SON ORGANISATION, SON ENSEIGNEMENT
Dès 1832, l'idée de l'organisation de renseignement pratique de la minéralogie et de la géologie avait été adoptée parle gouvernement du Brésil, de même que la création d'une école pour l'enseignement de la métallurgie, l'exploitation des mines et la docimasie avait été décrétée.
Le siège de cette école devait être la capitale de la province de Minas-Geraes, Villa-Rica, aujourd'hui Ouro-Preto.
Cette institution faisait partie du plan général d'organisation (1 ■ l'enseignement supérieur qui, dès les premiers jours de l'indépendance, avait été l'objet de la sollicitude du gouvernement sollicitude d'autant plus nécessaire que jamais la Métropole n'avait eu souci des besoins intellectuels de la plus riche de ses colonies. Obligés d'abord de faire face à des nécessités plus urgentes pour le pays, les divers ministères qui se succédèrent n'eurent pas l'occasion d'exécuter cette partie du programme.
Il appartenait à M. le conseiller Joào-Alfrcdo Correa de Oliveira, alors ministre de l'Empire (intérieur, instruction publique et cultes et aujourd'hui président du conseil des ministres, qui a donné tant de preuves de son dévouement à la cause de l'instruction publique, de reprendre ce projet et de le faire exécuter.
En 1874, un professeur de l'Université de France appelé au Brésil pour organiser renseignement delà minéralogie et de la géologie, fut chargé par lui de choisir dans la province de Minas- Geraes la localité qui convenait le mieux à rétablissement d'une Ecole de mines et d'organiser les programmes et le règlement de cette institution.
En 1875, le travail étant terminé, l'École des mines d'Ouro- Preto put commencer ses travaux le 18 novembre 187G, sous le ministère de M. le conseiller José Bento da Cunha e Figueiredo, aujourd'hui vicomte de Bom-Conselho.
La durée des cours, la nature et la distribution des matières de l'enseignement ont été successivement modifiées par divers décrets, ayant pour but de mettre l'organisation de l'Ecole des mines en rapport avec les besoins du pays et l'état de l'instruction secondaire.
En 1884, l'Assemblée provinciale de Minas-Geraes vota une subvention annuelle de 30 contos de réis (près de 90.000 francs au change actuel) qui devait se joindre au budget ordinaire, à condition que de nouvelles chaires seraient crées de manière à permettre aux élèves qui en sortiraient de pouvoir exercer les fonctions d'ingénieur des mines et d'ingénieur civil.
Ces conditions furent acceptées par le gouvernement général, et, par décret du 27 juin 1885, l'Ecole fut soumise au règlement qui la régit aujourd'hui.
Son but, comme le déclare l'article premier de ce règlement, est de former des ingénieurs pour l'exploitation des mines, pour les établissements métallurgiques, et en général pour tous les services auxquels correspond son enseignement.
Le régime est l'externat et les élèves sont obligés d'assister à toutes les leçons, de prendre part à tous les travaux pratiques dont le nombre est fixé chaque année par la. réunion des professeurs.
L'enseignement est complètement gratuit, aucune rétribution n'est exigée des élèves pour les travaux de laboratoire.
Il leur est fourni le papier à dessin dont ils peuvent avoir besoin, et non seulement ils peuvent consulter les livres à la
bibliothèque, mais aussi, moyennant un reçu, en emprunter un certain nombre.
En nuire, chaque année, le budget de l'Ecole comprend un chapitre destiné à venir en aide aux jeunes gens pauvres qui se recommandent par leur travail et leurs progrès, et qui sans ce secours ne pourraient pas continuer leurs études.
L'enseignement est divisé en deux parties distinctes: le cours -encrai et le cours supérieur.
Chacun de ces cours dure trois années, et chaque année scolaire comprend dix mois de travaux, dont le dernier est consacré aux examens de fin d'année.
Les travaux de laboratoire, les excursions scientifiques peuvent avoir lieu les dimanches et les jours considérés comme fériés.
