CHAPITRE VIII
Par M. André REBOUÇAS1
L'immense territoire du Brésil peut être divisé en dix zones agricoles, qui sont : I. La zone Amazonienne, comprenant les provinces de Para et de l'Amazone. — II. La zone du Parnahyba, comprenant les provinces de Maragnon et de Piauhy. — III. La zone de Céarâ. — IV. La zone de Parahyba-du-Nord, comprenant les provinces de Rio-Grande-du-Nord, de Parahyba-du-Nord, de Pernambuco et d'Alagôas. — V. La zone du San-Francisco, comprenant les provinces de Sergipe et de Bahia. — VI. La zone du Parahyba-du-Sud, comprenant les provinces d'Espirito-Santo, de Rio-de- Janeiro et de San-Paulo. — VIL La zone de Paranâ, comprenant les provinces de Paranâ et de Santa-Catharina. — VIIL La zone de l'Uruguay, comprenant la province de Rio-Grandedu-Sud. — IX. La zone Auro-ferrifère, comprenant la province de Minas-Geraes. — X. La zone Centrale, comprenant les provinces de Goyaz et de Matto-Grosso.
I. La zone amazonienne. — La surface de la province de l'Amazone est de 1.897.020 kilomètres carrés; celle de la province de Para est de 1.149.712 kilomètres carrés. La zone amazonienne a donc l'énorme surface de 3.046.732 kilomètres carrés.
1. Ingénieur, professeur à l'École Polytechnique de Rio-de Janeiro, auteur d'an grand nombre d'ouvrages estimés, dont quelques-uns sont cités dans le cours de ce travail.
21G LE I3RESIL EN 1889.
Tout ce territoire n'est occupe que par 500 à GOO.000 habitants. Peuplé comme la France, à raison de 72 habitants par kilomètre carré, il ferait la richesse d'une population de 219.3G4.70i âmes.
Terre. — Cette zone est d'une fertilité proverbiale : on peut même dire que l'excès de matières fertilisantes est un des principaux obstacles à l'occupation de ce pays par des immigrants européens. La terre y est presque toujours argileuse. La roche prédominante est le grès. On y trouve toute la série des grès classifiée par les minéralogistes. Les argiles pour la céramique y sont excellentes. Les indiens ou les aborigènes de la vallée de l'Amazone excellaient dans le travail de l'argile. Aussi la fabrication de briques, de tuiles et de tous les produits céramiques estelle une industrie à recommander comme très lucrative aux industriels qui désireraient aller s'établir dans la vallée de l'Amazone. — Les argiles blanches y sont connues sous le nom indien de Tabatinga. — On trouve des calcaires dans la vallée du Trombela, un des confluents du fleuve de l'Amazone, et dans les localités connues sous les noms de Tapajoz (île), Manéassû, Monte-Alegre, Manicoré, Santarem, etc., etc. Le prix des terres est très variable dans la vallée de l'Amazone. Le Gouvernement y possède d'immenses étendues. Il sera toujours facile aux immigrants d'y obtenir des terres à des prix minimes.
Produits végétaux. — Caoutchouc. La grande richesse de la vallée de l'Amazone et son premier produit d'exportation est le caoutchouc, nommé là-bas Seringa, Sernamby et Borracha. Le caoutchouc est produit par plusieurs arbres des familles botaniques des Euphorbiacées et des Moracées, notamment par les suivantes : Ilcoea] guianensis (Siphonia elastica) ; Bevca brasiliensis ; Hevea discolor ; Jatropha glasiovii (caoutchouc de Géarâ) ; Ficus elastica (caoutchouc des Indes). — Les grandes forêts de caoutchouc, nommées Seringaes, sont constituées principalement par les Heveas ; mais tous les arbres à caoutchouc, sans en excepter Y Urceola elastica, de la famille des Apocynacées, qui donne le caoutchouc de Malasic, prospèrent admirablement dans la vallée de l'Amazone. L'extraction du caoutchouc se fait encore d'une manière primitive par des gens du pays. Il y a là un immense champ ouvert à L'initiative de l'industrie européenne. Des usines centrales à caoutchouc, établies à Belem, à Manâos, et dans les îles du grand fleuve et de ses innombrables confluents,
produira ent des richesses énormes et introduiraient de grands progrès dans toutes les branches de cette importante industrie. Les arbres à caoutchouc devraient être traités d'une manière rationnelle e( méthodique, comme les chênes-lièges par les colons français en Algérie. Le caoutchouc deviendrait ainsi infiniment supérieur et à meilleur marché ; ces forets seraient conservées et augmentées. L'exportation du caoutchouc est très importante, comme Ton verra dans les tableaux statistiques ci-joints. Ce sont surtout les ports de New-York, de Liverpool, de Londres et du Havre qui en reçoivent les plus fortes quantités. Les prix varient de 3 à 10 francs par kilog., suivant les demandes de l'Europe et des États-Unis.
