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portugaise, d'Indiens civilisés et de métis nés de pères européens el de mères indiennes. Ces derniers étaient surnommés mamelucos, nom dérive de manlu/mcu lils do femme indienne, selon Aimeida Nogueira] et ^'wim célèbre dans l'Amérique du Sud pendanl le wirci le xvnie siècle. Les jésuites et les historiens du Paraguay el de la Plata, ont répandu alors plusieurs fables au sujel d»1 fori^inc <1<>s Paulistas et surtoul des mnmelucos de S&o- Paulo, qu'ils croyaient descendants d'Italiens, de Français et de Hollandais.
Des esclav.es nègres commencèrent à être introduits dans le nord du Brésil, à Pernambuco el à Bahia, peu de temps après la fondation de ces colonies.
Les Français à Rio-de-Janeiro. Fondation de Rio. — Les marins français continuèrent à fréquenter les côtes du Brésil après rétablissement des premières colonies portugaises, qui étaient encore en petit nombre et trop séparées les unes des autres. C'était entre le cap Saint-Koch et le Parahyba-du-Nord, nommé alors Sào-Domingos, sur le littoral de Alagoas, de Sergipe, et de Rio de Janeiro qu'ils venaient faire le commerce avec les Indiens. Sur la côte de Rio ils avaient pour alliés les Tamoyos, dont les flotilles ont souvent attaqué les navires portugais et intercepté les communications entre les colonies de Sâo- Vicente et Santo-Amaro et le nord du Brésil. Cunhambebe, le « grand et puissant roi Quoniambek », dont le portrait a été publié par ïhevet dans deux de ses ouvrages (Vies des hommes illustres et ChosmograplueJ, était un chef Tamoyo. Son village fortifié, nommé Arirab, se trouvait sur la rivière Arirô (rivière des Vases dans la carte de Thevet), à Angrados Reis1.
En 1550 Pero de Gôes livra un combat, sans résultat, à un
1. Ce Cunhambebe, dont parlent Thevet et JIans Stade (ce dernier fut son prisonnier .n'est pas certainement l'indien du môme nom dont il est questiondans une des lettres d'Anchieta. Le Cunhambebe d'Anchieta est probablement un (ils de l'autre. Le vieux Cunhambebe avait dans son village 6 canons
pris sur deux caravelles portugaises, et gardait comme trophée l'habille ut
complet et la croix de chevalier du Christ d'un gentilhomme portugais, Ruy Pinto, de SSo-Vicente, tué dans un combat naval (1549), où six petits navires portugais furent pris. C'est Thevel qui parle de cette victoire de Cunhambebe, sans toutefois donner le nom de Ruy Pinto, seul chevalier du Christ existant alors dans la capitainerie de Sâo-Vicente, et mort en effet à cette époque. Cf. Gaspab i>\ Madré de Deos, Memorias de Scfo-Vicente, 54 et 55, et Histoire de Thevet, de deux voyages par lui faits aux Inde* australes et occidentales^ chapitre De la bée des Roys et de Beau-repaire (Manuscrit de la Bibliothèque nationale de Paris, fonds français, 15.454 .
navire français près de Macahé1. La même année, Henri II de France et Catherine de Médicis assistaient à Rouen à une fête brésilienne où figuraient cinquante Indiens Tobajaras.
En 1555, un chevalier de Malte, déjà connu par ses exploits et par ses écrits-, Nicolas Durand de Villegaignon, obtint la protection d'Henri II et de l'amiral de Goligny pour fonder une colonie au Brésil, et vint s'établir à File de Serigype située dans la baie de Rio-de- Janeiro. Il donna au pays le nom de France antarctique et éleva dans File un fort qu'il nomma Goligny. Ses exigences religieuses suscitèrent des difficultés qui nuisirent à rétablissement composé de catholiques et de calvinistes. En 1559, il laissa à la tète de la colonie son neveu Bois le Comte, pour venir en Europe demander des renforts et soutenir de longues controverses religieuses avec Calvin et ses adeptes. Quelques mois après, le gouverneur général du Brésil, Mem de Sa, arrivait à Rio avec une escadre et s'emparait du fort Coligny (16 mars 1560), qu'il rasa, sans toutefois occuper le pays3. L'île fut désignée depuis £ette époque sous le nom de Villegaignon4.