Cours général. — Dans le cours général, les élèves acquièrent l'instruction scientifique nécessaire pour pouvoir suivre avec facilité renseignement technique du cours supérieur.
Les élèves ne sont admis en première année que sur la présentation de certificats, prouvant qu'ils ont subi avec succès les examens de portugais, français, anglais ou allemand, histoire et géographie, devant des com'missions chargées de faire passer ces examens préparatoires, examens qui peuvent aussi être passés à l'Ecole, où des commissions de professeurs sont nommées à cet effet par le directeur.
Les deux premières années de ce cours correspondent à renseignement secondaire scientifique des lycées de France. Leur création a été rendue nécessaire par les difficultés que rencontraient les candidats à l'Ecole pour acquérir les connaissances des sciences physiques et naturelles exigées par le règlement, et dont l'enseignement, dans beaucoup de provinces, ne fait pas encore partie des programmes de l'instruction secondaire. Cette disposition, qui certainement complique l'organisation de l'Ecole, a pourtant un grand avantage, celui de donner à son enseignement une homogénéité complète. Presque tous les professeurs de l'Ecole en sont d'anciens élèves. Ils sont pénétrés des mêmes idées, suivent les mêmes méthodes, de sorte que le résultat est le même que si le même professeur accompagnait les élèves pendant toute la durée de leur séjour à l'Ecole.
Tous les programmes, depuis les plus élémentaires jusqu'à ceux des cours les plus spéciaux, sont discutés en commun et forment un tout, dont les parties se complètent mutuellement.
Les programmes de troisième année sont à peu près ceux de l'enseignement des cours préparatoires aux écoles supérieures de même nature des autres pays.
En première année, l'enseignement comprend: l'arithmétique, la géométrie, la trigonométrie et l'algèbre élémentaire, les premiers principes de physique et de chimie, le dessin d'imitation.
La deuxième année: les compléments de l'algèbre, le calcul des dérivées, la géométrie analytique à deux et à trois dimensions, la fin de la trigonométrie rectiligne, la cosmographie et l'arpentage; la ligne droite et le plan, en géométrie descriptive ; la chimie des métalloïdes, la chaleur, l'électricité et le magnétisme, en physique ; la zoologie, le dessin d'imitation.
La troisième année : le calcul différentiel et intégral, la mécanique rationnelle, la trigonométrie sphérique ; les plans tangents et l'intersection des surfaces, en géométrie descriptive; la chimie des métaux et des matières organiques ; en physique, le son et la lumière; la botanique, le dessin d'imitation.
Un certain nombre de leçons sont, en outre, consacrées à la révision des parties les plus importantes du cours de deuxième année.
Les leçons sont accompagnées de nombreux exercices pratiques de problèmes à résoudre, d'épurés à dessiner, et les élèves sont soumis à de fréquentes interrogations ; en première année, une composition sur des sujets mathématiques est faite régulièrement chaque semaine sous les yeux du professeur.
En seconde et en troisième année, les élèves sont exercés aux manipulations de chimie, de physique, de zoologie et de botanique.
Examens de passage. — Les élèves ne peuvent passer d'une année à une autre qu'à la condition d'avoir remis tous les travaux graphiques, exercices, levés de plans dont ils ont été chargés, et de subir avec succès les examens de passage qui ont lieu à la fin de chaque année scolaire; ces examens portent sur toutes les matières de l'enseignement de l'année, et les élèves ne peuvent les subir que si la moyenne des notes de l'année atteint le chiffre 8.
Cours supérieurs. — L'admission aux cours supérieurs se fait par concours, pour lequel il n'existe aucune limite d'âge inférieure ou supérieure.
Admissions. — Ace concours peuvent se présenter, sans distinction de nationalité, non seulement les élèves qui ont terminé
avec SUccès les trois années du cours général, mais aussi tous les candidats, de quelque école qu'ils proviennent, qui prouvent qu'ils possèdenl une instruction analogue à celle donnée dans
ces trois années.