Cacao. — L'arbre qui produit le cacao est le Theobroma cacau, de la famille des Byttneracées ou Buetteneriacées réunie par quelques botanistes à la grande famille des Malvacées. Généralement on ne fait que récolter les fruits de cet arbre d'une façon toute primitive. Comme pour le caoutchouc il est à désirer que les industriels européens fondent à Belem, à Manâos, et dans les îles du fleuve de l'Amazone ou de ses confluents, des usines centrales à cacao et des fabriques de chocolat. On réussirait à introduire des procédés scientifiques dans le traitement des forêts à cacao, et on obtiendrait des produits infiniment supérieurs et à meilleur marché. Le cacao est exporté pour l'Europe et pour les États-Unis dans les proportions indiquées dans les tableaux statistiques ci-joints. Les prix sont très variables : depuis 50 centimes jusqu'à un franc par kilog.
Vanille. — On trouve la vanille dans tout le Brésil ; mais la plus estimée vient des provinces de l'Amazone, de Para et de Matto-Grosso. La vanille est le fruit d'une orchidée ; les espèces les plus connues sont les suivantes : Vanilla aromatica, Vanilla palmarum (epidendron vanilla), Vanilla palmifolia, etc. Les plus belles gousses de vanille sont très odorantes et couvertes de cristaux en aiguilles, très blanches, d'acide benzoïque. La vanille est un des produits végétaux ayant le plus de valeur. Le kilog. de gousses de vanille se vend de 10 à 20 fr. ; une belle gousse, longue de 20 à 22 centimètres, large de 1 à 2 centimètres, vaut de 1 à 3 francs. La culture et la récolte de la vanille, faites par des immigrants intelligents, produiraient des sommes énormes. La plupart du travail peut être fait par des femmes et des enfants.
Châtaignes de Para. — Ce sont les beaux arbres classifiés par les botanistes BerthoUetia cxcclsa, famille des Lecythidacées, qui produisent la castanha de Para, dont les Anglais et les Américains sont très friands, et qui donne aussi une excellente huile pour Tindustrie. On en exporte des sommes importantes pour l'Europe et pour les États-Unis. Les prix varient de 20 à 00 centimes par kilogramme.
Bois de construction et d'ébénisterie. — C'est un fait prouvé par toutes les expositions universelles, que nul pays au monde ne possède des bois comme le Brésil; mais il faut dire que c'est dans la vallée de l'Amazone que les essences forestières du Brésil acquièrent leur maximum de résistance, de densité, de coloration et de beauté. La simple «numération des bois de la vallée de l'Amazone occuperait des centaines de pages. On en a classifié déjà au Brésil 22.000 espèces ! Le catalogue [Indice gérai das madeiras do Brazil, por André e José Rebouças, 1870-1878) en occupe trois volumes de 300 pages chacun. Aussi sommes-nous obligé de nous borner à rénumération des plus connus : Bois- Rose (Paû-Rosa), Sébastian d'Arruda, classifié Pkysocalyrrma florida, de la famille des Lythrariacées ; Bois-Satin (Paû-Setim, Pequia-setim, Pequia marfim) produit par des arbres du genre Aspidosperma : A. eburneum, A. sessiliflorum, etc., de la famille des Apocynées ; Bois-écaille (Paû-tartaruga, Muira-pinima) classifié Brosimum discolor, de la famille des Arthocarpacées. On en fait des cannes de toute beauté. Il est aussi très estimé pour l'ébénisterie de luxe. Bois palissandre (Jacarandà ; jacarandâtau). Le Palissandre, très riche en espèces et variétés dans toute rétendue du Brésil, est fourni par des arbres de la famille des Légumineuses, appartenant aux genres Machaerium et Dalbergia. On en fait une exportation très importante pour le Havre et pour les principaux ports de commerce de l'Europe et des Etats-Unis.
