CHAPITRE TROISIÈME. 4M
novateurs d'Europe, a, beaucoup plus que les iustitutions politiques 9 réussi à consolider au milieu de ce peuple peu scrupuleux le droit sacré de propriété, €pe la taxe foncière aurait frappé d'une perpétuelle menace; il a contenu, autant que possible, le développement de Tesprit démagogique, qui ne respecte rien ; il lui a«ervi de contre-poids. C*est là ce qui explique pourquoi nos révolutionnaires socialistes se sont frayé d*autres routes. Or, si on veut cpie l'idée monarchique implantée au Brésil s'y assoie sur d'inébranlables bases, il faut qu'indépendamment de Tordre et de la sécurité qu'elle donne, elle n'entraîne pas des charges et des périls sociaux dont la République serait exempte. L'avenir du Brésil est eojjagé dans ces questions, et il ne faut pas perdre de vue que l'Empire sud-américain a aussi à influer par la propagande du bou exemple sur ces KépubUques bispano-américaines qui ne paraissent pas bien sures d'avoir encore trouvé leur voie.
Laissons de côté ce débat, au moins prématuré, où je ne suis sommairement entré que sur les pas de M. de Ponthos, dont l'impôt foncier est l'idée fixe. Voyons, le revenu étant donné, si le Brésil fait de ses ressources un ijU( lli(;ent et fécond usa(^e. Bien qu'elles grossissent à vue d'œii, les recettes de l'Empire sudaméricain sont encore nécessaireiùent fort bornées. ' Un peu plus de 100 millions de francs, d'une part (budget général), et peut-être 25 ou 30 millions.
m LB BRÉSIL.
d'autre part (budgets provinciaux), voilà les moyen» qui lui sont donnés pour entourer <le Téclat néces^ saire sa monarebîey et pour faire face à tous les besoins publics de FËtat et des provinces ^ Si on ne tient compte que^de la population, qui atteint à peine 8 millions d'âmes , dont un tiers d'eselaves, ces moyens sont^ à la rigueur , sliMsante; mais si on considère Télendue du territoire brésilien , presque grand comme l'Kuropo, et qui, défriché et cultivé, ferait vivre à l'aise 150 millions d'habitants^ on voit qu*il est difficile d aller loin avec des ressources aussi restreintes.
I^e premier devoir d un ^^oiiveriicment bien ordonné, c'est de vivre, c'est de faire honneur à ses engagements 9 oest de limiter sa dépense de manière à ne pas &ire de dettes. Le gouvernement du Brésil s* est imposé cette rèffle : il ne dépense pas au delà de son revenu. Cette conduite, qu'il suit depuis plusieurs années avec une persévérance exemplaire, a fondé son crédit. Puissance financière d*un ordre secondaire*, le Brénl s'est acquis dans le monde des prêteurs un crciiit de premier ordre. Ses titres sont au niveau des meilleurs effets publics, et il trouverait d'autant plus aisément de Targent, iju'il as de-
* n faut mentioiuier aussi les rec«tt«s monicipafes » qui doivent avoir une çertaine importance, mais les éléments me manquent pour en donner même une évaluation, approsimative.