hectol
Valeur en contos.
Mouvement de la population dans le port de Para, de janvier à juillet 1888.
Entrées. — Nationaux, 4.785; étrangers, 1.797. Total : G. 582
Sorties. — Nationaux, 1.927; étrangers, 622. Total : 2.549
Accroissement de la population 4.033
Caoutchouc. — Exportation par le port de Para en 1888 :
Caoutchouc de lrc qualité (Borracha fina). 10.000.000 kilogr. Caoutchouc de 2e qualité ^Sernamby) 5.000.000 —
Total 15.000.000 kilogr.
En 1888, les prix moyens ont été de 2.000 § (à peu près 6 francs) pour la première qualité, et de 1.000$ (à peu près 3 francs) pour la seconde sorte.
II. La zone du Parnahyha . — La zone du Parnahybà comprend les provinces de Maragnon et de Piauhy. La surface de la province de Maragnon est de 459.884 kilomètres carrés. La surface de la province de Piauhy est de 301.797. La zone entière du Parnahyba a donc une surface de 761.681 kilomètres carrés. La population de Maragnon est de 400 à 500.000 habitants ; celle de Piauhy est estimée de 250.000 a 300.000 habitants. Toute la zone du Parnahyba ne contient pas plus de 800.000 habitants et est toute prête à recevoir des millions et des millions d'immigrants. Le grand fleuve du Parnahyba sépare les provinces de Maragnon et de Piauhy : il est depuis longtemps silloné par des bateaux à vapeur. La province de Maragnon jouit d'un magnifique réseau fluvial, formé par les grands fleuves Gurupy, Tury-Assû, Pindaré, Mearlm, Ilapicurû et Munin. Des bateaux à vapeur circulent dans tous ces fleuves et dans leurs principaux confluents. La capitale de Maragnon, nommée 5. Luiz do Maranhâo, se trouve placée dans une ile et reçoit par des bateaux à vapeur les produits de toute cette belle province, comme si elle était la station centrale d'un grand réseau de chemins de fer. Son beau port reçoit des navires de tous les ports d'Europe, principalement du Havre et de Livcrpool.
Terre. — Le nord de la province de Maragnon touche à Para, et possède des terres à caoutchouc et à cacao, comme la vallée de l'Amazone. Dans la vallée de l'Itapicurû la roche prédominante est un grès noir ferrugineux, qui est employé comme pierre de construction dans la capitale de Maragnon. Aux environs de la ville d'Alcantara il y a un bassin calcaire parfaitement déterminé. A l'Itacolumy on trouve des grès ferrugineux. Les grès blancs, verts, rouges et bigarrés sont très abondants même dans l'île où se trouve la capitale de Maragnon. Des argiles -de toutes les couleurs, excellentes pour briques, tuiles et produits céramiques, abondent à Maragnon et à Piauhy. La pierre de •taille est fournie par un grès très dur, qu'on trouve à Maragnon, dans l'île de Jacumy, tout près de Itaquy. A Itaquy môme on exploite des carrières d'un grès ferrugineux. On trouve à Maragnon des marbres aux environs des villes du Brejo et de Caxias. On fait des dalles avec un schiste, qu'on exploite tout près de la ville de Caxias. Les calcaires de Tresidella, dans la province de Maragnon, peuvent servir à la bâtisse et au chaulage des terres argileuses. Le fleuve Parnahyba abonde en cristaux de roche. La roche, qui couvre le lit de ce fleuve, est un grès très dur : on y trouve aussi des puddings et des conglomérats. Sur les rives de ce •beau fleuve abondent le sable et les cailloux. L'ocre jaune, appelée Taud par les aborigènes, est exploitée tout près de la ville d'Oeiras, ancienne capitale de la province de Piauhy. Le gypse, le talc et les calcaires de plusieurs espèces se trouvent dans plusieurs localités de la vaste province de Piauhy. On a signalé plusieurs mines de fer, de cuivre et d'or, tant à Piauhy qu'à Maragnon ; les mines d'or et de cuivre du Tury-Assû et de Maracassumé ont eu même un commencement d'exploitation.