1. Au mois d'août 1550, et non pas le 15 avril 1551, au cap Frio, comme l'ont cru Varnhagen et Gaffarel. Le combat n'a duré qu'une journée.
2. Yillegaignon, né à Provins en 1510, mort àBeauvaisen 1571, était neveu de Villiers de l'Isle Adam, grand maître de l'Ordre de Malte. « C'était un des hommes de son siècle le mieux fait, l'esprit orné de rares connaissances, et d'une valeur révérée même par les plus braves capitaines de son temps » (Vertot, Hist, des Chev. de Malte, ITI, 251). Il avait été grièvement blessé à l'expédition d'Alger, sous les ordres de l'empereur Charles-Quint ; avait commandé des escadres sur la cote d'Angleterre, conduit Marie Stuart en France (1518) malgré les croiseurs anglais, et s'était illustré dans les guerres de Malte. Lors de son départ pour le Brésil il avait déjàpublié deux livres : Caroli V imper atoris e.rpeditio in Africain ad Argieram (Paris, 1542) et De bello Melitensi ad Carolum Cœsarem et ejus eventit Gallis imposito comment arius (Paris, 1553.) A consulter : Relation de l'expédition de Charles-Quint contre Alger, par Villegaignon, publiée en 1874 par H. de Gramont, avec notice biographique.
3. 11 n'y avait dans le fort que 114 Français et quelques centaines d'Indiens, selon Mem de Sa, mais le nombre de ces derniers était certainement exagéré, car l'île n'est pas grande. Après le bombardement du fort par l'escadre, composée de 11 navires, Mem de Sa ordonna (15 mars) le débarquement de 260 hommes, dont 120 Portugais et Brésiliens et 140 Indiens. Il n'y a pas eu de capitulation comme l'ont dit Thevet, La Popellinière, l'historien brésilien Varnhagen et plusieurs autres écrivains. La lettre de Mem de Sa, sur la prise du fort, a été publiée par plusieurs chroniqueurs avec un changement de phrase : ao tempo em que negociei. C'est ao tempo em que cheguei qu'on doit lire. Voir les Carias do Brazil do Padre Manoel da Nobrega (Rio, 1886 : notes de Valle Cabral, p. 172-75) et première partie, chap. LV1II de Gabriel Soares. Le père Nobrega s'y trouvait présent. Deux écrivains français, André Thevet, qui visita deux fois le Brésil à cette époque, et Jean de Lery, arrivé à Rio en 1557, ont raconté cette tentative d'établissement français.
4. On peut voir cette île dans le Panorama de Rio-de- Janeiro, que le
En L961, quatre navires français, an Mitre L'année suivante, ,u,1.ui repousses à Kspirito-Sanl.. par Belcnior d'Aeevedo.
En [56^ ans alliance ou confédération générale des tribus des ramoyos de Rio-de-Janeiro menaça tes établissements portugais (1(\ ia capitainierie de Sao-Vicente. La ville do Sâo-Pauk) repoaasa ,11H. attaque des sauvages,que les Français restés à Rio-de-Janeiro excitaient contre 1rs Portugais. Los pères Anchieta et Nobrega, se rendant seuls au campement des Tamoyos, parvinrent a4ésarmerles principaux chefs ; puis, Estacio de Sa, arrivé de Lisbonne avec quelques navires, réunit les volontaires de Bahia, d'Espirito-Santo, de Sâo-Vicente et de Sao-Paulo, pénétra dans la baie de Rio-de4aneiro (1565) et y établit, prés du Pain-de-Sucre, un camp retranché auquel il donna le nom de ville de Saint-Sébastien. Les années 1565 et 1586 se passèrent en combats avec les Tamoyos et les Français. L'année suivante, Le gouverneurgénéral du Brésil, Mem de Sa, arriva avec des renforts, ei les deux retranchements que L'ennemi occupait, L'un à LTruçumiri (plage du Flamengo, faubourg de Rio), L'autre à Paranapueuhy (île do Gever- Qador furent enlevés (20 janvier 1567). Estacio de Sa mourut d'une blessure reçue devant Uruçumiri.
