‹ Le BrésilChapitre 55 sur 75 · CHAPITRE CINQUIÈME. Ifia · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME. Ifia

près égale en nombre à celle de la colonie, et tous les jours la ville prend de nouveaux développe*

ments. Quelques colons veulent de temps à autre tenter fortune dans la capitale; mais, au dire du président de la province de Rio Janeiro y dont j*ai le rapport sous les yeux, « ils sont bien peu nom- » breux ceux qui , après s'être risqués dans ces » aventures, ne jreprennent pas le chemin de la 9 colonie.»

Ici le but a été complètement atteint. L'Empereur a voulu ajouter à Técrin des riclicsscs naturelles de TEmpire un splendide joyau de la civilisation : Petropolis est le CitUra du Brésil. Obéissant aux instincts de sa race illustre, don Pedro II a placé , comme ses aïeux les Bragance , son aire d'ai^jle au sommet d'un mont qui domine sa. capitale. Si c est un luxe que le jeune prince a payé un peu cber, au mojms ce luxe a^Ml des côtés utiles et grandioses.

Je n'insiste pas sur quelques autres essais auxquek le gouvernement a plus ou moins coûteuse- • ment concouru , et j'arrive à ce que j appellerai la seconde période de la colonisation , celle où l'énergique initiative des particuliers a pris en quelque sorte la direction de ces entreprises, demandant peu, soit au gouvernement impérial, soit aux provinces, souvent ne demandant, rien et atteignant presque toujours son but.

C*est dans ces dernières années surtout que la colonisation privée a pris des développements considénblesy et presque «or tous les points les entre* prises de ee genre ont léosn. L'impulsion a été donnée par un des personnages les plus considérables de l'Empire, par un ancien ministre, M. le sénateur Vergueiro, propriétaire d'immenses domaines dans la province de Sainl>Paul. Voici en quels tomes le document dont j*ai dqà cité quelques extraits s'exprime sur la colonie Vergueiro :

«Elle a été fondée, en 1847,dans le domaine » dTbicahay appartenant au sénateur Perdra de

» Campos Vergueiro. Cette colonie est la première 9 qui s'est établie dans TEmpire d'après le système » de parceria (participation). Letf persévérants efibrts 9 de son entrepreneur, soutenus par le npouvenie- » ment im|>érial et plus tard par rAssemhléc pro- » vinciale de Saint-Paul , l'ont élevée à un degré de » prospérité qui lui donne le premier rang entre » toutes celles qui ont été fondées sur le mode de n parceria. Ck>mme les autres, elle a eu quelques 9 embarras à ses débuts, mais ils ont été surmontés n promptement et n cmt pu causer le moindre pré- » judice à l'entreprise. Aujourd'hui cette colonie » ne sert pas seulement d'aiguillon aux établisse- » lueiits analogues, elle leur sert encore de régu- » lateur, et ses habitants, justes appréciateurs du

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pays et des ressources qu'il leur offre pour remplir y» leurs engagements et satisfaire leurs besoins, ser» » vent de guides à leurs compatriotes nouteaux dé*

» barques et les desabusent des faussetés qu'on » répand en Allemagne pour contrecarrer Icuii- « gration.

« De 426 colons avec lesquels die a commencé.

» cette eolonie est arrivée à en compter jusqu'à

V 1)(K). Ses colons sont aujourd'hui au nombre de 1» 671.

» Un grand nombre de Cunillei, ayant déjà payé y* la totalité de leur dette , se sont retirées de la co-

» ionie, et plusieui's d'entre elles sont parties avec « un capital suffisant pour acheter des terres dans » lesquelles elles se sont établies. * On ne doit pas omettre , à Tboimeur de cette

V compaj^fuie et du système suivi, que, dans l'année » 1853, trente et une familles s'étant retirées après » avoir payé leur dette, quatre de ces £unlUes jugè- » rent (|iril était de leur intérêt de revenir dans la 3> colonie , où elles furent reçues aux mêmes con- « ditions que par le passé.

« La culture de ia colonie est le cafô, qui est d*ex- » cellente qualité et fortabondant, grâce à l'extrême

V feriiliLc du sol. »

Le système de/Hircerta est fort corniu en France, et il est presque exclusivement pratiqué dans nos

départements do Midi. Le colon partiaire partage

avec le propriétaire du sol les produits de la récolte. Au Brésil^ le colon engagé est tenu, comme la justice et son contrat l'exigent^ à rembourser sur la part qui lui revient les avances que lui a laites le propriétaire entrepreneur. Ce passif du colon se compose du montant du prix de la traversée jusqu'au Brésil^ des frais faits» au Brésil même, pour transporter les familles et kun bagages jusqu*à la colonie^ enfin des frais de nourriture et d'entretien jusqu'à l'époque où la première récolte est vendue, ainsi que des avmices postérieures que pourrait rendre nécessaires l'insuffisance des premières récoltes. Cette dette est quelquefois assez forte, mais les produits du sol sont riches, et généralement partout où les trrrcs sont bonnes et les colons laborieux, la dette est éteinte dans un délai de peu d'années. La retenue annuelle est limitée de manière à laisser largement au travailleur de quoi subvenir à ses besoins, et souvent il arrive que le colon, ayant bâte de se libérer, consacre à Textinction de sa dette une pordon de ce qu'il doit toucber personnellement sur la vente des produits. Du reste, l'autorité générale et provinciale a pris toutes les précautions nécessaires pour sauv^rder l'intérêt des travailleurs émigrés : elle vérifie et contrôle l'état des dettes de chaque colonie, et les documents distribués, soit au Parlement impérial, soit aux Assemblées des. provinces, détail-

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