‹ Le BrésilChapitre 57 sur 75 · CHAPITRE CINQDlfeMB. SOI · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQDlfeMB. SOI

J'aurais pu , en ni'appuvant sur les mêmes documents, donner des rcnsei(^nemeats analogues sur d'autres établîssemeDts coloniaux créés aussi d'après le système de la vente des terres et qui sont également en voie de proférés rapide, notamment celui de don Pedro d'Alcantara et celui qui porte le nom de son fondateur , le docteur Hermann Blumenau ; mais ces détails fatigueraient le lecteur par la monotonie des redites, et je me borne à constater ici qu a très- peu d'exceptions près , toutes les entreprises de ce genre où Tintérét privé est fortement engagé ont été couronnées de succès. Les renseignements stadsdques sur la population des colonies ne sont pas tout à fiiit complets , mais d après les (*liiflres donnés par les tableaux ofiicieU, on peut évaluer cette population à vingt miUe âmes, il n'est pas nécessairè de faire remarquer que ce chiffre ne s'applique qu'aux individus habitant les centres coloniaux , aux travailleurs de la terre et aux ouvriers professant des industries accessoires à la culture , et qu'il ne comproid pas par conséquent le chiffre beaucoup plus considérable des commerçants et artisans étrangers qui ont fixé leur résidence au Brésil.

C'est bien peu que ces vingt mille colons pour la vaste étendue de l'Empire brésilien , mais on a vu tout à rheure, dans la notice qui concerne la colonie de Saint-Léopold , que sur ce point la terre manque déjà aux colons : et ce n'est pas là seulement, c'est presque

m LE BRÉSIL.

partout qu'a apparu cet obstacle. Rien , de prime

abord» ne parait plm étrastge : k Brésil» ce vaste

Enpiie» lioiil k ceoÉÎèiBe partie néMn'eilpaftc^ tivée, Waurak plus de leim à livrer aux maim ds

défricheurs! Cela est cependant, ou plutôt cela a été; car y [grâces aux mesui*es prises par le gouvernement» cet éftat de cboM va diipanâtre; Maii void le mot de rénif^Be. Jusqu'à cet dcndcri temps , le ilmmiM public était presque partout enclievêlré dans le domaine privé. Aucim travail oiiiciel n'avait été lait pour distîngiier dans la propriété du soi ce qui était à rÉtat et ce qui était aux particulim» et cowe Fintérèt individuel , en face d'un intérêt public mal défendu obéit volontiers à ses instincts d'envabi&flement» ka prétentioot les UBoias foodées extorquaieatiurmimmcBt an domaine les ienes tmtef^ tiUcs d'exploitation. Une circonstance esceptÎQ»» nelle , tenant à l'orgaDisation économique du pays , aggravait encore les coai{4ications. Dès l'origine de la prise de posMsaioii du Brésil, de» teim atii M it élé concédées par les rois de Portu{i;at , les unes à titre définitif, et la propriété de celles-là est iiors de conteste ^ les autres à titre précaire» et sous la condition expresse de les eukiver dans un certain délai. Ces sortes de concessions , fort nombreuses au Brésil» s'appellent des sesiiiarias. < )r ces sesmarias sont demeuré» presque partout sans exploitation» et l État^

CUAPlTtS CINOCiÈMB. M

ciii veitu in^ne du titte qui ks covoède, est CD droit

de les revendiquer.

Uoe grande mesure était donc néoeittire pour d%«gir k domuiift de TËtal, et pour k remettre libre et dieponilik eux buôiis du fjoavenieineiit /

qui, dans rintérêt de tous, pourrait ainsi donner une impulsion vigoui*euse à la colonisation en of* font œs terreB» à des prix infiniment rcduîls» aux

C'est là I cL'uvre qu'a accomplie la loi du 18 septembre 1850, et c'est de cette loi que date k période d*avenir de k coknîsatian brésilknne. *

Elk établit an Brésil un véritable cadastre; ette prescrit le niesurage, la division et la démarcation des terres incultes : elle indique les moyens d arriver à séparer kdoniainepublk du domaine privé» et détermine k prix auquel devront être vendues les terres appartenant à l'État. Pour atteindre le but qu'elle poursuit» la loi de 1850 autorise k gouvernement à créer une «dmimstration spéckk des lerres pu-; bliques , c})ar(jée de diriger ees opérations 9 de conserver , de surveiller et de vendre les terres domaniales, enÇn de développer la colonisation nationak et étrangère^ et de fonnukr ksxègleflMala nécessaires à cet objet.

Un décret impérial du 30 janvier 1854 a pourvu à ces exigences en instituant k direction générak des terres publiques et en promulguait un règkment

général , en exécution de la loi du 18 septembre 1850.

Le sens et la portée de ce rè(}lement sont indiqués

avec une parfaite précision dans le document suij\ant^ émané d'une source officielle, et (|ui a déjà reçu en Europe une Certaine publicité :

Réflexions sur le règlement pour l'exécution de la loi du 18 septembre 1850 relative au mesurage de* terres en /riche, ainsi qu'à la colomsalion au Brésil,

Lt> j>r()lil('iiH' doiii le gouvernement et le Corps lL'{|islalif du Brésil se sont occupés peud.nit plusieurs années est sans contredit de ceux qu'il est difficile de résoudi r d'une manière salisfaisanfe. En 1843, le conseiller tl lLtai Joaquiin José Rodrifjues Torres présenta à la Chambre des dé|)utés , dont il faisait alors j)artie, un projet de loi pour (lisiiijffuer les terres apparlenaiit ;ui\' ]),u ti( uliers des terres qui apparlienncnt au domaine de l'Etat, et |xjur mesurer ces tlerniercs et procéder à leur démarcation en jHilits lots, afin qu'elles soient vendues à un prix lixc et peu élevé, rendant ainsi possible le système qui au\ Kla(s-l nis a tant lavorisé la colonisalion. , Ce n'est que vers la tin île la session d<; 1850, et après de lon{jues discussions à la Chambre et au Sénat , que la loi du 18 se|)tembre 1850 lut adoptée; niais son exécution dépendit d'un rè{j;leineut qui devait être promul^^ué par le (jouvernemcnt.

Plusieurs commissions, composées de personnes dont les lumières et l'expérience des affaires étaient reconnues, li'avai lièrent, ainsi que le Conseil d'État, à la confection de ce rè{;lement; il y eut tant de dillic uitésà vaincre, tant d'intérêts léjjitimes à ménager^ que le travail ne put ctre présenté qu'en août 1853.

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