CHAPITRE OnATRlÈHB. iil
j;ouvenieinent de Rosiis lui semblait un état de choses assez enviable pour n être pas contrecarré au dehors.
C'était là 9 à mon ayit « une erreur g^ro6nère : le
gouvernement de Kosas n'était pas fort , car il n'avait rieu. fondé autour de lui. Ce n'était pas même une force révolutionnaire ^ car il ne s'appuyait sur aucun principe. Rosas était un espnt médiocre et entêté , sans scrupule aucun , ne regardant pas aux moyens pour se maintenir. Du reste, ses idées étaient souverainement hostiles à la civilisation et arriérées d^iya. siècle. S*il affectait la tyrannie et s*il tendait à réunir en un seul corps soumis à sa ver|;e de fer tous les territoires appartenant à l'ancienne vice- royauté de Buenos -Ayres, c'était pour soustraire le plus possible à l'inilueiice de l'Europe les vastes solitudes de rAmérique intérieure et pour appliquer sur une large échelle les doctrines du docteur Fraucia combinées avec la vieille politique chinoise, qui de l'Ëmpire Céleste n ouvrait aux étrangers que le port de Canton. Le Canton de Rosas eût été soit Montevideo , soit Buenos-Ayres.
Le cabinet de llio connaissait mieux que l'Europe les tendances et le but de Rosas , et il avait à s*en garder, car le Brésil, «n raison de Tordre intérieur qu*il devait à ses institutions monarchiques, de la prospérité dont il jouissant, de l'accroissement que prenaient ses relations avec TL^rope, était l ob-
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jet des défiances, des jalousies, des haines sournoises du dictateur. La mission en Europe du vicomte aujourd'hui marquis d'Abrautès avait donné à Rosas de MNmMix ondbtageSb On a beaucoup parlé dans le temps de cette mission, qui amah en, disait-on, pour but (le proposer aux [gouvernements de France et d'Angleterre une sorte de triple aHiance avec le Brésil pour terminer en commun celte quettioa de la Plala dont l'Europe était d^ aaseï embarrassée. Ce bruit, fort répandu au moment des né{|oeiations, est encore généralement accrédité aujourd'hui, bien qu'il soit tout à £ut dénué d'exactitude. La vérité» sur ce point, ttès-peu connue, est que le diplomate brésilien était chargé de sonder les cabinets de Londres et de Paris sur la portée des [garanties que l'un et l'autre avaient données à la Confédération Argentine, à savoir, la France, dans 1^ traité* Mackau, et TAngleterre, dans la convention préBrainaire de paix conclue le 27 août 1828 sous sa médiation. 11 est vrai qu'en se renseignant à ravance sur la conduite que les puissimces maritimes de l'Europe devraient tenir, dans l'éventualité d'une actioli du Brésil contre les Républiques de la Plata, la cour de Rio laissait percer la possibilité d'une rupture avec Rosas; mais c'est là un genre de précaution que tous les gouvenieroents sages ont le droit et le devoir de prendre, et la démarche n'impliquait nullement l'intention de renoncer à terminer, par les voies