‹ Le Brésil en 1889Chapitre 125 sur 147 · V. I/asile des enfants assistés de Rio-de- Janeiro · texte numérisé non relu

V. I/asile des enfants assistés de Rio-de- Janeiro

— L'asile des Enfants assistés de la capitale de l'Empire a été institué en vertu d'un décret du 24 janvier 1874, portant le numéro 5.532. Un second décret, du 9 janvier 1875, numéro 5.349, détermine et réglemente les conditions d'après lesquelles l'établissement doit être administré.

Il résulte de l'article 12 de ce décret, que le gouvernement se proposait dès cette époque de créer et d'organiser d'autres asiles similaires dans le municipe de la capitale. Cet asile fonctionne de la manière la plus satisfaisante possible. Il vient de subir une réorganisation partielle d'après un décret du 17 mars 1883, sous le numéro 3.910. Le régime de la maison est l'internat; 200 enfants abandonnés, âgés de 8 ans au moins et de 12 ans au plus, y sont pensionnaires. Sont considérés comme enfants abandonnés : tous ceux qui n"ont personne qui doive ou qui puisse pourvoir à leur entretien et leur assurer une éducation convenable. L'asile reçoit: les orphelins de père et de mère, les orphelins de père seulement, et les enfants dont les parents sont privés de tout moyen d'existence.

A vingt et un ans révolus, les élèves sont détachés de l'asile, après communication faite au ministère de l'intérieur. Ceux d'entre eux qui ont fait preuve d'une conduite exemplaire, et qui montrent quelque aptitude pour les lettres, sont recommandés au ministre de l'intérieur, qui, selon qu'il le juge convenable, leur accorde des bourses d'étude pourFinternatdu Collège impérial de Dom Pedro II ou pour tout autre établissement d'instruction secondaire. Les enfants âgés de plus de dix-huit ans, et dont le travail devient productif pour l'asile, ont droit à la moitié du

bénéfice net de leur travail. Les sommes qui leur reviennent de ce chef, sont versées, tous les mois, à la Caisse d'épargne pour leur êl re remboursées à leur sortie de la maison. Les enfants sont habilles ei nourris aux frais de rétablissement. L'instruction qui leur est donnée comprend: renseignement primaire du premier et du second degré, l'histoire et La géographie du Brésil, la musique vocale et instrumentale, le dessin, la sculpture et la gymnastique. Les métiers enseignés sont ceux de tailleur, cordonnier, charpentier, menuisier, ferblantier, relieur. Un enseignement agricole est donné dans une ferme-école dépendant de l'asile. Le personnel de rétablissement se compose : d'un directeur et d'un sous-directeur, de trois professeurs, de différents maîtres chargés d'apprendre les divers métiers aux élèves, d'un professeur d'agriculture, de quelques surveillants, d'un médecin, d'un aumônier, d'un comptable, d'un caissier, d'un concierge et de plusieurs employés subalternes.

Les élèves qui encourent la peine d'expulsion, — peine prononcée par le directeur avec l'assentiment du ministre de l'intérieur, — sont envoyés dans les compagnies d'apprentis dépendant du ministère de la marine ou de la guerre, ou bien incorporés dans la marine impériale. L'État affecte tous les ans 237.000 francs aux dépenses de l'asile, dont une somme de 100.600 francs est employée aux frais du personnel.

VI. Les colonies d'orphelins. — D'après une ordonnance du royaume de Portugal qui a conservé force de loi au Brésil, du moins quant à ses effets civils, les juges d'orphelins (juizes de orphâos) ont le devoir strict de veiller sur la personne et sur les biens des orphelins. Ils sont tenus de faire élever dans les collèges, lycées et facultés ceux d'entre eux qui possèdent quelque fortune. Quant aux pauvres, ils doivent apprendre un métier ou être placés sous les drapeaux. Un certain nombre de nos magistrats ont compris la responsabilité qui leur incombe dans cette seconde partie de leur mission : l'éducation des orphelins pauvres confiés à leurs soins. Le 7 septembre 1876, un jeune magistrat, M. Gonçalo Faro, fonda à cet effet une colonie à Estrella, dans la province de Rio-de-Janeiro. Il prit pour modèle les colonies de Sonenberg, prèsLucernc, et de Sérix, dans le canton de Vaud. Il se proposait pour but de recueillir les enfants indigents et abandonnés. Les enfants qui ont été admis dans cet asile sont nourris et habillés; ils reçoivent l'instruction élémentaire et l'enseigne-

ment professionnel. Les châtiments corporels sont absolument interdits, el la peine d'expulsion n'existe pas pour les colons indisciplinés.

L'idée généreuse de M. Gonçalo Faro a trouvé des imitateurs, et d'autres juges d'orphelins se sont empressés de créer des colonies analogues sur le territoire de leur juridiction. C'est ainsi qu'il existe aujourd'hui trois autres colonies établies sur le modèle de la colonie d'Estrella, Tune à Angrados-Reis, dans la province de Rio-de-Janeiro, fondée par M. Joaquim Mariano : l'autre àAmparo, dans la province de San-Paulo, due à l'initiative de M. Rodrigo Sete ; et la troisième à Santa-Luzia, dans la province de Goyaz, créée par M. Braz-Loureiro.

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