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CHAPITRE TROISIÈME

fleuve six centres coloniaux dans un délai qui ne

pourra pas excéder six années, et six autres établissements du même genre dans un second délai de quatre ans. Chacune de ces colonies aura au moins six cents liabitants, tous d*ori[;ine européenne et importés aux frais de la compagnie. Déjà un de ces établissements, formé. avec des colons des Arores, est installé dans le voisinage de la, ville de Barra^ chef-lieu de la province .des Amazones, et il a pris la dénomination de Mauà , du nom d*un célèbre banquier de Rio , un des chels de l'entreprise de navigation sur le fleuve. Le service des bateaux à yâpeur est en pleine activité, et tout récemment on a publié à Bairra le récit curieux et naïf d*un voya(>;e d'exploration accompli sur un des bateaux de la compa[;nic , par le président de la province, qui a remonté le fleuve jusqu'à la ville péruvienne de Nanta. Sa double traversée d'aller et de retour a duré vingt-buit jours, du 11 mars au 8 avril. 1^ journal du voyage , écrit par le secrétaire du {;ouv^nement provincial, M. Joùo Wilkens de Mattos, ressemble tout à hit à un récit de découvertes, à une promenade au milieu de tribus sauvages.

En attendant que ces louables efforts aient développé les ricbesses de l'intérieur en y attirant la population et le commerce , l'activité des affisiires se porte sur le littoral que baigne l'océan Atlantique. La soUicitttde di:^ gouvernement s'attache à multi^-

m LE BRÉSIL.

plier de jour en jour dav3nta{je les communications entre les divers poÎDts de la côte. Deux lignes régulières de bateaux à y9jpeùt, Ymut bîs-iiieBSiielle, Tautre menMieHe, partant tcmtcs deux de Blo, desservant l'une le nord, l'autre le sud de l'Empire. Ce sont encore des entreprises particulières subventioii* nées par le goaTcmemeiit. Leurs contnils iriameiit d*ètre renouvelés cette mnëe, et au pris d*uiie légère augmentation de subvention , les obligations des compagnies ont été étendues, de, manière qu'au^ cun port de quelque importance ne soît privé de . ces moyens rapides de commtmication.

Dans cette revue abrégée et restreinte , je puis à peine indiquer quelques-unes des améliorations matérielles .opérées par le ^uvemement ou avec son Micours. Taurais encore beaucoup à dire; car, dans ces dernières années , Ions les services administratifs ont été notablement améliorés, et il est évident que le gouvernement est en marche comme Ifi pays. Ce qui est remarquable surtout , c*est que te n'est pas' seulement dans le côté positif et maté- • rîel des choses que le progrès se signale; le mouvement intellectuel n'est pas moins développé, grâce à Timpulsion donnée d*en haut et aux ressources de Fesprît d'association fort apprécié et iort bien pratiqué. Rio surtout a ses poètes, ses écrivains, sonpublic lettré, ses journaux grands comme le Times j Qorçé» d'annonces, mais bien rédigés et d'unç sa-

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▼eur locale parfois f<M't piquante; il a tes 'sociétés

littéraires et savantes, une entre autres, llnstitut bistorique et géographique, dont l'Empereur est membre » et membre des plus assidus et des plus actiiiB. A cèté de ces développements donnés aux travaux de TinteHif^enoe, il y a dans les institutions et les mœurs du Brésil la tutelle pieuse de- tout ce qui est faible et de tout ce qui souffre, de Tealaut . qui, par tout VEmpire, re^it le bien£ût de l'instruction gratuite; du noir qui, dans cer^ns cas, est protégé par un jugfc spécial ; du pauvre malade qui est .assisté et soigne dans ses infirmités. Les moindres viUeft de l'Empire ont leurs hôpitaux dotés par la charité privée» et au besoin par ks col&es provinciaux. La capitale^ en ceci comme en toutes choses, donne noblement l'exemple. Elle a sa maison de la IMiséricorde, placée aujourd'hui sous la haute direction du président du Conseil marqtii» de Parana» et qui na rien k envier aux plus par&its établissements bospitaliL-rs de 1 Europe. Un toucljant emprunt fait à la France est venu compléter récemment l'orga-^ nisalioQ de la maisim de b| Miséricorde : nos sœurs de saint Vii|cent de Paul <Hit été appdées à £eure le service intérieur de cet établissment, et là, comme en Orient, ces pieuses femmes ont récolté la reconnaissance pjublique et fait bénir le nom de iâ Franœ. Bahia js'est piqué d'émulation : la seconde viUe -de TÇjgapire a vuuhi aussi avoir m soeurs de

charité, et la propagande «pi'enerce leiir admirable

tlcvoiHMnt'iit étend chaqui' jour ses rtïrts vt multiplie les demandes auprès de la maison mère de Paris.

(Tout est donc en progrès au Brésil, et en progrès notable. Mais est-ce à dire qu'il n'y a rien à reprendre, rien à regretter dans la situation générale de FEmpiret Pas le moins du monde , et celui-là ne serait pas Fami sincère du Brésil qui lui* laisserait croire qu'il n a plus de sérieux obstacles à surmonter, que tout est au mieux comme il est, et que son avenir se fera tout seul. C'est au prix de grands efforts et de soins incessants que cet avenir donnera tout ce qu il promet. IjCs institutions politiques sont cxcclleiUcs, elles garantissent la sécurité publique; mais les dclàuts des mœurs neutralisent leurs bons effets 9 en ce qui concerne la sécurité individuellé. Il y a dans le rapport présenté aux Chambres par le ministre de la justice de tristes et sévères* pages consacrées à la nomenclature funèbre des criutes contre les personnes, et les cbilKres des assassinats et des meurtres commis dans Tannée se rapprochent fort des statistiques luf[ubres que fournissait la Corse au temps des plus ardentes vendetta. Je sais que ces crimes, plus fréquents d'ailleurs dans les contrées moins civilisées de Tintérieur que sur le littoral, sont rarement Toeuvre des passions basses; qu'on ne dépouille pas, qu'on ne vole pas ceux

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