Mem do Sa lit démolir Le retranchement et les cabanes oonss près du Pain-de-Sucre pour établir la ville de Saint-Sébastien de Rio-de-Janeiro sur une colline nommée Morne do Castello après la construction du château de Saint-Sebastien1. En 1568,
peintre brésilien Victor Meirelles expose actuellement à Paris Du temps de Villegaignou il y avait on rocher à chacune des deux extrémités de 1 île
i V Gaffarel, dans son Histoire du Brésil français, p. 350-51, m., de Jean Bolès, un êrudit français, qui aurait été exécuté à Rio comme lien - .,„,„„ 567: «...Mem de Sa livra à leurs rancunes (il est questton des Jéultes L'infortuné Bolès, qui fut jugé pour la forme, ron.lan.n, et aussitôt exécuté Cet acte barbare d'intolérance marque les premiers jours de la nouvelle capitale. » - Ce fut un chroniqueur jésuite, Simao de \ ^onobllos, qui, erôyant faire L'éloge de Mem de Sa e1 du père Anchieta, parla de .cette >exécu- Sondans deux ouvrages qu'il publia en 1663et en 1672.SelonSimao deVascon- Sos Anchieta aurait assisté à l'exécution. Heureusement «MPomiM trouve cette tache dans la vie du père Anchieta, car U a parlé lui^êmed Boules, dans son Information du Brésil écrite en 1,S, 1) après lui Boni. s envoyé à Bahia, de Bahia à Lisbonne (1562 et du Portugal aux Indes: il n est plu Sué au bre.il (Voir ce document page il. des Informants /'/-/-- <; Ittoricos do padre Josar* de Anchieta, B.J, L584-1586 pubhés à Rio eu 1886 Par MM. Capistrano de Arreu et Valle Cabral). Le baron de Ram iz tom. ?i vil Ze partie, de la Rev. de Vint. H est. du Brésil) a trouvé a la b.bl. uadonalè de Rio deix exemplaires d'une brochure pubUée eu 1566 à Lisbonne, en%ortugaïs%ar cet érudit dont le nom et les titres étaient : Jean Comtha
^neurdl Bollès, gentil} fi çais, docteur en Sorbonne^ - outre 1 lnfor;
motion d'ANCHiETA et la communication citée, du baron de Ramu, il > a
quatre navires français entrèrent dans la rade de Rio et essayèrent de s'emparer du village de Sào-Lourenço, en face de la ville, occupé par le chef indien Ararigboia, allié des Portugais. Ils furent repoussés. La même année (8 juin), Salvador Correa, gouverneur de Rio, et Ararigboia prirent à l'abordage au cap Frio un navire français1, dont l'artillerie fut placée dans le petit fort de Guia, construit alors sur la pointe orientale de l'entrée de Rio, où se trouve aujourd'hui la forteresse de Santa-Cruz. En 1570 (15 juillet) le corsaire français Jacques Sore, seigneur de Flocques, s'empara, près des Canaries, du navire portugais le Santiago, qui conduisait au Brésil trente-neuf jésuites, parmi lesquels le père Ignacio de Azevedo. Sore, qui était hugenot, força ces religieux à se jetter eux-mêmes à la mer2. L'année suivante Jean Capdeville prit au même endroit, après un combat opiniâtre (13-14 sept.) un autre navire qui transportait à Bahia le gouverneur portugais et douze jésuites. Les prisonniers furent massacrés. En 1576, Salema, gouverneur de Rio, fit une guerre d'extermination aux Tamoyos et s'empara d'un fort construit au cap Frio par des marins français.