Sel. — On fabrique le sel sur toute la côte du Brésil, depuis Para jusqu'au cap Frio, dans la province de Rio-de-Janeiro. A Maragnon, les conditions naturelles facilitent beaucoup cette industrie. On trouve, aux environs d'Alcantara, de vastes marais salés, à fond de pierre calcaire, qui sont de vraies salines naturelles. Elles sont connues sous le nom indien d'Apicwns. Les marées à Maragnon sont les plus fortes de toute la côte du Brésil : elles montent de a à 8 mètres comme dans le port du Havre. L'évaporation del'eau de merse fait très rapidement, grâce au soleil équatorial ; la saison sans pluie dure de 5 à G mois, toujours accompagnée d'une forte brise de E.-N.-E., qui accélère
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beaucoup l'évaporation. Des usines à sel. moulées à la française, raffinant le sel et profilant des prôéuits ehimiques des eomtcmèves, donneraient à coup sur de beaux résultats à Maragnon.
Bois de Construction et d'Ébénisterie. — Au nord de la province île Maragnon, on trouve les mêmes essences de bois qu'à Para; nous ne ferons donc que mentionner les suivants à la suite de ceux déjà cités dans la description de la première zone agricole : Acapu ( Waaap&u), elassilié Andira Aublelil ou Wacœp&ua umericumt, dans la famille des légumineuses. C'est le bois le plus employé là-bas, surtout dans les travaux hydrauliques : il résiste au ver-taret (gusemo) ou Teredo navedis des zoologistes. Un autre bois de cette zone, YAngeUca, classilie Bio&r&nya iParaensis, jouit aussi de la précieuse propriété de résister aux vers-larets. — Bacuky (Pacourv, Pacoury-Uva) elassilié Platmia insigni&, dans la famille des Guttifères ou. Clv&iacées. C'est le bois de construction le plus abondant à Maragnon et celui dont on fait un emploi plus général.
Café. — Le café vient très bien dans la province de Maragnon ; le meilleur est produit : dans File de Saint-Louis, à Vianna, dans la vallée du Pindaré et dans les collines duMearim, Dans la statistique générale de la production du caté de l'Empire du Brésil, Maragnon occupe la septième place. A Piauhy on ne cultive le cale que pour la consommation locale, mais il vient très bien dans les terres hautes du Parnahyba, du Gurgueia, du Piauhy, du Canindé, du Poly et du Longa.
Cacao. — Ce précieux fruit commence à être régulièrement cultivé à .Maragnon. Le cacaoyer est un bel arbre qui produit pendant 50 à 80 ans. On peut compter sur une récolte de cinq à dix kilos d'amandes pour chaque cacoyer. La culture en est très facile ; il ne faut des soins que dans les premiers temps. Dès que l'arbre commence à produire, tout le travail se réduit à la récolte et à tenir l'arbre propre de parasites et de mauvaises herbes.
Um cacaoyer produit chaque année 200 fruits; chaque fruit a de 30 à 50 amandes. Chat] m; amande pèse 50 grammes. Ainsi on a 1-0 kilogrammes em 200 fruits. Une ferme à cacao avec 50.000 arbres produirait 500. (KM) kilogrammes d'amandes. Si on compte 1 fr. 50 par kilo de cacao, on aura 750.000 fr. de recette brute. On calcule ainsi les frais d'exploitation :
LES ZONES AGRICOLES. g&7
Labourage de LOÛ hectares, acquisition de
semences, pépinières, eèc G7.500 fr.
(1 fr. 25* par cacaoyer).
Plantation de 12.500 bananiers pour abriter les >yers dans les premières années 2.000
Personnel pour soigner les cacaoyers pendant quatre ans 100.000
Somme 166.260 fr.
Le cacaoyer commence à produire régulièrement à la quatrième année.
La récolte et la préparation des amandes se font à dix cenlinies par kilogramme. Aussi, môme avec le prix des terres, intérêts, transports, emballage, etc., etc., arrive-t-on à 300.000 fr. de revenu net.
Sucre. — La canne à sucre réussit merveilleusement dans les provinces de Maragnon et de Piauhy. Dans la statistique générale de l'exportation du sucre de l'Empire du Brésil, Maragnon occupe la sixième place. Dans la vallée du Pindaré, on a fondé, par l'initiative du négociant danois Martinus Hoyer, la première usine de Maragnon, qui est exploitée par la compagnie « Progresso Agricola », au capital de 500 contos de réis, c'est-àdire, 1.250.000 francs au change de 400 réis par franc. Gomme partout, la production de l'eau-de-vie suit celle du sucre.