Le nombre des admissions peul être fixé par le ministre de l'Empire. Le concours porte sur les matières de renseignement du cours généra] et a lieu, en juin, devant une commission nommée par le directeur de l'école et dont les membres doivent être pris parmi les professeurs. Les épreuves sont écrites et
orales.
Enseignement des trois années du cours supérieur. — L'enseignement des cours supérieurs comprend :
Première année : Minéralogie, docimasie, leçons de physique et de chimie industrielle, première partie de l'exploitation des mines, métallurgie générale et du 1er, stéréotomie, charpente, ombres el plans cotés, mécanique appliquée aux machines à vapeur, thermodynamie hydraulique. Travaux pratiques : épures, analyses de substances minérales, déterminatives de minéraux. Deuxième année: Première partie de la géologie, phénomènes actuels, pétrographie, fin de l'exploitation des mines. Métallurgie : petits métaux, mécanique appliquée à la résistance des matériaux, étude des matériaux de construction, technologie des petites professions, architecture, topographie superficielle et souterraine, tracé d'une route. Travaux pratiques : Détermination de poches, levés de plans, excursions géologiques, visite de mines et d'établissements métallurgiques.
Troisième année : Seconde partie de la géologie, description des terrains et des principaux fossiles qui les caractérisent, chemins de fer, routes, ponts et viaducs, compléments de mécanique appliquée aux courants d'eau, canaux et ports, hydrau- Lique agricole, Leçons sur la législation des mines, économie politique, droit administratif et statistique. Travaux pratiques: détermination de fossiles, dessins, rédactions de projets sur la métallurgie, L'exploitation des mines, la mécanique appliquée ei 1rs chemins de fer, excursions géologiques, visites d'usines et de travaux.
Les élevés sont obligés de remettre dans un délai d'un mois des rapports sur les études qu'ils ont faites pendant les excursions scientifiques, qui ont lieu sous la direction des professeurs, durant les jours de congé de Tannée et les vacances qui séparent Les travaux scolaires.
Les conditions de passage d'une année à une autre sont les mêmes que pour le cours général. A la fin de la troisième année, roux qui ont satisfait à toutes les conditions du règlement obtiennent un diplôme signé parle ministre de l'Empire et le directeur de l'École. L'État ne garantit aucun emploi aux ingénieurs pourvus de ce diplôme, et comme l'industrie extractive et la métallurgie sont encore, saut dans la province de Minas-Geraes, fort peu développées, ils éprouvent, malgré leur instruction scientifique déjà bien reconnue, des difficultés à se placer dans des entreprises de leur spécialité.
L'enseignement est donné par douze professeurs: six pour chacun des cours supérieur et général, aidés de trois répétiteurspréparateurs et d'un professeur de dessin. Ces professeurs sont nommés par décret impérial après concours; ils jouissent de toutes les prérogatives et garanties accordées aux magistrats des Cours supérieures.
Administration. — L'administration se compose simplement d'un directeur à la fois professeur, et d'un secrétaire chargé en même temps de la bibliothèque.
Il n'existe ni surveillants, ni agent comptable, et la nécessité ne s'en est jamais fait sentir.
Les professeurs indiquent eux-mêmes, sur leurs livres de leçons, le nom des élèves absents et les notes obtenues par les élèves.
Les collections pour l'enseignement sont les suivantes : Minéralogie : 790 échantillons représentant les principaux types de minéraux, bien cristallisés, classés dans Tordre suivi pour les leçons; 105 échantillons des minerais des métaux usuels, modèles en bois, tableaux de cristallographie.
Collection des minéraux et roches des provinces de Minas- Gereas, Rio-Grande-du-Sud, San-Paulo et des gisements aurifères et diamantifères du Brésil, en tout 633 échantillons. Géologie : 686 échantillons des fossiles caractéristiques des terrains, 116 des terrains du Brésil, 400 roches types, en tout 2.730 échantillons bien déterminés, 1.000 plaques taillées dans ces roches pour les études pétrographiques.