Commencement de la domination espagnole. Hostilités des Français, Anglais et Hollandais. — En 1580 le roi d'Espagne Philippe II, devenu roi du Portugal, fut acclamé dans toutes les provinces portugaises. L'union des deux couronnes attira sur le Brésil les attaques des ennemis de l'Espagne. Des navires français envoyés pour soutenir, contre Philippe II, les droits d'Antoine, prieur de Crato (quatre navires en 1580., trois en 1581), furent repoussés à Rio par Salvador Correa. Sur les côtes de Rio Grand edu-Nordet deParahyba, les hostilités entre Français et Portugais continuèrent jusqu'en 1607. Onze navires français en 1579, cinq en 158 L, furent brûlés dans le Parahyba. En 1584, l'amiral espagnol Flores Valdez et les Portugais de Pernambuco s'emparèrent d'un ouvrage fortifié que les Français avaient élevé sur le Parahyba de concert avec les Indiens, et détruisirent sept navires français. Un fort portugais y fut établi, mais abandonné
cette question ud mémoire très savant de C. Mendes (TAlmeida, publié dans la Rev. de l'Inst.Hist. du Brésil, t. XLII, 2e partie.
1. Des volontaires de Sâo-Vicente (à S. Paulo) étaient venus pour cette expédition sous le commandement d'un colon, Heliodore Eoban, qui fut tué dans le combat. Il était fils du poète et historien allemand connu sous le nom d'Helius Eobanus Hessus.
2. Barbosa Machado. Mem. de D. Sebastiào, P. III, 1. le, chap. 2, pag. 239. La date donnée par Jarric (1555) n'est pas exacte.
l'année suivante. Un autre fort fut construit en 1586 sous Le nom de Cabedello, à L'entrée de cette rivière.
En L583, L'Anglais Edward Fenton, qui fut plus tard un des vainqueurs de VInvencible Armada, pénétra dans Le port de Sanid-, qu'il quitta après an combat contre des navires espagnols de passage; en K>S7 Withrington ravagea les environs de Bahia, el deux navires français (capitaines Pois de Mill et Goribault) furenl pris dans le Sergipe ; en l.V.H Thomas Gavendish saccagea Santos, et, en L592, échoua dans nue attaque contre Espirito- Santo. En 1595 des Français débarqués de dix navires furent repoussés à llhéos, et les corsaires James Lancaster, Anglais. et Le Noyer, Français, prirent Recife et y firent un grand butin. En L596 le fort de Cabedello, dans le Parahyba, repoussa une attaque des Français, débarqués de treize navires. A ce moment sept autres navires français se trouvaient à l'ancre devant le Rio-Grande-du-Nord, trafiquant avec les sauvages. En 1599 un navire du Havre, capitaine Jacques Potcl, fut pris au cap Frio par Martini de Sa1. La même année Olivier van Noort, après avoir essayé en vain de pénétrer dans Rio, poursuivit avec son escadre un voyage autour du monde ; en 1604, van Carden, commandant d'une autre escadre hollandaise, repoussé à Bahia, butina dans le port; en 1615, Joris van Spilbergen en fit autant dans le port de Santos. Vers 1623, le commandant Dirck van lluyter fut fait prisonnier par Martini de Sa, gouverneur de Rio et vice-amiral de la mer du Sud.
En 1585, les colonies portugaises du Brésil avaient une population d'environ 57.000 habitants, dont 25.000 blancs (250 à ltamaracâ, 8.000 à Pcrnambuco, 12.000 à Bahia, 750 dans chacune des capitaineries d'Ilhéos, Porto-Seguro, Espirito-Santo et Rio-de-Janeiro, 1.500 dans celle de Sâo Vicente), 18.500 Indiens civilisés (2.000 à Pernambuco, 8.000 à Bahia, 4.500 à Espirito- Santo, 3.000 à Rio, 1.000 dans la capitainerie de Sâo-Vicente) et 14.000 esclaves africains (10.000 à Pernambuco, 3 à 4. 000 à Bahia, 100 à Rio-de-Janeiro)2.
i. La Bibliothèque Nationale de Paris possède deux cartes de 1579, par Jacques Vaudeclay, de Dieppe, l'une représentant la côte du Brésil entre L'Amazone et le Rio-Real, L'autre les environs de Rio-de-Jaueiro (Vrai Pourtraict de Geneure el du cap de Frie). On peut aussi voir à la Bibliothèque Nationale de Paris (Lf. "), la « Remonstrance très humble en forme d'avertissement, que font au roy et à nosseigneurs de son conseil les capitaines <le la manne. <te France. » Ces! une publication du commencement du xvmc siècle.
