CHAPITRE TROISIÈME. M
exagération de haine pour l'impAt indirect, et il y a moins encore, cela va sans dire, ce culte perv^ers de rimp6t foncier considéré comme instrument de dissolutioii sociale. L*iiiip6t fonder, flekm M. de Ponliios, est une nécessité monarchique. C'eatnne af<^ firraation U ( s-coiitostablc. L' Anj^leterre , puissante et solide niuuai'ciae, s'est longtemps passée de cet iiiipA|:('èt piôme aujourd'hui sa taxe du revenu n'est accept('>e que comme une charge temporaire qui doit prciirlrc fin on 1860. Je ne pense pas que la France, . si l'état de ses finances permettait (|u'ou dégrévât la propriété, s*eo trouvât plus mal , et elle s'est si fort applaudie d*un pronier aUégement opéré, en 1850» par le prince président , qu'un pas nouirann dons cette voie, au jour où il pourrait se faire, serait, j'en suis sûr, accueilli avec une enthousiaste reoon*naissanioe.
L*imp6t fonder, dans lesmonaircliies européennes,
remplit ce mandat économiquede pourvoira une né» cécité financière en cas d'insuftisancedes taxes indi« rectes. Voilà son but, et l'expérience a appris que cet impôt doit ôtre. ménagé comme mie reisonrce qu'il Êmt tenir en réserve pour les circonstances exceptionnelles. Quant à l'utilité politique de l'impôt foncier , elle n'eviste que dans ces monarchies qui , à • l'instar de la France des deux derniers règnes, font du cens un privilégie électoral. Qr, nous avons vu que telle n'était pas l'organisation constitutionnelle
du Brésil, et Dieu le (jarde d'arriver, par quelque voie et dans quelque but que ce soit , à faire de l'électoiatim priyilége!
Du reste, il y a, sur ce jsoint, une question de tait qui domine le débat. Avant de son^jer à imposer la terre, il faut s'occuper de la peupler, de la cultirer. Pour avoir des contribuables, il hut tout d*abord avoir des colons : pour frapper la terre, il faut tout au moins qu elle produise. Or, le Brésil, en ce moment, doit s'absorber exclusivement dans cette grande tâcbe de peupler et de féconder sou territoire. Faire entrevoir même en perspective une taxe à ces populations dont on appelle le concours, leur annoncer à l'avance qu'elles auront tout à la fois à se débattre contre la terre et contre le fisc , c'est prendre la voie la plus sûre pour faire échouer la colonisation. Gela saute aux yeux. Si ailleurs l'impôt foncier est d'une utilité douteuse , au Brésil , ^ans les conditions actuelles, il sei^ait fatal: il obstruerait les voies de lavenir. ^ ' Une demîèrte réflexion. L'Amérique du Nord n a pas de taxe foncière, et certains esprits sont tentés d'induire de ce fait que la taxe foncicixî est essentielleuieot monarchique, et qu'où va droit à la llépublique quand on demande presque exclusivement à l'impôt indirect les ressources nécessaires aux dépenses de l'Klat. Bien n'est plus faux. Le système fiscal américain » repoussé péremptoirement par nos