‹ Le BrésilChapitre 34 sur 75 · CHAPITRE TROISIÈME. It · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME. It

quon tue, et qu'il n'y a pas d'exemple qu'un meurtrier ait frappé les voyageurs isoles qui s'en revieiment de% mines, à travers des forêts épaisses, portant dans leurs valises des diamants ou des mé^ taux précieux. Cela est vrai; on n'assassine pas pour voler, mais on assassine par ardeur de s;ui(], par vengeance et pour assouvir des haines héréditaires. Ces lamentables excès n atteignent pas les étrangers» même ceux quun long séjour a naturalisés an Brésil; mais ce n'en est pas moins une tache j)our l'honneur de l'Empire, une tache qu'il faut effacer. Un système de prompte et rigoureuse répression peut seul apporter un efficace remède au mal, qui devra d'ailleurs singulièrement s^atténuer à mesure que la civilisation gagnant du terrain fera disparaître ces forêts impénétrables qui servent de repaire aux criminels. Mais la justice a, dès à présent et toujours, son rôle qu'elle devra très-certainement mieux remplir aujourd'hui que la nouvelle loi d'élection, prohibant le cumul des fonctions judiciaires et du mandat législatif, détournera le magistrat de toute pensée de brigue électorale et lui laissera s^i pleine impartialité. Le Brésil a adopté, poûr le premier degré de juridiction , la rèrrie du juge unique; c*est à mon avis une règle excellente, car il est plus aisé de trouver un bon magistrat que trois, que cinq et que sept, et'ce n'est pas toujours le meilleur- élément qui l'emporte dans les trihu-

m* LE BRÉSIL.

mn% composés «Télénents difcn. Mois il finit, pour

quo la justice soit bien rendue par le juge unique, quU «oit dégagé de toule préoccupaitioQ politique , et par ooméqiMiit de toule £ûbkaw pour tel ou tel' individu,- teUe ou telle oolêne qa*il ménagerait dans un. intérêt électoral. Ce but sera immanquablement atteint par la loi qui vient d'être votée, et il y a tout lieu d*capérer que la répretsioa des crimes contre les penoanes prendra de cette- situation noatetta . faite au ju[i;e une plus complète efficacité. Puisque je parle de la magistrature, je me permettrai une dernière observationv Pour la vaste étendue de 1 Empire» il existe seulement quatre cours d'appel qui^ siègent à Rio Jaariro, à Bafaia , à Pemambuco et à Maranham. Le zèle de ces magistrats, très-liaut placés dans 1 estime publique-, ne saurait suffire à leur tâche» et dans l'intérêt des justiciables sépaitis par d*éiiormes distanées des trij^unaux supérieurs, ' il serait très-désirable que chaque province jiossédât une juridiction du secofnd degré. La nécessité de cette création, que des difficultés financières ont dft seules faire aioumer, est démontrée avec foMse dans le Rdaiorio du minisire de la justice , qui finira' certatfiement par avoir gain de cause auprès des Chambres. '

Je réiurae cet apeiiçu, bien incomplet, de la si» tuation intérieure du Brésil : ce qui ressort pour mol des nom))reux documents que fai étudiés;

CUAPlXBfi TROISIÈME. ' 4S7

c*€Êt Tankiilt folonté des hommes du poumr» de

* TEmpereur, de ses ministres, des Chambres législatives, de hâter, par toutes les mesures que permet Tétat âaancier et que necoodfuaae pas k prudence, M «feair de richease et de grandeur qui, dans la eoBvicfion de tous , est promis au Brésil. Ce qui ressort encore de cette étude, c'est le concours empressé , unanime , que prêtent à l'action gouvernemoMaleles iateHigéoces et les capitaux de rEmpone» sinspirant du patriotisme des masses.

C'est à Riô Janeiro surtout que ces tendances se manifestent. Uîo est une riche et puissante cité, qui compte aujourd'hui euviroo 300,000 habitants, qui a les habitudes des grandes spéculatîoitt et du grand eommeree, et qu^aueune entreprise n*effraye quand il s'aj^it de faire faii*e un pas de plus au Brésil. Ces braves et dï{^ue%Flummenses ^, assistésde grand cœur par leliie du comnyce européen, qui a ms comp- Kto dans -cette place anséatique, semblent décidés à ne reculer devant aucun eflort d'où peut naître un bien pour leur beau pays. Leur conhance est sans bornes, et leur boui^ parait aussi inépuisable que leur confiance. Quil s*agis8e.de créer un grand ^étaMissement de crédit public ét privé, à Tinstar des bauques de France et d'Angleterre , à peine la

* Cest le nom, expliqué par son étymologte, qa*oD doone «n^ liafatlaats de la capitale.

m LE BRÉSIL.

îoi a-t-pllc paru, à peine la souscription est-elle ouverte» et aussitôt largcnt afHue, et il se trouve qu'oo * a souscrit dix fois le «apital nécessaire à Tétablisseiment de la banque: Pour le chemin de fer de don Pedro 11, même empressement. Pour des entreprises , même peu avantageuses, lorsqu'elles flattent ' par quelque côté l'amour-propre national, les capitaux viennent aiissi d'eux-m^es. Ainsi le petit che> min de fer de Rio à Petropolis est achevé par la œnipagnie Maua. On tenait à avoir à Rio, avant tout autre État de l'Amérique du Sud, un échantil-' Ion de voie ferrée, et on la eu. On a voulu aussi avoir un {rrand, un vrai théâtre lyrique, où les chcls-trd'iivre de Rossini , de Hcllini , de Donizetti, de Verdi, auraient des interprètes dignes d'eux : c*est encore la bourse des riches particuliers qui hit face à cette royale dépense , avec' la libérale as» sistance du frouveraeipent , et (yîst aux frais et risques de quelques-uns que s'ouvre cette scène où les prime donne y comme madame Stolz , madame Char^ ton, ët aujourd'hui mademoiselle Lagrua, ont recueilli ou recueillent de si riches moissons.

loiit est possible dans cette voie, et tout y réussit; aussi la ville elle-même est en voie de se trans-' former. Elle s efforce de se dégager peu à peu de cette défroque sale et boueuse dont Favaient affublée ses anciens dominateurs; elle appelle à elle tout le coniort des grandes cités d Europe; elle coyi-

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