2. Anchibta dans ['Information de 1585 donne les chiffres de la population
A Rio, le premier contrat pour l'importation d'Africains avait été passé en 1583 entre le gouverneur Sa et un nommé Gutierres Yalerio. Dans la capitainerie de Sao-Vicentc (Sao-Paulo), on employait des esclaves indiens.
Eu L560, Braz Cubas, en 1590 Affonso Sardinha, avaient découvert des mines d'or à Sao-Paulo. Déjà, l'an 1600, elles étaient en exploitation. En 1590 la ville et le fort de Sâo-Christovâo furent fondés dans le Sergipe, par Ghristovâo de Barros,sur la rive droite du Cotindiba. Vers la même époque, la ville de Cachoeira fut fondée sur le Paraguassû (Bahia), et celle de Natal (1597) dans le Rio-Grande-du-Nord. En 1608, un gouvernement général fut créé pour la partie méridionale du Brésil, comprenant Espirito-Santo, Rio et Sao-Vicente (Sao-Paulo). Rio-de-Janeiro en fut la capitale. En 1617. ce gouvernement fut supprimé et Bahia redevint la seule capitale du Brésil. En 1610, les Portugais fondèrent leur premier établissement au Cearâ.
Les Français à Maranhao. — Un gentilhomme de la Touraine, Charles des Vaux, qui avait été laissé en 1594 au milieu des sauvages du Brésil par le capitaine Jacques Riffault, rentra en France vers 1605, et proposa à Henri IV de faire occuper le Maranhao, lui assurant que les Indiens étaient désireux de recevoir les Français. Henri IV confia à Daniel de la Touche, seigneur de La Ravardière, qui venait de faire une exploration des côtes de la Guyane1, la mission d'aller avec Des Vaux s'assurer des dispositions des sauvages. Lorsqu'ils retournèrent en France, Henri IV était mort. La Compagnie qui devait se charger des frais de l'expédition ne put être organisée qu'en 1612, avec l'appui de la famille des Razilli. Un grand nombre de gentilshommes s'enrôlèrent. La Ravardière, François de Razilli, seigneur des Aumels, et Nicolas de Harlay-de-Sancy, baron de La Molle et de Gros Bois, furent nommés « lieutenants-généraux du roi aux Indes-Occidentales et terres du Brésil » par la régente Marie de Médicis, qui leur accorda en même temps ses étendards et sa devise. Quelques centaines de volontaires partirent de Cancale sur trois navires, et arrivés à l'île de Maranhao (6 août 1612), y bâtirent le village de Saint-Louis et quatre forts. Le
de quelques capitaineries. Pour les autres il ne donne que le nombre des feux visinhos). Nous avons compté cinq personnes par feu.
1. En 1604, avec Jean Moquet. La Ravardière amena en France le chef indien Iapoco, de la Guyane.
118 LE BRÉSIL BM 1889.
nom de France équinoxiale fut donné au pays. Mais bientôt La nouvelle de L'occupation française étant connue des Portug ceux ci commencèrenl [1613] par établir an fort, qui était un poste d'observation, à Jericoacara Cearé . L'année suivante Jérôme d'Albuquerque, qui avait construil ce fort, fut investi du commandemenl de L'expédition organisée à Pernambuco pour reprendre le Maranliào. ALbuquerque, qui était un Brésilien né de mère indienne1, avait en sous-ordre le Portugais Diogo de Campos Moreno, qui fut le chroniqueur de cette campagne2. Arrivé au Maranliào, il débarqua (26 octobre H*>lï dans la baie de Saint- Joseph sur Le continent, à l'endroit nommé Cuaxenduba (aujourd'hui Villa Velha ou Arguas Boas). Un retranchement fut aussitôt construit, et, quelques jours après, les Français commencèrent les hostilités en s'emparant de trois navires portugais ; mais le 19 novembre ils subirent un échec et de grain le- pertes dan- un débarquement à Guaxenduba3. Une suspension d'armes fui signée 27 novembre après échange d'une correspondance chevaleresque entre La Ravardière et Albuquerque4. Deux envoyés, l'un Fran-
1. Né à Olinda on 1548, mort en 1618. 11 était fils de Jérôme d'Albuquerque, beau-frère de Duarte Coelho, seigneur de Pernambuco.
