CHAPITRE DinXIÈHB
d'Europe, i'espril de relour, c'est précisément de n'oppoMT aucim ohrtmla aux aspinitioiis vers le soi naûU. IndépoidainnMOl dfli ooloos appelé
der la terre, il y a au Brésil bon nomlire d'étrangers qui apportent dans les villes leurs capitaux et leur industrie, sans avoir intentionnellement renoncé à ridée de repreedre, à tm jour donné, ie cfaemm de leur patrie. Les lois qui régissent oes étrangers et leurs familles sont , depuis plusieurs années, l'objet de vives réclamations, eu ce qui touche la naturali* sation jfbroée des en£uits d'étraogen aés au SrésU et Fadminislration des saocesnons. Une refonte de ces lois dans un sens libéral serait , à mon avis , un • acte intelligent et sage. Dût-il résulter quelques abus d'un système plus large et plus bienveillant, le Bié« éil, en sorome, y gagnerait. Les {wécaïuions qui! prend, les charges et les restrictions qu'il impose, prouvent seulement qu'il n'a pas suffisamment confiance en lui-même. Pour attirer les étrangers, pour ksgarder, pour les assimiler pramptcment à sa popur latiott indigène , il faut qu'il compte uniquement et avec une foi entière sur la sécurité et la liberté que donne 4 toua sa Constitution, sur l'abondance de ses ressounses, sur les richesses inépuisables de son sol, sur les magnificences et la salubrité de son ctimat. Le régime dés restricdons ne va pas à ce jeune et vigoureux Empire; qu'il le laisse à la vieille Europe, enchevêtrée dans ses traditions. En éoonooiie politique
oomme en politique, le seul régime qui lui con- ▼iemie, cW le régime du laiste» pa$m et du laisseM flUre. Il peut y avoir de néoesBunsi exceptions^à crette règle ; il y en a , j'en signalerai; mais elles sont rares, elles doivent être temporaires, et évidemment ce n'est pas ici le cas de les appliquer.
Je viens d^analysèr aussi brièvement que possible les points principaux de la Constitution brésilienne Pour savoir ce qu'elle vaut , il suffit de voir comment elle a fonctionné , et sous ce rapport , il y a quelques mots à dire des hommes. Des institutionsy même excellentes, n*ont de valeur qu autant qu'elles sont habilement appliquées. Là , comme en toutes choses humaines, il y a une question de conduite , une question de main qui prend une importance principale. Donnez à des républiques de TAmérique du Sud de bonnes Constitutions (il y en a qui sont théoriquement presque irréprochahles), et on peut parier dix contre un que ces Constitutions fonctionneront mal, c'est-à-dire qu'elles n'empêcheront ni les compëtitioiis de pouvoir ni les dissensions
* Dans le dernier titre, consacré ans dispcisitioDS générales, se trouve indiquée la marche à suivre pour reviser la Constitution. Le même titre se termine (art. 179) par une déclch " ration des droits, en trente-cinq paragraphes, la plus complète , la iiioIds métaphysique et la plus pratique que je connaisse. Vnc assemblée délilx'rante , livrée aux hasards des votes y n'eût certes jamais fait d'aussi bonne besogne.
CHAPITHB DBUXifeMB. 71^
inlestioes et les bouleversements qui eu sont la suite, ^ qu'elles ne {^garantirait pas» par coméquent, aux dtoyens la liberté et la sécurité sans les» quelles les sociétés ne sauraient vivre et prospérer.
forme nioiiarcbique du gouvernement du Brésil a coupé court aux compétitions du pouvoir suprême , et c'est là son plus éminent mérite. L'élé* ment du pouvoir modérateur, heureusement introduit dans la Constitution , a accru les fjaranties de stabilité, en restrei(;nant la sphère ministérielle au profit de la préro^tive impériale. Mais, il faut le dire , l'action sage , loyale , prévoyante des hommes d'État de tous les partis qui se sont succédé aux a^ faires a su faire sortir de ces excellentes institutions tout le bien et tous les avantages que le Brésil était en droit ^*en attendre.
f iC régime parlementaire est institué pour gouverner au milieu des partis : il les créerait , s'ils n'existaient pas; il lui en faut. C'est dans le cercle des partis qu'il établit et régularise les compétitions * et la lutte, lutte resdreinte qui, en dehors et audessous de la sphère respectée où plane le pouvoir monarchique, poursuit la conquête du pouvoir ministériel. Il y a eu au Brésil, depuis l'époque où la (Constitution a été proclamée, beaucoup de ces luttes , quelquefois très-violentes. Les partis ont tour à tour occupé le pouvoir, et le gouvernement a été aux mains tantôt de jceux qui -se prétendaient plus
76 LE BRt&IL.
exclusivement libéraux, tantôt de ceux qui se préoccupaient surtout des intérêts de conservation et de progrès graduel £h bien, au milieu de cet conflits pMNomiës, et alors même que pendant la minorité de FEmpereor le pouvoir était aux mains de rég;ents plus ou moins contestés et quelquefois impopulaires, alors que la dignité impériale n'avait pas tout son prestige, et qv» les provinces étaient tiraillées en tous sens par Tesprit de sédition , Faction du gouvernement a été généralement sage, impartiale, prévoyante, de manière à faire tête à des désordres passagers et à préserver l'Empire de tout bouLever* sement grave, de toute révolutioD. Chaque parti, en prenant la direction des afîfiures, a eu la conscience de sa responsabilité. Les plus libéraux ont compris sur-le-cbamp queb intérêts essentiels ils avaient à sauvegarder : les plus conservateurs ont ardemment recherché toutes les amâiorations pra^ tiques, et leurs efforts successifs ont réussi à consolider le trône, dont tous, sans exception, veulent le maintien et la grandeur, à populariser les institutions, et à placer l'Empire dans la voie de progrès où doit se développer de jour en jour davantage sa prospérité.
L'histoire garde ime page glorieuse pour cette pléiade d'hommes d'État patriotes qui ont concouru à la fondation et à' faffiwrmisscment du nouvel Empire. J'ai nommé quelques-uns de ceux qui ne sont