Métallurgie et exploitation des mines. — Le cours de métallurgie et d'exploitation des mines est doté d'une série de modèles des principaux appareils et des fours employés pour l'extraction des minerais etlapréparation des métaux, et d'une série de 100 échantillons de matières premières, produits secondaires et combustibles.
100 i.i: BRÉSIL EN 1889.
Ceux de mécanique appliquée, de construction, d'architecture, de géométrie descriptive el de stéréotomie, disposent de collections analogues. Pour ces derniers, le nombre des modèles esl assez considérable, et la collection esl la même que celle adoptée en France pour L'enseignement secondaire et supérieur.
Le cabinet de physique est aussi complet que l'exige renseignement el renferme plus de 300 appareils cl instrument- provenant des meilleurs fabricants de Paris.
Les Laboratoires de chimie sont munis de tous les réactifs, ustensiles, balances de précision, nécessaires aux travaux «les élevés et des professeurs. Les locaux où ils sonl établis seront à la fin de l'année remplacés par des constructions spéciales en voie d'exécution, comprenant une salle pour la chimie générale où pourront travailler simultanémenl vingl élèves, un Laboratoire «le docimasie avec une salle spécialement destinée aux professeurs, et cabinet de balances de précision. Le gaz qui sert pour les appareils de chauffage et d'éclairage est fabriqué dans l'établissement même à l'aide de graines oléagineuses de coton et de ricin.
La bibliothèque, ouverte tous les jours aux élèves,. compte 265 ouvrages en rapport avec les diverses branches d'enseignement de L'École. Ils sont pour la plupart écrits en français, langue que tous les élèves entendent et qu'un très grand nombre parle. Elle reçoit 36 publications scientifiques périodiques : 6" en portugais , 20 en français, / en espagnol, 4 en anglais et 2 en italien.
Annales de V Ecole des Mi ans. Recherches, minéralogiques et
géologiques. — L'École des Mines d'Ouro-Preto ne se considère
omme simple établissement d'instruction technique, mais
aussi comme un foyer de propagande pour les études de minera -
logie e1 de géologie.
Ces études au Brésil jusqu'à ces vingt dernières années se limitaient à des voyages rapides d'exploration où la plus grande part appartenait aux étrangers.
Ce n'est guère qu'au commencement de ce siècle même que ces voyages devinrent possibles et prirent un caractère scientifique.
L'Anglais Mawe, dans ses relations de voyage, donne des indications exactes sur les mines d'or, de diamants, les gisements de pierres précieuses el de salpêtre.
Avant lui, en 1792, le patriarche de l'Indépendance du Brésil,
Bouifacio de Aadrada, savant auquel on doit la découverte d'espèces minérales comme le triphane, si abondant dans le bassin moyen du Joquitinhonha, avait étudié les mêmes gisements.
Les voyages de Spix et Martius, si importants au point de vue botanique, apportaient aussi leur contribution aux études géologiques auxquelles fournissent encore quelques renseignements les œuvres, si justement populaires au Brésil, d'Auguste de Saint- Hilaire.
Les deux livres du baron d'Eschwège, Pluto Brasiliensis et Geognostisches Gemalde von Brasilien, contiennent le résultat d'observations et d'études géologiques, poursuivies au Brésil pendant vingt ans.
Malgré quelques interprétations fausses, quelques erreurs de classification de terrains, erreurs provenant surtout de l'état peu avancé de la géologie à l'époque où l'auteur rédigeait son ouvrage, le travail d'Eschwège n'en reste pas moins le plus important et le plus intéressant qui ait été écrit sur le Brésil, et c'est encore un des plus utiles à consulter. La province de Minas- Geraes y occupe la première place. Quelques notes du naturaliste Glaussen sont aussi à citer, et fournissent des renseignements intéressants sur les gisements de minéraux rares qu'il a fait connaître en Europe. A la même époque, Selow recueillait dans la province de Rio-Grande-du-Sud une collection de roches cristallines et éruptives qui furent étudiées par Weiss et forment la matière d'un Mémoire publié dans les comptes rendus de l'Académie des Sciences de Tienne.