Cèdre. — Les cèdres du Brésil sont tout différents des cèdres du vieux monde ; on les classifié dans le genre Gedrela de la famille des Cedrelacées, tandis que le cèdre du Liban et ses congénères appartiennent à la famille des Conifères. Rien n'égale la majesté des cèdres brésiliens; ils abondent partout du nord au sud. Dans les grandes crues du fleuve de l'Amazone, on les voit flotter et suivre les cours des eaux comme de petites îles vertes.
Bien son vont on a proposé d'établir des scieries flottantes pour utiliser les beaux cèdres qui flottent sur l'Amazone ; ils seraient péchés comme d'énormes poissons, sans frais de transport et d'abattage en forêt.
Fleurs et plantes fleuries. — 11 faudrait faire un traité de botanique pour donner une idée des fleurs de la vallée de l'Amazone. Nous nous bornerons à dire que la plus grande fleur connue, la Victoria régla, flotte sur les eaux de ce fleuve prodigieux. Les aborigères l'appellent Mururé et aussi Four des (lapés. Les fleurs parfois sont grandes comme un petit canot; les feuilles rondes, d'un mètre de diamètre, peuvent soutenir un enfant à flot.
Les Orchidées, aujourd'hui à la mode dans le grand monde en Europe, abondent dans la vallée de l'Amazone et partout au Brésil. La Catleyasuperba et la Catleya Eldorado sont natives de la vallée de l'Amazone. Nous citons pour mémoire les prix fabuleux payés par les amateurs du vieux-monde: Cypripedium, 0.000 francs ; Cattleya Talnoayana, dédiée au sénateur Taunay, vice-président de la Société Centrale d'Immigration, vendue 4.500 francs ; Cattleya Par icivalima, vendue 2.500 francs ; Cattleya Nossiœ, vendue 12.000 francs ; et les fleurs de YOncidium papilio, qui obtiennent d'un à deux francs, chacune.
Pour l'importation de plantes fleuries il faudra s'adresser à M. P. -M. Binot, floriculteur à Petropolis, province de Rio- Janeiro, ou à son correspondant, M. Brot, faubourg Saint-Denis, n° 89, à Paris, et à Bruxelles, au Jardin Botanique de l'État ou à YHorticidture internationale, qui s'est chargée de l'ornementation florale du Pavillon du Brésil, au Champ -de-Mars.
Plantes ornementales. — L'opulence de la vallée de l'Amazone en plantes ornementales est vraiment inouïe. On y trouve une infinité de palmiers, de fougères, d'aroïdées et les plus beaux arbres, arbrisseaux, épiphytes et parasites connus. Le plus grand arbre de l'Amazone est la Sumaumeira, classifîée eriodendronsuamaûma, de la famille des malvacées (Bombacées), un géant végétal qui rivalise avec le sequria gigantea ou washingtonea gigantea de la Californie .
Plantes médicinales. — La flore thérapeutique de l'Amazone est d'une extraordinaire richesse en espèces et variétés ; dans ce travail tout-à-fait synoptique, nous nous bornerons à mention-
ncr : La Salsepareille, classifiée smilax salsaparilla, de la famille des smilacées. — L'Ipécacuanha, classifiée cephaelis ipecacuan/m, d(> la famille des rubiacées. L'ipécacuanha blanche est fournie par le genre richardsonia, dont on connaît les espèces R. emetica, II. rosea et R. scabra. — Le jaborandy ou pylocarpe, dont on extrait la pylocarpine, si employée maintenant en France et dans le monde entier. Les plantes qui produisent la pylocarpinc abondent dans tout le nord du Brésil, au Céarâ, à Pernambuco et ailleurs ; elles sont classifîées dans la famille des pipéracées avec les titres de pilocarpus primatus — piper jaborandy — otlonia anisum. — Le cubeba classifié piper cubeba dans la famille des pipéracées, qui compte une infinité de plantes médicinales. — Le curare, le fameux venin des indiens, aujourd'hui si étudié par les physiologistes ; il est produit par le strychnos castelnœi ou S. Castelnaena, par le S. cogens, par le S. toxifera etc., de la famille des loyaniacées, quelquefois réunies aux solanacées. — La nux vomica, qui appartient aussi à la famille des hyaniacées, dans l'espèce strychnos-nux-vomica. — Il faudrait remplir des pages entières pour énumérer les plantes médicinales des familles des solanacées et des loyaniacées, si communes dans tout le Brésil.