Coton. — Maragnon a été toujours renommé par l'excellence du coton. On prétend que dans les terres d'Alcantara on produit le vrai Sea-Island. Le coton vient partout au Brésil ; les botanistes affirment qu'au moins trois espèces de coton sont natives du Brésil, savoir : Gossipium brasiliense, Gossipium fcli'jiosum, Gossipium vitifolium. Dans la statistique générale de l'exportation du coton du Brésil, Maragnon occupe la cinquième place et Piauhy la onzième.
Agriculture. — Nous avons déjà cité le café, le cacao, le sucre et le coton comme des produits de la zone agricole du Parnahyba. Pendant longtemps le riz a été le principal produit de Maragnon: encore aujourd'hui le riz de Maragnon obtient les premiers prix sur les marchés du Brésil. Le tabac réussit
très bien à Maragnon et à Piauhy. Dans la statistique générale de L'exportation du tabac du Brésil, Maragnon occupe la neuvième place.
Bétail. — Piauhy est renommé pour la richesse de ses prairies, nommées campos de criaçâo. On en exporte des bœufs même pour les Guyanes. Le gouvernement impérial possède dans cette province une vingtaine de grandes fermes ou fazendas, qu'il met souvent en adjudication. On fabrique le fromage dans ces fazendas par les anciens procédés laissés par les jésuites ; dans cette industrie, comme dans le tannage des cuirs, il y a beaucoup à espérer de l'industrie des immigrants européens.
Voies de communication. — Le fleuve Parnahyba est navigué à vapeur sur une étendue de plus de 200 lieues; le Gorgueia, un de ses principaux affluents, permet la même navigation sur une étendue de 130 lieues. Dans la province de Maragnon, les fleuves Itapicurû, Mearim, Pindaré, Munim et Tury-Assù jouissent des avantages d'une navigation régulière par des bateaux à vapeur de GO à 70 mètres de longueur et de 70 à 90 centimètres de tirant d'eau.
Chemins de fer. — La navigation à vapeur sur les beaux fleuves de Maragnon et de Piauhy a fait retarder jusqu'à ce jour la construction de chemins de fer. Nonobstant on a déjà projeté les suivants : 1° De la capitale de Maragnon à Gaxias, avec 340 kilomètres de longueur ; 2° De la ville de Caxias à Theresina, la capitale de Piauhy, avec 126 kilomètres de longueur; 3° De la ville de Caxias à San-José dos Matôes, sur le Parnahyba, avec 150 kilomètres de longueur; 4° De la ville de la Barra-do-Corda, sur le Mearim, à la ville de Chapada, avec 130 kilomètres de longueur ; 5° De la Barra-do-Corda à la ville de Carolina, sur le grand fleuve Tocantins, qui a été concédé, en novembre 1873, par la province de Maragnon. Dans la province de Piauhy, le chemin de fer le plus intéressant est celui delà ville d'Amarante à la ville d'Oeiras, qui a pour but de relier la vallée du Parnahyba à la vallée du San-Francisco.
Exportations. — Actuellement, les principaux articles d'exportation de Maragnon sont les suivants : Coton — sucre — eaude-vie — bois de construction et d'ébénisterie — riz — farine de
manioc et tapioca — huiles de coco (palmiers — cocos nucifera, etc.). Pour le Piauhy les principaux articles d'exportation sont les suivants : Bœufs pour les Guyanes — coton — tabac — cuirs — mais — riz — haricots, etc.
III. L.a zone €lu Céarà. — Cette zone agricole est constituée par la province de Céarâ, d'une surface de 10-4.250 kilomètres carrés. Sa population est estimée de 800.000 à 1.000.000 d'habitants, malgré les émigrations pour la vallée de l'Amazone, pendant les crises produites parla sécheresse.
