L*H01IMAGE FRANÇAIS
Et je voudrais ici montrer comment ce splendide effort, tout de suite, obtint s^s réalisations, et» surtout, comment ces Américains et ces Européens associés spirituellement pM le culte des conceptions méditerranéennes acquirent la gloire de créer une patrie nouvelle, un idéal sublime, des traditions héroïques.
Pendant deux siècles, de toutes les caravelles, nefs, caraques - et galions anivant sur la côte du Brésil, débarquèrent les plus audacieux, les plus téméraires. Sur la foi des récits «n honneur parmi fes gens de mer, dans les tavernes des ports méditenainéens, ces argonautes en étalent partis. Du Portugal, d'Espagne, de France, de Sicile, de Grèce et de Syrie même iU se précipitaient.
A terre, ils s'enrôlaient aussitôt sous les étendards de ces îfoupes Intrépides qui remontaient les rives des fleuves sans nom. A travers les périls de la forêt vierge, du sertao, de la brousse, lès héros se frayaient un chemin, la hac^e au poing, en combat* tant des peuples anthropophages, en affrontant les maladies, les bêtes fauves, en concassant les pierres supposées pleines d*or ou de diamants, en passant les rapides sur des pirogues mal creusées dans les troncs d'arbres, en menant partout la rude vie des Ban-^ deirantes, ces compagnies d'explorateurs rassemblés sous une même baimière, bandeïra, pour agrandir le d<Hnaine des cdsfi' taîneries atlantiques.
On n'ignore plus l'histoire des hommes devenus les Brésiliens, ni leurs luttes contre les corsaires de France, d'Espagne et de Hollande qui, tour à tour, essayèrent de s'implanter dans la baie de Rio, en Maranhaon, sur la côte de Bahia, en Sacremento, dans la fabuleuse région de l'Amazone.
Les Européens les plus disciplinés ne résistèrent point à ces zedoutobles Portugais, Guaranis, Mamelucos, dédaigneux de tous les dangers, fiers à Textrême, comme les fidalgos mêmes débarqués avec Alvaez Cabrai, confiants presque tous dans les récompenses de la vie future, et pour qui la mort n'était qu'un passage de notre purgatoire terrestre à la félicité du ciel.
Au reste, ils n'étaient pas moins orgueilleux d'avoir conquis Tes toritoires illimités du Goyaz, du Matto Grosso, de l'Ama-* zcme, de les savoir plus étendus que les royaumes et les empires célèbres du vieux monde. Tous les intrus furent chassés ; ceux
de Hollande et ceux d'Espagne. Dans leur Guyane les plus aventureux de nos corsaires forent refoulés. ^ , ^
René Duguay-Trouin lui-même, ayant obtenu de Rio unc^ contribution de guene. s^empressa de remettre à la voile pour ne point engager ses troupes je débarquement avec les bataillons des Minas Geraes qui se hâtaient vers le golfe.
Ainsi la réputation de la valeur brésilienne, en 1711, dictoit de la prudence à notre amiral déjà vamqueur des flottes espagnolcf et anglaises. .
Cette bravoure n a jamais fléchi. Durant la longue et temble guerre entreprise en 1864 contre Lopez, le dictateur trop ambitieux du Paraguay, le courage des Brésiliens uni à ceux des Argentins et des Urugayens, témoignera glorieusement de ^^^»^^«J^ léguée à leur descendance par les bandeirantes du XVI* et du
XVII** siècle. ^ Energie nationale qui ne se démontre pas seulement par des
succès militaires, mais aussi et surtout par les œuvres persévérantes de la paix. Sur les infinis territoires du Brésil, tant de cités nombreuses placées là par Tart des sièdes défunte comme les sce«« de leur génie, attestent l'excellence des vici^ qui s y complurctt, qui les con^wsèrent, qui les agrandirent, qui les emichirent de leur travail.
Choisissons pour exemple la ville d'Ouro Preto, autour de laquelle d opiniâtres acûvités se dépensèrent et se dépensent à chaque heure encore, au centre des Minas-Geraes.
Certes les bandeirantes qui s'acheminèrent vers ce centre de l'or et des diamants, au cours de trois siècles, ont laissé bien des compagnons le long du Rio Doce, le long du Rio das Velhas, sous les tas de cailloux et sous des branches en croix.
Mais, au milieu des monts où les affluents du Rio Doce et du Rio San Francisco prennent leurs sources, les heureux rapportèrent, dans leurs camps, les trésors convoités par hop d'humains à la surface du globe, dans les chaumières des plus misérables comme dans les pdais des plus puissante. Beaucoup connurent la joie de Topulènce subite et entière.
