÉSIL EN 18 89.
dine, dans la ville de Nitherohy, chef-lieu de la province de Riode-Janeiro, est entretenu par la Confrérie de Saint-Vincent-de- Paul.
Cet asile ne reçoit que les jeunes Qlles orphelines. L'instruction élémentaire et l'apprentissage d'un métier sont donnés gratuitement aux pensionnaires de l'orphelinat.
Pendant l'année 1878, 1 10 orphelines ont reçu l'hospitalité
dans cette maison. Les jeunes filles qui se marient àleur sortie de l'asile touchent nue dot de 1.000 francs. L'établissement possède
une caisse de dots dont le capital dépasse 50.000 francs. Le patrimoine de l'asile, représenté par des valeurs de différente nature, s'élève à la somme respectable de l.-'JiO.OOO francs. En 1878, les recettes ont atteint 83.007 francs et les dépenses se sont montées à 94.718 francs. Le déficit a donc été de 11.111 francs.
Province de San-Paulo. — Le principal établissement ouvert à l'enfance abandonnée dans la province de San-Paulo est l'Institut des élèves artisans [Instituto dus educandos artifices). Il a été fondé, il y a une dizaine d'années, dans le chef-lieu delà province, par le gouvernement provincial, afin de donner une éducation morale et une instruction industrielle aux enfants abandonnés âgés de plus de dix ans et de moins de quatorze ans. Cet établissement est régi par une organisation toute militaire.
Les enfants portent l'uniforme et sont pourvus de grades comme dans l'armée. Ils se livrent à des exercices militaires pendant les récréations ; ils apprennent la gymnastique, la natation et l'escrime. On y a installé une école primaire et un enseignement spécial, comprenant la géométrie et la mécanique appliquées aux arts, des notions générales d'arithmétique et d'algèbre, la sculpture, le dessin industriel, la musique vocale et instrumentale. Pour l'instruction professionnelle, il existe des ateliers de cordonnerie, de menuiserie, de serrurerie, de corroirie et de confection. Les élevés quittent l'institut à l'âge de 20 ans. Leur nombre est actuellement de 94. Pendant le dernier exercice, Je budget provincial a consacré à cette fondation une somme de 39.150 francs. L'établissement est sur le point de subir une transformation complet:'.
Une loi provinciale, en date du 25 avril 1880, sous le numéro 108, permet de lui donner l'organisation d'une colonie agricole de mineurs abandonnés. En vertu de cette loi, l'administration provinciale a été autorisée a acheter deux lots de terres d'une
contenance de 1.000.000 de mètres carrés au moins (500.000 brasses), afin d'y établir des centres agricoles composés d'enfants nationaux, ou étrangers, âgés de plus de 12 ans.
Une dame charitable a fondé également une maison pour les orphelins et les entants abandonnés. C'est VInstituto de Dona Arma Rosa. Il est établi au chef-lieu de la province; environ 140 enfants y reçoivent l'instruction primaire et y apprennent un métier manuel. Un tour est entretenu aux frais de l'hospice de la Miséricorde de Saint-Paul, et reçoit tous les ans environ 100 enfants abandonnés. A Campinas, ville importante de cette même province, il existe aussi un asile pour les orphelins, sous l'administration de l'hospice de la Miséricorde.