Terre. — Le sol de Céarâ est constitué principalement par des gneiss et des granits. Sur la ligne du chemin de fer de Camocim à Sobral, on trouve les mêmes granitoïdes que dans la province de Rio-de-Janeiro. Les calcaires et les marbres se montrent à Baturité, à Granja, à Villa-Viçosa et à Sobral. Les argiles pour briques, tuiles, et pour tous les produits céramiques, abondent dans toute la province de Céarâ. Les prairies naturelles — os campos de criaçâo — ■ de Céarâ sont magnifiques. Dès que les pluies tombent régulièrement, le bétail se reproduit comme nulle part. Les vallées humides de Céarâ et les montagnes, où abondent les sources, sont d'une fertilité extraordinaire, même au Brésil. Tous les produits agricoles, tous les fruits sont à Céarâ d'une grande beauté, d'un goût et d'un parfum exquis. Le café de la Serra (chaîne de montagnes) de Maranguape est excellent, et figure déjà sur les marchés d'Europe.
Métaux — On a découvert plusieurs mines d'or, de cuivre, de fer, etc., dans la province de Céarâ. Pour le moment on n'exploite que la mine de cuivre de Pedro-Verde, située dans le Municipe de Yiçosa.
Matières textiles. — La flore du Brésil est très riche en fibres et matières textiles. Dans les familles botaniques des palmiers, des malvacées, des filiacées, des broméliacées, des liliacées (surtout le fameux genre fourcroya), des musacées (bananiers sauvages), on trouve une infinité de plantes donnant des fibres pour les tissus, pour les cordes, pour le papier, etc Encore dernièrement la maison Boris frères, de Céarâ, a commencé l'exploitation industrielle du gravât a, de la famille des broméliacées.
Caoutchouc. — La province de Céarâ exporte deux espèces de cnoiilrlioiic, bien différentes de celles de la vallée de l'Amazone, savoir: — la m/ëmmoèa on La bovrœka de mmniisobm, produite par un arbre qu'on appelle la leiteim (productrice de lait), et qui esl classifiée jatropha g las iovil dans la famille des euphorbiacées ; — la borracha de mangabeira, produite par la hancornia osa, de la famille des apocunacées, qui vaut 1 franc à 1 IV. 50 le kilogramme dans les ports d'embarquement pour l'Europe. û va sans dire que, depuis la vallée de 1' Amazone jusqu'à la province de Mallo-Grosso, le Brésil possède tous les climats propres à la production du cnnufchnuc et de la <jutia-per<h<i. Ainsi, le caoutchouc de Malasie est produit par une plante de cette même famille des apoeyrn&eées, si répandue sur tout le territoire du Brésil; on laclassifie ureeeëa clusiica. Le caoutchouc des Indes est produit par Le j&eus eèastiea de la même famille que la seringmwa de l'Amazone et la lesteira de Céarâ.
Gutta-Percha. — Il ne faut pas oublier que la gutta-percha, native du Brésil, est produite par deux arbres de la famille des sapQtaeées, savoir: — le jaquâ, classilié ïucuma g/ganlea; — la riiasst/)vni(luh(f, aussi nommée apraliiû crrmdlw (rouge), classifiée mimusops data. La gutta-percha de la Malasie est produite par Yisonuudra gutta ou isonandra percha (Hooker), de cette même famille des sapotacées. C'est dans l'ile de Sumatra (Per/j a h) qu'on trouve les plus belles forêts de gutla-pereha; l'entrepôt principal est àSingapore. La gutta-percha est encore produite par la bassia. parkii, de la famille des sapofacées. En Abgssiiiie, la gulla-percha est extraite des arbres du genre mimusops comme la massaranduba du Brésil, notamment du mimusops schimperti et du .1/. Kwmnel. Il est de toute évidence que, dans un prochain avenir, les immigrants européens acclimateront toutes ces espèces et variétés au Brésil, qui deviendra le principal producteur de caonêehout et de gutta-percha, de toutes les qualités demandées pour les différents is de l'industrie.
Carnauba. — Si on devait caractériser la province de Céarâ par un arbre, ce serait, bien sûr, la carnaûbeira qui aurait la préférence. C'est un joli palmier, classilié primitivement par le botaniste Arruda: Coryfhms eerifera, et, définitivement pariMûrrtwo, le célèbre auteur de la Flora èrasitiensk, dans l'espèce Copermteia cerifèm. La ciirna iihi'ira produit une cire végétale, dont le Céaré
l . i : s 10NBS AGRICOLES. 231
fait UM impôrlanlc^ exportation pour les au! rcs provinces du Brésil et powr l'Europe. Les chawmiitoes dans l'intérieur de la province de Céarà, au S«rtoë} comme on dit au Brésil, sont toutes tait.es du tronc et des feuilles delà rnrnnûbcirn. Le bois de mrneriàa esl 1res résistant ; il donne des pilotis magnifiques peur tes pon!s et pour les travaux hydrauliques maritimes. Il résiste bien au gusano ou ver-taret (Teredo navalis). On a employé aussi le bois de carnaûba pour faire des traverses de chemins de fer, etc.