En 1843, Pissis publia deux Mémoires importants, accompagnés de cartes géologiques, sur les provinces de Minas-Geraes et San-Paulo, dont celui qui a rapport aux soulèvements des montagnes du Brésil obtint l'honneur d'être inséré dans les Mémoires des Savantslétrangers , de l'Académie des Sciences de France.
Les terrains diamantifères ont donné lieu à une série de travaux de minéralogie et de géologie dus à Helmreichen, Heuser et Claraz ; l'étude des minéraux qui accompagnent le diamant a des Mémoires de MM. Damour et des Cloiseaux qui ont servi de bases à tous les travaux ultérieurs sur ces sujets.
La Paléontologie du Brésil n'a donné lieu, pendant la première moitié de ce siècle, qu'à un seul travail, mais celui-là, magistral, du savant de Lagôa-Santa, de Lund, sur la faune quaternaire des grottes calcaires des plateaux du San-Francisco et du rio das Velhas.
102 LE BRÉSIL i:n 18 89.
Les mines d'or ont plu* fréquemment attiré l'attention des voyageurs, el on trouve but elles des données utiles «la us les récits des \ de Spix ei de Martius, Saint-Hilaire, prince de Neu-
wied, Gardner. Castelnau, Burton, \ve Lallemand, Von Tschudi et d'autres encore. L'histoire de ces mines a été résumée avec beaucoup de soin dans l'ouvrage d'Hennewood, publié en 1871 mais où il n'est guère question que de la province de Minas- Geraes.
A ce même ordre d'études se rattachent quelques notices comme celle de l'ingénieur Bural sur les gisements de l'or dans les itabirites friables, el celles publiées par M. Vendeborn sur les mines de Montes Aureos de la province de Maranhào, de Nathaniel Plant sur Les dépôts de combustible minéral de Rio-Grandedu-Sud.
C'est L'expédition Thayer, dirigée par A.gassiz, qui ouvrit la nouvelle ère des travaux géologiques au Brésil.
La plus grande part dans les travaux géologiques de la commission revient à llarlt, qui, après avoir visité avec soin les cites du Brésil, de Bahia à Rio-de- Janeiro, a parcouru plus de 1.000 kilomètres à pied dans l'intérieur, pénétrant de Bahia jusqu'au centre de Minas-Geraes.
Hartt dans sa Géologie du Brésil, publiée à Boston en 1870, a résumé tous les travaux, se rapportant à ce sujet, et indiqué les découvertes de l'expédition d'Agassiz, à laquelle on doit les premières idées nettes et exactes sur l'horizon géologique des terrains palœozoïques de Paré et de l'Amazone et des dépots secondaires des provinces du nord, de Bahia à Para, découvertes auxquelles sont associés les noms de naturalistes brésiliens.
C'est à la suite de celle expédition que fut créé le service général, aujourd'hui supprimé, de la carte géologique du Brésil pour l,i directioD duquel Hartt était naturellement indiqué.
Les quelques années que ce si regretté savant a passées à La tête de ce service ont été signalées par des travaux remarquables de paléontologie et degéologie et parla formation de collections dont l'étude se continue encore. Ces travaux auxquels, drs Le début, se trouve associé son élève et ami le géologue Derby, ont été déjà en partie publiés dans les Annales du Muséum de Itlode- Janeiro.
C'est a M. Derby qu'appartenait de recueillir L'héritage scientifique de Hartt, donl il continue aujourd'hui, si utilement pour Je pays et la science, les travaux dans la direction du service de
lacarte géologique de San-Paulo, créé et subventionné par le
gouvernement de cet Le province. Les roches de San-Paulo et de Rio-de-Janeiro on! déjà donné lieu à bien des études des plus intéressantes publiées par ce savant, études où il a fait connaître tout une série de roches éruptives dont on soupçonnait à peine l'existence dans ces régions : Fozaïtes, Diabases, Métaphyres, Phonolites, etc. Si à ces travaux on joint les observations île M. Liais, du Dr Couto. on aura une idée à pe près complète des naturalistes qui ne sont occupés spécialemenl d'études minéralogiques et géologiques au Brésil jusqu'en L874.
