‹ Le BrésilChapitre 61 sur 75 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

Iravaux de ra{;riculturc. Des éini(jrations à peu près semblables se répètent aujourd'lmi sur une plus |>eni<' ècljclle: nombre considérable des individus qui vont tous les ans aux Ëtats-Unis mourraient de niisère s'il n'existait pas des sociétés de bienfaisance qui viennent au secours des imprudents (jui, sans aptitude naturelle et sans capitaux, se hasardent à rechercher ce |>ays; les prisons de New- York et d'autres villes attestent les erreurs d'une semblable émi{;ration.

Si au Brésil ce douloureux spectacle ne s'est pas offert jusqu'à présent, cela dépend moins du petit nombre d'émi- {jrants que de la facilité avec laquelle on y trouve les moyens de subsistance , et de ce que les colons y oot été , en (jrande partie, liés par des contrats et avec une destination déterminée. Il est vrai que beaucoup de ceux qui se soot cn^j^ag^és pour la culture des terres par le système d'association n'ont pas rempli les conditions de leurs contrats, soit qu'ils manquassent de moralité nécessaire, soit que, ayant toujours été employés à des travaux très-différents, le travail a(;ricole lenr répu^jnàt. Il est très-fréquent de rencontrer parmi les colons euQaQés pour la culture des teraes des étudiants , des imprimeurs, des horlogers, des coi ffia or i, des tailleurs, et des personnes de profe8sioiisanaloçae8«lle]à principalement les pkûntei des entrepreneurs contre les odoos, et vice vertu ; de là les déclamations qne Ton entend de temps à autre en Europe contre le système d*assodatîon« Tel fbt le motif qui fit disparaître la coJoniedu Sahy du I>r. More, et qnclques.autres; mais les odoos en les aliandonnant ne sont pas morts de misère, ilsonttonjonrs trouvé da travail bien rétribué.

Les corps allemands engag^és en «ISSA psr le gouvernement brésilien sont très-réduits par les congés que les soldats, trouvant des moyens avantageux pour ga(p)er leur vie, ont demandés, et qui ont été généreusement accordés par le (jouvemement. Débarrassé? du service militaîre, ils se sont avantageusement employés à des prafesaons manuelles, ou dans les colonies de la province de S. Fladro, et se ttUciieut

%n LE BRESIL.

anjouid'hai delà résokition qn'ilt ont prise de venir au Brésil , cù. ils (gagnent leur vie avec fiicililé, et où ils peuvent même amasser quelque avQcnt , à l'exception seulement de quelq^ individus adonné à la boisson on de quelques palesseux. Si les colons qui sont venus au Brésil sans avinr les qualités requises pour devenir de petits cultivateurs n'ont pas sonfifert les fiteheoses conséquences quHs auraient souffertes dans d'antres pays, ceux qui dorénavant possédant ces qualités viendront an Brésil avec la certitude d'obtenir immédiatement et à très-bas prix des terres fertiles» mesurées , démarpiéet et bien garanties, pourront compter sur une fortune prospère et sûre, soit qu'ils apportent avec eux le petit capital nécessaire pour l'acbat d'un lot de terre , soit qu'Os s^assujettissent à des contrats d'assodation, tout en amassant en même temps , outre Texpérience, le capital su£Bsant pour l'acbat des terres où ils voudront s'étaUir. Cest donc vers le Brésil que doivent se diriger, avec le plus de probabilité de bons résultats, ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas séjourner en Europe.

Cette graade administration de la répartition des terres publiques, placée sous les ordres du ministre

de Fintérieur, M. Luiz Pcrdeira de Coutto Ferraz, a commencé à fonctionner depuis moins de deux ans, sous le titre de R^rtUùm générale des terres publia qttes ' , et c'est aux dociunents communiqués par elle

* J'ai dit quelque part que le Brésil n'avait presque pas de bureaucratie : voici une des mille preuves que je pourrais donner. Cette direction g^énérale qui, outre les 'attributions énurnérées plus haut , est chargée d'administré les colonies militaires et les villages d'indie^ a pour tout personnel un directeur f^^énéral, un secréf aire général , un procureur 6scal 9 deux chefe de section et quâtre employés, en tout neuf

' CHAPITRE CINOCIÈMB. m

aux Chambres que j ai fait divers emprunts sur la situatioo actuelle des colonies. Ses attributions sont nombreuses et très-variëes , mais à en ju{];er par l'activité avec laquelle elle centralise tous les renseignements et entame les travaux qui lui sonj confiés, son zèle et son intelligence ne sont pas au-dessous de sa grande tftche.

Déjà 1 œuvre de délimitation des terres est en pleine exécution. Quatre inspections générales ont été créées dans les provinces de FAmazone, du Para» de Maranham et du Parana et leurs opérations sont commencées. Dans les autres provinces où riirjjciice du travail est moindre, mais où cependant oui lieu des demandes de ooncesrion, on désigne sur4echamp des ingénieurs pour opérer la délimitation. En eliét, 1 impulsion doniuc à la colonisation a été singulièrement activée depuis les dernières masures administratives. Sans parler de laccroissement que va prendre la colonie de Dona Francisca, dont les entrepreneurs veulent élever la population à G,000 âmes, les terres domaniales sont déjà vivement recherchées. Dans la province de Spirita Santo,1e major Gaêtano Dias da Silva a demandé à acbeter au domaine une étendue de terres de vinj^t lieues carrées, sur le territoire d*ltapemerim et de

fonctionnaires, auxquels il i'aut ajouter un ^arron de bureau et un portier. Avec la dépense du matériel, le tout coûte ail trésor la somme annuelle de 66 mille francs.

m LE BRÉSIL.

Benevente, eux conditions de la loi de 1^50, et è b diarge par Inî d*y étiJ»lhr, dam tm dâai de cinq

années, sept cent vinjjt familles de colons. Le mesura[^c de ce terrain s'opère : il coûtera enviroa 30 mille francs au trésor public, qui recevra pour prix de la Tente 270 nnMe francs.

Un travail semblable s'accomplit dans la province de Rio Grande do Sul» sur les bords du Rio Caby, OÙ le comte de Montravel, consul de France à Porto AUeçre, s'est en(;a|]é à acheter un terrain en . . fricbe de seize lieues carrées, en s' obligeant à y éta- ' Llir, dans uu délai de deux ans, au moins cinq cent soixante^seize ^souilles de colons. Le mesurage des terres qui s'effectue n'excédera pas le prit de 24 mille francs, et la vente des terres s'élèvera à 216 mille francs. Dans ki même province, un contrat a été conclu avec M. Henri de Yemcjoul (un autre nom français) pour l'achat d'une Keue carrée de terres en fricbe, sur \v territoire de Santo- Antonio de Patrulla, à la condition d'y établir trentesix iamilks «a nuwos dans un délai de trois ansL Ces terres devront être ë^^alement cédées après im travail de délimitation.

Tous les présidents des provinces ont été invités à hke connaître à l'administration générale Fétat des terres en friche, et le parti qu'on en peut tirer pour la colonisation. Il résulte des informations qui ont été déjà recueillies pour treize provinces que

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