2. Jornada do Maranhïïo, dans le t. I des Noticias para a hist. das naçoes ultramarinas, publiées par L'Académie Royale de Lisbonne, et dans le t. II des Memorias para a hist do Maranh&ù, de ('.. BIendes de Ai.mkida [Rio, 1874). A consulter sur ces événements Claude d'AsBEvnxE, Histoire de la mission en l'isle de Maragnan Paris, 1614); Yves d'EvREUx, Voyage dans le nord du Brésil (édition F. Dénis, Paris, 1864); De Lastre, Histoire véritable de ce qui s'est passé de nouveau entre les François et les Portugois en l'isle de Maragnan
publiée sans nom d'auteur à Paris, 1615); Behredo, Annaes historicos do MaranhSo, Lisbonne, 174'.).
:i. Les Français débarqués à Guaxenduba (180 Français, 1.500 Indiens) étaient commandés par De Pezieux, gentilhomme catholique, cousin de Marguerite de Montmorency, princesse de Condé. 11 avait sous ses ordres Du Prat et le capitaine de vaisseau Claude de llazilli, seigneur de Launay (plus tard vice-amiral e1 gouverneur général du Canada). La marée basse dc permit pas à La Ravardière de débarquer lui-même avec une colonne qui devail attaquer, par l'autre Qanc, le retranchement des Brésiliens. Parmi les noms des gentilshommes tués, on trouve ceux de De Pezieux, de Chabannes cousis de la Ravardière . de Rochefort, de Logeville, de Saint-Gilles, de La Haye, de Saint-Vincent, d'Ambreville, et de la Roche du Puy. — Les troupes de Jeronymo d'Albuquerque au combal dc Guaxenduba se composaient de 300 soldats blancs ou métis el de 200 Indiens.
4. Une lettre de La Ravardière du 23 novembre commençait ainsi: — « La clémence du grand capitaine d'Albuquerque, qui fut vice-roi de Sa Majesté Dom Emmanuel aux Indes Orientales, se montre en vous par la courtoisie que vous témoignez à mes soldats français, el par le soin que vous avea eu de donner une Bépulture aux morts, parmi Lesquels il en est un que j'aimais comme un frère, car il étail brave el de bonne maison. Je loue Dieu. el si nous nous rencontrons de nouveau les armes à la main, j'espère qu'il prendra
ESQUISSE DE i/uiSTOIRE DU BRÉSIL. 119
pus el l'autre Portugais, partirent pour l'Europe, mais l'année suivante juillet) des renforts arrivèrent à Albuquerque, et celuici annonça à La Kayardtère i|ii'il venait de recevoir en même temps L'ordre de rompre la tréte. Oiudques mois après, une troisième expédition partie de Pernambuco sous le commandemont d'Alexandre de Moura arrivait, et La Ravardière, abandonné de son gouvernement, capitula (2 novembre). Quatre cents Français retournèrent en Europe, un grand nombre restèrent à Maranhào. La ville, devenue portugaise, conserva le nom de Saint- Louis de Maranhào.
Occupation de l'Amazone. Division du Brésil en deux gouvernements. — Alexandre de Moura expédia de Maranhào (25 décembre 1615) Francisco Caldeira pour aller occuper l'Amazone, où déjà les Hollandais du commandant Nicolas Oudaen possédaient les forts de Nassau et d'Orange, sur la rive gauche du Xingû. Caldeira fonda (1616) le fort de Belem du Para, et la même année les Hollandais construisirent un troisième fort à Gurupâ. Les hostilités commencèrent avec la prise d'un navire hollandais par Pedro Teixeira (1616). Les Indiens, alliés des Hollandais, ayant mis en danger l'établissement de Para, il fallut d'abord les vaincre ou s'en faire des alliés. De 1620 à 1621 quelques centaines d'Anglais s'établirent dans la Guyane brésilienne. Le fort de Gurupâ fut pris en 1623 par Bento Maciel Parente, ceux du Xingû en 1625, par Teixeira, qui en 1629 s'empara du fort anglais de Taurege dans l'île Tocujûs. En 1631 (1er mars) le fort Philippe, anglais, situé dans cette même île, tomba entre les mains de Jacome de Noronha. L'année suivante (9 juillet) le dernier fort des Anglais, celui de Cumaû, dont le gouverneur était Roger Frey, fut pris par Coelho de Carvalho (François d'Albuquerque).