Or combien petit est le nombre des travailleurs, surtout si on le compare à l'immensité des champs de recherches qu'offre un territoire aussi vaste que celui du Brésil, où des provinces entières, comme celles de Matto-Grosso etGoyaz, sont à peu près complètement inexplorées! Combien incomplètes même sont nos connaissances géologiques de la province de Minas- Geraes où pourtant, depuis 1792, il y a près d'un siècle, le grand patriote Bonifacio d'Andrada a inauguré les recherches minéralogiques! Placée au milieu des montagnes de cette province, à i.160 mètres au-dessus du niveau de la mer, entourée de mines en exploitation, au milieu de gisements de minéraux précieux et rares qui lui forment comme un musée naturel, l'École des Mines d'Ouro-Preto devait naturellement se mettre à la tête des travaux géologiques et minéralogiques dont la connaissance du sol est la conséquence, connaissance qui touche à tant d'intérêts dans la société.
Dès le début, les gisements de topazes qui entourent Ouro- Preto et les roches qui en constituent le sol ont attiré l'attention du directeur de cette Ecole, et ont donné lieu à une série de travaux publiés dans les comptes rendus des Sociétés scientifiques de France.
Puis sont venues les études des terrains diamantifères, des dépôts tertiaires d'eau douce du plateau supérieur de Minas, des terrains métamorphiques et des roches éruptives si fréquentes dans la province, et des minéraux peu connus, découverts dans les graviers contenant le diamant.
A ces travaux se sont joints ceux des professeurs de l'École, des ingénieurs qui en sont sortis et dont deux sont associés, sous la direction de M. Derby, au service de la carte géologique de la province de San-Paulo.
L'École a pu alors créer une publication spéciale : Annaesda I '/ de Minas de Ouro-Preto, dont quatre numéros ont déjà paru.
Malheureusement, absorbés par un enseignement journalier pendanl dix mois «1»' L'année, directeur et professeurs ae peuvenl consacrer a ces études qu'un temps très Limité, et la publication entreprise n'a pas encore pris la régularité qu'elle aura bientôt, on L'espère. Les nombreuses collections de roches de la province recueillies à l'École, les documents déjà publiés permettent dès à présent de commencer L'ébauche de la carte géologique, ébauche qui doit être précédée de travaux topographiques. L'assemblée provinciale «le Minas-Geraes a même voie L'année dernière L'exécution de ces travaux.
A sa mission officielle de former des ingénieurs des mines, l'Ecole des Mines d'Ouro-Preto a donc joint celle d'étudier la richesse du pays el spécialement celle de la province de Minas- Geraes, d'en faire connaître le sol et de propager les méthodes d'études et de recherches telles qu' elles sonl appliquées en Europe dans les pays qui marchent à la tète du progrès scientifique. Elle a écrit en tête de ses annales les paroles qui résument l'espril qui guide son enseignement et lui servent de devise : Cum mente et malleo.
Mais tous les efforts de celui qui a organisé l'École auraient été vains si, des le début, dans la mission qu'il avait à remplir, il n'eût rencontré protection, aide et secours auprès de Sa Majesté I Empereur Dom Pedro II, qui n'a jamais cessé d'encourager ses travaux.
L'histoire de l'École des Mines d'Ouro-Preto, que j'ai essayé de résumer, est d'ailleurs celle de tout ce qui touche au développement matériel et inoral du pays, développement qui a toujours été l'unique souci du Prince qui préside aux destinées du Brésil, mais nul autre établissement d'enseignement supérieur ne doit autant à Sa Majesté l'Empereur.