‹ Le BrésilChapitre 64 sur 75 · CHAPITRE CINQUIÈME. t4f · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME. t4f

Du reste, la race indienne ne parait pas destinée à YÎm dan œ riche continent américain qa*ette n'a jamais sa explotter, tant son indolence lui lait

tenir le travail en horreur. Partout elle recule et disj^rait peu à peu devant la civilisation , et sauf dans «{uelcpes provinces du nord et de rintérieur» €ùla ptqmlation d*origine européenne est fort dair* semée, et oft la richesse du sol permet aux tribus indigènes d'avoir sans labeur des rapports très-profitables avec la civilisation , presque partout les villages indiens dépérissait et s éteignent. On dinât que sous ces dimails ardents, au milieu de celle nature pleine de sève féconde, il n'y a que la population indigène qui ne se reproduise pas. tableau général des aldeoi publié dans le Bi^atano évalue, ' quant à pvésmt, à 19,354 le dnffre des Indivis à demi apprivoisés qui habitent ces villages. H y a des lacune» dans ce tableau, qui ne comprend que douae provinces;, mais quand même il faudrait doubler ce chiffre, quel miséiable résultat d'une oeuvre qui dure depuis deux siècles et demi, et quelle meilleure preuve de cette loi fatale qui frsqppe les anciens maîtres du sol et voue knr race à une dépopulation qui ne s'anrêieta qu'à Textinc» lion du dernier d*entre eux.

J'ai résumé le plus brièvement et le plus clairement que j*ai pu les principaux faits et résultats ooncemant le travail de colcoisalion accompli an

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Brésil dans ces dernières années, et j'ai surtout puisé mes raiseignementsdaiis Tescdlent documeat émané

de la BépartiHon det terres publiques. Ce que je dois ajouter, c'est qu'il y a, en ce moment, dans tout TEnipire, une émulation ardente pour mener cette œuvre à fin. L'Ëmpereur, ses ministres^ rAssemblée générale, les présidents de province, les Assemblées provinciales, les proprietiiires de terres, les capitalistes , tout le monde comprend que la colonisation est Foeuvrc essentielle et que le Brésil touche à une crise décisive pour son avenir. L*idée' se présente à tous sous le même aspect et désormais fort simplifiée. Avec l'abolition de la traite des noirs , avec la diminution progressive ma» certaine du travail par Jes escbves, c'est pour TEmpire une nécessité absolue d'attirer à lui des colons en {jrand nombre, non-seulement pour déiricher ses terres incuites , mais encore pour conserver en valeur la portion cultivée de son sol. En présence d*une telle néoes* site , il n'y a plus à s'endormir désormais dans les molles douceurs d*un climat béni i)i à s'encroûter dans des préventions qu'excusaient , il y a trente ans, les dangers possibles d'une indépendance à peine acclamée, je veux parler des sentiments de jalouse déBance que suscitait la présence des étrangers. Il n'est pas un homm^ éclairé au Brésil qui ne sente qu'il est grand temps d'en finir avec ce passé-là , et que le concours et le bon accueil

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de tous soDt aujourd'hui indispensiibles pour ouvrir à la colooisatioii k voie «usai hrffi que pos-

L'heure est propice par deux circonstances dont il fkut savoir profiter. Des essais de col(»iisatioii mai léussie avaient jeté en Allemagney dans œtle pépi* nière de Témî^don , une défaveur marquée sur la colonisation hrësih'enne. Un char^jé d'affaires de Prusse 9 résidant à Rio Janeiro , s*exagérant peutêtre quelques insuccès et mu par un sentiment qu'on ne saurait blâmer de sollicitude pour ses compatiMotes, avait mis en (jardc son gouvernement, par des rapports un peu chargés, contre l'issue misé* lable qu'aurait pour les colons allemands leur émi- ^tion au Brésil, et le gouvertiement prussien, s'appuyant sur ces renseignements pessimistes, avait pris contre l'émigration des mesures restrictives. Aujoiml'bui les choses ont bien changé de face : un nouvel agent prussien , M; Uevenhaggen , a voulu tout voir de ses propres yeux : il a visité les principaux^établissements des provinces de Sao-Paulo, de Sainte-Catherine, de Rio Grande do Sul , et partout il a recueilli les fémoignaffes du bien-être de ses compatriotes i'iiii[jrés et de leur confiance entière dans un avenir de jour en jour plus prospère. Les informadons qu'il a fournies, dans ce sens, à son gouvernement, ont dissipé les appréhensions qu'il avait conçues et lui ont permis de renoncer aux

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mesures qui! avait prises daDS le bul de readre Té» mi^pwtiafi aa Bk»l plus difficile. \

Dun autre o6lé, voici que déjà, dans FAinérique du iS'ord, la colonisation ne paraît plus présenter des chances aussi favorables et qu'elle semble avoir prissoB temps d*aifét. Eatrot k prochaine et pcofaa* ble arrivée eu poiivoir des Knm^I'hihings , ces ad- ' versaires déclares de rëmi(];ration? Est-ce le manque de terres abordables , la colonisation s'éloiguaiu de jour en jour davantage du littoiall le ne sauvair dire au juste, nnistoujoun est-il que, dans 1 année qui vient de finir, plus de douze mille émigrés allemands, qui étaient allés chercher un établissement aux Étals-Unis» aoot revenus en Europe, perdant ainsi plusieurs mois de leuc temps et les fiais de leur double traversée. C'est là un fait très-grave , très-significatif, et qui doit singulièrement influer siw les destinées de k oolonisatieNi brériliennfc

Il est très<>vFai que la question du eoùt du passige a la plus grande importance pour le pauvre campagnard qui part avec un bien mince capital, et que la dif^Bicnoe du prix des terres -à. acquérir ne oobêt pense pas la différence du prix pour les deux traversées. Je lis dans une brochure publiée à Hambourg par les soins éclairés du consul général du Brésil dans cette ville, M. José Gorréa» que le prix du passage pour New-York est à Hainboinç de 32 tlialcrs prussiens , terme moyen, tandis que le

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