En 1624, le Brésil fut partagé en deux grands gouvernements, dits États : au Nord, Y État du Maranhào, capitale Saint-Louis de Maranhào, comprenait le Para, le Maranhào et le Cearâ (ce dernier territoire fut annexé au gouvernement de Pernambuco en 1629, selon Araripe, en 1663, selon Varnhagen); ausudl\£W du Brésil,
sous sa protection ma juste cause... » — De Lastre, qui était uu jeune chirurgien parisien, fut envoyé au campement brésilien pour panser les blessés des deux partis : — « Jamais, dit-il, je n'ai vu de si honnêtes gens, et si entiers comme ils sont ; mais ils avaient bien besoin de moi. M. de La Ravardière les a bien obligés de préférer leurs blessés aux siens, mais la France ne sera jamais sans courtoisie. »
capitale Bahia, B'étendait depuis le Rio-Grande-du-Nord (depuis le Cearé en 1629 ou 1663), jusqu'à Sainte-Catherine, comprenant les gouvernements de Pernambuco, de Bahia etdeRio-de-Janeiro, qui occupaient le territoire de seize provinces actuelles.
En L633, Richelieu formaune Compagnie française, qui n'a pu réussir, pour L'exploitation des terres du Cap de Nord, dans les limites du Maroni et de l'Oyapock. On désignait souvent à cette époque, la Guyane, sous le nom de cap de Nord1. Ce territoire appartenait à l'Espagne, et Philippe IV l'incorpora en partie au Brésil en créant la capitainerie hn-sHicnnc du Cap de Nord (14 juin 1637), dont la rivière Oyapock ou Vincent Pinçon fut la limite septentrionale. Bento Maciel Parente, donataire de la nouvelle capitainerie, et gouverneur du Maranlifio, lit construire en 1638 le fort de Desterro à l'embouchure du Qacarapy, dans la Guyane brésilienne. Une expédition, partie de Para sous le commandement de Pedro Teixeira, explora, par ordre du gouvernement de Madrid, le cours de l'Amazone jusqu'au Pérou (1037-39).
Invasions Néerlandaises. Guerre de trente ans au Brésil. — En 1024, une flotte hollandaise2, sous le commandement de l'amiral Willekens, s'empara de Bahia, capitale du Brésil (10 mai). Les habitants de la ville et des environs ne tardèrent pas à y assiéger les vainqueurs, et des renforts arrivèrent de Pernambuco et de Rio-de-Janeiro. Ce siège fut dirigé d'abord par l'évêque Dom Marcos Teixeira, puis, successivement, par Marinho d'Eça et Dom Francisco de Moura, natif de Pernambuco. Deux gouverneurs de la place, Van Dorth et Albert Schot, son successeur, furent surpris et tués, dans les environs de la ville, par le capitaine Padilha, Brésilien. Une grande expédition hispanoportugaise, sous la conduite de Dom Fadrique de Tolède3, reprit l'année suivante Bahia (30 avril), et retourna en Europe après cette victoire. Deux mois auparavant (12-14 mars 1025), la petite ville de Victoria (Espirito-Santo), défendue par le jeune Salvador Correa de Sa, de Rio, avait repoussé l'amiral Pietlleyn, le même qui, en 1027 (1er mars), essaya, dans une attaque infructueuse,
i. Caktano da Silva, VOyapock et l'Amazone : Question brésilienne et française, ± volumes in-8°, Paris, 1SG1. Ce livre est un monument d'érudition.