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CHAPITRE QUATRIÈME

anglaise, et dont la rapidité inouïe défiait les aiiures plus lentes des cioiseun.

D*un autre c6té, le bill Aberdeeit avait produit

un effet déplorable. La population tout entière avait été indignée , et pendant que le gouvernement impérial protestait énergiquement à Londres, les intéressés au trafic des noirs , exploitant le sentiment public, effaraient les masses en leur faisant entendre que la meilleure réponse à faire aux indignes procédés de l'Angleterre, c'était de persévérer dans la traite et de la fovoriser par e^rit national. ' Dans les notes diplomatiques qui ont été échangées à ee sujet, ee (jui frappe, c'est précisément cet argument du Ih'ésil : a L'Angleterre veut la suppression de la traite, le gouvernement impérial la veut également, et il est fermement décidé à userde tous- les moyens pour atteindre son but. Mais ce qui paralyse sa bomic volonté, ce qui entiave son action, c'est précisément 1 intervention violente de FAni^eterre dans ime question intérieure , où elle n*a nul droit d'intervenir; c'est l'attentat contre la souveraineté de l'Empire eonunis par nue loi anglaise. 11 était déjà fort difficile au gouvernement impérial de faire (entendre raison aux intérêts des propriétaires du sol et des interinédiaîres commer^ ciaux qui croient la fortune du pays enfjagée dans la continuation de la traite; mais les obstacles de* viennent bien autrement graves et insurmontables

qnand une question d'honneur vient s'y ajouter,

et quand on demande au Brésil, le pied sur la goi^, une réforme qu'il veut faire volontairement. Si eeB excès ne changent lien aux réaolutioni du gouverne m ent impérial » ne oomprend-on pas qu*ik diminuent son autorité sur les agents administratifs et judiciaires charges d'assurer l'exécution légale des mesures prises contre U traita? » Ce langage digne, sensé, parfidtement sincère, n*a pu été écouté à Londres^ et il aurait dû Tétre.

Pourtant, malgré ces sérieux obstacles suscités par la politique inquiète et iiaulaine de l'Angleterre, k traite, cette lèpre honteuse dont gémissaient tous les coeurs âevés, tous les esprits intelligents, a ai»jourd'hui complètement disparu de l'Empire. Ce qui se serait peut-être accompli plus tôt sans la blessante intervention de l'Angleterre, s'est accompli plus tard, grftce, non pas au bill Aberdeea, nuds àTiné» hranlablè et patiente fermeté de l'Empereur, de ses ministres et du Parlement brésilien. L'immense popularité dont jouit don Pedro II s'est hardirofflt étalagée dans une lutte contre les pr^ugés natîo« naux et contre une masse d'intérêts ininteUigenls , et elle en est sortie victorieuse. Avec cette haute sagacité qui distingue tous les actes du jeune prince, il a vu que satis£M;tion pleine et entière devait être donnée aux droits de Thumanilé et de la religion , et qu'il y avait pour le Brésil un auU'e

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avenir de prospérité et de richesse, plus [jrand, pliis hrfgd que oeLui où l'enfennaieiit les traditions d'une KMitnie peu scrupiileaie et peu chrétienne. Ses tenthnents ont rapidement pénétré au coeurde la nation même, dont le merveilleux instinct dcfjage devant elle les voies nouvelles qui lui sont ouvertes; elle a lépendu à k voix aimée de «on Empereur, et â!%m même cri die a iépu<iié la traite et aodamé k coior nisation.

Les documents communiqués cette année au Parlement brétttien atteint qu'il n'y a pas eu dans Tintervalle qui s'est écoulé depuis la précédente seswm un seul cas de dél>arquenient d'Africains sur la

côte du Brésil. Les documents de Tannée dernière constatent le même résultat. De cinquante mille, le diiffîre des victimes du trafic impie est descendu à aero.

Que devient le bill Aberdeen dans cette occinrrence? Ën vérité TAngleterre en a honte, j imagine, et eUe a d^à rendu un premier hommage au droit outragé par elle en prescrivant à son escadre de FAmérique du Sud de le laisser sans exécution. Mais ce n'est pas assez; il faut à l'honneur même de l'Angleterre une réparation plus ample : si elle ne peut je£facer le bill Aberdeen de ses annales, eile peut, elle doit l'efifiBoer de son code maritime. Revenue, grâce à une heureuse alliance, à de plus sains, à de plus loyaux principes, en matière de

droit international, il y va cle sa gloire de faire

dis[)araitr(; ccue dernière trace de ses usurpations, ce dernier bruit des abus de la force dont elle a tant rempli le monde.

Si la loyauté du gouvernement brésilieii ëclate an grand jour dans ses tristes démêles avec 1 An'jleterre à l'occasion de la traite, elle ne se manifeste pas moins dans tous les détails du dernier conflit qui a abouti à la chute de Rosas et qui a mis fin à cette étemelle question de la Plata, que TEurope, à bout de ressources, ne savait plus par quel côté prendre.

Aux yeux de bon nômbre de gens^ Rosas avait un mérite qui devait appeler Tindulgence sur les

excès de sa politique. 11 était l'autorité, le pouvoir, Tordre, dans un pays qui, sans lui, semblait fatalement voué à Tanarcbie. Sa tyrannie, si dure qu elle fût aux siens, si brutale quelle fàt par moments pour les étrangers , était , après tout , un gouvernement. Voilà pourquoi certains esprits l'excusaient et étaient disposés à lui passer beaucoup. C'est en France surtout que ces sentiments se faisaient jour, car la France était prodigieusement lasse d*une intervention coûteuse , fort négligemment menée et qui n'aboutissait à rien. De plus, dans ces années {184^ et 50) où on, vint lui parler du traité Le Prédour, elle était elle-même si rassasiée d'anarchie» que ce qu'il y avait d'appai^nce de force daIlS^le

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