Les uns, en expiation de vieux péchés, les autres afin d'accomplir les vœux formulés pendan^ les maiivaif jours, accep-
l'hommage français
tèient volontiers les exhortations des moines €oiiseillaiit de coosr tmire des églises.
Suf toutes les collines de Villa Rica, le bourg des riches, s'élevèrent les clochers jumeaux des églises brésiliennes, leurs poiches moQuraentaiix» leurs fioiitons à double volute, kuîs Bels grandioses.
Au milieu de sombres montagnes en cirque, vingt cathédrales Àdbtantes, hautes, blanches ou bleues, trônent /«Hanm*» sur le sommet d*une colline aiguë, pour Tadmiration des voyageurs qui surent aimer Sienne ou Pise.
Ainsi la vieille capitale des Minas Geraes se présente, pro^digieux ex-ooh dédié par les nouveaux riches du XVII* et du XVnT siècle à leurs saints de préférence qui, fervemment invoqués, comblèrent les espoirs de leurs fidèles.
Ouro-Preto, Tor noir, fut le nom donné par la suite à cette ville étonnante, faite de monticules aigus couroimés chacun par l'une de ces églises.
D'autres sanctuaires font centres dans les quartiers bas, qui sont des ravins entre les hauteurs abruptes. Rues escarpées aux maisons de couleur, anciennes et basses. Pentes roides que les troi^aux de mules, patiemment, fpravisseitf avec 4eurs diarges enveloppées de peaux de bœuf. Places obliques sous les échauguettes de la forteresse aux bastions anguleux, et sous la statue du lieutenant da Silva Xavier le Tiradentes, qui mourut en 1792 pour les idées encyclopédistes, républicaines.
Ce ne sont là que des chemins vers des autels, des parvis avant des nefs consacrées. " "
Partout la terre se héri»e de campaniles tendus vers le ciel.
II y a la façade pâle du Carmo, ses hauts piliers de piene jaunie encadrant les volutes de la grande porte verte, , et qui supportent les entablem^its à courbes successives noircis par le temps.
Que de mineurs épuisés par l'obsession de leur rêve vinrent sans doute demander l'allégement de leurs maux ^ ce Ciirist du Carmo. Osseux, décharné, comme ils le furent eux-mêmes, il s incline, du haut de la croix, dans sa robe de bure violette, la corde au cou, à la taille. Chef-d'œuvre étonnant où se coipcxifie toi^ la peine dont Tlionime es^ capable, bi, ses pensées, ses
LE BBÉSIL
Cens me toitawent la chaleur et la faim, la feigne leurs travaux Qu'alors inutiles. .^^^P^J^ sés toujours pauvres devant les cailloux et les bo..^ «.te». riront d^^aves vendus ensuite à de plus favorisés, puie-
à tfc cet aune Ca-ist complètement nu, hgote
la col!mirde flagellation. 11 règne a« oomne ils «péraient encore légnei sur la terre, après me aeÊk-
nomaienL à hem tour, offrur ces orneeure chance, et lowqii tfs pomajent, * «««
«eau si précieux d'or et d'argent massrf, ces cfeasiibles. ces daimaliques largement brodées dont les prêtres sont revêtus. é-Lierak longuement les ^trés-s d'art
Garmo, surtout ces grandes j«.es <le 1« ?>*t^s I c^ dans k céramique des murailles, images très semblables a coUes tTiUée. de Délit, mais ^ bien pbs ^-dea-pl^
Comme dans toutes les égli^s et couvente db Baiua dan. le Gloria de Rio. dans la cathédrale de Parahyba, ces axul^^ Téaiisenl les belles esqubses <le cartons dessines par des maittes Teaiwem i« ^ rappellait tantôt les mamères des
mcontestables en leur art, et -qm lappciicm u»»
Hollandais. Uotôt celles de nos Uncret, <fe W^e»
Çjillll I— -r- le» ptoce suons en i honneur de tous les saints réunissaient les mineurs, leurs esdaves Aàjci» impj.ttés en n»^^ bre du Congo depuis les débuts de Topulerwe publique, afin de ^ aT Mcain. toute U liberté voulue et obU»ue par.
leurs protecteurs jésuites. j i ^ /.r«U.;ance
P^courant les vaux et les monts de k cité « ^ k ^ertu de l'or noir, ces processions suivaient le* ^ *