Agriculture. — La province de Céarâ est considérée la province la plus active du nord de l'Empire. Elle fut la première à abolir l'esclavage, par sa propre initiative, le 25 mars 1884. Dans la statistique générale de l'exportation du Brésil, Céarâ occupe la deuxième place dans l'exportation du caoutchouc ; la quatrième pour le café; la troisième pour le coton; la septième pour le sucre, et la cinquième pour l'exportation de cuirs, os, cornes, etc. On exporte de Céarâ des oranges pour l'Europe, notamment pour les ports d'Angleterre. Les fruits de Céarâ sont délicieux, surtout les abacaxis, la plus belle variété de l'ananas, et les citas, qu'on nomme dans les autres provinces du Brésil pinha, fructa de conde, etc. UAta est le fruit de YAnona squamosa, de la famille des anonacées. Il y a plusieurs espèces iïanonas dans la flore brésilienne, connues sous les noms iïaraticum, araticumpanan ; nralicum-ponha, etc.
Chemins de fer. — La province de Céarâ a deux chemins de fer, qui sont déjà en exploitation, et qu'on prolonge en ce moment, comme moyen de secours pour la population de l'intérieur dans les crises produites par la sécheresse.
Un ingénieur anglais, M. Revy, a imaginé un grand réservoir d'eau à Quixadâ pour prévenir les souffrances des agriculteurs et du bétail pendant les sécheresses. On espère bien arriver, au moyen d'un système de grands et de petits réservoirs d'eau, construits dans toutes les vallées, par la plantation d'arbres spéciaux et par un réseau de chemins de fer de secours, à réduire au minimum les crises de sécheresses, le seul ananké de la magnifique province de Céarâ.
Exportations. — La province de Céarâ, ayant été toujours une province d'agriculture libre et de petite propriété, présente
la plus grande variété dans ses produits d'exportation. Nous nous bornerons à mentionner les suivants : Carnauba (cire-végétale). Caoutchouc de deux espèces (manissoba et mangabeirà)^ café, coton, sucre, eau-dc-vie, etc., oranges pourLiverpool et Londres, riz, haricots et fruits divers, cuirs, os, cornes, etc., etc., peaux de cerfs et de chèvres, bois de construction et d'ébénisterie.
Statistiques. — Céarà.
Importations directes :
Exportations :
Recette des douanes :
IV. Lia zone du Parahyba-du-]\ord. — Les quatre provinces, classées dans la quatrième zone agricole du Brésil, sont les suivantes : Rio-Grande-du-Nord, qui a une surface de 57.485 kilomètres carrés et une population de 250 à 300.000 habitants; Parahyba-du-Nord, qui a une surface de 74.731 kilomètres carrés et une population de 400 à 450.000 habitants ; Pernambuco (Fernambouc des Français), qui a une surface de 128.395 kilomètres carrés et une population de 900.000 habitants ; Alagôas, qui a une surface de 58.491 kilomètres carrés et une population de 350 à 400.000 habitants.
Dans cette zone on ne trouve que deux fleuves importants : le Parahyba-du-Nord et le Capiberibe. Le grand fleuve San-Francisco limite cette zone agricole au sud.
