‹ Le BrésilChapitre 49 sur 75 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

scrupules par la pression populaire. Ijiic convention se imHBt à Memphis dans les derniers jours de 18S3. La Ufare navîgitkiii 4» VAmmme j fut mise à T-onlre du jour et •débattue. Il fut -décidé :

l" Que la libre navijjation de l'Amazone était une des plus importantes questions du siècle, et que tous les efforts des ^MBunes <l*Élat améncains devaient tendre à la £nre jdK>atir;

2** Que , dans cette pensée , le lieutenant Maury demeurait chargé d'appeler, au nom de la convention, Tattention du gouvernement sur xset objet en lui faisant connaître Timportanoe et Furgence de faire ouvrir ce fleuve aux relations commerciales par la vapeur ou par tout autre véhicule , non-seulement i son emboudnBe, nais sur toute Tétendue djB son |MMP€oiin,avec tous les.liabitanils des bords de FAmazène et de ses tributaires ;

3° Que les membres de la convention de Memphis dédarei^ qu'ils aiment la paix et qu'ils tiennent en très-grande valeur les relalioBS d'amitié qui ont tonjours existé entre les- États-Unis et le Brésil; qu'ils ticniK jit pour essentiel de les conserver; et conséquonmenty pour quelles «mtouient, ils ne demandent rien de plos an ocngvès et m fpumoit^ ment que d'assurer la navigation de l'Amaaone avec l'amiable consentement du Brésil, — CONSENTEMENT AMIABLE» SI FAIAE S£ P£UT^ FORCÉ» SI CELA EST BÉCfeaB&IlB.

C'est ainsi que procède, à ce qu il paraît, la déi mocratie américaine » bien dégénérée assurément et bien oublieuse des principes prockonës par ses glorieux fondateurs. Et Ton s'étonne que d'ardentes sympathies pour la cause russe éclatent aux Etats- Unis , à ce pmnt qu'on ait tenté dy armer de faux corsaires, de vrais pirates, pour courir sus aux bâtiments français et an(jlais! Rapprochement étran{]e! Ou parlait dernièrement d'un navire suspect de criine de piraterie cpi'on venait d arrêter dans un port américain, et ce navire avait pour nom le Mauhy !

Kien de plus naturel d ailleiurs et de plus facile à expliquer que ces sympathies. Si les formes des deux gouvernements sont dilîérentes , leur visée est

la même, c'est l'usurpation du bien d'autrui; leurs moyens d'action sont les mêmes, c'est l'abus de la force fondé sur le .plus souverain mépris du droit. En y regardant de près, on retrouverait encore le même despotisme , ici d*un homme , là des masses , mais, de» deux parts, sans responsabilité et sans frein.

Le gouvernement était donc sommé par la con-

vention de Memphis de donner satisfaction ^\ la volonté populaire qui exigeait ia liberté du fleuve «les Amazones. Ses tendances secrètes le dispo* salent à remplir ce mandat , qu'il avait peut-être

un peu provoqué. Mais commcut s'y prendre?

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S'adresser tout d'abord au gouvernement du Brrsil, celait par trop brutal, après les insolentes menaces des c«aveDtionnels de Meiiipbi& et lavea effronté de leurs pki» d*envahi»emeot. La diplomatie américaine prit un biais; elle fit un peu • comme le bouhomme des femmes satxintes, qui adresse à sa sœur les griefs qu*il n*08e encore diriger contre sa {emme; elle prit le Pérou à partie. Le gouvernement du Brésil avait conclu avec le Pérou un traité qui donnait à la marine péruvienne le droit de naviguer dans les eaux brésiliennes de TAmazone, en même temps qu il ouvrait aux navires de l'Empire les eaux supérieures qui appar-' tiennent au Pérou. D'un autre c6té , par une convention du 26 juillet 1851, les États-Unis avaient obtenu du Pérou d'être traités sur le pied de la nation la plus favorisée , et Pagent nord-américain à Lima prétendait, en combinant ces dcnx conventions , qu'elles ouvraient de plein droit aux navires des Etats-Unis l'entrée des eaux de l'Amazone,

. , dont le libre usage avait été concédé au Brésil. ' Dans sa réponse à la note où ces prétentions étaient développées, le ministre des affaires étran- • gères du Pérou faisait observer que le traité avec le

« Brésil était bilatéral, que le Pérou concédait un droit, mais quîl obtenait par réciprocité un droit analogue , et que rien de pareil' ne pouvait exister entre le Pérou et les États-Un^s ; il ajoutait que la

m LB BIÉSIL.

