‹ Le BrésilChapitre 54 sur 75 · CHAPITRE aNQUIÈMB. 4W · texte numérisé non relu

CHAPITRE aNQUIÈMB. 4W

répudié l'odieux trafic des noirs , à l'aide duquel se . Ncnitaieni les trar^ailieiin de la tem. Smw k tiaile qui ralimeote, la population noiveeadafet'aiooiiidrit

et tend peu à peu à s'éteindre; c*est une règle générale qui ne souffre guère d'exception que dans quelques États à eidavei de T Amérique du Nord. Malp« le soin que pratUMBtde leurs |ioi» les planteurs brésilièns , soit en modérant leurs travaux , soit en s'ahstcnant presque toujours de châtiments corporeU» soit en réglant avec une humanité intel- Ugente leur réginie liy|;iéniqne et alimentaire, il est fort douteux que le Brésil échappe â la rè^ commune. D'ailleurs , s'il est certain qu'en ce moment l'abolition de l'esclavage tarirait toutes les. sources de la nchetse agricole et serait pour l'Empire un immense boule ve rsemen t , sinon nn suicide, il est permis de désirer et d'espérer (|u un jour viendra où la terre du Brésil ne portera plus que des hommes lâires. Pour préparer ce joinr, pour le .hAier, il Isut que les colons affinent sur le sol de l*Empirc; il faut qu'à la force physique des nouveaux travailleurs vienne s'ajouter, comme toutpuissant expédient» Tintelligenoe raffinée de TËu' rope» qui /nipplée aux l»as par les machines dans les labeurs trop ardus, et qui, au besoin, sait modifier les cultures, pour obtenir de plus riches produits avec une bien moindre dépense de forces

m LB BlÉStL.

Le Brésil aspire donc à développer chez lui la colonisatk» sur une giande échelle. Pour atteindre œ but, qua-t*il£ut, que fidt-il, que coniple*t-il

iaire'/

Le passé de la colonisation du Brésil n est pas brillant (je ran^e dans la catégorie du passé tous les faits antérieurs aux dix dernières années). Pour un

succès magnifique, obteuu, il est vrai, au prix d^éiiomies sacrifices pécuniaires, Taffaire de la colonisation compte beaucoup de résultats încom*

plets, des échecs et même de véritables déroutes. À ces déceptions il y a eu deux causes : d'une part , Vintervention trop directe du gouvernement dans les premières entreprises, et le gouvernement, tou* joules et partout moius bien servi que les particuliers qu'aiguillonne 1 intérêt personnel, se laisse aisément capter par les esprits chimériques, ou par les spéculateurs qui cherchent à faire leurs afiaires et non les siennes; d'autre part, la situation de l'Europe, où le goût de T émigration ne s'était pas encore développé et où n'ont apparu que peu à peu ces nécessités sociales qui, aflaibllssant par degrés Tamoinr du sol natal , ont pousse irrésistiblement les niasses souffrantes du vieux monde vers les aveutures du monde nouveau, ouvrant à travers l'Atlantique un courant qui s élargit de jour en jour.

C'est du rèfjne du roi Jean VI que datent les premières tentatives de colonisation. Seize cent qua-

CHAPITBE CINQUIÈME. 489

tfe-vin^t-deux Suisses iui'ent engagés par le gouvernement de ce prince, en 1819, et vinrent fonder la. colonie êé la NoaveUe«Fribourg, dans la province de Rio Janeiro; trois cent qnarante^eux Allemands renforcèrent peu de temps après ce premier noyau. Voici eu quels termes un document distribué aux CSiamlnes brésiliennes dans la dernière session ^ résume le passé et le présent de cette colonie, la doyenue de I £mpire :

4& Mal dotée de terres , la colonie de la Nouvelle- 9 Fribourg, dès son établissement même, vît ooro- » Biencer rémijjration de ses habitants, au point » qu'en 1825 on constatait déjà que non moins de 9 àx cent quarante-cinq colons Tavaient abandon- » née. Ceux qui la quittèrent se mirent en quête de » terres plus fertiles sur les divers points de la pro- » vince où ils s'établirent, et où beaucoup d'entre » eux sont aujourd*bm de ricbes cultivateurs (Ja* 9 xendieros); ceux qui restèrent dans la colonie, » sHIs ne réussirent pas aussi Inen, ont su cependant » se créer {lénéralenient une situation heureuse; ils » vivent dans laisance, quelques-uns même dans la » richesse. Aujourd'hui on ne les regarde plus comme V des colons; ib font partie de la ville et municî* » palité de la Nouvelle-Fribourg. »

* Sdatcméereparêtçaoyemt dattenwp^^ de la direction générale des lenres domaniales.

