CHAPITRE PREMIER
les Cis-Platins, durent abandonner la campagne aux insurgés, et se retirèrent dans les places fortes de Montevideo et de la Colonia. Un gouvernement provisoire fut installé, qui proclama immédiatement Tindépendance de la bande orientale.
Ces événements se passaient en 1825, au moment même où l'empereur don Pedro 1"" concluait la paix avec le Portugal. Il n'est pas toujours très-facile de juger impartialement les faits politiques à distance, et on court le risque de se dégager trop des passions du moment, avec lesquelles les gouvernements doivent toujours plus ou moins compter. 11 scMiihle cepciuhnit qu'après l'explosion de ces sentiments de nationalité qui venaient d'éclater dans la bande orientale avec une force si irrésistible, c'était le cas pour le Brésil d'accepter les faits accomplis, et de faire vis-à-vis de celte province si impatiente du lien qui la rattachait à l'Empire précisément ce que le Portugal venait de faire vis-à-vis du Brésil même. Tel ne fut pas malheureusement l'avis de l'empereur don Pedro l"; il se rofdit contre les obstacles qu'il rencontrait, il prit à partie les provinces unies de la Plata , comme ayant fomenté l'insurrection, et il embarqua le pays dans une de ces guerres où les nationalités sont en jeu et dont l'issue est toujours mauvaise. Cette guerre dura deux ans, avec des chances diverses, et elle se termina enfin par une convention préliminaire de
paix, conclue le 27 août 1828, sous la médiation de
U Ll BRÉSIL.
l'Angleterre , et qui reconnaissait rindépendance de rÉtat oriental.
Lft ^inenre de Momevideo fat ïéfkoàe Moeux.
éa rè^oit de don Pedro I". Elle tkén finement m popularité, car, en fait de guerres, les peuples pardonnent tout sauf l'insuccès; elle ^re va ses fiiiauces dWe dette énorme, enfin (et œ fut peut-être son plus grand tort) elle détoonm le prince de l'œuvre de paeifioation des esprits, œuvre si nécessaire après Teflort tl une séparation violente qui laissait subsister au fond des cœurs tant de germes de jaioitsie, de défiance et de haine.
Proclamer Tlnd^pendance du Brésil et Ja fiiire accepter par la métropole, ce n était là en effet que le commencement et la partie la plus facile de la tâche imposée à don Pedro. Doter le pays -d'une bonne Coiistitutiony c^élait assurément beancoop, surtout pour favenir, mais ce n*étut pas tout. U fallait encore, pour que l'Indépendance produisît les fruits ma(piifiques qu'on en espérait, pour que la Constitmion fonctionnât utilement, sappliquer à . BHUiier avec habileté ies dioses et les hosnmes; il fallait fortifier la Constitution par un ensemble de lois qui Fissent passer aisément dans la pratique l'esprit libéral et conservateur qui respire dans- cette œuvre; il fallait surtout smqniéler des hommes, dans un État nouveau qui ouvrait à Tambition des uns les plus vastes horizons et qui suscitait chez les au*