CHAPITRE QUATRIÈME
tiers que cette règle de conduite, loyale etfranchey qui laisse aux agents du gouveroement impérial
toute la liberté de leurs allures, place très-honorableiueot à letranger les hommes distingués qui composent le corps diplomatique brésilien,, en donnant à leur parole Fautorité qui lui est due.
Deux faits considérables ont signalé dans ces der^ niers temps la politique étrangère du liresil : ce sont, d'une part, ses démêlés avec T Angleterre au sujet de la traite des noirs ; d'autre part, le conflit sur les bords du Bio de la Plata , qui s*est terminé par la cliutc du dictateur Rosas. Je résumerai rapidement l'une et l'autre aiiaire.
Le gouvernement britannique s'est voué, depuis 1814, à la suppression de la traite. Que son mobile ait été dans cette croisade un calcul mercantile, une peosée de domination universelle sur les mers, ou qu*il ait obéi seulement à des instincts d'humanité, aux inspirations de Tesprit chrétien, peu; importe : le mobile peut être attaquable, mais le but est saint et sacré; car la traite des noirs, ce trafic de chair humaine, est chose infâme. iSdais l'Angleterre, même pour réaliser une oeuvre honnête, emploie . souvent des moyens qui ne le sont pas, et notamment dans cette alïaire de la traite, il n'est pas un peuple qui n'ait eu maille à partir avec elle, tant ses façons dagir ont été peu soucieuses du droit des nations. On n'a pas encore tout à fait oublié en
France le mmiTeineiif d'opinioii qu'a provoqué Taf-
fairc du droit de visite, mouvement si prononcé que le roi Louis-Pbilippe ne calma le pays qu'en sollicitant et en obtenant du cabinet de Londres le rappel de ce traité malencontreux. On sait «nâ toutes les difficultés que cette question a suscitée entre TAngleterre d'une part, et de Tautre, les États- Unis et TËspagne, toujours en lutte avec les prétentions exorbitantes des croiseurs britanniques. Mais ce qu'on connaît moins en Europe , ce sont les persécutions inouïes que la politique anglaise a infligées à TEmpire du Brésil sous prétexte de suppression du trafic des noirs.
Le droit de visite , en vertu de traités passés avec le Portujjal et que le Brésil a dû subir, bon ([ré mal ^é, a été tout d'abord imposé à la marine brésilienne et appliqué par les tribunaux d'amirauté ■ de Sierra-Leone et de Sainte-Hélène, avec une sévérité brutale, qui avait souvent 'le caractère d*une criante injustice, et contre laquelle le cabinet de Rio n*a cessé de faire entendre des protestations aussi éner£[iques qu'impuissantes. Mais ce n'est pas tout : fâ exori>itant et si attentatoire qu'il soit à la souveraineté des nations , ce droit de visite a encore certaines règles dont il. ne doit pas s'écarler. Le croiseur ne peut s'emparer des navires suspects que dans des zones déterminées, et à une certaine di^ tance du rivage^ ce qu'on appelle la mer tenito-
CUAPITAE QUATRIÈME. IM
liale» c'asié-dire k portion de k mer qui Imigne
les o6tes jusqu à la distance où peut atteindre la pins longue portée du c-xmon, demeure hors de toute agraii<m aussi bien que k terre même dont elle est censée faire partie. Or, ces vègles, ces restrietiatit tutélaires, suprême hommage rendu an droit des nations , gênaient visiblement rAiip^letcrrc , bien quelles fussent mal respectées par ses croiseurs , et elle n^hësita pas à s*en affranchir. Un bîll fîit rendu le 8 aoAt 1845, qui attribuait etelusivement à k cour d'amirauté d'An^jb^tcTre et à tous les tribunaux de vice-amirauté le jugement des faits de u^aite reprochés à des navires portut pavillon brésilien. G*était k suppresdon des guanties données à ces navires par k conpomtion des-conimlssions mixtes , c'était la violation ouverte de tous les principes du droit des gens, puisque les prétendus négriers bré« siliens étant assimilés à des navires anglais, les croiseurs de Sa Majesté Britannique se tenaient pour avitorisés à poursuivre et à saisir les barques suspectes jusque dans les eaux territoriales du Brésil, ét à continuer au besoin sur le soi même de TËmpire k recherdie et k poursuite det Africains débairqués. Et cependant ce bill était l'œuvre du plus modéré des hommes d'État anglais, de celui qui passe pçmr k plus SGrupideux ta matière de droit Imemational, et awjonrdliui enooM on ae k désigne que sous k nom de biU Aberdeen!
m LE BRÉSIL.
Il est inutile d'inlisler. sur le caractère d'une pareille mesure. Dans aucun temps, dans aucun pays, on n a vu une usurpation des droits d'autrui plus flagrante et plus éhontée^ i .Ài^Kleterre faisait ouvertement contre r£mpire acte de guerre. C'était plus qu*un blocus, car les neutres qui échappent aux bloqueurs sont en sûreté dans le port; c'était un abus inouï de la force , confisquant la souveraineté du firésil sur ses c6tes-, et s'anrogeant, comme on ferait en pays conquis » un droit absolu de police et de répression. Cela ne ressemblait à rien de ce qui se pratique entre peuples civilisés, et la piraterie seule a de telles façons de procéder.
Quelle était cependant la situation du Brésil au milieu de ces actes sans nom de TAngleterre? Il faut le dire, parce que c'est la vérité, malfjré l'ardente reclierclie des croiseurs anglais, la traite des noirs, activement poussée par des capitalistes peu scrupuleux qui y trouvaient des profits énormes, avait pris des développements considérables, et elle ver*sait jusqu'à cinquante mille Africains par an sur le territoire brésilien. Le bill Aberdeen n'avais absolument rien, changé à l'état des choses, et, en effet, eftt-elle porté là toute sa marine, l'Angleterre ne pouvait rien pour la surveillance d'une côte qui a onze cents lieues de développement, et tloiit toutes les criques étaient connues de cette nuée de négriers qui passaient comme des ombres à travers Tescadre