I9t LB BBÉ8IL.

Le résultat de Tentreprise , qui a coûté des som- ■let foUes, na pas été complëtemeiit nul. Le Brâià y m gigné une ville avei mat «tnée, il est nai, eoDune oenlfe ^le eulùure^ et d'cxceBenlK toainBy>*

leurs qui ont $u faire leurs propres affaires. Mais le gouveinement voulait ime' colonie agriooiey et il na pu pamoirà la fonder.

Jjà raÎMn «le raKooeèSy c*eit le aMNiiais cfaon . des terres qui étaient impropres à la culture, et certes il est évident que si un entrepreneur eût été ch«8é de l'a^ à M. ritqaefetpérik, U efttélé pl«8 dairvoyant Arec àé Wones terres^ la Nonvclle-Fribourg eût parfaitement réussi; car même à cette époque, une autre tentative du gouvernement, OÙ cette condition capitale ne £ûant pas ééhat^ a eu un pldn succès. Je ynm parler de k c»ionie de Saint-Léopold , dans la pronnce de Sào-Pedro , ou Rio Grande do Sul. Voici comment s'exprime sur cette colonie le document cité plus liaut :

« Elle a été fondée au commencement de 1825

» par ordre et aux frais du ijouvemement. Parfaite- » ment bien située et largement aidée par les cof- » fres publics, cette cidonie a toijoinrs été en grand » accKoissemeût; elle est la prennère en richesse et

y> en population de toutes celles qui existent dans » r£mpire.

» Depuis 1825 jusqu'en 1853, 1,300 ^milles

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1» ont ele introduites à Saint-Léopold , composées » .de 6^45 individus, qui , avec 1,347 célibataires, » fonucDl ua toUal de. 7,402 pcimiiKs. Les dé» « peDM bkn pour cette cofanhadon dont Tc^mob « de sept années seulement , dont les comptes exis^ » lent , se sont élevées à environ 500 contos de reis » (15 oént mille franc»). A quel haut cbiifre doit » done s*élever roMcnUe de la dq>en9e pendam > viiigt.biiitaki8, de 1825à 1852?

» Au 1" janvier 1854, il existait dans la co- 9 lonie 11,172 habitantB, dont 5,814 du sexe nuo-- » ciiKn et 5,a58 dm tsie fémimn. 4,e04 sont ca. » tboliques et 6^508 protestants. On compte disos la n colonie vingt et un édifices r( li(^ienx, neuf con- » sacrés au culte catholique et douze au culte pro- » leitaMt.

y» Cette coloine eontiniie à pro^rer comme par

» le passé : sa production augmente tous les jours , » et elle est devenue un véritable point d'attraction » pour réaui^ralioa spontattée. Malbeutensement, » eUe n*a déjà plus de tams domaniales dans sa » proximité pour rétablissement de nouveaux co- » Ions, et ceux-ci ont dù. chercher à se caser dans « quelques autres portiet de la piovinoe. »

Il n'y a pas à insister sur la dépense quand la réussite est aussi heureuse et aussi éclatante. Mais il faut dire que k province de Sdo-Pedro jouit de la

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température de Madère et du climat le plus doux et b plus aalubre. C'est ce qui expliqne raccrois-^ •ement de ta population , qui s'est auQpnentée de l^us d*un quart dans une moyenne de douze années; Du reste, sur une moindre échelle, presque toutes les colonies du Brésil présentent des fésultats aaa* lofjfues, et le chiffre des naissances y est de beaucoup supérieur au chiffre des décès. -

A cAté des deux faits que je viens fie mentionner, et qui témoignent tour à tour des échecs et des succès qu'ont éprouvés les tentatiyes de. colonisation par le f;ou?emenient, je citemi un trcMsiènie fait qui a un caractère tout particulier. A quelques lieues de liio .laneirOy sur une montagne jusque-là couverte de foréis impénétrables et qu*on appdie le Gorrego Seecù, s'élève aujourd'hui autour de la'iMdence d'été de l'Empereur une charmante cité où les riches habitants de Rio Janeiro ont leurs maisons de plaisance > et qu'iin chemin de fer rapproche dela capitale. Cette ville, aujourd'hui peuplée de 5,257 hahiLuits, n'existait pas en 1845; c'est Tempereur don Pedro II qui la fondée et qui lui a donné sonnom; c'est son initiative souveraine qui a répandu la vie dans ces solitudes profondes en appelant des colons allemands pour les défricher et les peupler. La présence de la Cour au palais impérial de Petro* polis pendant toute la saison chaude a groupé au* tour des émig^rés allemands iwe population à peu

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