CHAPITRE TROISIÈME
continuer son intervention avec un caractère plus si(|niBcatif, car TÉtat oriental lui doit deux millions de piastres. Rien ne lui était plus ^Eicile d ailleurs que de prendre parti dans les luttes intestines auxquelles il assistait, et de s'assurer ainsi les sympathies d'une portion au moins de la population. C'est là ce qu'aurait fait cei1aine|nent toute puissance qui au* rait voulu s'ouvrir les voies à une domination prochaine. Le Brésil n'a rien fait de pareil , et il est impossible de prouver d'une façon plus péremptoire combien son désintéressement est sincère.
En effet 9 le Brésil a d autres conquêtes à faire, plus ur(^ entes et plus (fécondes que celles des pays qui l'avoisinent. Il a à arracher à la stérilité son ma- [jnifique territoire; il a à remplir du bruit des co- *çnées et des voix mâles des travailleurs le silence de 8« solitudes; il a à rendre ses fleuves, les plus beaux fleuves du monde, accessibles à la navigation et au commerce^ il a à percer des routes à travers les espaces inoonmiensurables de l'Empire pour mettre le centre en communication avec le littoral , pour ouvrir au monde ce livre fermé et plein de mystère de l'Amérique intérieure; il a à faire rayonner le flambeau de la civilisation dans les profondeurs épaisses de ses forêts vierges; il a, en un mot, une oeuvre gigantesque à accomplir, oeuvre qu'il a résolnment entreprise, mais que le travail d'un siècle pourra à peine mener à iiu. Quand ce siècle