Guarana. — C'est un produit très singulier de l'industrie des aborigènes de la vallée de r Amazone et qui a l'aspect d'un chocolat très clair et très fortement comprimé. Il est fait avec les fruits du paulinia sorbilis, de la famille des sapindacées. Il a été dernièrement introduit dans la pharmacopée européenne. Les naturels s'en servent en guise de rafraîchissement, en mélangeant la poudre du guarana avec de l'eau sucrée. On en fait déjà une certaine exportation pour l'Europe et pour les provinces du sud du Brésil.
Fruits. — Tous les fruits de l'équateur et des tropiques abondent dans la vallée de l'Amazone. Les ananas à la forme conique nommés abacaxis y sont de toute beauté. C'est le fruit d'une broméliacée, classifiée bromelia ananassa ou ananassa sativa, qu'on voit dans toutes les serres chaudes de l'Europe. Dans cette môme famille on trouve une énorme collection de plantes fleuries et de plantes d'ornement, qui sont épiphytes ou pseudoparasites. — L'avocat ou abacatc, classifié persea gratissima, dans la famille des lauracées, a reçu des éloges de tous les botanistes qui ont étudié ie Brésil. On en connaît de rouges et de verts ;
dans la vallée do L'Amazone le fruit acquiert des proportions gigantesques. — Les cocos ou les fruits des palmiers sont abondants dans la vallée de l'Amazone. Les naturels font une énorme consommation de Vassahy ou jussara, classifîé cuterpe eduhs. Les fruits de cet élégant palmier, délayés dans de l'eau, un peu sucrée, produisent le rafraîchissement le plus populaire à Para et à Maragnon. — Le cupû ou le cupu-assû est un fruit d'un parfum exquis très employé pour des glaces et des sorbets, bien supérieur à ceux de l'ananas. Il est classifîé dans le môme genre theobroma que le célèbre cacao. — Il va sans dire qu'on trouve dans la vallée de l'Amazone une variété infinie d'oranges et de bananes, etc.
Produits animaux. — Le fleuve de l'Amazone et tous ses affluents abondent en poissons de toute grandeur et de toutes les variétés. Le savant Agassiz y a fait une collection de poissons, qui est devenue célèbre entre les ichthyologistes. Le fameux poisson électrique, le puraqué, est une des curiosités de l'Amazone. Le poisson le plus commun est le pirarucû, qu'on prépare comme la morue, et qui est une des grandes ressources alimentaires des habitants de cette vallée.
Les tortues sont extraordinairement nombreuses sur les rives du grand fleuve. On consomme des quantités énormes d'œufs de tortue. A vrai dire, le pirarucû et la tortue sont la base de l'alimentatton des seringueiros ou exploiteurs de caoutchouc dans la vallée de l'Amazone. Les tortues fournissent la belle écaille, dont on fait différents objets de toilette et d'agrément. La quantité d'oiseaux aux plumages splendides qui peuplent les forêts de l'Amazone est vraiment innombrable. Le gibier y est très abondant. On y trouve partout le tapir [anta), la capivara, la pacca et une grande variété de cerfs. Les jaguars (onças) fournissent des peaux aussi belles que celles du tigre royal de l'Inde. Il y en a de plusieurs espèces : fauves, jaunes, noirs, tigrés en noir et jaune or, etc., etc.