Terre. — A Rio-Grande-du-Nord, les roches prédominantes sont les grès, les gneiss et les granits. On y trouve des calcaires et du gypse. L'argile pour briques, tuiles et pour tous les produits céramiques, abonde dans toutes les quatre provinces de cette zone agricole. Dans les montagnes deCaxixa, a sept lieues de
la ville (TAreia, dans la province de Parahyba-du-Nord, on trouve Le vrai kaolin à porcelaine. Le fleuve Parahyba-du-Nord coule, à s. m embouchure, sur un vrai bassin calcaire ; on est en train d'organiser une Compagnie pour la fabrication de la chaux hydraulique et des ciments connus dans le commerce sous les dénominations de ciment Romain et de ciment de Portland. Dans les montagnes de Borborema, qui forment une chaîne très importante embrassant les provinces de Rio-Grande-du-Nord, de Para-^ hyba-du-Nord et de Pernambuco, on trouve des grès, des gneiss et des granits. Ces montagnes sont magnifiques par le climat, par l'abondance d'eau et par la fertilité. Ce sera la première région qui sera occupée par les immigrants. On y trouve déjà quelques Européens, établis spontanément et qui sont très contents. Le chemin de fer « Comte d'Eu » dessert déjà la base de ces montagnes, tout près de la ville d'Areia, située sur un beau plateau, qui a mérité, par la douceur de son climat et par la beauté de ses panoramas, le surnom de Petropolis-du-Nord. La géologie et la minéralogie de la province de Pernambuco ont été étudiées par le professeur Charles-Frédéric Hartt, compagnon du célèbre Agassiz dans son voyage à la vallée de l'Amazone. La région maritime de la province de Pernambuco est nommée zona da Mat ta, ou tout simplement A Matta, pour signifier la région où abondent les forêts. La roche qui y prédomine est le granit avec ses évolutions pour le gneiss et pour le grès. Les montagnes de Guaranhuns, qui limitent les provinces d'Alagôas et de Pernambuco, abondent en gneiss. Ces montagnes sont aussi belles que celles de Borborema et produisent du café excellent. Les immigrants peuvent déjà y arriver par le chemin de fer de Recife à Guaranhuns, dans la province de Pernambuco ; ou, encore plus rapidement, par le chemin de fer de Maceiô à Imperatriz, connu sous la dénomination de Central Alagôas. A Aguas-Bellas, dans la province de Pernambuco, on trouve des granits avec des filons de calcaires cristallins, semblables à ceux de la vallée duParahyba-du-Sud, dans la province de Rio. Les granits de Tamandaré et de Tacarahi, dans la province de Pernambuco, sont bien connus. Dans file d'Itamaracâ, si renommée par l'excellence de ses fruits : raisins, muscatel, mangas, cocos, abacaxis, etc., etc., on trouve des calcaires. Le professeur Hartt a fait une splendide collection de calcaires fossilifères à Pajehû, à Bezerro et à San-Caetano-da-Raposa sur le chemin de fer de Recife à Caruarû.
534 le &R1SII EN 188 9.
Dans la province à'Alagôe», le gneiss est abondant dans les environs de la fameuse eatarwete de Paufo-A/ponso, le Niagara bfésélieii. Des calcaires cristallins se trouvent dans les montagnes de Craûnanian, de Graûnam ; on a signalé aussi des calcaires à Piranhas, sur lariirf gauche du San-Franci
Guano et phosphates alcalins. — On trouve sur tous les ilôts de la côte du Brésil des dépôts de guanos et de phosphates alcalins, analogues à ceux du Pérou. Les plus importants se I nui vent dans l'archipel de Fernando de Noronha. Us sont exploités par une Compagnie brésilienne organisée en octobre 1888. La direction technique de l'exploitation est confiée au chimiste français RI. Louis Berthaud.
Bois-Brésil. — Le commerce du Bois-Brésil {Paû-Brazil) a perdu de son importance après la découverte des couleurs d'aniline ; nonobstant on en fait encore une certaine exportation des provinces d'Alagôas et de Bahia. Il est produit par des arbres magnifiques, classifîés € ses alpins /n-azi.liensis; C. eckùmia ; C. pel/ophci-uîdes, dans la grande famille des Légumineuses. Il faut dire que ce bel arbre caractérise bien le Brésil, parce qu'on le trouve dans les forêts du nord, du centre et du sud de l'Empire.
Agriculture. — - La zone du Parahyba-du-Nord se caractérise par la production du sucre et du coton. Le port de Recife a pendant longtemps concentré le commerce d'importation et d'exportation des quatre provinces de Pernambuco, de Parahyba-du- Nord, d'Alagôas et de Rio-Grande-du-Nord. Actuellement, ces trois petites provinces commencent à négocier directement avec les ports de l'Europe et des États-Unis. A l'embouchure du Parahyba-du-Nord, on est en train de préparer un port de commerce transatlantique, à Cabedello, qui servira de ^arcmaritime au chemin de fer Comte oVEu. Ce fleuve Parahyba-du-Nord a des crues régulières, comme le Nil, et dépose un limon aussi fertilisant pour la canne à sucre que celui du Nil pour le blé. Depuis des siècles on récolte la canne à sucre à Parahybadu-Nord, sans même employer la charrue de bois, obstinément conservée par les fellahs de l'Egypte.
