CHAPITRE CINQUIÈME
lent annuellement, par des chiffires précis, les exonérations successives des colons. Presque partout ces dettes s atténuent ou 8*éteignent régulièrement^ avec rapidité.
' Il y a au Brésil un autre système de colonisation plus particulièrement en usajje clans les provinces du Sud, et qui devra prendre une extension considérable quand recevront leur pleine eiécution les mesures capitales décrétées par le gouveniement impérial, et dont j'aurai à parler tout à l'heure. Dans ce système, le colon achète la terre avec des termes pour la payer, il la cultive pour son compte, «ous la surveillance du propriétaire ou de son agent; il se libère tout à la fois par son travail des dettes analogues à celles que contracte le colon partiaire et du pri% même du terrain qu'il a acquis. «La libération est laborieuse, mais la certitude de devenir,'à une époque que ses efforts rapprochent chaque jour, propriétaire du soi qu'il cultive, soutient le courage du colon , en éveillant en lui cette passion innée du travailleur des cbamps pour la pleine possession de la terre arrosée de ses sueurs, et le rattache invinciblement à sa nouvelle patrie.
Parmi les colonisations les plus récentes de cette catégorie, j*en ferai connaître une seule, qui a déjà pris de très-grands dévdoppements, et qui est appelée au plus riche avenir : c'est la colonie de Dona Francisca, Ici encore je laisse parler le document
distribué aux Cliambres bi*ésilicnnes , qui fouruit renseignements les plus autheniiques :
. « la ^onie de D(Hia Fiwcim a élé iàndée SOT V des terres appartenant à la dot de h wéréÊoMmt » princesse de Joinville, et qui ont été cédées par » elle et par son auguste époux» sous la condition B d'y intriidiiîre «t d*y établir un nombre déter*- » miné deeolona enropéms» à une Société de eokK % nisation fondée à Hambourg, eu 1841), sous la » présidenoe du digne sénateur Schrôder. Les tra- » vaux pottr la fondatk» de k colonie com* » meocèrent en 1850» dans le tetritoire de San* n Francisco, sur la rive droite du Rio Cachoeira, au » confluent du lac Sagassu et tributaire du. Rio 9 San-JPrandaoo» à cinq Ikuet de la cité du néoie » nom.
» Le 7 mars 1851, arrivèrent les premiers émirf iprés al l wnandi i et suissia» à bord du navire I0 » CsAm, et bimtôt après se réiuûrent à eux soixante»
n quatorze Norvégiens qui, passant à Rio, en desti- » nation de la Calitornie, préiérèrent se rendre à » San-fVandaco du Sud.
» Dans le mois d'avril suivant» âs entrèrent en » possession des terres qui leur avaient été promises.
» Xje nombre des colons augmenta progressive- » ment, an point quen décembre 1854 le nombre » total des individi» entrés dans la colonie a'élevail » à 1,512, ainsi répartis dans les quatre annéea:
CHAPimi eiNOUIÈMB. 499
» En 1851 4^4
18ôa. ......... 409
Total 1,512
» De ce9 1,512 penooM», 111 inoilriircnt, 25296
» retirèrent, et, à cette époque de la fin de 1854, » il existait dans la colonie 1,194 individus ^ en y » ompiciiaiil 45 enfMHs, nés dms les trois der- 9 mères années. Dans ce tkiMn on compte 66$ per- » sonnes du sexe masculm et 531 du sexe fi^ » minin.
rt La colonie se divise en trois districts : Join- » ville, Gacfaoeiia» lesEaux-VOTneiUes. Le district » de JoiniiUe^ centre de la colonie, compte trente
* Les renseigoemeots officiels s'anètentao l** janvier 1855. Mais dans le conrant de cette m6me année» ZOO noaveaux eoloas aUeinands ont débanpiéè Doua Frandsca, et le ehifheétU popalalîoD dépa«eanjoiiffd1mi 1,500.
La Société de Hambourg avait ainsi rempli les danses de son contrat. Mais le snooès de Pentreprise constaté par la prospérité de la nouvelle colonie a engagé le prince de Joinville et les capitafistes ftambourgeois à la eontinner snr nne pins grande édielle. Le capital social aéléangmenté par l'émission de nouvdles actîma qui ont été prises par le Ibodé de pouvoirs du prince , M. Aubé. A la suite des nouveaux arrangements, M. Aubé est devenu un des directeurs, et a été spécialement cbaigé de l'administration de la colonie an Brésil.
SOO LE BRÉSIL.
» neuf maisoitf habitées et un grand nombre en « comttruetion : il y a œnt soixante maisons habi- « tëes dans toute Télendue des divers districts.
» La colonie compte un certain nombre de mai- 9 sons de commerce avec magasins d étoffes, de a quincaillerie, de denrées alimentaires, etc., ainsi « que deux fabriques de df^res, trois boulangeries, y> trois bouciicries, une fabrique de liqueurs, une » de bière, deux de tuiles, une de poterie, deux » moulins à maïs, cinq usines à sucre, seize ma- 9» chines à moudre le manioc, deux presses à huile » et deux moulins à moudre le manioc.
« Parmi les colons, on trouve des tanneurs, des « forgerons , des charpentiers , des menuisiers , des » ferblantiers , des cordonniers , des tailleurs , des n potiers. Les terres de la colonie sont très-fertiles ; » elles produisent abondamment le café, la canne à 3» sucre, le ris, les haricots, le maïs, le manioc, les 9 patates, le tabac et autres denrées du pays. Elles » fournissent aussi beaucoup de végétaux et fruits 9 d'£urope, quand ils ont été cultivés avec soin.
» Les colons vivent satisfaits et dans l'abondance, » et ils peuvent compter sur un riche avenir. La » ville de San -Francisco a aussi singulièrement » gagné avec eux ; elle était une des plus pauvres » parties de la province, elle sera bientôt une des » plus prospères. »