‹ Le BrésilChapitre 10 sur 75 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

stitutioimelles. Leur protestation f^t écartée. On cria à la Con«titution violée : l'Empereur, disait-on,

avait eu la main forcée par les chefs du parti conseiTVateur qui fonuaient son conseil; on a^j'ita les deux provinces» où bientôt letendard de la révolte fat ariboré.

Mais le f^ouvemement était prêt : des troupes furent envoyées ; elles atteignirent les forces insurgées dans un lieu appelé SanUi'Luzia, ci les dispei^rent. C'est depuis cette époque ^*on donna le nom de Santa-Luxias^ non pas seulement aux anciens insurgés, mais au parti libéral tout entier. Les conservateurs furent desi(j;Dé& ^us le nom de Sciqua^ rem os.

La plupart des chefs du mouvement furent faits prisonniers, et on commença Tinstruction de leur

procès; mais bientôt après, im décret d amnistie vint jeter sur ce passé le voile de l'oubli.

Enfin un dernier acte de révolte éclata à Pernambuco, en 1848 ; mais ce n'était déjà plus pour des questions de principe et de gouvernement {général tju'on en venait aux mains; il ne s'agissait que de questions d'influence locale et de gouveruemenl provincbl; les rebelles furent battus et pris» et Fordre fut pleinement rétabli dans la province par une nouvelle amnistie.

Depuis (Cite époque, l'Empire jouit d'une paix profonde qui désormais ne sera plus troublée. Ces

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partis jadis si ardents et toujours prêts à en venir aux mains, sont aujourd'hui entièrement calmés, et d'anciens adversair» politiques qui paraissaient irréconciliables serrent aojoord* boi sous la même bamiièfe. L'apaisement a été d complet, il a si profondément pénétré dans les masses , cju'aux élections dernières (en 1852) ce n est pas la majorité, c'est l'unanimité que le pays a donnée au çonyemement C'est que la sagesse et Thabileté consommées du jeune Empereur ont su satisfaire à la fois , dans ime lar(je mesure , les instincts progressifs et les besoins conseriFateufs : c'est que les hommes eux-mêmes se sont formés à la rade école de To^périence, et que, dévoués égialement au pays et au prince, ils ont subordonné leur ambition aux intérêts de la commune patrie. Ainsi tout marche au Brésil dans une voie flftre et connue, et tout prospère : l'activité des transactions commerciales, en développant la richesse privée, a assis sur les plus solides bases la richesse publique , et Tétat florissant des finances de TElmpire donne d^ et promet mieux encore pour l'avenir toutes les grandes améliorations que réclame un territoire' en voie de passer àt Vêlai sauya^^e à la civilisation.

Si j'ai tenu à rappeler, avec quelques détails, l'époque de troubles et de misère que le Brésil « tra-» versée, c*est moins pour faire contraster le présent avec le passé que pour redire, U'cs-suraboMdamment

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doute, aux Brésiliens eux-mêmes, qu'ils ne doivent regarder derrière eux que pour persévérer plus résolûment que jamais dans la rcnite que leur a fîrayée leur jeune Empereur. Ik ont été assez longtemps dupés par le mirage des théories, ils ont aujourd'liui la réalité d'un bon gouvernement, c està-dire Tordre intérieuTy la sécurité, la prospérité du présent, la garantie oerlaioe d'un avenir magnifique. Qu ils s'y tîennait et qu'ils en jouissent; c'est mon vœu et mon conseil, qu'ils me pardonneront d'ailleurs, si» comme je le crois, j'ai prêché des convertis.

A cet aperçu historique, qui n'a d'autre prétention que de donner au lecteur une idée sommaire du passé contemporain, il me semble utile d'ajouter quelques brèves notions géographiques et topograpbiques.

Le Brésil est un des plus vastes empires de la terre : sa superficie totale est de 7 millions 9d2 mille kilomètres carrés; il s'étend du nord an sud , depuis le 4* degré de latitude septentrionale jiisqu au 33* degré de latitude méridionale, et de l'est à l'ouest, de* •puis le 37* jusqu'au 73^ degré de longitude ouest.