A Rio-Grande-du-Nord, la vallée du Céarà-Mirim est la plus renommée pour son extraordinaire production do canne à
LES ZON'KS Ali R1C0LKS. 235
sucre. A Pernambueo on commence à cultive* régulièrement le cacaoyer sur Les terrains desservis par le chemin de fer de Rccife à Limoeiro. Les plateaux et les collines de liio-Grande-du-Nord, de Parahyba-du-Nord, de Pernambuco et d'Alagôas produisent très bien h café. Le tabac \icnl tores bien partout; on espère que la liberté an travail agricole donnera à cette culture le môme développement crue dans la province de Rallia. La canne à sucre produit 1res bien dans les terres basses de la province cTAIagoas. Le tabac vient mieux dans les terrains secs. Le café est excellent dans les montagnes de Mundahu, à l'extrémité occidentale du ehemin de fer central «FAlagôas ; c'est sur ces montagnes qu'on lablir les premiers immigrants. Toutes les plages de cette zone agricole, depuis le Rio-Grande-du-Nord jusqu'à l'embouchure du San-Francisco, sont couvertes de magnifiques forêts de cocotiers (Cocos nucifera) ; leurs fruits donnent lieu à un commerce très important.
Immigration. — Le Parlement vient de voter une somme de 1.000 contosde réis (à peu près 3 millions de francs) pour un essai d'immigration européenne dans la province de Pernambuco. Le succès de cette belle entreprise sera magnifique, si on donne aux immigrants la propriété directe delà terre, et si on les place sur les hauts plateaux de Guaranhuns, dans des endroits connus par leur fertilité et par leur abondance en sources et eaux courantes. Les insuccès de l'immigration dans le nord du Rrésil étaient entièrement dus à l'esclavagisme. Le climat des montagnes du nord du Rrésil est excellent pour les Européens ; ce qui est mauvais, ici comme dans tout le monde, ce sont les marais et les prairies basses et humides. La chaleur à Pernambuco et dans toute cette zone agricole n'atteint jamais les degrés connus dans la Lombardie, à Naples, en Espagne et dans toute la Méditerranée. V immigrantpropriétaire est parfaitement libre de choisir les heures les plus convenables pour ses travaux agricoles ; il n'est pas obligé d'obéir aux ordres de propriétaires parfois égoïstes. Le labourage de la terre au Rrésil est très facile : un cacaoyer vit 50 à 80 années ; ce sont des arbres fruitiers, c'est un travail de verger. L'immigrant-propriétaire cultivera la vanille avec sa femme et ses enfants; élèvera des abeilles et des vers-à-soie ; cultivera des ananas et les beaux fruits du Rrésil; exercera, enfin, une multitude de petites industries avec les produits naturels, si abondants dans les forêts du pays.
Chemins de fer. — La zone agricole du Parahyba-du-Nord (>st déjà desservie par plusieurs chemins de fer énumérés ailleurs.
Exportations. — Les quatre provinces, qui composent la zone du Parahyba-du-Nord, ont des articles d'exportation très variés ; nous nous bornerons à citer les suivants : Sucre — coton — ■ bois de construction et d'ébénisterie — cuirs — os, cornes, etc., etc., — cocos (fruits du cocos nuclfera) — riz — maïs — tapioca et farine de manioc — haricots — tabac — gratins de sucre (rapaduras) — fruits (oranges, ananas) — eau-de-vie — huile de ricin — huiles de plusieurs palmiers — café — caoutchouc de Jatropha et de Hancomia — bois-Brésil — cire végétale de copernicea, etc., etc.
PROVINCE DE PERNAMBUCO, TORT DE RECIFE Mouvement maritime en 1887.
Entrées: 1.181 navires jaugeant 859.216 tonneaux.
Sorties : 1.135 navires.
Vapeurs entrés 539
Vapeurs sortis 642
Somme 1.181
Il y a en plus 10 navires de guerre à vapeur entrés et sortis.