navigation d'un fleuve appartenant à des maîtres coMmum cwititiiiit une «erviuide acdve «t pMÎve m même imp», et c*él»t là «n énit qui mt pouvait se uanwwttw à «n tien jmt ht vokmté

• exclusive d'un des contractants; enfin il déclarait que les deux gouvernements du liréâl et du Févou Ibiwiimt en et moment» à firam cdmpMj m <9sai . de navigation eor FAmaaone » affinre dms laquelle des tiers n'avaient rien à voir; que le Pérou regardait d'ailleurs l'ouverture du fleuve comme conimim àees Intérêts^ que plotteuiB de se» trilnUiiret ne tant pat encore expkm; que le 0»munyuit n*e8t pat enooiv fiocé ear les points d'esôale; que le commerce dans ces parages se limite à de simples échanges entre les sauvages et les peuples voisins . et qu'il est de toute néonsîté d étaUir d'abovd 1 oiu dfe et k régularilé dent ces régions soUlaiies « -à Feffet de garantir efficacement la vie et la fortune des populations étrangères qui viendraient s'y tfier.

Je n mastepfM sur les dëlafls de celle néciocia^^ qui échoua au Pérou, et qui, portée quelques mois après à Rio, vint y avorter misérablement. Mais pour donner au lecteur une idée parfaite de la pp- ' litîque du Brésil rebtiwmeBt â r<m^»iKure de FAmaaone, je dtemi en entier un document <e<à cette politique est très-nettement résumée; c'est ie fncmorandwn suivant, adressé le 13 septembre 1854

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par le gouvernement impérial au chargé d'affaires tâsitaïAJuà^ M. Troutidale :

« Le gou vwn e meii t de Sa Majesté 1*Einpereur, en » ce qui touche l'invitation du (jouverncnicnt des

• États-Ciiis <de coDcltire xvec le Brésil un tndié » ^mniûèf de OMameffoe et de navigation, persiste ^ dans ropnrion qu*îl a exprimée dans la note » adressée par lui à M. David Tod, le 22 avril 1851.

i> Dans l'état où se trouve l'industrie du ficésil, en- « ccm peu développée, le gouvernement croit que 9 k cendutei de traités semblables ne oocvient » pas , quant à présent , aux intérêts du pays, et son » relus se foode sur un .système qui,* étant adopté » vis-àrvis de Isutes les nations, ne ponmit être V MMsu te n n» A «n fidsait «ne exception.

1» Le {Touvernement ne méconnaît pas Timporr> tance du commerce du Brésil avec les Etats-Unis » «t la oonsommation considérable qu ils font d*im « de ses principaux produits, lecafié, qui y est îni» » porté libre de droits. Il est pleinement oonvaincu » des avanta{>es qui résultent pour le Brésil d'un » plus grand développement de oe commerce; il est 9 dispoerà iMibier ce développement par tous ké » moyeiH en son pouvoir, antres que des traités; » cet objet sera pris en considération dans le tarif s dont la réforme a été oonâée à l'étude du Conseil

• d^Etat.

9 Pour ce qui touche à la prétention à la libre s navigation de TAmazone, objet que M. Trous-

yf dalc déclare intéresser les citoyens des États-Unis, » le (jouvernenient impérial ne peut accorder le » principe et la doctrine sur lesquels on prétend » fonder cette réclamation» en assimilant. l'Ama* V zone à l*Océan. {gouvernement impérial estime B que cette docUÙDe , d'uilicurs nouvelle et présen- » tée pour jpremièrsrS^0 est repoussée par les » principes dulroU plii^n^^ des ç^em^ttne peut X » prévaloir à moins qu'on ne substitue' aux prin- » cipcs (in (li-oit cl de ia^i^cc la rc^lc de Vintérét » et le droit de la force.

«. Les États-Unis ne se sont jamais autorisés de ce 9 droit dans les questions qu'ils ont débattues avec ^» FElspagne et l'Anjjleterre sur la navi(];ation du 9 Mississipi et du«. Saint- Laurent. Les États-Unis 9 avaient cependant alors cette droonstance en leur 9 faveur qu'ils étaient riverains, et la portion du y> fleuve que possède l'Angleterre à lenibuucljure » 'du Saint-Laurent, ainsi que celle qui appartenait 9 à TEspagne à Tembducbure du Miaoiaçîpi, sont s» beaucoup moindres que la portion de TAmaxone 9 qui appartient au Brésil avec son embouchure.

9 Le gouvernement impérial est fermesient con- » vaincu qu*on ne peut assimiler à l'Océan un 9 fleuve dont le Brésil possède les deux rives sur 9 une vaste étendue de quatre cent quatre-vingts

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