‹ Le BrésilChapitre 68 sur 75 · CHAPITRE CINQUIÈUB. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈUB. m

rensei^jncniciits (\uv j'ai recueillis ni'autoiisent à croire que c'est une erreur. 11 y a sur les bords de TAmazone depuis peu de témps, et dans la province de Maranfaam depuis trente années , des colonies européennes provenant soit du i*urtu{jal , soit des ÂçoreSf soit des Canaries. JVlaranbam est à deux degrés sud de Téquateur : ses colons se sont par£ûtement acclimatés , et leufs établissements sont dans un état très-prospère. On comprend, en effet, que des babitants du midi de l'Europe peuvent vivr& sous des zones qui ont été colonisées dan» Torigine par des Portugais. Il est vrai que les populations du nord et du centre de TEurope, des Allemands, des Suédois , des Norvégiens, des Irlandais, des Belges , des Suisses, des Français même s'accommoderaient difficilement de ces climats torrides, et c*est pour ces populations que M. dePonthoz a tracé sans doute la ligne de démarcation qu'il indique. En effet, les provinces d'Espiritu Santo , de Rio Janeiro, de Sâo- Pauloy du Parana, de Sainte- Catherine^ de Rio Grande do Sul , placées à une plus grande distance de Téquateur, conviennent mieux que toutes les autres à des populations que leur pays d'origine n'a pas déjà bronzées contre le sdieil.

J'ai nommé les Français comme des colons poft> sibles des provinces méridionales du lîrcsil , et cependant ils y sont en bien petit nomI)re. Si cette

lacune s expliquait par ce fait seul que le Français

m LE BRÉSIL.

ii*a pas rbumeur émigrante, et que , content de son

pays et de son sort, il n'aime pas à perdre de vue le coq de son village, je ne trouverai là rien à redire, et je serai volontiers tout fier de cet attachement quinspire notre France à ceux qui y sont nés. Mais il s est produit, depuis plus de trente ans, un lait, à mon avis, inexplicid)le. Un courant d'euiigralion assez considérable s'est établi entre la France et l'Amérique méridionale, et chaque année des navires partis de Rayonne amènent dans les provinces argentines et dans l'Uruguay des légions de Basques, population excellente, sobre, laborieuse et cannée, qui , montant peut-être déjà à trente ou quarante mille âmes, aurait dû élever ces pays à un haut de|jré de pros|>érité. Si cette prospérité n'est pas venue, ce n'est pas la faute de nos braves compatriotes : ils ne demandaient qu*un peu d'ordre et de sécurité, et les frouvemements de la Plata se sont bien jjardés de leur en (ioniicr. I.cs Orientaux et les Argentins avaient d autres ecbeveaux ù démêler. Pendant que leurs généraux s'entrechoquaient , que leurs Chambres se chamaillaient, que les prommcta" mentoSf ce beau Iqjs de l'Espagne, se perpétuaient dans leurs villes, que les révolutions se succédaient, que les présidents culbutaient les uns sur les autres, ils n avaient guère le loisir, il faut être juste , de songer à faire fleurir l'agriculture, et ils ne s'occupaient guère de nos bons liasques que pour les en-

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