L'EmjMre se compose aujourd'hui de vingt provinces, dont seize ont des ports sur Tocéan Atlantique, et dont quatre seulement sont circonscrites dans rintérieur des terres.

Voici la nomenclature des provinces maritimes classées d'après leur situation du nord au sud : Para, Maranbam, Piauhy, Rio Grande do Norte,

Gcara, Parabyba, Pernambiioo, Babia, Ser^ipe, Âla-

{>oas, Espiritu Saiito, Rio de Janeiro, Sào l'aulo, Parana, Santa Caliieiina» Sào Pedro ou Kio Grande do SuL

Les provinces ceotrales sont : Amazonas» Matto

Grosso, Goyas, Minas Geraës. Les deux premières de ces provinces sont mises en comniunieation avec la iner par deux grands fleuves» Tune par TAmazone, lautre par k Rio Paraguay.

Avec son immmse développement du nord au sud et les chaînes de nionta(;n{ s qui accidentent son . sol, le Brésil jouit des climats les plus divers, depuis la brûlante température de TÉquateur jus()u*auK cbaleurs doucement rafraicbies de TEurope méridionale.

Plusieurs de ces provinces , et enti'e autres celles de TAmazone, du Para, de Matto Grosso, de Minas Geraës , sont aussi vastes que les plus grands royaumes d*EuTope. La province du Pai^, dont on a démembre récemment la partie qui forme aujourd'hui la province de 1 Amazone, comprenait tout le territoire qui se trouve entre le 4' degré de latitude nord et le G" degré de latitude sud et entre les 48* et 71* déférés de longitude ouest.

Le sol est presque partout couvert de ma{][nifiques forêts où l'homme n'a pas pénétré , et sillouné de fleuves et de rivières que le travail humain rendra facilement navigables.

CHAPITAB PRBMIBR. k»

\jBi puMsante végétation des tropiques étale au

Brésil toute sa majesté; mais les parties élevées, aurtout dans les provinces du Sud , s accommodent parfaitement anssi des cultures de FEurope : le blé» les fruits , les végétaux, produits du sol européen , y viennent facilement et en abondance. A son mono* pôle incontesté de terre à diamants le Brésil ajoute d autres richesses minérales» des gisements d'or, de fer» de cbarboD, médiocrement exploités jusqu'ici, mais qui, aux mains de colons actifs, doteront le pays (rimmenses et nouvelles ressources.

La base principale de son exportation, qui prend ohaque jour plus d'accroissement» est dans les produits de son agriculture et de ses forêts. Ce sont le café, le sucre, le tabac, le coton, le cacao, le caoutchouc et les plus ma[]^niBques bois de teinture et ' d'ébénisterié. L'exportation des provinces centrales consiste surtout en or et en diamants.

Pour ce pays si fécond et {>rand presque comme l'Europe entière, on compte à peine sept à huit millions d'habitants, en laissant de côté les tribus clairsemées d'indiens qui errent dans les forêts. Cette incroyable disproportion entre les ressources du sol et la population ne saurait durer, en nos temps surtout, où sur tant de points du [jlobe la terre ne suffit pas à nourrir ceux qui la cultivent. Aussi les desseins de la Providence» conformes aux désirs et aux^ besoins de FEmpirc , doivent-ils tendre à pousser vers

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ces contrées bénies le surcroît de population qui .s'a^te ai Europe , parce qu'elle ne trouve pas sur le toi natal les moyens d'assurer sa subsistance et son avenir.

L'af^riculture, voilà l'impérissable richesse du Brésil. A ce sol d'une fertilité fabuleuse il ne manque que des bras.

Avec seize provinces assises, sur FAtlantique; avec des ports magnifiques; placé comme étape sur le chemin de tous les points où l'Europe va trafiquer, sur la route des Indes, de l'Australie, de l'Amérique occidentale; produisant abondamment tout ce que la dvilisadon européenne recherche, consommant tout ce qu'elle produit, l'Empire du Brésil a devant lui un avenir de prospérité incalculable, et si nul cataclysme ne vient troubler Toeuvre du temps , sa destinée n'aura rien à envier à ce qui a passé déplus florissant sur la terre.

CHAPITRË DEUXIÈME.

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