CHAPITRE QUATRIÈME
avait conclue avec Venezuela. Voîd un extraii de la réponse de FiUustre savant : .
< J'approuve beaucoup, monsieur, la saf^esse avec » laquelle, clans votre négociation, vous n'avez (avec 9 les inteutious les plus ccmciliaCrices) pas insisté 9 sur des agrandissements de territoire, et vous 9 avez adopté , pour sortir des longues incertitudes » qui naissent des va^j^ues expressions du traite du » 11 octobre 1777, le principe de ïtUi possidelis de 9» 1810. Vous avez très-bien senti que ce qu'il y a 9 de plus important pour faire sortir ces sauva^^es M controcs de leur état d'isolement et d'abandon n industriel , c'est d'apaiser les antipathies uatio- 9 nales et de profiter par une libre navigation de 9 ce*b admirable entrelacement de rivières qui, 9 comme un don de la Providence , a été accordé » assez inutilement jusqu'ici aux peuples de i'Amé- 9 rique du Sud. . .
» G*est sur ce point de vue que , de retour de 9 Texpédition de TOrénoque, en 1800, j*ai tàcbé de » fixer rattciitioii du gouvernement espagnol dans 9 un rapport que j'ai atlrcssé au ministre des affaires 9 étrangères d alors, le chevalier d'Urquijo. Je disais 9 alors : Ce qu'il serait plus digne dobtenir au n moyen de concessions mutuelles, ce serait une » liberté entière et réciproque de commerce pour
9 ces majestueuses rivières de rOrénoque^ du Cas-
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« dtiquiare, àa Rk» Negrf> , chi Gaaiania et du Ma- » nmbon. Rien ne seraû plu» propre à développer » la prospérité par la culture des terres dans ces 9 pays si désolés; rien ne serait plus propre à diknirt nuer hi triste et déraisonnable antipathie qui existe » malheureusement entre deuxoiations limitrophes. »
M. dl» Hondboidlt) dàns cette appréciittion si sensée et si flâneuse pour le Brésil , fait marcher de front les q^uestions de limites, de navif;ation et de commeive, qui , ea e£let, se' touchent par tant de point» qu'elles se confondent. Tdie a été aussi la feçon dé voir et d'afjir de la diplomatie brésilienne; et partout où elle a demandé un règlement de limites , elle a apporté en même temps les bases d'une convention destinée à régler la K3)erté de navigation et de commerce. Ces néfjociations n'ont pas- encore abouti partout, et elles demeurent à peu près dans le même état que iaffûre des limites. Mais, à côté de ce travail diplomatique qui se poursuit paisiBlement entre le Brésil et les États qui Tavoisinent , il a surgi une sorte d'intervention étrangère qui a fort préoccupé l'Amérique et qui vaut qu on s*y arrête, car lés destinées futures- du oondnent sud-américain sont peut-être engafjécs tout entières dans ce débat.
Le principal débouché de l'intérieur du Brésil sur rOcéan, c*est le magnifique fleuve de l'Amazone, dont les deux rives du cours inférieur traversent le
CHAPITBS QUAIHIÈME. m
territoire de TEmpire 8iir ime étntâae êe près de cinq cents lieues. Fidèle aux tendances libéra ies de m politique , le |;ottvemenient du Brésil a vcnilu iouir les Étais Toiniis lies biciiÊÂls de la nan^ l^atioB de cet immense cours d*eaii. 11 a condiraYec le Pérou , qui possède quatre-vingts lieues navigaliies du fleuve, un traité qui déclare libre pour les deux peuples la navigatioa de T Amaaoïie ; il a oHiert aux difers États qui possèdent des afflu ent s navigables du grand flenvc, à Venezuela, à la Nouvelle Grenade,. à FÉquateur, à la Bolivie, des traités palêils qni consacrent la même iféciprocité de droits» Mais pendant que les gOOTernements^de' 1* Amérique du Sud réglaient râisl an mieux de leurs i n té rê ts des affaires f{ui les concernent, l'esprit envahisseur des Américains du Kord s'est éveillé , couvant la pensée de mettse k. main sur FAmazone et sor son riche taiHrtn
Voici ce qui s'est passé : Un des hommes les plus entreprenants et les moins scrupuleux de l'Union américaine, appartenant au département de la marine en qualité dë surintendant de l*Ob$ervaloii« national, le lieutenant Maur^% obtint, en 1853 , du gouvernement de Washington qu'une double exploration de TAmazone et de ses affluents serait &ite par deux -agents de l'Union
* reniprunie ces détails à une série d'artirlfs pul)lics dans le journul Ue Kio, le Correïo mercantil, et si{;nés du nom de
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Tous les deux partirent du Pérou, mais .pour ptendre bientôt deux 'ditcctions différentéB : l'un, Hemdon, suivit le cours du Huelaga, pour atteindre
les eaux supérieures de T Amazone, (ju il descendit jusqu'à son eniboucliure; l'autre, Gibbon, traversa la Bolivie, atteignit la principale rivière de cet Etat, le Madeira, qu'il explora dans toute son étendue, etalxnuit à l Amazone dans les environs de la ville brésilienne de Barra. Leur voyage terminé, les deux explorateurs se hâtèrent de revenir à Washington ' pour mettre le promoteur de leur expédition , le lieutenant Maury, en possession des documents qu'ils ' avaient recueillis, en se réservant toutefois une pe« Jtite portion de leurs découvertes , pour avoir leur part dans le retentissement et les bénéfices dé' l'af* faire.
Le lieutenant Maury s'empressa de mettre à profit des matériaux merveilleusementappropriés à rœdvre d'envahissement qu'il méditait. Il publia sous ce
titre: Amazone et les cotes atlantiques de l'Amérique méridionale^ une brochure qui portait l'attache officielle par ordre du Congrès, et qui fut répandue par
mon excellent el docte ami, le commandeur Pereira da Silva. Je rc^jretlc tort que mon travail Iroj) avance ne me pernictle pas d'user encore une fois du dioitqu il me donne de ni'enricliir de ses dépouilles, en profitant amplement des articles dont il vient de commencer la publicalion dans un autre journal de Uio, le Comercio, sur louvrage de M. de Pondioz.