Voies de communication. — A vrai dire, il n'y a qu'une seule voie de communication : le fleuve avec ses innombrables affluents et ses canaux naturels de communication. Il est impossible de se faire une idée de la majesté et de la beauté du fleuve. A l'embouchure, il est si large qu'on n'en voit pas les rives. Ses eaux pénètrent dans l'océan comme un énorme coin hydraulique
LE BRÉSIL i:\ 1889.
de \ iii-l lieues de largeur. Sur une grande étendue les plus forts bateaux à vapeur naviguent comme en pleine mer, tant il est large et profond. Dans certains endroits, une infinité d'îles, couvertes de La plus belle végétation du monde, obligent les bateaux à vapeur à parcourir un vrai labyrinthe de canaux bordés d'arbres sup irbes, comme on n'en voit pas de pareils, môme aux Indes dans l<is vallées si célèbres du Gange et de Tin dus. On donne ace fleuve merveilleux une longueur de 2.828 kilomètres et à tous ses affluents 13.250 kilomètres. Dans les tableaux statistiques cijoints, on verra l'extraordinaire mouvement de la navigation à vapeur sur l'Amazone et sur ses principaux affluents. L'acte de l'ouverture de ce fleuve majestueux à toutes les nations du monde doit être compté comme un des plus brillants du règne de Dom Pedro II. La belle propagande en faveur de ce bienfait universel a été faite avec une grande éloquence par feu Aureliano Candido Tavares-Bastos, un des plus remarquables publicistes du Brésil.
Chemins de fer. — Pour le moment, on ne compte à Para qu'un seul chemin de fer : celui de Belem à Bragança, qui doit avoir 1 il kilomètres, évalués à 5.656 contosde réis, mais qui n'a encore que 61 kilomètres, jusqu'à Apehii. — Le fleuve-océan, avec ses énormes affluents et son infini labyrinthe de canaux (furos, igarœpês) est le vrai réseau de chemins de fer de cette vallée. Depuis 1867 le grand fleuve est ouvert à tous les pavillons ; la navigation à vapeur y fait des progrès extraordinaires, comme on le verra dans les tableaux statistiques ci-joints.
Agriculture. — La vallée de l'Amazone est si riche en produits naturels, et sa population est si insignifiante qu'on n'y fait de l'agriculture que pour les besoins locaux. On comprend bien qu'il vaut mieux récolter le caoutchouc, le cacao, la vanille, les châtaignes ou toucas, la salsepareille, l'ipécacuanha et les autres produits d'une haute valeur que de se donner la peine de labourer la terre. Mais tous les produits de Féquateur et des tropiques réussissent prodigieusement dans les terres drainées et irriguées par l'Amazone et par ses innombrables confluents. Ainsi l'indigo, la canelle, les girofles, les piments de l'Inde et de Cayenne, le poivre, etc. peuvent être cultivés comme dans leur pays natif; le Manioc, qui donne le meilleur tapioca, et les maïs, ont été cultivés par les aborigènes, même avant la dé-
couverte de L'Amérique. Le tabac produit merveilleusement : le tabac de Borba, celui d'Irituia et de L'Acarâ sont très goûtés par les amateurs de cigarettes. — La canne à sucre est excellente dans la vallée de l'Amazone. Il est temps d'y fonder quelques usines centrales cl»1 sucre. Les conditions économiques y sont excellentes à cause de la facilité des transports en bateaux à vapeur et de l'abondance du combustible. Les débouchés ne manqueraient pas, le sucre pouvant être envoyé par les affluents de L'Amazone jusqu'au Pérou et dans la Bolivie. — Le riz donne d'abondantes récoltes dans les prairies basses de la vallée de l'Amazone. — Le café réussit merveilleusement sur les collines et dans les terres hautes; il a l'aspect du petit café de Moka. C'est même par Para que le café a été introduit au Brésil ; il y avait été importé de Cayenne.
Exportations. — Les principaux articles d'exportation de la vallée de l'Amazone sont les suivants : Le caoutchouc, le cacao, la vanille, le guarana, les châtaignes de Para, les huiles de plusieurs palmiers, la piaçaba, qui est constituée par des fibres de Yattalea funifera, de la famille des palmiers, et aussi par le genre leopoldine, la salsepareille, Yipécacuanha, les plantes médicinales, le tabac de Borba, les bois de construction et cVébénisterie, les cuirs et peaux, les plumes d'oiseaux, etc., etc.
Dans les tableaux statistiques ci-joints, on trouvera la valeur de ces différents articles d'exportation.
Exportation de produits forestiers par le port de Para, de janvier à juillet 4888 :
Produits.
Caoutchouc . .
Cacao
Noix du Brésil.
Quantité.
Valeur en contos.